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Les changements dans le paysage politique et économique à l’échelle nationale et internationale imposent

Les changements dans le paysage politique et économique à l’échelle nationale et internationale imposent, plus que jamais, à la Tunisie, une profonde révision de sa stratégie de développement pour identifier de nouvelles approches et outils répondant efficacement à l’émergence de nouvelles exigences. C’est depuis longtemps que la finance islamique occupe une place de plus en plus importante à l’échelle internationale. Cependant, au niveau national, on est dans l’attente d’un cadre réglementaire facilitant l’adoption des produits de la finance islamique comme nouvel axe de développement stratégique des affaires. Dans ce cadre, l’Association tunisienne des études financières en collaboration avec l’Institut des hautes études à Tunis (IHET) a organisé, jeudi, le 6éme colloque international sur la finance islamique autour du thème : « Finance islamique : une nouvelle alternative au développement économique, une diversification de portefeuille ou un phénomène de mode ». Plusieurs personnalités de différentes nationalités européennes et arabes ont pris part à cette rencontre. Ils sont venus exposer leur expérience en la matière.

La finance islamique en Tunisie est encore à un stade relativement embryonnaire, a indiqué Mahfoudh Barouni, président du conseil d’administration et directeur général fondateur, en 2009, de la banque Zitouna dans une déclaration à Africanmanager. Le secteur de la finance islamique est représenté par seulement deux banques, une seule compagnie de leasing (Best LEASE), une société FCPR (ATIDCO) et 2 sociétés FCP (Al kaouther et Asssafa). Ces institutions financières ne contribuent que de 2,2% du secteur financier national, selon, Slim Besbes, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances. C’est un chiffre qui reste plus ou moins faible par rapport aux efforts fournis par la Tunisie, un pays qui ambitionne d’atteindre des chiffres plus importants notamment après la Révolution.

L’élaboration d’un cadre juridique régissant les produits financiers islamiques sur le marché tunisien semble être le défi majeur auquel le gouvernement devrait faire face, bien que la loi 2001/65 relative aux établissements de crédit n’interdise pas la création de banques ayant des spécificités au niveau des produits et des techniques d’intervention. Cependant, « il reste des insuffisances au niveau du traitement fiscal et des procédures administratifs à appliquer lorsqu’on voudrait adopter ces produits. C’est pourquoi la loi de fiances pour l’année 2012 a mis en place des aménagements fiscaux pour les produits de la finance islamique », a indiqué Mahfoudh Barouni. Selon lui, le gouvernement a mis en place déjà plusieurs commissions touchant à tous les domaines bancaires et financiers pour élaborer un cadre législatif et réglementaire spécifique à tous les produits de la finance islamique (Banque, Takafful, fonds d’investissement, Soukouk, Ijara…).

Mohamed Nouri, président du Conseil français de Finance islamique a indiqué, de son côté, que la finance islamique est devenue aujourd’hui une donne incontournable de point de vue de son utilité pour les économies qui ont des difficultés de financement, comme c’est les cas de la Tunisie. « L’apport de la finance islamique pour une économie comme la nôtre est de diversifier les sources de financement et d’exploiter les mécanismes et les techniques de finance islamique ». Les soukouk, par exemple, qui sont des obligations non basés sur des intérêts mais plutôt sur la performance des actifs et le principe de partage des risques et des profits, sont devenus des produits très sollicités dans les pays occidentaux que musulmans. Ils permettent de financer des mégaprojets d’infrastructure à travers l’appel à la levée de fonds tant au niveau des particuliers que des investisseurs locaux et étrangers.

La Tunisie est un petit pays, mais elle peut devenir un hub de finance islamique comme d’autres pays du Sud-est asiatique (Malaisie) ou du Moyen-Orient (Bahreïn). Le pays demeure aussi une plateforme financière très attractive pour les investisseurs, les fonds de développement ainsi que les banques internationales qui veulent s’investir dans ce type de finance. Le pays a déjà démarré dans la finance islamique et il se prévaut d’acquis très importants en plus d’un cadre réglementaire en voie d’élaboration. Cette réglementation va faciliter l’accueil des produits financiers islamiques aussi bien pour les banques que pour les fonds d’investissement islamique, la micro finance et les soukouk islamiques. « Une fois cette réglementation réglée et finalisée d’ici l’année 2013, un travail de communication et d’explication sera engagé pour permettre à la Tunisie de se lancer efficacement sur le chemin de la finance islamique », a-t-il ajouté.

Toutefois, selon lui, le projet de la loi de finances 2012 a juste ouvert le chemin aux autorités pour réfléchir à la mise en en place d’un cadre réglementaire adapté. Une des particularités de la finance islamique est qu’elle est une finance socialement responsable destinée à toutes les couches sociales, particulièrement les pauvres et les familles les moins favorisées. Le volet micro finance islamique est un volet très important pour financer les chômeurs qui cherchent à s’implanter via des formules et des produits très adaptés comme Ijara, Mourabaha ou Moudhara.

Bien qu’il existe une première institution d’une banque offshore créée, en 1983, par joint venture entre l’Etat tunisien et le groupe d’Al Baraka présidé par Cheikh Salah Kamel, El baraka Bank Tunisia n’a qu’une activité relativement très réduite sur le marché tunisien. Elle n’a que 8 agences sur un réseau de plus 1300 agences bancaires à travers le pays. « La loi sous laquelle est née Best Bank était très contraignante pour le développement de son activité avec les résidents », a expliqué Mahfoudh Barouni. La banque a été très active sur le marché de l’export et sur l’offshore en général. Toutefois, il a fallu attendre 2009 pour que la banque Zitouna, une banque commerciale universelle (Full licence) soit opérationnelle et ouvre ses guichets au public, le 28 mai 2010. 7 mois après son démarrage, la banque a ouvert 24 agences et a attiré plus de 23 000 clients et 30 mille comptes.

Khadija Taboubi

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