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Tunisie, Hammadi Jbali, Houcine Dimassi

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Malgré la chaleur suffocante qui pèse

Malgré la chaleur suffocante qui pèse, ce mardi 31 août, sur la capitale tunisienne, des centaines d’activistes de la société civile tunisienne, se sont rassemblés devant l’Assemblée Nationale Constituante, en signe de protestation contre le projet de loi portant compensation aux prisonniers politiques tunisiens. Un projet de loi qui avait été une première fois démenti par le porte-parole du gouvernement Samir Dilou, avant de faire éclater le gouvernement de Hammadi Jbali par la démission de l’ancien ministre des Finances, Houcine Dimassi. Une protestation qui nourrit désormais une vive polémique en Tunisie sur le principe même de la compensation pour la lutte politique.

Et alors qu’une partie de la population tunisienne ne conteste pas ce principe que le Constituant Nahdhaoui Khedher considère comme un droit, une autre partie y était, ce mardi, fortement opposée, le considérant comme du vol de l’argent public et arborant des slogans, parfois violents pour l’exprimer. Des slogans brandis par les participants au sit-in de la Constituante, tels que “pas de compensation, bande de voleurs et d’hypocrites”, ou encore “le peuple appauvri est plus digne de la compensation”.

Un conseil ministériel étudiait, ce mardi à La Kasbah, le projet de loi qui pourrait autoriser cette compensation sur les fonds d’un budget 2012 où aucun titre ne faisait référence à cette compensation, à la Kasbah. Officiellement, aucune information n’a été donnée sur ce projet de loi, ni aucun détail sur le volume de cette compensation, sa forme, ses procédures ou ses ayants-droit. Un projet de loi qui intervient dans une conjoncture financière et économique des plus difficiles pour la Tunisie et sur fond de protestations sociales pour retard de versements de salaires pour les employés des chantiers.

Le projet de loi serait introduit par Ennahdha, le parti dans les rangs duquel se trouveraient la majeure partie des 12 mille personnes concernées. Le courant islamiste ayant été le courant politique qui avait formé l’essentiel de l’opposition au régime de Bourguiba et de Ben Ali et qui avait aussi porté tous les efforts de lutte contre l’opposition.

Ce qui est certain, à notre sens, c’est que la liste des militants tunisiens, contre Ben Ali et Bourguiba, des communistes aux perspectivistes, en passant par les yousséfistes, démocrates et les libéraux, est nettement plus importante que celle des 12 mille, dite par l’ancien ministre tunisien des Finances, dans sa première interview d’après-démission sur Nessma TV. La lutte contre le despotisme de Bourguiba et la tyrannie de Ben Ali se faisait par patriotisme, nationalisme et en ligne avec des convictions politiques prêtes à tous les sacrifices et qui ne demandaient aucune récompense. Des convictions politiques où l’intérêt supérieur du pays était mis au-dessus de toutes les considérations. Ce ne semble plus être le cas, depuis le 14 janvier 2012.

Ceux qui avaient fait la Révolution, les chômeurs essentiellement, attendent toujours l’emploi et la dignité qui va avec. Ceux qui l’avaient accompagnée, les travailleurs essentiellement, avaient été les premiers à s’être servis en primes et en augmentations salariales, sous la pression des grèves et des sit-ins. Ceux qui avaient engrangé les fruits de cette Révolution, Ennahdha essentiellement, viennent ainsi de rejoindre la cohorte de ceux qui demandent le prix du sang, qu’ils disaient pourtant avoir versé pour la Nation. Ennahdha le revendique même, avant que ne soient indemnisés les propres blessés de la Révolution.

La Tunisie n’a pas encore vu les descendants de Farhat Hached, de Salah Ben Youssef demander le prix de leur sang et leurs sacrifices pour la Tunisie. Elle n’a pas encore entendu parler d’un Ahmed Ben Salah demander compensation des années passées en prison. Elle n’a pas entendu non plus un certain Ali Ben Salem demander compensation pour les années passées dans les caves de la prison de Bizerte.

Les premiers à le faire sont ceux d’un parti politique qui voudrait le bonheur de tout le monde, le parti qui a donné le «meilleur gouvernement au monde » [Dixit un ministre de ce gouvernement] à une Tunisie où ils s’étaient présentés, en octobre dernier, en «parti de Dieu», le parti qui ne connaît pas la corruption et qui s’élève au-dessus des considérations matérielles.

Pourtant, à l’image des mercenaires que louerait un opposant dans une république bananière, ceux qui avaient un temps crié avoir tout donné au nom de la Nation, revendiquent maintenant le prix de leur sang, le salaire de leurs heures perdues en prison et la contrepartie financière des tortures subies.

Longtemps, le chef du parti islamique tunisien, Rached Ghannouchi, avait accusé les journalistes tunisiens de manque de patriotisme. Il nous semble, à cette occasion, opportun de lui retourner courtoisement le compliment. Le Cheikh avait alors dit que c’était une simple critique. Cela est valable pour nous.

Khaled Boumiza

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