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Tunisie, croissance économique, Natixis

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La dégradation du climat politique en Tunisie

La dégradation du climat politique en Tunisie, si elle se poursuit, pourrait finir par affaiblir la situation économique de la Tunisie de façon plus significative. Dans un scénario plus pessimiste que celui envisagé par les autorités, la croissance de 2013 serait limitée à 3% et une accentuation des déficits jumeaux pourrait s’observer. La réalisation de l’un ou l’autre de ces scénarios dépendra essentiellement de la capacité des décideurs politiques à sortir le pays de l’impasse actuelle. Telle est la conclusion majeure d’une étude sur la conjoncture et les perspectives de l’économie tunisienne que vient de publier Natixis, la banque de financement, de gestion et de services financiers du Groupe BPCE, deuxième acteur bancaire en France.

L’assassinat, le 25 juillet 2013, de l’opposant politique Mohamed Brahmi, a laissé place à une vague de colère sans précédent en Tunisie. Les tensions suscitées par cet évènement ont entraîné un nouveau retard dans le calendrier politique, et pourraient atteindre la sphère économique d’ici la fin de l’année. Le gouvernement tunisien a d’ores et déjà révisé à la baisse sa prévision de croissance à 3,6% en 2013 (contre 4% auparavant).

La croissance tunisienne, en reprise en 2012 (+3,6%) après une baisse en 2011 suite à la révolution de Jasmin (-1,9%), sera de nouveau soumise cette année à l’évolution du contexte politique. Si le FMI reste optimiste avec une prévision de croissance de +4% en 2013, S&P maintient un scénario pessimiste, dans lequel le PIB n’augmenterait que de +2,5%. Début septembre, face aux évènements survenus cet été, le gouvernement tunisien a quant à lui décidé de réviser à la baisse sa prévision à +3,6% (contre +4% auparavant).

Toutefois, les indicateurs conjoncturels les plus récents laissent penser que l’économie tunisienne pourrait réaliser en 2013 une performance similaire à celle de 2012 (+3,6% ; scénario Natixis le plus favorable). Mais si la situation politique restait tendue, un ralentissement de la production intérieure serait plus que probable (+3% ; scénario Natixis le moins favorable). Pour l’heure, les performances économiques de la Tunisie ont été relativement modestes avec une croissance de seulement +3% au S1 2013 (+2,6% au T1 et +3,2% au T2).

L’étude note que les services marchands (environ 45% du PIB) ont continué leur progression au T2-2013 (+4,3%), portés par le secteur des télécommunications (+9,7%), et restent ainsi le principal moteur de l’offre tunisienne. Les services non marchands (15% du PIB), reflet du poids de l’Etat dans l’économie, ont connu également une forte hausse au T2-2013 (+6,3%). Le secteur agricole (10% du PIB), en recul de 2,8% au T1 et de 3,0% au T2 en raison d’un niveau élevé de sécheresse dans le pays, continue quant à lui de pénaliser la croissance.

Les performances de l’industrie non manufacturière au T2-2013 (10% du PIB) sont également décevantes (-1,4%), et s’expliquent par la baisse de l’activité d’extraction de gaz et de pétrole naturel (-6,0%). L’industrie manufacturière (20% du PIB), a été particulièrement stimulée au T2-2013 (+4,8%) par les performances des industries chimiques (+18,9%) et de raffinage de pétrole (+9,6%). La montée en gamme de la production tunisienne, et le développement des industries mécaniques et électriques, a été financée en grande partie par l’investissement étranger. Toutefois, on peut craindre que l’instabilité politique actuelle vienne entraver ce processus, souligne Natixis qui prévoit que la baisse des investissements étrangers pèsera à la fois sur la croissance tunisienne mais aussi sur le solde global de la balance des paiements. Or ce dernier pâtit déjà de la détérioration de la balance commerciale. Fin août 2013, le déficit commercial se chiffrait à 7,67 mds TND contre 7,43 mds TND à la même période l’an dernier. La hausse des exportations sur les huit premiers mois de l’année (+5,8%), soutenue par l’envolée du cours de l’huile d’olive, n’a donc pas été suffisante pour compenser celle des importations (+5,1% malgré une baisse de 0,4% en volume).

D’autre part, la demande intérieure devrait également bénéficier en 2013 de l’augmentation des dépenses publiques. Prévu à 5,9% du PIB initialement, le déficit public (hors privatisations et dons) a récemment été révisé à la hausse et devrait atteindre 7,4% du PIB à la fin de l’année. Un budget complémentaire a été mis en place. Il intègre les ajustements suivants :

• une baisse de 400 mln TND des recettes fiscales, qui s’explique par des perspectives de croissance plus modestes que prévues (4,5% dans le budget initial contre 3,6% aujourd’hui une baisse des recettes non fiscales de 200 mln TND, en partie liée à la renonciation de l’Italie à acheter du gaz algérien livré à travers le gazoduc qui traverse la Tunisie ;

• une augmentation de 964 mln TND des dépenses de fonctionnement de l’Etat, liées au paiement d’arriérés dus en 2012 ; une hausse de 225 mln TND du service de la dette, suite à la prise en charge par l’Etat des dettes de deux entreprises publiques ; la recapitalisation de plusieurs banques appartenant à l’Etat à hauteur de 400 mln TND et une augmentation de 207 mln TND des prêts nets.

L’instabilité politique qui règne en Tunisie ne permet pas d’atteindre les prévisions de croissance anticipées par les autorités en début d’année, d’où des recettes fiscales plus faibles que prévues. Conjuguées à la hausse des dépenses de l’Etat, ceci aura pour conséquence une hausse du déficit public en 2013 (à 7,4% du PIB contre 6,6% en 2012). Le renforcement de la stabilité budgétaire promis par le gouvernement ne pourra donc pas être assuré, et ce malgré l’aide financière accordée par le FMI en juin dernier (1738 mln USD pour 2013-2015 dont 718 mln USD en 2013). Cette détérioration des finances publiques n’est néanmoins pas inquiétante, d’autant que la dette publique tunisienne représente moins de 50% de son PIB.

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La dégradation du climat politique en Tunisie

La dégradation du climat politique en Tunisie, si elle se poursuit, pourrait finir par affaiblir la situation économique de la Tunisie de façon plus significative. Dans un scénario plus pessimiste que celui envisagé par les autorités, la croissance de 2013 serait limitée à 3% et une accentuation des déficits jumeaux pourrait s’observer. La réalisation de l’un ou l’autre de ces scénarios dépendra essentiellement de la capacité des décideurs politiques à sortir le pays de l’impasse actuelle. Telle est la conclusion majeure d’une étude sur la conjoncture et les perspectives de l’économie tunisienne que vient de publier Natixis, la banque de financement, de gestion et de services financiers du Groupe BPCE, deuxième acteur bancaire en France.

L’assassinat, le 25 juillet 2013, de l’opposant politique Mohamed Brahmi, a laissé place à une vague de colère sans précédent en Tunisie. Les tensions suscitées par cet évènement ont entraîné un nouveau retard dans le calendrier politique, et pourraient atteindre la sphère économique d’ici la fin de l’année. Le gouvernement tunisien a d’ores et déjà révisé à la baisse sa prévision de croissance à 3,6% en 2013 (contre 4% auparavant).

La croissance tunisienne, en reprise en 2012 (+3,6%) après une baisse en 2011 suite à la révolution de Jasmin (-1,9%), sera de nouveau soumise cette année à l’évolution du contexte politique. Si le FMI reste optimiste avec une prévision de croissance de +4% en 2013, S&P maintient un scénario pessimiste, dans lequel le PIB n’augmenterait que de +2,5%. Début septembre, face aux évènements survenus cet été, le gouvernement tunisien a quant à lui décidé de réviser à la baisse sa prévision à +3,6% (contre +4% auparavant).

Toutefois, les indicateurs conjoncturels les plus récents laissent penser que l’économie tunisienne pourrait réaliser en 2013 une performance similaire à celle de 2012 (+3,6% ; scénario Natixis le plus favorable). Mais si la situation politique restait tendue, un ralentissement de la production intérieure serait plus que probable (+3% ; scénario Natixis le moins favorable). Pour l’heure, les performances économiques de la Tunisie ont été relativement modestes avec une croissance de seulement +3% au S1 2013 (+2,6% au T1 et +3,2% au T2).

L’étude note que les services marchands (environ 45% du PIB) ont continué leur progression au T2-2013 (+4,3%), portés par le secteur des télécommunications (+9,7%), et restent ainsi le principal moteur de l’offre tunisienne. Les services non marchands (15% du PIB), reflet du poids de l’Etat dans l’économie, ont connu également une forte hausse au T2-2013 (+6,3%). Le secteur agricole (10% du PIB), en recul de 2,8% au T1 et de 3,0% au T2 en raison d’un niveau élevé de sécheresse dans le pays, continue quant à lui de pénaliser la croissance.

Les performances de l’industrie non manufacturière au T2-2013 (10% du PIB) sont également décevantes (-1,4%), et s’expliquent par la baisse de l’activité d’extraction de gaz et de pétrole naturel (-6,0%). L’industrie manufacturière (20% du PIB), a été particulièrement stimulée au T2-2013 (+4,8%) par les performances des industries chimiques (+18,9%) et de raffinage de pétrole (+9,6%). La montée en gamme de la production tunisienne, et le développement des industries mécaniques et électriques, a été financée en grande partie par l’investissement étranger. Toutefois, on peut craindre que l’instabilité politique actuelle vienne entraver ce processus, souligne Natixis qui prévoit que la baisse des investissements étrangers pèsera à la fois sur la croissance tunisienne mais aussi sur le solde global de la balance des paiements. Or ce dernier pâtit déjà de la détérioration de la balance commerciale. Fin août 2013, le déficit commercial se chiffrait à 7,67 mds TND contre 7,43 mds TND à la même période l’an dernier. La hausse des exportations sur les huit premiers mois de l’année (+5,8%), soutenue par l’envolée du cours de l’huile d’olive, n’a donc pas été suffisante pour compenser celle des importations (+5,1% malgré une baisse de 0,4% en volume).

D’autre part, la demande intérieure devrait également bénéficier en 2013 de l’augmentation des dépenses publiques. Prévu à 5,9% du PIB initialement, le déficit public (hors privatisations et dons) a récemment été révisé à la hausse et devrait atteindre 7,4% du PIB à la fin de l’année. Un budget complémentaire a été mis en place. Il intègre les ajustements suivants :

• une baisse de 400 mln TND des recettes fiscales, qui s’explique par des perspectives de croissance plus modestes que prévues (4,5% dans le budget initial contre 3,6% aujourd’hui une baisse des recettes non fiscales de 200 mln TND, en partie liée à la renonciation de l’Italie à acheter du gaz algérien livré à travers le gazoduc qui traverse la Tunisie ;

• une augmentation de 964 mln TND des dépenses de fonctionnement de l’Etat, liées au paiement d’arriérés dus en 2012 ; une hausse de 225 mln TND du service de la dette, suite à la prise en charge par l’Etat des dettes de deux entreprises publiques ; la recapitalisation de plusieurs banques appartenant à l’Etat à hauteur de 400 mln TND et une augmentation de 207 mln TND des prêts nets.

L’instabilité politique qui règne en Tunisie ne permet pas d’atteindre les prévisions de croissance anticipées par les autorités en début d’année, d’où des recettes fiscales plus faibles que prévues. Conjuguées à la hausse des dépenses de l’Etat, ceci aura pour conséquence une hausse du déficit public en 2013 (à 7,4% du PIB contre 6,6% en 2012). Le renforcement de la stabilité budgétaire promis par le gouvernement ne pourra donc pas être assuré, et ce malgré l’aide financière accordée par le FMI en juin dernier (1738 mln USD pour 2013-2015 dont 718 mln USD en 2013). Cette détérioration des finances publiques n’est néanmoins pas inquiétante, d’autant que la dette publique tunisienne représente moins de 50% de son PIB.

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