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La mésentente entre Houcine Dimassi et le gouvernement Jbali qui couvait depuis quelques mois

La mésentente entre Houcine Dimassi et le gouvernement Jbali qui couvait depuis quelques mois, est ainsi consommée et le divorce prononcé. Cela arrive dans les meilleures des démocraties. On en viendrait même à positiver cette deuxième démission dans le gouvernement de Hammadi Jbali, après celle de Mohamed Abbou, tant elle elle coupe avec un passé récent, où les ministres ne démissionnaient pas et où aucune explication n’accompagnait leur acte politique.

Houcine Dimassi, ministre tunisien des Finances, a ainsi claqué la porte après plusieurs disputes retentissantes dont retentiront certainement encore les couloirs du conseil des ministres à La Kasbah. Ce départ sera ainsi le second divorce au sein du gouvernement tunisien, après l’enterrement du dossier de l’ancien gouverneur de la Banque centrale de Tunisie. Les trois actes portent cependant les stigmates des schismes politiques au sein d’un gouvernement qui est loin d’être un cabinet d’union nationale. Abbou, comme Dimassi et Nabli, n’étaient pas d’accord sur les politiques du gouvernement totalitaire de Jbali et avaient resisté aux pressions de ce dernier pour les utiliser aux fins de sa politique populeusement sociale.

Mohamed abbou voulait contrôler les ministres. Il sera poussé à la démission. Mustapha Kamel Nabli voulait contrôler la politique économique par le biais de la politique monétaire. Il sera démissionné. Houcine Dimassi voulait contrôler les dépenses d’un gouvernement trop dépensier et «éviter tout ce qui est susceptible d’affecter les équilibres des finances publiques et précipiter le pays dans la spirale du surendettement ». Il sera poussé à la démission.

Ce qui attire, cependant et en plus de tout cela, l’attention dans ce dernier divorce, ce sont les raisons, purement matérielles et strictement personnelles. La principale pomme de discorde entre le gouvernement Nahdhaoui de Hammadi Jbali et l’ancien ministre tunisien des Finances, comme il le précisera samedi à la TV Nessma, est le dossier des compensations matérielles aux anciens prisonniers, politiques notamment. Le dossier n’est pas nouveau. Il avait été déjà évoqué, il y a plusieurs mois, lorsqu’avait fuité l’information des 750 MDT qui allaient être distribués à tous ceux qui avaient bénéficié de l’amnistie générale, dont bon nombre des membres du gouvernement Jbali. Ce dernier avait alors vite démenti par la voix du ministre de la Justice transitionnelle et l’affaire fut enterrée. Les aministiés semblent cependant, de nouveau, perdre patience.

Tous comme les ouvriers qui faisaient grève ou sit-in demandant tout et tout de suite, les amnistiés de la Révolution ne veulent pas attendre et veulent être payés maintenant. Impatients, comme les ouvriers de chantiers, les amnistiés font plus de pression que les contraintes budgétaires sur le gouvernement Nahdhaoui de Jbali qui semble ainsi désormais prêt à accepter d’endetter encore plus la Tunisie pour débourser ce que l’ancien ministre des Finances estimait, samedi dernier, au micro de Nassma TV, à un milliard de dinars, pour payer les anciens prisonniers politiques. Dimassi évoque la liste de 12 mille personnes, qui pourrait s’allonger pour englober davantage d’anciens prisonniers, pour des enveloppes de compensation non plafonnées. Houcine Dimassi précisera aussi que cette énorme somme d’argent n’était pas budgétisée dans la loi de Finances complémentaire 2012.

Dans sa lettre de démission, il estimait que «le projet de loi présenté dernièrement au Conseil des ministres relatif à la réinsertion et l’indemnisation des personnes ayant bénéficié de l’amnistie générale et leurs ayant-droits est le dérapage le plus dangereux qui a fait déborder le vase dans la mesure où il induira des dépenses additionnelles asphyxiantes pour les finances publiques eu égard au nombre excessif des bénéficiaires et le volume colossal des indemnisations, ajoutant que cette loi ignore complètement la difficile situation économique, sociale et financière qui sera celle du pays au cours des années à venir ».

Pour toute réponse au cri d’alarme de Houcine Dimassi sur la situation financière d’une Tunisie Nahdhaouie qui dépense sans limite et sans contrepartie de travail, la présidence du gouvernement publiait, samedi, un communiqué expliquant que « concernant la loi d’amnistie générale, les moyens de sa mise en œuvre sont encore à l’étude et qu’ils seront examinés au cours du prochain conseil ministériel». Autant dire que Jbali & Co ne se sentent pas concernés par les soucis exprimés par Dimassi et qu’ils n’ont aucune conscience de la mauvaise gestion que cela représente des deniers publics. L’histoire parlera, peut-être, un jour d’anciens responsables jugés pour abus de pouvoir afin d’en tirer des bénéfices, pour eux-mêmes ou pour autrui !

Khaled Boumiza.

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