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Tunisie, loi de finances, Chokri Yaiche

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La loi de finances a été légèrement retouchée par l'ANC et elle  ne comportera  que quelques maigres et dérisoires mesures n'ayant aucun impact direct positif sur le moteur de la croissance économique

La loi de finances a été légèrement retouchée par l’ANC et elle ne comportera que quelques maigres et dérisoires mesures n’ayant aucun impact direct positif sur le moteur de la croissance économique, a indiqué à Africanmanager, Chokri Yaiche, député à l’ANC et membre de la Commission de l’infrastructure et de l’environnement au sein de l’ANC.

Il a ajouté que la classe moyenne se voit obligée de payer une redevance de 1% par revenu net de 20000 Dinars par an et plafonnée à 2000 DT, ce qui implique que la partie des revenus nets dépassant les 200 000 DT échappe à cette redevance. Donc, les plus riches sont épargnés en termes de pourcentage de revenus!

L’attente des diplômés chômeurs

Par ailleurs, selon lui, les Tunisiens mettent chaque année tout leur espoir sur la loi de finances et le nouveau budget de l’Etat, les diplômés chômeurs attendaient de nouvelles mesures pour stimuler l’investissement et la création de postes d’emploi. Quant aux chefs d’entreprises, ils rêvent d’une réforme visant à simplifier les procédures fiscales complexes et réduire le fardeau fiscal. Cette loi, même en période transitoire, devrait inciter à la relance de l’activité économique par l’investissement public, à la création d’un environnement favorable à l’investissement privé et la réduction du déficit en devises. Tous ces facteurs aideraient à la création de l’emploi et donc à la réduction du chômage, l’un des objectifs piliers de la révolution.

Pour les entreprises, il a précisé que le coin fiscal reste très élevé. A titre d’exemple, un salaire de 1000D coûterait à l’entreprise une valeur totale de 1600D, ce que générèrerait une très faible compétitivité de l’entreprise et une capacité de recrutement très faible voire nulle de nouveaux employés. Toutes ces conditions inciteraient à la consommation au détriment de l’offre et de la production et créeraient une spirale d’inflation financière ayant une incidence négative sur la compétitivité globale Elles creusent davantage le fossé de la balance commerciale qui est passé à 10770 milliards, fin 2012, soit 1000 milliards en moyenne par mois, depuis la révolution. La Tunisie n’a jamais connu par le passé une telle situation qui, si elle n’est pas traitée à temps, pourrait compromettre l’indépendance financière et l’avenir du pays.

L’orientation du gouvernement est claire !

Au sujet de l’augmentation du budget alloué au ministère des Affaires religieuses au détriment de celui alloué à la culture, le constituant a estimé que cela serait catastrophique. Selon lui, la réduction du budget de la culture est dramatique pour les activités culturelles et artistiques, dramatique aussi pour les équipements qui souffrent déjà d’une « carence monstrueuse ».

Il a ajouté que l’orientation de ce gouvernement est claire. Baisser les ressources financières veut dire une « méfiance vis-à vis de cette vague culturelle que nous vivons ». Ce gouvernement vient d’afficher qu’il est contre la culture libre, contre l’encouragement des artistes créatifs et tout simplement conte la liberté d’expression artistique. Les exemples de terrain sont nombreux… Ce choix en faveur du ministère des Affaires religieuses montre tout simplement que ce gouvernement donne raison à tous ceux qui ont confisqué le monopole du sacré pour formater à leur façon la société, les enfants et les jeunes.

Un modèle privilégiant la consommation au détriment de la production !

Chokri Yaiche a indiqué, en outre, que contrairement au programme électoral du parti au pouvoir, les recettes fiscales ont enregistré une augmentation d’environ 4 milliard de dinars, passant de 12,7 millions de dinars en 2010 à 16,7 millions de dinars en 2013, soit une augmentation de 31% par rapport à 2010, et ceci est énorme. Avec un taux de pression de 21,3% du PIB, ce modèle économique réduit la capacité d’investissement privé et, par voie de conséquence, de création d’emplois véritables, et un tel modèle privilégie la consommation au détriment de la production et de l’offre, génère une spirale inflationniste et affecte la compétitivité économique globale et, par voie de conséquence, creuse le déficit commercial.

Sur les solutions, Chokri Yaiche, a souligné que le développement du pays restera tributaire de la pression fiscale, il restera au ralenti avec une pression fiscale aussi forte. Les prélèvements obligatoires sont largement supérieurs à ceux de plusieurs pays développés ! Le Japon, par exemple, a une pression fiscale de 16% contre 22 à 24 % en Tunisie.

Lutter contre la fraude fiscale

« Nous devons également lutter contre la fraude fiscale pour réduire la pression sur les entreprises transparentes. Nous devons travailler pour doubler au moins le nombre d’entreprises qui reste très faible (650000) tout en réduisant le coin fiscal. Espérer dans les conditions établies par la loi de finances, redresser l’investissement privé et abolir le chômage, relève du miracle ! », a-t-il dit.

Il s’agit aussi, selon lui, d’abandonner le modèle économique en vigueur et opter pour un autre modèle incitant à l’investissement en baissant la pression fiscale sur les entreprises en vue de créer de l’emploi. Malheureusement, la politique actuelle ne peut atteindre les objectifs tracés. La réalisation de ces objectifs ne passe obligatoirement pas par un consensus général et un accord établi entre toutes les composantes du paysage politique et économique tunisien.

Khadija Taboubi

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