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Il n’est plus un secret que l’inflation avait terminé le premier mois de cette année (janvier 2012) en hausse de 5

Il n’est plus un secret que l’inflation avait terminé le premier mois de cette année (janvier 2012) en hausse de 5,1 %, même s’il y a dans ce taux, une inflation héritée de plus de 2 % de l’année 2011. Cette hausse des prix est, de toutes les façons, désormais tellement visible qu’on n’aurait même pas besoin de ces chiffres pour en percevoir l’impact immédiat sur le pouvoir d’achat du Tunisien. Elle s’explique, en partie, par la hausse des prix de vente industriels. Sur toute l’année 2011 et comparativement aux 12 mois de l’année 2010, l’indice de ce qu’il est communément appelé l’Ipvi (Indice des prix de vente industriels ou le prix vendu par les producteurs aux grossistes) avait enregistré une hausse de 6,5 % (5 % hors énergie et 4,7 % hors mines).

Etant donc à la hausse, depuis la production, il était normal que les prix s’envolent à la consommation. Il faut aussi préciser que plus de 80 % de ces prix sont libres et que ni l’Etat ni les centaines de contrôleurs que le ministère du Commerce pourrait mobiliser, n’y fera rien. Il n’y aura, en effet, que la loi de l’offre et de la demande qui sera désormais en mesure  d’influer les prix à la baisse !

Tout ceci dit, il est tout aussi important de préciser que les circuits de distribution traditionnels [Producteurs-Grossistes-Détaillants-Consommateurs] ont été fortement déstructurés depuis l’arrivée des hypermarchés qui achètent désormais directement chez les producteurs par le biais de leurs centrales d’achats. Les circuits de distribution ne se composent plus que du producteurs-hyper-consommateurs. Même l’épicier du coin qui constituait le maillon du détaillant s’approvisionne désormais directement chez l’hyper et fait ses propres marges à partir du prix de l’hyper. Les chiffres de l’Observatoire des prix, du ministère du Commerce, sont  visibles sur le site du même ministère. On y constatera l’importante différence de prix entre hypermarché, supermarché et épicier. Ce dernier étant toujours le plus cher.

La pratique des marges arrières, toujours non réglementée et à la limite de la légalité.

Cette réorganisation des circuits de distribution et la naissance des centrales d’achats pour des géants de la distribution (notamment Géant, Carrefour, Magasin Général etc.…) avec un énorme pouvoir de négociation a fait naître de nouveaux rapports de force entre producteurs et Hypermarchés.

Les producteurs ne le diront jamais publiquement, bien qu’ils s’en plaignent en réunion très restreinte, entre professionnels ou en face de l’Administration, mais ils font depuis quelques années face à une nouvelle pratique, qui les saigne d’un côté, mais pourrait offrir une sérieuse opportunité de baisse des prix directement pour les consommateurs finaux. Cette pratique est connue, en France, d’où elle a été importée en Tunisie par les deux principales chaînes d’hypermarchés en place, sous la nomination de «marges arrières». Les professionnels les définissent comme  étant « une pratique commerciale de la grande distribution qui consiste à offrir aux fournisseurs une promotion spéciale de leurs produits dans les supermarchés (tête de gondole, dégustation, mise en valeur, etc…) en contrepartie d’une rémunération des fournisseurs versée après la vente. Ainsi, le prix en rayon ne change pas (les marges avant, ou différence entre le prix de vente au consommateur et le prix d’achat par le détaillant à son fournisseur, restent inchangées), mais l’enseigne encaisse une deuxième marge sur son fournisseur. Il arrive même, selon certains producteurs que nous avons pu contacter sans qu’ils se décident à parler à visage découvert, que cette marge soit précédée d’une assez importante baisse imposée par le pouvoir de négociation et qu’elle (la marge arrière) comprenne aussi la participation du producteur dans la confection des outils marketing même de l’hypermarché, y compris les catalogues.

Or, normalement, cette commission arrière ou rétro-commission, devrait être resservie au consommateur, et au moins, en partie, affectée à aider à la baisse des prix pour le consommateur. La législation tunisienne sur la modernisation du commerce et les différents circuits de distribution, notamment celle de 2009, reste encore muette, tout au plus floue à ce sujet, et cela fait le bonheur des hypermarchés et à certains égards même celui des producteurs guère enthousiastes sur tout ce qui pourrait amener à plus de transparence sur les marges. Cette loi indique, en effet, que toutes les commissions, y compris les marges arrières, doivent être clairement indiquées dans les factures entre producteur et distributeur. La loi n’en fait cependant pas une obligation et ,de l’avis de plusieurs cadres de cette administration commerciale, cette dernière n’a jamais cherché à y voir un peu plus clair, le secteur de la distribution étant tenu par des groupes proches des centres de décision. Il ne fait pourtant aucun doute qu’une pression législative sur les grandes surfaces pour rétrocéder, tout ou partie de ces rétro-commission aux consommateurs sous forme de baisse des prix, reste pour l’instant l’unique solution.

Khaled Boumiza

Reseaux Sociaux

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