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Tunisie, Maroc, Fitch

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L’agence de notation Fitch Ratings vient de livrer une nouvelle évaluation de l’économie tunisienne

L’agence de notation Fitch Ratings vient de livrer une nouvelle évaluation de l’économie tunisienne, cette fois-ci, en comparaison avec celle du Maroc. Elle indique que la différence des notations du Maroc (BBB-/Stable) et de la Tunisie (BB-/Negative) depuis le début du printemps arabe, en janvier 2011, reflète des développements différents découlant de la transition politique dans l’un et l’autre pays et leur impact sur le rendement économique.

En Tunisie, la transition politique s’est révélée longue et difficile ponctuée de violence récurrente et de mouvements de protestation populaire. L’instabilité politique marquée (avec quatre premiers ministres en trois ans) a sapé la confiance dans l’économie et dans la capacité de réforme de la Tunisie jumelée à l’aggravation des déficits financiers jumeaux.

En revanche, note Fitch, la transition du Maroc vers un système politique plus ouvert a été sans accroc. Une nouvelle constitution accordant plus de pouvoirs au Parlement élu a été adoptée à la mi-2011. Les élections qui ont suivi ont porté au pouvoir une coalition dominée par le Parti de la Justice et du Développement. La stabilité sociale et politique a permis aux autorités de mettre en œuvre des réformes potentiellement difficiles, comme en témoigne l’augmentation progressive des prix de l’énergie subventionnés.

La transition politique en douceur au Maroc a été favorisée par une tradition de pluralisme politique et par la permanence de la monarchie (le Roi Mohammed VI considéré par le peuple comme monarque réformateur et légitime), alors que les réformes économiques et sociales ont été lancées après l’accession du roi au trône en 1999.

La stabilité au Maroc a favorisé la croissance des flux touristiques (qui ont atteint 10 millions en 2013) et les entrées d’IDE. Le PIB non agricole a augmenté de façon constante au-dessus de 4%, sauf en 2013 avec une progression de seulement 3,1% en raison de la croissance plus lente dans la zone euro. En revanche, le PIB de la Tunisie s’est contracté de 1,9% en 2011 et, depuis, la croissance est restée bien en dessous de sa tendance d’avant la révolution. Les entrées touristiques (six millions en 2013) sont bien en deçà de leur niveau de 2010 (sept millions) et les IDE ont diminué. La hausse de l’inflation a ajouté à l’instabilité.

La combinaison de politiques accommodantes, les prix élevés du pétrole et une zone euro faible ont entraîné une forte dégradation des déficits, budgétaire et courant, dans les deux pays. Au Maroc, la dégradation était plus grande et plus nette, mais les déficits ont commencé à se rétrécir en 2013 (à 5,4% et 7,5% du PIB respectivement) à la suite de la réforme fiscale, la bonne performance des nouveaux secteurs d’exportation, et les prix du pétrole. En Tunisie, à cause du processus de réforme plus lent et un environnement économique plus difficile, les déficits jumeaux (6,5% et 8,4% respectivement en 2013) ne vont se rétrécir qu’à partir de 2014.

Les deux pays ont obtenu des dons officiels et des prêts accordés par des créanciers bilatéraux et multilatéraux et sont soutenus par les programmes du FMI. Au Maroc, la ligne de liquidités à des fins de précaution (d’une valeur 6.2 milliards de dollars, soit 6% du PIB) a été un point d’ancrage essentiel pour le programme des réformes, mais les autorités n’ont pas l’intention d’y effectuer des tirages. En revanche, la Tunisie a tiré sur sa facilité du FMI (un accord de confirmation d’un montant de 1.8 milliard de dollars, soit 4% du PIB). Elle a également fait usage de garanties partielles du Japon et des États-Unis pour l’émission d’obligations.

Les indicateurs structurels du Maroc et de la Tunisie, notamment le PIB par habitant, le climat des affaires, la gouvernance prescrite par la Banque mondiale et de l’indice de développement humain de l’ONU, restent en ligne avec les médianes ‘BB’ et nettement plus faibles que les médianes ‘BBB’. Le chômage est élevé, à 15% en Tunisie et à 9% au Maroc en 2013, et représente un problème social important. La qualité des actifs des banques tunisiennes est particulièrement faible et le secteur a besoin de recapitalisation (environ 3% du PIB). Au Maroc, les banques nationales sont demeurées assez solides malgré les pressions des dernières années.

Les notations de la Tunisie et du Maroc dépendront essentiellement de leur capacité à réduire les déficits jumeaux, à reconstituer les butoirs politiques, à mettre en œuvre les réformes et à accélérer la croissance. Au Maroc, la perspective stable préfigure une réduction progressive des déficits jumeaux, soutenue par la poursuite des réformes. La perspective négative de la Tunisie reflète l’incertitude persistante sur la transition politique en dépit de l’adoption d’une constitution, cette année. La note de la Tunisie devrait bénéficier d’élections pacifiques et de la formation d’un gouvernement durable en mesure de mettre en œuvre des réformes.

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