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Les analyses menées par des financiers et des économistes de renom

Les analyses menées par des financiers et des économistes de renom, sur la base des données du premier semestre 2012, concluent à une grave détérioration de la position extérieure de la Tunisie qui constituent de l’avis de tous les experts la contrainte essentielle pour un pays qui ne dispose pas d’une source importante et continue des réserves en devises. Les crises vécues par la Tunisie à la fin des années soixante et en 1985-1986, attestent de cela et la référence de Hassine Dimassi ex- ministre des finances n’est pas dénuée de fondement.

Une dette extérieure qui augmenterait de plus du quart entre 2010 et 2012.

La dette extérieure de la Tunisie atteindrait, sur la base des informations disponibles, près de 30 milliards DT à fin 2012, pour représenter 46 à 47 % du RNDB, en fonction de la dépréciation du dinar d’ici la fin de l’année, contre 24.6 milliards de dinars à la fin de 2010. En deux ans la dette extérieure du pays aurait augmenté de plus de 6 milliards de dinars et de prés de 10 points du RNDB, en liaison directe avec la décélération de la croissance des exportations et la poursuite de la croissance des importations à un rythme élevé. Au cours des 6 premiers mois de 2012, les exportations n’ont en effet augmenté que de 4 % et ont même baissé de 1.5 % à prix constants, alors que les importations ont cru de 14 % et de 10.4% à prix constants. Le déficit commercial a atteint 5469 MD durant le premier semestre 2012, contre 3597 MD pour la même période de 2011, soit une augmentation de 52 %. La Tunisie n’a jamais connu auparavant ce niveau de déficit.

Le dernier communiqué du CA de la BCT situe le déficit des paiements courants, durant les 7 premiers mois de 2012 à 4.8% du PIB, niveau qui aboutirait, compte tenu des données disponibles, à un déficit courant de 8% pour toute l’année 2012, niveau avancé par l’ancien gouverneur depuis la publication des données sur le commerce extérieur pour les 6 mois. Le niveau des investissements directs étrangers dont le comportement a été favorable jusqu’ici, pourrait représenter sur l’année 3% du PIB et contribuer ainsi à financer de façon saine une partie du déficit. Mais le reste du déficit ne pourra être financé que par un recours à la dette dont le niveau augmenterait alors de 5% de PIB et ce, compte non tenu de l’impact de la dépréciation du dinar sur le volume de la dette existante et estimé à 2% environ. C’est avec une dette représentant 46 à 47 % du PIB que la Tunisie achèvera donc l’année 2012, contre 40 % en 2011 et 37 % en 2010, soit une augmentation de 27% en volume et de 10 points du PIB. La tunisie pourra certes utiliser une partie des réserves pour rembourser sa dette, cependant le niveau déjà modeste de ces réserves, dont le niveau malgré l’endettement supplémentaire ne dépasse plus les 100 jours d’importation, mettrait cependant la solvabilité de la Tunisie en péril, ces réserves ne couvrant plus que 35% de la dette extérieure contre 55% en 2010.

Des signes avant-coureurs.

Le gouvernement tunisien s’emploie actuellement à trouver les moyens de financer ce déficit et c’est dans ce cadre que s’inscrivent les prêts contractés auprès du Qatar et les 480 millions de dollars mobilisés auprès du marché financier international avec al garantie des Etats Unis d’Amérique ainsi que le prêt à décaissement rapide que le gouvernement essaie de mobiliser auprès de la BIRD, LA BAD et L’Union Européenne. La Tunisie n’étant plus accessible par ses seuls moyens au marché financier international après la dégradation de standard and Poor’s, a du recourir au soutien de pays amis ou de se mettre sous la garantie des Etats unis pour mobiliser ces ressources dont les conditions sont loin d’être excellentes. Les conditions du prêt Qatari sont aujourd’hui connues de tous. Pour la sortie sur le marché financier international et malgré la garantie des Etats unis le spread appliqué à la Tunisie et qui mesure le risque pays, a été de 0.70% pour un prêt sur 7 ans, alors que la Tunisie avait pu mobiliser, en 2007 et sans la garantie ni le soutien de quiconque, un prêt sur 20 ans sur le marché japonais avec le même spread. Force est donc de constater et de rappeler, que le gouvernement Jbali, n’a pas de quoi pavoiser.

La question qui se pose par contre aujourd’hui, est de savoir si ces prêts sont renouvelables car la Tunisie aura encore besoin de ressources pour cette année et les années suivantes rien que pour couvrir ses déficits.

Le soutien du FMI, un point d’interrogation.

La Tunisie avait récemment approché le FMI pour bénéficier d’une nouvelle fenêtre qui consiste dans des prêts préventifs ouverts aux pays qui n’ont pas de problèmes d’équilibres extérieurs et qu’ ils peuvent utiliser en cas de besoin ou pour accompagner des réformes. Le FMI refuse jusqu’à nos jours d’accorder cette faveur à la Tunisie, alors que le Maroc est en train de finaliser un prêt de ce genre. Pour le FMI, la situation financière en Tunisie relève des mécanismes traditionnels ouverts aux pays qui connaissent des difficultés de balance de paiement tels que les prêts Standy auxquels la Tunisie a recouru en 1986 et qu’elle a d’ailleurs remboursés de façon anticipée en 1990-1991. Le refus du président Moncef Marzouki pour des raisons populistes de signer la loi autorisant la Tunisie à souscrire à l’augmentation du capital du FMI malgré l’approbation de l’ANCE, n’est pas pour arranger les choses. Loin de là. Selon les experts, la Tunisie devrait en payera les frais au prix fort.

Au moment ou les exportations baissent à prix constants, une centaine d’opérateurs se trouvent toujours interdits de voyager et d’agir, des cadres compétents sont réduits à l’oisiveté même pour travailler dans le secteur privé à cause de ces procès qui n’arrêtent pas de s’allonger. Aujourd’hui, selon les experts que nous avons rencontrés, «il y a péril en la demeure». Selon eux, la Tunisie de la Révolution, devrait plutôt s’atteler à libérer les initiatives et arrêter de rechercher les alibis ou les fausses pistes. Selon ces experts, arrêter de rembourser la dette quelque soit le motif, comme le suggèrent certains politiciens en Tunisie, serait suicidaire pour la Tunisie. Cela rendrait immédiatement exigible toute la dette extérieure tunisienne, mettrait le pays en situation de quasi faillite et ferait sortir définitivement et pour toujours du marché financier international. Selon ces experts, tabler uniquement sur la récupération des fonds expatriés par Ben Ali et sa famille, serait suicidaire pour le pays parce que personne ne sait quelle est l’importance de ces montants et les chiffres avancés semblent non crédibles et sensiblement au-delà de la réalité.

A.M

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Les analyses menées par des financiers et des économistes de renom

Les analyses menées par des financiers et des économistes de renom, sur la base des données du premier semestre 2012, concluent à une grave détérioration de la position extérieure de la Tunisie qui constituent de l’avis de tous les experts la contrainte essentielle pour un pays qui ne dispose pas d’une source importante et continue des réserves en devises. Les crises vécues par la Tunisie à la fin des années soixante et en 1985-1986, attestent de cela et la référence de Hassine Dimassi ex- ministre des finances n’est pas dénuée de fondement.

Une dette extérieure qui augmenterait de plus du quart entre 2010 et 2012.

La dette extérieure de la Tunisie atteindrait, sur la base des informations disponibles, près de 30 milliards DT à fin 2012, pour représenter 46 à 47 % du RNDB, en fonction de la dépréciation du dinar d’ici la fin de l’année, contre 24.6 milliards de dinars à la fin de 2010. En deux ans la dette extérieure du pays aurait augmenté de plus de 6 milliards de dinars et de prés de 10 points du RNDB, en liaison directe avec la décélération de la croissance des exportations et la poursuite de la croissance des importations à un rythme élevé. Au cours des 6 premiers mois de 2012, les exportations n’ont en effet augmenté que de 4 % et ont même baissé de 1.5 % à prix constants, alors que les importations ont cru de 14 % et de 10.4% à prix constants. Le déficit commercial a atteint 5469 MD durant le premier semestre 2012, contre 3597 MD pour la même période de 2011, soit une augmentation de 52 %. La Tunisie n’a jamais connu auparavant ce niveau de déficit.

Le dernier communiqué du CA de la BCT situe le déficit des paiements courants, durant les 7 premiers mois de 2012 à 4.8% du PIB, niveau qui aboutirait, compte tenu des données disponibles, à un déficit courant de 8% pour toute l’année 2012, niveau avancé par l’ancien gouverneur depuis la publication des données sur le commerce extérieur pour les 6 mois. Le niveau des investissements directs étrangers dont le comportement a été favorable jusqu’ici, pourrait représenter sur l’année 3% du PIB et contribuer ainsi à financer de façon saine une partie du déficit. Mais le reste du déficit ne pourra être financé que par un recours à la dette dont le niveau augmenterait alors de 5% de PIB et ce, compte non tenu de l’impact de la dépréciation du dinar sur le volume de la dette existante et estimé à 2% environ. C’est avec une dette représentant 46 à 47 % du PIB que la Tunisie achèvera donc l’année 2012, contre 40 % en 2011 et 37 % en 2010, soit une augmentation de 27% en volume et de 10 points du PIB. La tunisie pourra certes utiliser une partie des réserves pour rembourser sa dette, cependant le niveau déjà modeste de ces réserves, dont le niveau malgré l’endettement supplémentaire ne dépasse plus les 100 jours d’importation, mettrait cependant la solvabilité de la Tunisie en péril, ces réserves ne couvrant plus que 35% de la dette extérieure contre 55% en 2010.

Des signes avant-coureurs.

Le gouvernement tunisien s’emploie actuellement à trouver les moyens de financer ce déficit et c’est dans ce cadre que s’inscrivent les prêts contractés auprès du Qatar et les 480 millions de dollars mobilisés auprès du marché financier international avec al garantie des Etats Unis d’Amérique ainsi que le prêt à décaissement rapide que le gouvernement essaie de mobiliser auprès de la BIRD, LA BAD et L’Union Européenne. La Tunisie n’étant plus accessible par ses seuls moyens au marché financier international après la dégradation de standard and Poor’s, a du recourir au soutien de pays amis ou de se mettre sous la garantie des Etats unis pour mobiliser ces ressources dont les conditions sont loin d’être excellentes. Les conditions du prêt Qatari sont aujourd’hui connues de tous. Pour la sortie sur le marché financier international et malgré la garantie des Etats unis le spread appliqué à la Tunisie et qui mesure le risque pays, a été de 0.70% pour un prêt sur 7 ans, alors que la Tunisie avait pu mobiliser, en 2007 et sans la garantie ni le soutien de quiconque, un prêt sur 20 ans sur le marché japonais avec le même spread. Force est donc de constater et de rappeler, que le gouvernement Jbali, n’a pas de quoi pavoiser.

La question qui se pose par contre aujourd’hui, est de savoir si ces prêts sont renouvelables car la Tunisie aura encore besoin de ressources pour cette année et les années suivantes rien que pour couvrir ses déficits.

Le soutien du FMI, un point d’interrogation.

La Tunisie avait récemment approché le FMI pour bénéficier d’une nouvelle fenêtre qui consiste dans des prêts préventifs ouverts aux pays qui n’ont pas de problèmes d’équilibres extérieurs et qu’ ils peuvent utiliser en cas de besoin ou pour accompagner des réformes. Le FMI refuse jusqu’à nos jours d’accorder cette faveur à la Tunisie, alors que le Maroc est en train de finaliser un prêt de ce genre. Pour le FMI, la situation financière en Tunisie relève des mécanismes traditionnels ouverts aux pays qui connaissent des difficultés de balance de paiement tels que les prêts Standy auxquels la Tunisie a recouru en 1986 et qu’elle a d’ailleurs remboursés de façon anticipée en 1990-1991. Le refus du président Moncef Marzouki pour des raisons populistes de signer la loi autorisant la Tunisie à souscrire à l’augmentation du capital du FMI malgré l’approbation de l’ANCE, n’est pas pour arranger les choses. Loin de là. Selon les experts, la Tunisie devrait en payera les frais au prix fort.

Au moment ou les exportations baissent à prix constants, une centaine d’opérateurs se trouvent toujours interdits de voyager et d’agir, des cadres compétents sont réduits à l’oisiveté même pour travailler dans le secteur privé à cause de ces procès qui n’arrêtent pas de s’allonger. Aujourd’hui, selon les experts que nous avons rencontrés, «il y a péril en la demeure». Selon eux, la Tunisie de la Révolution, devrait plutôt s’atteler à libérer les initiatives et arrêter de rechercher les alibis ou les fausses pistes. Selon ces experts, arrêter de rembourser la dette quelque soit le motif, comme le suggèrent certains politiciens en Tunisie, serait suicidaire pour la Tunisie. Cela rendrait immédiatement exigible toute la dette extérieure tunisienne, mettrait le pays en situation de quasi faillite et ferait sortir définitivement et pour toujours du marché financier international. Selon ces experts, tabler uniquement sur la récupération des fonds expatriés par Ben Ali et sa famille, serait suicidaire pour le pays parce que personne ne sait quelle est l’importance de ces montants et les chiffres avancés semblent non crédibles et sensiblement au-delà de la réalité.

A.M

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