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Tunisie, Ennahdha, opposition

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Fils d’un avocat et d’une ancienne résistante [suivez notre regard]

Fils d’un avocat et d’une ancienne résistante [suivez notre regard], Régis Debray qui avait développé la théorie du foquisme [théorie de guerre révolutionnaire formulée par Che Guevara], disait, dans son livre L’indésirable : «Chacun s’était assis avec les siens, en deux groupes séparés, les guérilleros d’un côté, les militants de la ville de l’autre (…) On commençait à se regarder en chiens de faïence».

Cette formule résume exactement, à notre sens, ce qui se passe en Tunisie depuis l’ascension d’Ennahdha au pouvoir en Tunisie à la faveur d’une élection qui avait perdu son sens primaire, depuis qu’Ennahdha avait décidé de gouverner au lieu de rédiger simplement la nouvelle Constitution en Tunisie.

– Des partis politiques, en schisme structurel et sans poids.

Depuis la répartition des pouvoirs au sein d’une Assemblée Constituante où ils n’avaient aucun poids, tous les partis politiques tunisiens, s’étaient rangés, de fait ou sans le dire, dans l’opposition. Malmenés par ce qui devait être l’enceinte de la démocratie et l’Agora où tous peuvent s’exprimer librement et se concerter à propos de la chose publique tunisienne, avec le même poids dans les idées et les propositions, ils se rebiffent, crient, quittent les débats, se regroupent, se dégroupent, mais n’arrivent toujours pas à augmenter leur poids face aux voix de la troïka. Ne leur restait, alors, que la désobéissance qu’ils ne pouvaient pas faire d’une manière officielle, au risque de traîner tout le pays dans une trop longue traversée du désert, politique, économique et sociale.

Survinrent alors trois faits majeurs. D’abord la confrontation, à ciel ouvert, entre le Gouvernement Jbali et l’omnipotente centrale syndicale, l’UGTT. Ensuite la décision du ministre tunisien, Nahdhaoui, de l’Intérieur Ali Larayedh. Et enfin, l’avènement du 9 avril 2012.

Remontée, toute la classe politique monte tout cela en véritable «cheval de Troie» et descend dans les rues pour protester contre la décision de Larayedh, appuyée par les hommes de loi et les activistes de la société civile tunisienne qui démontent allègrement la légitimité de la décision d’interdire les manifestations à l’Avenue Habib Bourguiba et, légitiment ainsi, ce qui n’est que simple désobéissance civile et déni de l’autorité d’un Etat qui n’arrive pas à faire l’unanimité.

– Un gouvernement, pas pressé de quitter la scène.

En face, directement, c’est un gouvernement qui ne fait plus, c’est un fait, l’unanimité. Nous en voulons pour preuve, le fameux «complot» qu’exhibent jusqu’à maintenant plusieurs membres du Gouvernement de Hamadi Jbali. Qu’elle soit réelle ou fictive, cette théorie démontre l’existence d’une division entre classe politique et Gouvernement.

Le Gouvernement Jbali, n’arrive, de plus, toujours pas à convaincre. Pris sous l’énormité de la tâche et l’inexpérience de ses membres, le Gouvernement Jbali se démène sans arriver à bien communiquer sur ce qu’il fait et creuse le fossé entre gouvernants et gouvernés. On est déjà à la mi-avril et toujours pas de loi de finances complémentaire, toujours pas de budget économique et toujours pas de plan d’action du gouvernement pour une année 2013 qui s’approche de sa moitié et qui l’obligera bientôt à se pencher sur le budget et la loi de finances pour l’année 2013.

Ce Gouvernement na tarit pas, non plus, d’erreurs et de gaffes, traitant tout ce qui ne marche pas avec lui, par-dessus la jambe et n’arrive toujours pas à se garantir la cohésion autour de ses thèmes et l’unité nationale qui lui donnerait le répit qu’il ambitionne.

Le Gouvernement Nahdhaoui de la troïka, n’arrive pas, non plus, à se décider sur la feuille de route politique pour la période pré-transitoire, si tant est que l’on puisse croire qu’il se serait décidé à organiser les prochaines élections en mars ou même en juin 2013. Rien d’officiel n’a été annoncé à ce sujet. Et quand bien même croirait-on les dires de Jbali à Bruxelles ou ceux de Lotfi Zitoun en Tunisie, cela ne se traduit pas au concret. L’ISIE (Instance nationale indépendante des élections) a été détruite, ses bureaux repris, ses employés dispersés, son président toujours pas confirmé à la tête de l’hypothétique nouvelle ISIE. Plus encore, la loi sur les élections n’a même pas été présentée à la Constituante pour discussion, et tout cela transmet un message clair : Ennahdha et la troïka ne sont pas prêts à partir !

– Opposants et Gouvernement, en chiens de faïence !

Assis, face à face, devant un peuple qui n’arrive, tout un peuple n’arrive ni à avoir ce que tous les partis en place, troïka y compris, lui ont généreusement promis pendant le mois d’octobre 2011, ni à savoir dans qu’elle voie ses nouveaux gouvernant l’emmènent.

En face de tous ceux-là, c’est toute une Assemblée Constituante qui piétine toujours, discute toujours de manière houleuse et désordonnée, sans arriver à conclure. On ne sait même pas si les Constituants veulent vraiment le faire, mais la conclusion devrait être la Constitution. Opposants, partis politiques et Gouvernement, se regardent, en fait, depuis le 23 octobre 2011, en chiens de faïence et oublient ce pour quoi ils ont été tous élus. En prêtant le flanc à ce que leur donne le Gouvernement à polémiquer et en créant eux-mêmes les sujets de polémiques stériles, partis politiques et opposition, laissent aussi, de fait, le champ libre au gouvernement pour traîner le pas aussi longtemps qu’il le voudrait. Ils lui fournissent aussi l’alibi nécessaire [Le Gouvernement en a déjà trouvé un en la personne de Caïed Essebssi pour lui faire porter tout le chapeau] pour retarder plus encore l’échéance électorale.

Khaled Boumiza

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