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Tunisie, grèves, sit-in, UGTT

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La trêve des confiseurs, celle de l’Aid el Idha, étant maintenant terminée, les Tunisiens se dessillent sur une semaine qui a tout pour être cruciale pour leur avenir, au moins pour un an, le temps que l’assemblée constituante qu’ils ont élue, remplisse, sauf complications, le mandat de doter le pays d’une Constitution, et partant , d’une République.

Comme on  peut le voir, l’agenda est clair et ne souffre que peu d’équivoque pour autant qu’il puisse en exister. La troïka (Ennahdha-CPR- Attakatol) semble s’en accommoder et montre les meilleures dispositions pour  gouverner non suivant un programme commun, mais plutôt à l’enseigne d’accommodements qui ne puissent pas froisser pas les susceptibilités des uns et des autres.

Mais, tout autour, il évolue une constellation de forces politiques, économiques et sociales, dont il va falloir tenir compte, mais pas trop, bien que certaines d’entre elles, l’UGTT et l’UTT, entre autres,  développent  une capacité d’opposition, voire de nuisance qu’il ne serait pas judicieux ni intelligent de négliger. Témoin, cette recrudescence subite, mais apparemment programmée, de grèves, sit-in, et pour tout dire de mouvements sociaux, dont le dessein moins apparent est d’affirmer une présence sur la scène et d’avoir voix au chapitre.
Un message subliminal dont ceux qui s’apprêtent à gouverner le pays ont compris parfaitement tout le sens autant que les conséquences qui pourraient en découler alors que l’impatience des Tunisiens va crescendo et que les rangs des partisans du « tout et tout de suite » n’ont de cesse de gonfler, faisant peser une menace réelle sur l’ordonnance future de la croissance, l’investissement et l’emploi, pour ne citer que ces trois termes de l’équation socioéconomique.

Ce scénario n’est nullement une vue de l’esprit, mais une très forte probabilité qui appelle déjà une réponse tout aussi forte et vigoureuse, car l’économie du pays est arrivée à un point de détérioration tel qu’il n’autorise plus les replâtrages ni les expédients de circonstance. Au contraire, il y a impérativement lieu  de mettre résolument le cap sur la croissance, une croissance qui soit à mille lieues des promesses populistes dont été gavés les électeurs, des semaines durant, et qui fonde un projet de société cohérent et crédible à la faveur duquel les Tunisiens pourront enfin s’investir sérieusement et au prix des sacrifices qui vaillent la peine d’être consentis, dans ce qui est regardé comme l’unique planche du salut.

Ceci ne tient pas uniquement du sens du patriotisme dont tout un chacun se doit de faire montre, mais a rang d’urgence incontournable qu’il importera de gérer aussi collectivement que possible et sans relâche, et ce dans l’intérêt bien compris de toutes les parties.

Cela doit vouloir dire que toutes les entraves à l’activité économique quelle qu’en soit la nature doivent être congédiées, et sans plus tarder. Le mécanisme idoine pour  y arriver ne peut être qu’un moratoire des grèves,  des sit-in, et de tous les mouvements sociaux nocifs, sous la forme d’un gel sans concession de toutes les expressions de revendication entraînant des arrêts de travail et un ralentissement de l’activité économique.

Il va sans dire qu’il doit s’agir là d’une décision nationale au sujet de laquelle l’équipe qui tiendra effectivement les rênes du pouvoir sera requise d’engager  le plus rapidement possible les concertations nécessaires avec toutes les parties prenantes. Il y va de l’intérêt du pays et de la commodité des investisseurs aussi bien locaux qu’étrangers qui attendent un signal fort que la paix sociale est vraiment de retour et que les conditions optimales sont effectivement réunies pour  franchir le Rubicon et accomplir l’acte d’investir.

Concrètement, cela signifie que les usines devront se remettre à fonctionner à plein régime, que ceux qui ont un travail devront travailler plus pour créer de la croissance qui permette de donner de l’emploi à ceux qui n’en ont pas encore,  et ils sont nombreux et devaient l’être encore plus. Cela veut dire aussi que les employés des services publics et des entreprises étatiques et semi-étatiques devront mettre en veilleuse leurs revendications, si légitimes soient-elles, à charge pour eux d’en faire état sans que  leurs prestations s’en ressentent.

Corollairement, il va falloir sévir contre les actes attentatoires à la sécurité économique, en mettant en œuvre les dispositifs que la législation en vigueur  autorise et qui habilitent les autorités compétentes à remplir l’office qui est le leur sous le strict empire  de la loi.

Enfin et surtout, les nouveaux gouvernants du pays doivent se convaincre que l’exercice du pouvoir n’est pas uniquement l’expression d’un militantisme politique, si honnête et irréprochable soit-il, ou encore d’arrangements et accointances entre partis ,  et que l’attribution des  portefeuilles ministériels ne doit pas être regardée comme la récompense d’un engagement politique qui donne accès au pouvoir. Il s’y joint organiquement des compétences, un savoir-faire et un savoir-décider qui prêtent à conséquence, c’est-à-dire  des qualifications avérées et reconnues , chose qui , visiblement, n’est pas le lot commun d’élus  frais émoulus dont la maîtrise de la chose publique est en état de projet.

Voilà pourquoi il est de la plus haute importance que les nouveaux décideurs soient liés par une sorte de contrat d’objectifs dont ils seront tenus d’assurer la totale  et diligente réalisation, et à défaut, d’en porter l’entière responsabilité.

Mohamed Lahmar

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