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La dégradation de la note de la Tunisie par Standars and Poor’s

La dégradation de la note de la Tunisie par Standars and Poor’s, les points faibles de cette notation, les risques qu’elle induit et les prévisions pour la note de l’agence de notation Moody’s sont les grandes lignes d’une Interview accordée à Africanmanager par Walid Belhaj Amor, DGA de Comete Engineering et Président du Centre Tunisien de Veille et Intelligence Economique (CTVIE). Les propos ont été recueillis à l’occasion d’une table ronde organisée, récemment par l’IACE afin de présenter une feuille de route pour la bonne gestion de cette dégradation. Interview :
Une table ronde sur la dégradation de la note de la Tunisie, après plus qu’un mois et demi. Ne vous voyez pas que cette rencontre vient un peu tard ?
L’objectif de cette rencontre est de remettre le sujet de la dégradation de la note de la Tunisie sur la table en dehors de toute polémique politique afin d’étudier les solutions. Aujourd’hui, ce que nous avons essayé de faire est de délimiter  des conséquences de cette dégradation et essayer de faire des propositions pour remédier à la situation. L’objectif n’est pas une discussion autour de cette note. La dégradation est là et ses conséquences commencent déjà à se faire sentir sur l’économie tunisienne. Notre objectif est de rentrer plutôt dans les propositions.
Le rapport de notation  à mis en avant  plusieurs défaillances justifiant  la dégradation de la note souveraine de la Tunisie, peut-t-on parler des points négatifs de cette note?
Les points faibles de ce rapport sont liés à tout  ce qui est appréciation qualitative de l’économie tunisienne et de la capacité de résilience de la Tunisie face à la crise qui touche le monde et l’Europe en particulier. Bien entendu, chaque fois que nous sommes dans les appréciations qualitatives, elles peuvent donner lieu à un débat ou à des contestations. De même, lorsque standards and Poor’s parle de la capacité du gouvernement à mettre en œuvre, dans les prochains mois, une politique efficace pour résoudre un certain nombre de problèmes, il s’agit là d’une appréciation qualitative qui peut être sujette à contestation et à débat. Mais ce n’est pas là le plus important. Le débat sur les appréciations qualitatives va occulter le vrai débat qui est l’insuffisance et la défaillance que standards and Poor’s a pointées et qui sont connues par tous les Tunisiens, comme la défaillance du système bancaire et financier. Standars and Poor’s n’a fait que pointer certaines défaillances que tous les opérateurs tunisiens connaissaient.
Parmi les défaillances relevées par Standards and Poor’s, on trouve la fragilité bancaire. Or cela n’est pas nouveau, c’est depuis longtemps que la Tunisie est déjà aux prises avec cette difficulté, qu’est ce que vous en pensez ?
Oui, c’est vrai ! Je suis tout à fait d’accord ! La fragilité bancaire n’est pas nouvelle. Mais le problème qui se pose aujourd’hui est qu’il n’y a pas eu d’avancées dans ce domaine-là. Il n’y a pas eu d’amélioration. Il y a  des réformes qui doivent être mises en place.
Aujourd’hui, les décisions ne se prennent pas. Les réformes ne sont pas mises en place. Le renforcement, le renflouement et la recapitalisation des banques ne se font  pas. On parle de fusion de banques publiques, mais rien n’est avancé. On savait depuis longtemps que le secteur financier est en difficulté, mais, à force de ne pas faire de réformes, les faiblesses persistent, se renforcent et se dégradent.
Quels  sont risques de cette dégradation pour la Tunisie ?
Les risques sont énormes et importants. Il y en a plusieurs types. Le premier est celui de l’annonce d’une dégradation de la note, puisque l’information sur cette détérioration de note circule et peut affecter les investisseurs et les projecteurs qui sont mis sur la Tunisie. Le deuxième risque est que cette dégradation va mettre le pays en difficulté par rapport à ses besoins en financement, que se soit l’Etat ou les entreprises publiques qui peuvent être amenées à se financer sur le marché.
Il y a des effets qui se font sentir directement sur l’économie nationale et d’autres qui sont indirects.
Aujourd’hui, l’effet de cette dégradation va aussi toucher le secteur bancaire. 5 banques ont été dégradées. Ce sont seulement  5  banques tunisiennes qui ont été notées par Standards and Poor’s. Toutefois, cela ne veut  pas dire que ces banques sont les moins bonnes. Mais plutôt, elles sont les banques qui font appel aux services de rating pour être évaluées. Donc, on peut dire que les autres banques sont dans une situation semblable à  celle des établissements  dégradés par le rapport.
Aujourd’hui, cette dégradation de la note des établissements bancaires est conjuguée à la crise de liquidité que nous vivons actuellement en Tunisie. Cela va probablement créer une situation où l’accès au crédit bancaire pour les entreprises va devenir de plus en plus difficile, et le taux d’intérêt va augmenter. Ce sont des difficultés supplémentaires du chemin de l’investissement et de l’emploi en Tunisie.
A qui revient la responsabilité de la dégradation de la note Standards and Poor’s  ?
Ce que nous voulons dire à l’occasion de cette journée, c’est qu’il s’agit d’un sujet très sérieux. La responsabilité est commune et l’action l’est tout autant afin de sortir de cette situation et avancer vers un avenir meilleur.
Tout le monde est dans le même bateau, le gouvernement mais aussi l’administration (structure politique et de gestion) et l’ensemble du système.
La Tunisie a besoin aujourd’hui de rentrer de manière ferme et rapide dans des réformes structurelles, pas uniquement du système financier, mais aussi de l’ensemble du modèle économique du pays, à savoir législations, assouplissement des réglementations d’une manière générale et renforcement du contrôle. Les réglementations dans le système financier tunisien sont extrêmement rigides et le contrôle est inexistant. D’où la nécessité de changer ce système vers des règlements plus souples et un contrôle plus renforcé dans l’objectif de remettre le système dans une forme d’opérabilité positive pour l’économie tunisienne.
La notation de l’agence américaine Moody’s est attendue pour les prochains jours, y a-t-il des prévisions par rapport à la note de la Tunisie ?
Les deux rapports, à savoir Standards and Poor’s sont déconnectés l’un de l’autre dans certaines mesures. De même, les faiblesses qui sont pointées du doigt par Standards and Poor’s sont réelles et effectives. Toutefois, selon nos prévisions, nous ne voyons pas de raisons particulières à ce que Moodys ne pointe pas les mêmes défaillances et ne parvienne pas à la même conclusion. Bref, on s’attend à une nouvelle dégradation de la note souveraine de la Tunisie par Moody’s.

 

Khadija Taboubi

 

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« L’activité de notation

« L’activité de notation, en tant qu’approche innovante a pour rôle de permettre aux agents économiques et investisseurs d’avoir l’accès aux informations sur le climat des affaires. Cependant, il s’est avéré que ce n’est pas facile de la développer de façon suffisante et les agences ont continué à avoir du mal à s’implanter dans les marchés émergents », a déclaré  Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, au cours d’un colloque financier organisé, jeudi, par la Chambre tuniso-britannique du Commerce et d’Industrie (TBCC) au siège de l’UTICA. L’objectif est de mettre en valeur le rôle des notations dans le financement de l’économie.

Le gouverneur de la BCT, tout en se déclarant  profane en la matière, s’est employé à cerner les difficultés qui entravent le développement des agences de notations. D’après lui, les agences de notations souveraines ont des problèmes intrinsèques. Elles continuent de souffrir de problèmes de crédibilité au sujet de  leurs notations, de la nature de leur travail. « Il y a toujours des interrogations sur la façon dont elles arrivent à des conclusions sur la qualité du risque d’une entreprise ou d’un pays », a-t-il noté.

D’où un conflit d’intérêts intrinsèque qui se pose et qui n’a pas été résolu. Ajoutons à cela, les problèmes de la concentration des marchés et surtout l’insuffisance des réponses des agences de notations à leurs critiques concernant les différents.

problèmes Pour les pays en développement, la difficulté majeure de la promotion des agences de natations, demeure les marchés des capitaux aussi faibles. « Avec un marché des capitaux peu développé, on est resté dans un cercle vicieux et  un équilibre de bas niveau de développement du marché financier et des agences de notations», a expliqué Mustapha Kamel Nabli, précisant qu’il y a une contradiction fondamentale entre le besoin d’avoir des services adéquats de notations et l’hostilité ainsi que le manque de disponibilité des entreprises à accepter l’activité de notation en tant qu’activité utile et nécessaire.

Quelles réformes ?

« Le problème n’est pas simple  du fait  que l’activité de notation n’est pas une science exacte. Au contraire, il s’agit d’appréciations. Donc, il est  très difficile d’être transparent de façon parfaite. En Tunisie, il n’y a pas suffisamment d’efforts en la matière », a ajouté le gouverneur.

Face à cette situation, le pays a besoin de développer les marchés des capitaux afin de promouvoir le secteur bancaire. Dans ce cadre, le gouverneur de la banque centrale a affirmé le rôle stratégique de l’activité de notation porte non seulement sur la promotion des marchés des capitaux mais aussi sur  le développement du secteur bancaire, particulièrement  l’activité du crédit. Il a cité  le recours des banques, qui font aussi l’objet de notations, aux marchés des capitaux, et ce pour mobilier une partie des  ressources dont elles ont besoin. « L’activité de la notation pourrait être utile pour gérer mieux les risques auprès des entreprises clientes. Un développement important de l’activité de notation pourrait même comporter d’autres repères en matière de gestion des risques pour les banques dans leurs activités de crédit ».

Partageant la même analyse, Aurélie Martin, analyste de notation de crédit souverain, a signalé que la notation est un indicateur largement reconnu du risque de crédit. Selon elle, il s’agit d’un outil qui facilite le processus d’émission et d’achat de titres de dette. « C’est un moyen de fournir un avis indépendant sur la solvabilité de l’émetteur à la communauté financière ».
L’analyste a fait remarquer que la notation est basée sur 5 éléments essentiels : les facteurs institutionnels et politiques,  la structure économique et les perspectives de croissance, la balance des paiements et le besoin de financement extérieur, la performance et la flexibilité budgétaire, le poids de la dette et les engagements conditionnels et la flexibilité monétaire
C’est la raison pour la quelle Mustapha Kamel Nabli a appelé les banques tunisiennes à soutenir l’activité de notation de manière à développer l’activité de crédit mais aussi du financement direct.

A ce titre, le gouverneur a souligné que le développement de l’activité de notation reste tributaire de développement de la qualité de l’information.  « On ne peut pas espérer un  développement de notation s’il n’avait pas d’entreprises qui fournissent de l’information de qualité en termes de contenu et de temps »

Wiem Thebti

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« L’activité de notation

« L’activité de notation, en tant qu’approche innovante a pour rôle de permettre aux agents économiques et investisseurs d’avoir l’accès aux informations sur le climat des affaires. Cependant, il s’est avéré que ce n’est pas facile de la développer de façon suffisante et les agences ont continué à avoir du mal à s’implanter dans les marchés émergents », a déclaré  Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, au cours d’un colloque financier organisé, jeudi, par la Chambre tuniso-britannique du Commerce et d’Industrie (TBCC) au siège de l’UTICA. L’objectif est de mettre en valeur le rôle des notations dans le financement de l’économie.

Le gouverneur de la BCT, tout en se déclarant  profane en la matière, s’est employé à cerner les difficultés qui entravent le développement des agences de notations. D’après lui, les agences de notations souveraines ont des problèmes intrinsèques. Elles continuent de souffrir de problèmes de crédibilité au sujet de  leurs notations, de la nature de leur travail. « Il y a toujours des interrogations sur la façon dont elles arrivent à des conclusions sur la qualité du risque d’une entreprise ou d’un pays », a-t-il noté.

D’où un conflit d’intérêts intrinsèque qui se pose et qui n’a pas été résolu. Ajoutons à cela, les problèmes de la concentration des marchés et surtout l’insuffisance des réponses des agences de notations à leurs critiques concernant les différents.

problèmes Pour les pays en développement, la difficulté majeure de la promotion des agences de natations, demeure les marchés des capitaux aussi faibles. « Avec un marché des capitaux peu développé, on est resté dans un cercle vicieux et  un équilibre de bas niveau de développement du marché financier et des agences de notations», a expliqué Mustapha Kamel Nabli, précisant qu’il y a une contradiction fondamentale entre le besoin d’avoir des services adéquats de notations et l’hostilité ainsi que le manque de disponibilité des entreprises à accepter l’activité de notation en tant qu’activité utile et nécessaire.

Quelles réformes ?

« Le problème n’est pas simple  du fait  que l’activité de notation n’est pas une science exacte. Au contraire, il s’agit d’appréciations. Donc, il est  très difficile d’être transparent de façon parfaite. En Tunisie, il n’y a pas suffisamment d’efforts en la matière », a ajouté le gouverneur.

Face à cette situation, le pays a besoin de développer les marchés des capitaux afin de promouvoir le secteur bancaire. Dans ce cadre, le gouverneur de la banque centrale a affirmé le rôle stratégique de l’activité de notation porte non seulement sur la promotion des marchés des capitaux mais aussi sur  le développement du secteur bancaire, particulièrement  l’activité du crédit. Il a cité  le recours des banques, qui font aussi l’objet de notations, aux marchés des capitaux, et ce pour mobilier une partie des  ressources dont elles ont besoin. « L’activité de la notation pourrait être utile pour gérer mieux les risques auprès des entreprises clientes. Un développement important de l’activité de notation pourrait même comporter d’autres repères en matière de gestion des risques pour les banques dans leurs activités de crédit ».

Partageant la même analyse, Aurélie Martin, analyste de notation de crédit souverain, a signalé que la notation est un indicateur largement reconnu du risque de crédit. Selon elle, il s’agit d’un outil qui facilite le processus d’émission et d’achat de titres de dette. « C’est un moyen de fournir un avis indépendant sur la solvabilité de l’émetteur à la communauté financière ».
L’analyste a fait remarquer que la notation est basée sur 5 éléments essentiels : les facteurs institutionnels et politiques,  la structure économique et les perspectives de croissance, la balance des paiements et le besoin de financement extérieur, la performance et la flexibilité budgétaire, le poids de la dette et les engagements conditionnels et la flexibilité monétaire
C’est la raison pour la quelle Mustapha Kamel Nabli a appelé les banques tunisiennes à soutenir l’activité de notation de manière à développer l’activité de crédit mais aussi du financement direct.

A ce titre, le gouverneur a souligné que le développement de l’activité de notation reste tributaire de développement de la qualité de l’information.  « On ne peut pas espérer un  développement de notation s’il n’avait pas d’entreprises qui fournissent de l’information de qualité en termes de contenu et de temps »

Wiem Thebti

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