Tags Posts tagged with "Tunisie, Economie, FMI"

Tunisie, Economie, FMI

par -
Depuis la révolution du début de 2011

Depuis la révolution du début de 2011, la transition politique avance en Tunisie. Les nouvelles autorités doivent faire face aux problèmes économiques et sociaux qui existaient déjà et à une aggravation des vulnérabilités, constate le Fonds monétaire international (FMI), dans un rapport clôturant une récente mission en Tunisie. Le modèle de développement centré sur l’État mis en place par le précédent régime a produit plusieurs années de forte croissance et de stabilité, mais favorisait une minorité de privilégiés et s’est soldé par un chômage élevé, des disparités économiques et sociales considérables entre régions et le sentiment qu’il était impossible de gravir l’échelle sociale. En 2011, dans un contexte de turbulences nationales et régionales, la Tunisie a connu une grave récession, sa position extérieure s’est détériorée et le chômage a atteint des niveaux sans précédent. Les autorités ont tenté d’amortir les effets de la récession sur les ménages et les entreprises en augmentant les dépenses publiques courantes et en procédant à une forte injection monétaire. Ces initiatives ont toutefois entraîné une intensification des vulnérabilités dans le secteur financier, des tensions inflationnistes et des pertes de réserves de change.

Le FMI prévoit que la croissance du PIB réel pourrait se redresser en 2012, avec une reprise graduelle du tourisme et des entrées d’IDE et une relance budgétaire substantielle d’appui à la croissance. Cependant, la détérioration de la conjoncture en Europe, principal partenaire de la Tunisie en matière de commerce extérieur et d’investissement, la persistance des tensions sociales et des incertitudes politiques, les profondes faiblesses du secteur financier, et l’attentisme des investisseurs pèseront sur les perspectives à court terme de la Tunisie. Les risques liés aux perspectives sont considérables et plutôt de nature baissière.

Les experts du fonds estiment que le dosage des politiques mises en œuvre devra être rééquilibré pour soutenir la croissance à court terme tout en préservant la stabilité macroéconomique. La relance budgétaire devra être mieux orientée vers l’investissement public et il faudra maîtriser les dépenses courantes. Un resserrement graduel de la politique monétaire contribuera à juguler les tensions inflationnistes et une plus grande flexibilité du taux de change pourrait aider à stabiliser les réserves extérieures. Le renforcement de la solvabilité des banques et la consolidation de la supervision bancaire sont nécessaires pour préserver la stabilité financière. Enfin, à moyen terme il faudra de nouveau rééquilibrer les comptes budgétaires pour préserver la viabilité des finances publiques.

En conclusion, le FMI pense que le potentiel de croissance économique à moyen terme reste favorable, mais pour le mettre en valeur il faudra mener de vastes réformes structurelles propres à promouvoir l’investissement privé. Il sera crucial d’assurer une croissance plus forte et plus solidaire à moyen terme pour réduire un taux de chômage élevé, notamment chez les jeunes, et pour corriger les disparités sociales et régionales.

Nous y reviendrons

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le PDG de la Poste Tunisienne, Moez Chakchouk, a mis l’accent sur les efforts fournis par l’entreprise pour...

AFRIQUE

SPORT