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En absence d’une volonté politique et de leadership

En absence d’une volonté politique et de leadership, l’avenir des entreprises et des biens confisqués des familles Ben Ali, Trabelsi, et proches, objet du décret-loi n°13 en date du 14 mars 2011, demeure certes incertain, mais les hypothèses concordent sur l’importance de les céder aux privés. Serait-il le meilleur choix pour sauvegarder ce patrimoine dont la cession pourrait générer pas moins de 500 millions de dinars, selon le projet du budget économique 2012 ?

Face à la complexité de la mesure de la confiscation, la situation des entreprises confisquées n’a pas cessé de susciter l’intérêt des acteurs économique vu la perte de valeur affichée et les problèmes qui semblent difficiles à évaluer même à long terme. L’essentiel actuellement est de prendre une décision d’essence politique afin d’assurer leur continuité.

Dans ce cadre, une table ronde s’est tenue, vendredi 13 janvier 2012, en absence de la commission de la gestion et des banques- ces dernières étant fortement impliquées dans cette affaire-, afin de s’instruire des préoccupations des acteurs concernés et imaginer les solutions pouvant remédier à cette situation.

Un débat riche et diversifié a réuni les représentants plusieurs acteurs économique et même politiques.

Les problèmes à ce jour, précisent Jamel Bel Haj, tournent autour de l’absence d’une stratégie pour la gestion et la structuration des entreprises au cas par cas. Cela nécessite une réflexion profonde afin de garantir la cession de ces entreprises aux privés. D’après lui, cette action ne pourrait se faire que par étapes. Il s’agit d’évaluer ces entreprises afin de pouvoir lancer un appel d’offres au profit des banques d’affaires de manière à les valoriser.

De son coté, Khayam Turki, d’Attakatol, a constaté que « le traitement de ce problème sans prendre en considération la valeur symbolique, pourrait aggraver la situation que vit notre pays notamment en matière de perte d’emplois et d’équilibre régional ». Et d’ajouter : « Il y a beaucoup de frustration, de souffrance et de larmes, et surtout qu’on va avoir beaucoup des chômeurs au cours des années à venir. Le peuple considère que ces biens lui appartiennent.» Quelle que soit la solution, il a insisté sur l’importance de favoriser le dialogue et de ne pas décider entre quatre murs pour préserver ce patrimoine.

Partageant les mêmes idées, le représentant du PDP a appelé les élus du peuple à agir rapidement, d’autant qu’il s’agit d’entreprises et de biens appartenant au peuple tunisien.

Par ailleurs, évoquant les difficultés rencontrées par les administrateurs judiciaires dans l’accomplissement de leur mission, Anis Wahebbi, expert-comptable, a indiqué que « la nature de cette mission en tant que mission de gestion temporaire sous le contrôle d’un juge commissaire reste le problème majeur, puisque les administrateurs n’ont pas les mêmes prérogatives qu’un vrai gestionnaire et celui d’un organisme de management ou de gouvernance ».

L’expert-comptable a affirmé que les administrateurs sont impliqués dans ces entreprises sans passation. Une tâche très difficile, compte tenu du climat marqué par les revendications sociales et la multiplication des sit-in. A cela s’ajoutent les problèmes relevant de règlements des fournisseurs et de paiement des dettes fiscales, ainsi que l’absence de sources de financement. Afin de dépasser ces difficultés, Anis Wahbi, a appelé pour une accélération du processus qui ne pourrait se faire qu’à travers une forte volonté politique, encore absente pour faciliter la cession de ces entreprises de façon optimale.

De son coté, Adel Grar, PDG d’Amen Invest et président de l’Association des intermédiaires en Bourse a précisé que, suite à la confiscation de ces entreprises, l’Etat s’est trouvé détenteur de participations dans ces sociétés. « On a toujours la volonté de se focaliser sur l’actif lui-même alors qu’il faut faire la séparation entre la détention du capital et la gestion de ces entreprises. Faut-il souligner que le capital a été la cause majeure de la dégradation de la valeur de ces entreprises à un moment ou on a besoin de ces entreprises », a t-il dit.

Il a rappelé que la confusion entre l’actionnariat et le management est une preuve flagrante du problème de la gouvernance en Tunisie. « Au lieu de nommer des administrateurs judiciaires, il fallait nommer des administrateurs indépendants et un gestionnaire indépendant qui aideront la société à se développer toute seule, indépendamment du capital qui devrait être traité séparément ».

Réfléchir aux possibilités d’introduire en bourse une partie des sociétés confisquées, de vendre une majorité de leur capital à des investisseurs qu’ils soient locaux ou étrangers et de mettre le reliquat sur le marché boursier à un prix inférieur est également une autre solution préconisée par Fadhel Abdelkefi, président du Conseil d’administration de la Bourse de Tunis.

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