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Il n’a pas que le climat (social, politique et géographique) qui est chaud en cette Tunisie de la Révolution. Celui des prix l’est aussi de plus en plus. Il n’y a pas, non plus, que les syndicats [à suivre la surenchère par les grèves entre Jrad et Sahbani] et les partis politiques, pour chauffer le Tunisiens. Voila maintenant, que s’y mettent aussi les propriétaires des réseaux de distribution. On a aussi vécu après la Révolution en Tunisie, l’absence d’autorité dans la rue, on semble la retrouver dans les rayons des circuits de distribution où les brigades du ministère du commerce et les équipes de l’observatoire des prix, du même ministère, n’entrent que pour la relève, sans plus.

Les Hyper font la pluie et le beau temps.

En effet, selon  les derniers chiffres qu’a produits cet observatoire (impassible et non transparent) des prix, la moyenne des prix au détail a très sensiblement augmenté en juillet, en comparaison [par nous faite] avec le mois de mai de cette année 2011. Selon l’observatoire des prix, le prix moyen du panel (produits céréaliers, laits et dérivés, jus et boissons, épices, conserves alimentaires, excitants, huiles, sucreries, hygiène corporelle et détergents) qui était en mai dernier de 114,044 DT dans les  supermarchés, est monté à 116,438 DT dans les mêmes supers en juillet dernier. Le mouvement de cette hausse des prix, a été ainsi suivi par les supérettes et les épiciers, ces derniers se fournissant généralement auprès des grandes surfaces.

Une étude plus détaillée de la moyenne des prix au détail, telle que relevée par l’observatoire des prix au ministère tunisien du commerce, montre clairement que presque l’ensemble des prix du panel, ont augmenté entre mai et juillet. Démonstration est aussi faite que l’augmentation commence dans les hypermarchés et se propage dans le reste des circuits de distribution. C’est ainsi que le groupe «produits céréaliers » qui comprend notamment le couscous, les pâtes alimentaires et autres, valait en mai dernier dans les hyper (en fait il n’y en avait qu’un seul après la destruction de Géant) 7,690 DT. Le même groupe valait en juillet 7,735 DT. La hausse des prix de ce groupe sera répercutée sur le reste de la chaîne. Le groupe «produits laitiers» qui était estimé en mai dernier chez les Hyper, à 10,317 DT montait en juillet à 10,448 DT Aux supermarchés et dans les supérettes, ce sera trois dinars de plus. Dans le groupe des «jus &boissons», c’est au niveau de » l’épicier qu’il flambe. Parti à 4,243 DT de chez l’Hyper, il arrivera à 5,600 DT chez l’épicier du coin. Chez ce dernier, ce même groupe ne valait que 5,250 DT en mai dernier et son prix avait même légèrement baissé en Hyper. L’épicier en décidera pourtant autrement. 

Ils récupèrent de la main gauche, ce qu’ils donnent par la droite.

Même scénario pour le groupe des «excitants » comprenant café et thé et dont les prix augmentent en Hyper et suivent dans le reste des maillons de la chaîne jusqu’à l’épicier qui vend au plus cher. Il n’y a presque aucun groupe de produit  (hausse de presque 600 millime dans le groupe hygiène corporelle et hausse de presque 2 DT pour le groupe des détergents et toujours au niveau des Hyper) qui a échappé à cette règle et cela démontre la responsabilité directe des Hypermarchés dans l’augmentation des prix. Et même si l’on retrouve quelque fois, entre mai et juillet et toujours d’après la moyenne des prix relevée par l’observatoire des prix du ministère du commerce, une baisse de prix chez les Hyper, cette dernière est vite récupérée à travers une plus importante hausse dans les supermarchés. Exemple : le groupe Boisson valait en mai dernier chez les Hyper 4,325 DT. Il baisse en juillet à 4,243 DT. En supermarché, il augmente pourtant à 4,388 DT en juillet.  Il faut préciser à ce stade, que supermarchés et supérettes, sont généralement détenus par le même propriétaire.  On rappelle aussi, que la chaîne Hyper, Super et Superette de chaque groupe, est alimentée par une seule centrale d’achat. Cette dernière achète directement, à ses conditions commerciales et de prix, chez le producteur directement, lui impose réductions et participation dans le marketing, récupère commission et retro-commission. Et c’est pourtant eux, les Hyper, qui font flamber les prix. Y a-t-il une explication pour cela, alors que la Tunisie de l’après Révolution reste toujours dans un processus de non augmentation [en dehors des salaires] des prix, ni du pétrole, ni de l’électricité, ni de l’eau, autant d’intrants qui pourraient justifier les augmentations ? Le ministère du commerce, pourra-t-il y faire quelque chose ?  On en doute, mais on attendra quand même sa réaction !

K.B

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