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« Il n’y a pas un seul domaine dans le secteur de l’énergie qui n’a pas été investi par la corruption et gangréné par la famille régnante » martèle Sofiane Reguigui

« Il n’y a pas un seul domaine dans le secteur de l’énergie qui n’a pas été investi par la corruption et gangréné par la famille régnante » martèle Sofiane Reguigui, président de l’Association Tunisienne de la transparence dans l’Energies et des Mines. Le premier responsable de l’ATTEM semble optimiste pour l’avenir malgré «la mauvaise gestion, favorisée par la technicité complexe et des actes de corruption qui ont pris de l’ampleur ces dix dernières années» avant d’ajouter « C’est le temps de déclarer le plus d’informations possibles, d’adhérer enfin aux standards internationaux en la matière»

Dans le domaine de l’énergie et des mines, des critères internationaux existent et sont pratiqués réellement, et pas seulement par les pays riches comme la Norvège. Plusieurs pays publient des rapports complets sur les revenus des produits d’extraction et sur les conditions d’exploitation selon les standards EITI (www.eiti.org).

Revenant aux affaires de corruption, notre interlocuteur cite comme exemple l’octroi de permis d’exploration à des sociétés de peu d’envergures, aussi bien internationales que tunisiennes, par l’intermédiaire des familles Ben Ali/Trabelsi. Il cite aussi, le cas d’entrée à titre gracieux, de membres de ces familles, dans le capital social de certaines sociétés de production et l’accaparation du transport du Brut.

Presque toutes les grandes entreprises publiques (STEG, STIR, ETAP & SNDP) ont été citées dans le rapport de la Commission Nationale d’Investigation sur la Corruption et la Malversation et il semble que le réseau Moncef Trabelsi soit bien enraciné dans ces entreprises : Acquisition illégale du marché de transport du brut libyen au détriment d’un transporteur local ainsi que l’acquisition douteuse de la concession CHERGUI à Kerkennah par une compagnie étrangère au détriment de la société nationale en droit de l’exploiter. «Les investigations n’ont pas été poussées jusqu’à leurs termes et il reste beaucoup à découvrir et il faudrait s’y atteler avant que les traces sérieuses ne disparaissent », estime Sofiane Reguigui.

A cela s’ajouterait, la politique suivie consistant à attribuer des permis de recherche aux sociétés étrangères sans se soucier d’instaurer un suivi rigoureux qui aurait pu sauvegarder les intérêts du pays, ce qui aurait énormément nui au développement du secteur et du pays. Ce serait cela qui aurait handicapé l’impulsion de ce secteur et provoqué l’essoufflement des gisements existants durant cette période sans chercher à maintenir le développement de projets pétroliers se limitant à « suivre » le peu d’investisseurs internationaux.

Beaucoup d’obstacles à franchir

«C’est un secteur où les décideurs doivent être d’un très bon niveau et dotés d’une expérience appréciable. Malheureusement, cela n’est pas toujours le cas» nuance Sofiane Reguigui, précisant qu’il s’agit d’un secteur éloigné du regard de la société civile malgré les questions soulevées à chaque augmentation du prix du carburant à la pompe.

«Ce secteur représente plus que 18% de nos exportations et comprend les quatre premières entreprises de la Tunisie. selon les statistiques disponibles, le chiffre d’affaires des huit premières entreprises du secteur de l’énergie et des mines (STIR, STEG, GCT, ETAP, SNDP, CPG, TOTAL et SHELL) s’élève à 12 722 460 milliers de dinars » constate Reguigui. Il trouve cependant, qu’il «reste encore beaucoup à faire». Il propose à cet effet «un Audit financier et technique des plus rigoureux et des cercles de réflexion spécialisés pour analyser toutes les données recueillies, tout en traçant une politique de Transparence. Le président de l’ATTEM prône aussi une meilleure gouvernance des ressources naturelles à travers la vérification et la publication complète des paiements effectués par les entreprises et des revenus perçus par le gouvernement provenant du pétrole, du gaz et des minerais. D’ailleurs, la genèse de l’ATTEM a pour mission de contribuer à instaurer une culture et une politique de transparence tant souhaitées et ce pour la bonne gestion du secteur si vital pour le pays. Pour relever ce défi, l’association se propose d’organiser prochainement un « Workshop » sur les critères de la transparence dans le domaine de l’énergie et des mines en réunissant des experts norvégiens qui nous exposeront l’expérience norvégienne en matière de transparence et de management du secteur de l’énergie

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