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Tunisie, Gouvernement nahdhaoui, Salafistes

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«Des Salafistes tunisiens terrorisent une ville du Nord-ouest »

«Des Salafistes tunisiens terrorisent une ville du Nord-ouest », titrait, samedi dernier, l’hebdomadaire français l’Express. «Les Salafistes causent de nouvelles violences », titrait ce dimanche, pour sa part la Radio RFI, qui ajoute que «les Salafistes sont à l’origine de plusieurs manifestations de violences en Tunisie », et d’ajouter que «des Salafistes, musulmans extrémistes, tentent d’imposer les préceptes de la charia par la force. Les incidents se multiplient». Et le Nouvel Observateur français de conclure, pour sa part,  que «c’est la seconde fois en une semaine que des groupes de Salafistes s’attaquent aux espaces de vente et de consommation des boissons alcoolisées. Le 19 mai dernier, des bars de Sidi Bouzid (Centre-ouest tunisien) avaient été vandalisés et un dépôt d’alcool incendié. Les commerçants avaient répliqué en mettant le feu à des pneus et en tirant des coups de feu à l’aide de fusils de chasse devant une mosquée. Le lendemain, des Salafistes avaient mené une démonstration de force à Kairouan, une ville sainte du centre du pays, lors d’un rassemblement de leurs partisans venus de diverses régions. Habillés à l’afghane, sabre au poing, les uns effectuaient  des chevauchées à cheval, d’autres s’adonnaient à des exercices d’arts martiaux, sous l’œil de leur chef, Abou Yadh (de son vrai nom Seifallah ben Hassine), un ancien « Afghan » condamné à 42 ans de prison avant d’être amnistié après la chute du régime de l’ancien président Ben Ali».

Ces témoignages d’une presse étrangère, aux aguets des transformations d’un pays dont ils sont les premiers partenaires économiques et les destinations principales des touristes, disent tout le danger que représentent les Salafistes tunisiens pour l’économie tunisienne. L’image que donnent, en effet, les radicaux religieux qui jouissent de toutes les libertés de nuire à leur pays et de toute la liberté d’agir, là où ils veulent, quand ils le veulent, est loin des clichés d’une Tunisie où il fait bon investir ou d’une Tunisie où il fait bon passer ses vacances !

Bras armé du Mouvement de la Tendance Islamique, lorsque les Nahdhaouis cherchaient encore reconnaissance chez Ben Ali, les Salafistes sont désormais l’aile droite dure du parti Ennahdha dont il ne sait pas se débarrasser et l’épine dans son pied politique qu’il ne sait toujours pas enlever. Les hésitations répétées du parti au pouvoir Ennahdha, pour trancher dans une partie de sa chaire idéologique, a fini par renforcer cette chaire et l’endurcir. Longtemps, en effet, et depuis la fin 2011 lorsque les premières manifestations salafistes avaient fini par émerger, le parti au pouvoir avait adopté un langage paternel, pour éviter la confrontation. «Ce sont nos enfants», avaient répété Rached Ghannouchi et Hammadi Jbali.  Et lorsque le ministre de l’Intérieur Ali Larayedh avait fini par endosser les habits d’homme d’Etat et déclaré que la confrontation avec les Salafistes était inévitable, le Constituant Nahdhaoui Abou Yaarib Marzouki s’était empressé de répondre  que les Salafistes sont un phénomène naturel et que l’Etat n’a pas à y intervenir. Manifestement donc, les dissensions à l’intérieur d’Ennahdha sur la manière de traiter le problème et le danger salafistes, persistent. Le langage paternaliste d’Ennahdha ne semble pas porter ses fruits auprès d’un courant qui cible le parti au pouvoir même. «Les appels au Jihad sont dirigées contre le gouvernement», disait, en mars dernier, déjà Abou Iyadh. Ce dernier défiait même le ministre de l’Intérieur en lui lançant, depuis mars, un  «garde tes distances et ne dépasse pas tes limites. Tu écris ta fin politique. Tu ne connais rien de ce qui se passe dans le pays et ce courant que tu menaces, a confirmé qu’il constitue une force active dans le pays».

Et c’est cette inertie du Gouvernement et de son parti inique au pouvoir, qui a fini par encourager un courant qui avait multiplié les bras de force, presque les bras d’honneur, à un pouvoir en place qui menace sans oser franchir le Rubicon des arrestations et des passages en justice, qui pourraient conduire à une confrontation avec des Salafistes qu’il sait très bien armés et en tout cas plus aguerris que ses forces de l’ordre. Le dernier  à s’être  engagé dans la voie des menaces sans issue, a été le ministre, nahdhaoui, de la Justice. «Je dis à ces gens qui pensent que l’Etat a peur d’eux que la récréation est terminée. Ceux qui dépassent les lignes rouges vont être punis», disait Noureddine Bhiri, dans une déclaration à la radio privée Express. Lui comme les Salafistes savent cependant très bien, que ni Ennahdha, ni la troïka et encore moins le gouvernement de Hamadi Jbali, ne passeront de la menace à l’exécution. Entretemps, la terreur des Salafistes se poursuit. Ce qui ne les tue pas les renforce, pourrions-nous ainsi dire pour parodier un dicton bien connu. Force est cependant de constater que l’attitude du Gouvernement face au danger, économique et social, des Salafistes, finira par ressembler à de la complicité passive dans tout ce qu’ils font et feront !

Khaled Boumiza.

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