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Il y a quelques semaines

Il y a quelques semaines, certains ministres du gouvernement nahdhaoui de Hammadi Jbali prenaient leurs bâtons de pèlerin pour sillonner diverses régions de la Tunisie et y annoncer les programmes du gouvernement pour ces régions. L’initiative était louable et participait, un tant soit peu, au rééquilibrage de la visibilité du gouvernement par rapport à la présidence, déjà partie en campagne électorale avec des prérogatives qui ne lui donnaient aucune chance de réaliser quoi que ce soit par rapport à un gouvernement qui détient la bourse et la vie de milliers de Tunisiens.

Des dizaines de milliards et des centaines de projets ont été annoncés à grand renfort de médias, au profit de presque toutes les régions de la Tunisie.

Pas moins de 6 mois encore pour les projets du gouvernement Jbali pour les régions.

Il reste cependant peu probable, selon les économistes et les professionnels de la création d’entreprises, que ces projets voient le jour, dans les semaines et les mois à venir. Un handicap majeur se dresse, en effet, encore devant la bonne volonté du gouvernement Jbali. Il s’agit essentiellement de la loi sur les marchés publics. A vouloir y passer, les projets annoncés pourraient demander des mois, sinon plus d’une année, à se mettre en place et à devenir créateurs d’emplois. Lancer ces projets sans passer par les procédures obligatoires des études, de la préparation des cahiers de charges, des appels d’offres, de l’ouverture de ces offres et tout le bataclan nécessaire, reviendrait à enfreindre la loi. Personne, dans une administration tunisienne où tous les yeux scrutent le moindre dépassement, n’oserait le faire, à moins d’y risquer tôt ou tard sa place, ou de passer un jour en justice. Intervenant, mercredi dernier, sur les ondes de la Radio nationale tunisienne, Radhi Meddeb qui préside un cabinet conseil de renom, estime la période nécessaire à l’entrée en exécution des projets annoncés pour les régions tunisiennes, à une période d’au moins 6 mois, si ce n’est une année. 

Trois parades, trois projets de 23 ans qu’il voudrait annihiler.

La période est, cependant, politiquement trop longue pour un gouvernement laminé de toutes parts, par les demandes et la concurrence. Pour y faire face, une nouvelle stratégie de communication semble se mettre en place, Place du gouvernement à La Kasbah à Tunis, manifestement élaborée par le ministre du Transport nahdhaoui, Karim Harouni. La stratégie serait axée sur la création d’opportunité médias pour permettre au gouvernement de donner l’illusion à ses électeurs, d’un gouvernement qui passe aux réalisations. Dans l’attente  de ses propres réalisations, le gouvernement vient, en effet de dégoter, au moins trois projets, dont la réalisation peut-être immédiatement  annoncée, inaugurée et médiatisée pour le bonheur de l’équipe dirigeante.

Le premier a été le Car Ferry. Depuis son lieu de construction, le ministre du Transport en parlait déjà comme le nouveau bateau de la Révolution, oubliant qu’il a été commandé, depuis juillet 2010, par des administrations et des PDG publics que le gouvernement où il travaille n’a pas arrêté de fustiger, de diaboliser, d’accuser et, pour certains, dont ceux de la CTN (Compagnie Tunisienne de Navigation), de dégager purement et simplement.

Le second a été le nouveau train de banlieue. A côté d’un ambassadeur sur le départ et accompagné de son ministre du Transport, Hammadi Jbali, inaugurait la ligne ferroviaire électrifiée de la banlieue Sud de Tunis, déjà entrée en exploitation, depuis avril 2012, élaborée depuis … 2003 et financée par un investissement (350 MDT) par une équipe gouvernementale, dont certains membres sont actuellement mis en accusation par le système judiciaire de l’après Révolution. Le ministre du Transport en profitera pour annoncer le programme d’achat de nouvelles locomotives et de nouveaux trains, sans s’attarder sur le budget qui aurait été mis en place et de sa provenance dans une conjoncture de disette économique.   

Le troisième est un avion Airbus pour la réception duquel le ministre du Transport prépare déjà la cérémonie d’inauguration après en avoir déjà parlé depuis la Corée du Sud, comme d’une des nouveautés de la Révolution. L’avion, un Airbus 320, faisait pourtant partie d’un plan de renouvellement de la flotte élaboré, depuis 2007, par la compagnie Tunisair, dont certains dirigeants sont actuellement traînés en justice pour une affaire d’emplois fictifs. Une affaire qui a sali toute l’image d’une compagnie où les «dossiers» de corruption, décriés de toutes parts, restent pour l’instant de simples chimères.

Jugez, interdisez, mais faites-le comme un juste !

Sans vouloir défendre quiconque, mais en appelant même à passer en justice tous ceux, parmi les membres RCDistes des gouvernements de Ben Ali, qui auraient porté atteinte aux intérêts de l’Etat tunisien, force est de constater que l’actuel gouvernement parade avec les réalisations d’un parti mort, après avoir longtemps été le parti-Etat et le parti-gouvernement dont il veut exclure tous les membres de toute vie politique.

Le Chef du gouvernement tunisien, Hammadi Jbali, a certes légèrement rectifié le tir en reconnaissant qu’il n’est pas de ceux qui s’octroient les bonnes actions des autres. Il le fait pourtant, dans la réalité et ne dit pas mot, lorsque ses compères Nahdhaouis et CPRistes s’activent pour mettre en prison, ceux-là même qui avaient qui avaient veillé à concrétiser tous les projets qu’il montre maintenant fièrement au peuple !

Khaled Boumiza

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