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Un an après la fin sans gloire d’un régime qui a pris en otage tout un pays et mis en coupe réglée son peuple

Un an après la fin sans gloire d’un régime qui a pris en otage tout un pays et mis en coupe réglée son peuple, les Tunisiens se dessillent pour constater que très peu d’avancées ont été faites dans leur vécu et qu’ils sont toujours en proie au doute et aux incertitudes qui pèsent sur leur futur , immédiat et ultérieur.

Si, sur le plan politique, la rupture avec les années de plomb est irréversiblement consommée, il n’en est pas moins vrai que le flou continue d’envelopper les intentions comme les projets de la nouvelle équipe en place plus disposée à se maintenir au pouvoir qu’à en faire rejaillir le bénéfice sur le grand nombre. Personne ne sait quand sera enfin promulguée la nouvelle constitution et combien durera le mandat de la Constituante et partant celui du gouvernement. La troïka n’a pas mis longtemps pour montrer des fissures en dépit d’une unité, somme toute, de façade. La formation politique prépondérante, Ennahdha, tarde à donner les preuves de sa maîtrise de la chose politique. Les incohérences et l’impéritie qui entachent sa gestion quotidienne le disputent à l’ineffable absence de modèle qu’elle est requise de proposer aux Tunisiens. Surtout, elle ne semble pas outillée à conférer l’autorité de la chose décidée à ce qu’elle entreprend. Son mentor et maître à penser tire les ficelles du jeu à partir de son enclos de l’ombre, tout en étant prompt à s’en défendre. Et pour compléter ce tableau, le parti islamiste semble de plus en plus désarmé face à son aile salafiste qui en fait à sa tête, sans que rien ou si peu ne vienne la rappeler à l’ordre, ni mettre fin aux agissements auxquels elle se livre dans l’impunité presque totale.

Pourtant, le processus politique en son entier semble avoir bien démarré avec des élections tenues dans la transparence et sans dérives significatives, une constituante qui a le mérite d’exister et qui fonctionne, mais qui discutaille sans désemparer, s’attardant souvent à des vétilles et , pour l’instant, négligeant la mission pour laquelle elle a été élue, à savoir l’élaboration d’une constitution. Il n’en demeure pas moins qu’elle a réussi à doter la classe politique d’un cadre légal à l’enseigne duquel elle est en état d’exercer les prérogatives qui sont les siennes.

Dans cette architecture postrévolutionnaire, il ne devait pas être sans conséquence de dire son fait à un pouvoir judicaire qui ne s’est pas complètement relevé de l’état de délabrement dans lequel l’a laissé le régime déchu. Sans doute aurait-il besoin de se réinventer, de conquérir l’indispensable crédibilité dont il a besoin pour administrer la bonne et diligente justice, et enfin de congédier la détestable image qu’elle a longtemps réfléchie parmi les justiciables.

C’est par endroits le grief qui peut être fait à certains compartiments de l’appareil en charge de la sécurité traversé par moult convulsions , mais qui doit se convertir , et sans plus tarder, à la vocation qui est impérativement la sienne , alors que le Tunisien a plus que jamais besoin d’être rassuré sur sa sécurité et sur ses biens.

Manifestement, en cet An I de la Révolution, le tableau n’est pas idyllique. Le phénomène n’est pas atypique dans la foulée d’un soulèvement populaire, et la littérature des révolutions nous enseigne que tel est le lot de la plupart sinon toutes celles qui ont éclaté à travers le monde. Mais, c’est dans le mode sur lequel sont gérées leurs suites que se révèle la valeur des dirigeants ainsi que leur maîtrise.

Mais c’est sur le plan économique et social que les tourments sont les plus virulents. Et sur ce registre, convenons que les Tunisiens n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes. Que de chances de redressement dilapidées, que de temps perdu, que de dégâts accumulés ? On est presque à la périphérie de l’inconscience, de l’irresponsabilité brute, probablement de l’aveuglement.

L’activité économique est frappée de sclérose, le chômage flirte avec des records, les sites de production constamment sous la menace d’arrêts aussi inexpliqués que dévastateurs, une fièvre revendicative sans égale, des sit-in qui bourgeonnent, les investisseurs plient bagages, les usines ferment l’une après l’autre, livrant à eux-mêmes des milliers de salariés, et surtout rien ne donne à penser qu’on va sortir sitôt de l’auberge, tant on débraye à tout va.

C’est à croire que le sit-in est devenu un sport national, un exercice récurrent et sans fin, presqu’une culture, alors que le pays est en passe de toucher le fond et que ses ressources s’amenuisent à vue d’œil. Les cris d’alarme sont légions, et l’inertie des pouvoirs publics à l’avenant. Certes, le droit à manifester, à protester et à exprimer son mécontentement est légitime, mais à voir la façon dont il est communément exercé, on est rigoureusement pris d’effroi.

Alors ! Le Tunisien a-t-il perdu ses repères, sa fibre nationale et ses intérêts propres pour se prendre à ruiner ses chances de se relever, de voir autrement son avenir et à s’interdire toute perspective de voir ce qui meilleur pour lui-même et pour sa patrie ?

Des interrogations lancinantes auxquelles il est plus qu’urgent de trouver des réponses lucides et convenues, d’autant plus qu’il est dans la ressource de ce peuple de franchir le Rubicon et de prendre en main sa destinée, d’abord et surtout en faisant preuve de patience, en maîtrisant ses pulsions revendicatives et en retroussant les manches.

Au demeurant, la Tunisie regorge de potentialités et d’énergies pour redémarrer du bon pied et le Tunisien est capable de sursaut salutaire pour se persuader enfin que tel est l’axe du futur.

Mohamed Lahmar

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