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C’est manifestement sans grande conviction que les Tunisiens ont célébré

C’est manifestement sans grande conviction que les Tunisiens ont célébré, ce 14 janvier 2013, le deuxième anniversaire de la Révolution qui avait chassé l’ex-président Zine el Abidine Ben Ali, et dans la foulée, son régime de funeste mémoire. Et comme c’est le cas à l’aube de chaque nouvelle ère dans le parcours d’une nation, beaucoup d’espoirs ont été fondés sur la nouvelle architecture du pouvoir qui allait se mettre en place pour affranchir les Tunisiens, devenus des citoyens et fiers de l’être, de tout le faix sous lequel ils étaient ployés, 23 ans durant, avec leur cortège de répression, d’exactions, d’exercice solitaire du pouvoir, d’arbitraire, bref de dictature innommable.

Petit à petit, cependant, l’euphorie révolutionnaire a cédé la place à un désenchantement qui allait s’accentuant, nourri d’une succession de désappointements, puis d’accès de révolte, et encore de désespérances dont rien ne dit qu’elles vont s’estomper ni s’atténuer. L’écrivain autrichien, Stefan Zweig, n’a-t-il pas dit un jour : « Une révolution n’appartient jamais au premier qui la déclenche mais toujours au dernier qui la termine et qui la tire à lui, comme un butin. »

Nul besoin de faire un dessin pour comprendre que ceux qui ont voulu et fait cette révolution ont vite fait de se rendre à l’évidence qu’ils ont été sentencieusement dépossédés de leur inestimable « bien » qui leur a été confisqué au nez et à la barbe par un quarteron de politiciens plus prompts à s’emparer du pouvoir et surtout à le garder qu’à prendre la peine de donner une perspective ou un semblant de salut à des millions de Tunisiens qui leur ont , pourtant, accordé si naïvement leurs suffrages.

Ces politiciens dont la troïka est l’expression la plus sordide et la plus incompétente, ont ceci de commun qu’ils s’échinent d’estoc et de taille à s’installer à perpétuelle demeure, maintenant en jachère un pays où les conditions du redressement sont objectivement réunies et dont le peuple est habité par l’obligation ardente de réussir sa révolution pour peu que ses gouvernants entendent raison et s’investissent dans ce qui est leur devoir, loin des calculs politiques et des entourloupes qui leur sont associées.

Parce que tel est leur fil d’Ariane, ces politiciens pulvérisent une à une les chances de mener le pays à bon port, se livrant à une guérilla les uns contre les autres, renvoyant à la semaine des quatre jeudis des échéances aussi capitales que l’élaboration de la Constitution et les chantiers économiques et sociaux sans lesquelles aucun virage décisif ne pourra être négocié. Le plus désespérant dans tout cela est que tout le personnel politique ou quasiment est logé à pareille enseigne. Le gouvernement d’abord, avec des ministres qui ont, sitôt investis des fonctions qui sont les leurs, administré la preuve irréfragable de leur impéritie et d’une insondable ignorance de la chose publique. S’y joint une tout aussi lamentable incapacité à expliquer les politiques dont ils ont la charge, comme en témoignent leurs prestations sur les plateaux de télévision où, en plus de leur indigence politique, ils se font tancer par leurs contradicteurs qui prennent même un malin plaisir à les humilier quorum populo. Sans parler des dérives dont certains d’entre eux se sont rendus coupables soit par nigauderie, soit par embrouille et plus rarement, il est vrai, par népotisme.

Ce capharnaüm gouvernemental a son pendant législatif, au travers d’une assemblée nationale constituante, si inopérante et parfois peu cavalière que l’on arrive à se demander si sa place naturelle n’est pas ailleurs que dans l’hémicycle. La Constitution, tâche pour laquelle elle a été élue, a tout d’une Arlésienne, tant les palabres s’étirent inutilement et tant l’esprit de malice et de chicane est présent, frisant parfois le ridicule. Les lois sont mal faites, mal écrites, mal discutées et peu comprises. Cerise sur le gâteau, un président sans grande envergure et plus occupé à faire allégeance à ses partenaires et au premier d’entre eux qu’à donner les impulsions nécessaires au travail législatif. Ses députés lui sont cependant, reconnaissants pour sa magnanimité, dès lors qu’il s’agit d’augmenter leurs prébendes ou de tolérer leur défaut flagrant et récurrent d’assiduité.

Et pour compéter ce tableau, il y a rigoureusement lieu d’évoquer cette troïka dont les querelles de clocher n’ont que trop duré et qui hypothèquent lourdement l’ordonnance du processus de la transition politique et démocratique du pays. Témoin, le remaniement ministériel est en souffrance pour ne pas dire agonisant, alors que le gouvernement a impérativement besoin d’une urgentissime refondation de nature à remettre le pays en marche et à envoyer un signal rassurant aux investisseurs qu’ils soient nationaux ou étrangers, par ailleurs , très dubitatifs quant une éclaircie qui ne se profile guère.

Pendant ce temps, le peuple trinque, attendant que ceux qu’il a élus « démocratiquement et en toute transparence « daignent enfin s’occuper de ses affaires. Il lui reste quand même cette liberté d’expression, seul et unique acquis de la Révolution, dont il fait souvent un usage immodéré et pas toujours au mieux des intérêts du pays, et à regarder de très près, des siens propres.

Le philosophe français Nicolas Grimaldi, a eu cette pensée prémonitoire et toujours d’actualité : »Imaginer, rêver, espérer, c’est avoir réuni toutes les conditions de la désillusion. » On se consolerait comme on peut !

Mohamed Lahmar

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Il y a deux ans

Il y a deux ans, la Tunisie chassait Ben Ali, pourchassait la famille de sa seconde femme et entamait la première des révolutions arabes. Depuis deux ans, cette révolution n’arrive pas à réaliser ses objectifs. Tout est remis en cause, sans que rien ne soit mis en place. Tout et tous sont critiqués, sans qu’aucune alternative, partout et par tous acceptée, ne soit construite.

– La révolution ou comment détruire, en deux ans, les acquis de 50 ans !

En moins de deux ans, l’intolérance fait place à la tolérance. Lieux sacrés et hauts lieux culturels saccagés et brûlés. Minorités religieuses attaquées. Les représentants de l’islam, religion de tolérance par excellence, se révèlent être de simples iconoclastes, détruisant les images saintes de cinquante année d’un bourguibisme libérateur et se montrant hostiles aux traditions, sociales et culturelles d’une Tunisie, terre de tolérance, depuis des millénaires.

En moins de deux ans, le régionalisme, exacerbé, refait surface pour le bien comme pour le mal, tant pour revendiquer le développement que pour de simples raisons mercantiles. Le bassin minier demande qu’une partie de l’argent du phosphate lui soit distribué, les habitants du Sud-ouest demandent une mer et des hôtels comme le Sahel et le Nord-ouest exige que l’eau de la Medjerda lui soit réservée. Le comble, sans que personne n’essaie de raisonner personne !

En moins de deux ans, resurgissent les veilles rancunes sociales et s’arment d’une violence inouïe contre tous ceux qui possèdent ce que les gueux de la révolution n’ont pas possédé. On aurait pu comprendre cela de la part des habitants des quartiers pauvres. On comprend moins la rancœur, indescriptible, de certains politiciens dont la révolution n’aura fait que mettre à jour les vrais sentiments. Le plus grave, c’est que ces politiciens exercent le métier d’avocat !

En moins de deux ans, tombent de grandes entreprises publiques que la révolution a exténuées par les recrutements sauvages et que le Gouvernement délaisse au profit de la politique politicienne, alors que d’autres sont vendues, juste pour sacrifier à la logique de la révolution et dont les revenus ne font que grossir les ventres des affamés en leur donnant les poissons sans leur apprendre à en pêcher par leur propre labeur. Les prix flambent, la production baisse, le chômage réel et fictif s’envole, la croissance flanche, l’emploi pour tous ne vient point, le développement pour les régions non plus.

– La révolution dont nul n’est content, sauf ceux qui l’ont récupérée !

En deux ans, personne n’est content de l’issue de la révolution. Ceux qui l’ont faite, n’en ont rien recueilli de bon. Pour eux, il n’y a de bon que ce qu’ils peuvent prendre gratuitement de l’Etat ou de force chez ceux qu’ils ont toujours enviés. Ceux qui ont monté la vague de la révolution, voudraient tout détruire et tout reconstruire pour avoir un peuple à leur mesure, sinon un peuple qui ne réagit point, même lorsqu’il les voit venir. Pour les uns comme les autres, la révolution est loin d’être finie. Après Sidi-Bouzid et Siliana, c’était le bassin minier.

Dans toutes ces régions, le vent de la révolte n’a jamais faibli. Il est même brandi en menace à chaque mot d’un gouvernant et les populations redescendent dans la rue pour tout et pour rien. Ces régions voulaient le développement et l’emploi, mais faisaient tout pour rebuter et faire fuir tout investissement, y compris celui de l’Etat. Des régions qui s’endettent pour financer leurs Harragas, empêchent les forces de l’ordre de démanteler les réseaux qui les ont fait mourir et viennent demander à cor et à cri que le Gouvernement aille chercher les corps de leurs défunts au fond de la mer. Des régions entières qui ne veulent ni travailler, ni laisser travailler. Des régions qui renvoient le chef de l’Etat et lui lancent des projectiles à la figure et s’offusquent en même temps que personne du gouvernement ne vienne entendre leurs doléances. Des régions qui font de la contrebande, le savent bien et ne veulent faire que cela et qui se fâchent et brûlent tout lorsque la Libye ou l’Algérie leur ferment les frontières pour arrêter, de leur côté, l’effusion d’argent de produits qu’ils subventionnent et qui vont ailleurs que chez leurs concitoyens. Cela s’est passé deux fois à Ben Guerdane. La révolte gronde, depuis samedi, au Kef et cela ne semble pas vouloir finir.

– La révolution qui n’arrête pas sa politique de la terre brûlée.

Deux années après le 14 janvier, la révolution sort des armes qui n’existaient pas avant elle. Des armes à feu à profusion, la contestation de tout et de rien au nom du droit à la parole. Des grèves et des sit-in qui ne reconnaissent aucune loi. Des politiciens qui font feu de tout bois, opposition comme gouvernants. Une violence de tout le monde à l’égard de tout le monde. Des médias en armes politiques et un secteur des médias dont tout le monde est content sauf les gouvernants de la troïka.

Deux années après la révolution, les pas faits en arrière se comptent plus que ceux qui sont faits dans le sens de l’évolution. La révolution ne semble pas vouloir se calmer et c’est peut-être à cause du fait que le concept et sa finalité diffèrent d’un individu à l’autre, dans cette Tunisie de l’après Ben Ali. C’est peut-être aussi, car cette révolution, n’a jamais pu être encadrée, étant, dès le début, faite pour des raisons qui n’ont rien de politique. L’essentiel est dans l’économie. A cette dernière, il faut du temps et les attentes des révoltés ne croient pas au temps. A cette révolution, il fallait un chef. Ceux qui en ont actuellement pris les rênes, ne semblent pas se soucier de l’économie et cherchent à lui donner un contenu politique qu’elle n’a jamais eu. ربي يستر !

Khaled Boumiza

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« Dans les révolutions

« Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent. » Ces propos, prophétiques, de Napoléon Bonaparte ne peuvent pas passer inaperçus, par les temps qui courent, alors que l’on passe allégrement d’une révolution à l’autre et que les convertis qui s’y reconnaissent, spontanément ou par calcul, se recrutent parmi le grand nombre.

Il va sans dire que la Tunisie, qui passera à la postérité comme le berceau des révolutions qui sont en train de secouer le monde arabe, est loin de faire figure d’exception sur ce registre. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les conversions et reconversions n’obéissent guère à des convictions politiques pérennes et invariables. Bien au contraire, il est de l’essence même d’une conversion, politique, plus est, de consommer une rupture de pacte pour en inaugurer un autre.

De toute évidence, pareille transition requiert de celui qui l’opère d’être aguerri à l’art subtil de retourner sa veste. A sa décharge, cet opportuniste peut se défendre de ne pas avoir l’exclusivité de l’exercice. La pratique semble se propager à une vitesse exponentielle. L’actualité de ces quinze derniers mois en administre la preuve irrécusable, puisqu’elle regorge d’un nombre impressionnant de girouettes toujours parfaitement alignées dans le sens du vent.

Convenons dès l’abord que la révolution du 14, si elle a à être dûment et à juste titre revendiquée, elle doit l’être par ces jeunes qui ont tout bravé pour crier , en premier lieu, leur colère contre le sort qui leur était réservé par le régime déchu, et le statut de laissés pour compte qui était le leur, alimenté par un chômage massif et endémique. En cela, ils ne se reconnaissaient dans nulle idéologie, ni repère politique, sauf dans celui qui leur ferait voir le bout du tunnel et leur ouvrirait des perspectives nouvelles. Cela signifie que ceux qui ont déclenché la première étincelle de la Révolution ne se prévalaient d’aucune appartenance politique et religieuse, et ne voulaient manifestement pas en avoir. C’est une vérité d’une clarté cristalline.

Seulement, ces jeunes se sont trouvés vite dépossédés de le Révolution, leur révolution, par les politiciens qui sont, tout aussi vite, entrés en lice en faisant, sur la scène révolutionnaire, une irruption aussi soudaine que fracassante. Au demeurant, et sans crier gare, ils se sont emparés du brandon de la Révolution pour en faire un fonds de commerce politique et électoral dont on constate encore les prolongements et les faits induits. Et il est évident que les révolutionnaires étaient à mille lieues de penser que le pays allait être gouverné par ceux qui sont actuellement à la barre, et plus particulièrement le parti Ennahdha, sans parler de ses partenaires de la troïka. De fait, toutes ces formations politiques qui tiennent actuellement les rênes du pouvoir en Tunisie, n’avaient pas, du temps de Ben Ali, pignon sur rue, et se signalaient, au plus, par de timides expressions politiques sans conséquence. Il est vrai que la répression était implacable et sans merci, et dissuadait le grand nombre de s’aventurer hors les limites et les périmètres tolérés.

C’est à se demander si ces partis et, plus particulièrement, le gouvernement en place, ont la légitimité révolutionnaire qui les fonde à parler au nom de la Révolution et des révolutionnaires, et surtout à élaborer et mettre en œuvre les politiques qui répondent à leurs attentes. D’autant moins que les résultats ne plaident guère pour qu’ils se prévalent de semblable rôle ou vocation.

On doit en dire autant de toutes ces légions de convertis à la démocratie, aux libertés publiques, à la bonne gouvernance, qui pérorent à longueur de journée, sur les plateaux de télévision, sur les ondes des radios publiques et autres, et dans les colonnes des journaux, pour préconiser et clamer le contraire de ce qu’ils avaient l’habitude de défendre, il y a quinze mois, en y mettant tout le zèle dont ils étaient capables.

Des comportements et des professions de foi qui ressortissent à un paradigme à la lumière duquel on pourrait comprendre d’autant mieux les virages à 180% comme des changements d’allégeance, certes cousus de fil blanc, mais qui ont l’heur d’être pris de l’argent comptant.

Mohamed Lahmar

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« Dans les révolutions

« Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent. » Ces propos, prophétiques, de Napoléon Bonaparte ne peuvent pas passer inaperçus, par les temps qui courent, alors que l’on passe allégrement d’une révolution à l’autre et que les convertis qui s’y reconnaissent, spontanément ou par calcul, se recrutent parmi le grand nombre.

Il va sans dire que la Tunisie, qui passera à la postérité comme le berceau des révolutions qui sont en train de secouer le monde arabe, est loin de faire figure d’exception sur ce registre. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les conversions et reconversions n’obéissent guère à des convictions politiques pérennes et invariables. Bien au contraire, il est de l’essence même d’une conversion, politique, plus est, de consommer une rupture de pacte pour en inaugurer un autre.

De toute évidence, pareille transition requiert de celui qui l’opère d’être aguerri à l’art subtil de retourner sa veste. A sa décharge, cet opportuniste peut se défendre de ne pas avoir l’exclusivité de l’exercice. La pratique semble se propager à une vitesse exponentielle. L’actualité de ces quinze derniers mois en administre la preuve irrécusable, puisqu’elle regorge d’un nombre impressionnant de girouettes toujours parfaitement alignées dans le sens du vent.

Convenons dès l’abord que la révolution du 14, si elle a à être dûment et à juste titre revendiquée, elle doit l’être par ces jeunes qui ont tout bravé pour crier , en premier lieu, leur colère contre le sort qui leur était réservé par le régime déchu, et le statut de laissés pour compte qui était le leur, alimenté par un chômage massif et endémique. En cela, ils ne se reconnaissaient dans nulle idéologie, ni repère politique, sauf dans celui qui leur ferait voir le bout du tunnel et leur ouvrirait des perspectives nouvelles. Cela signifie que ceux qui ont déclenché la première étincelle de la Révolution ne se prévalaient d’aucune appartenance politique et religieuse, et ne voulaient manifestement pas en avoir. C’est une vérité d’une clarté cristalline.

Seulement, ces jeunes se sont trouvés vite dépossédés de le Révolution, leur révolution, par les politiciens qui sont, tout aussi vite, entrés en lice en faisant, sur la scène révolutionnaire, une irruption aussi soudaine que fracassante. Au demeurant, et sans crier gare, ils se sont emparés du brandon de la Révolution pour en faire un fonds de commerce politique et électoral dont on constate encore les prolongements et les faits induits. Et il est évident que les révolutionnaires étaient à mille lieues de penser que le pays allait être gouverné par ceux qui sont actuellement à la barre, et plus particulièrement le parti Ennahdha, sans parler de ses partenaires de la troïka. De fait, toutes ces formations politiques qui tiennent actuellement les rênes du pouvoir en Tunisie, n’avaient pas, du temps de Ben Ali, pignon sur rue, et se signalaient, au plus, par de timides expressions politiques sans conséquence. Il est vrai que la répression était implacable et sans merci, et dissuadait le grand nombre de s’aventurer hors les limites et les périmètres tolérés.

C’est à se demander si ces partis et, plus particulièrement, le gouvernement en place, ont la légitimité révolutionnaire qui les fonde à parler au nom de la Révolution et des révolutionnaires, et surtout à élaborer et mettre en œuvre les politiques qui répondent à leurs attentes. D’autant moins que les résultats ne plaident guère pour qu’ils se prévalent de semblable rôle ou vocation.

On doit en dire autant de toutes ces légions de convertis à la démocratie, aux libertés publiques, à la bonne gouvernance, qui pérorent à longueur de journée, sur les plateaux de télévision, sur les ondes des radios publiques et autres, et dans les colonnes des journaux, pour préconiser et clamer le contraire de ce qu’ils avaient l’habitude de défendre, il y a quinze mois, en y mettant tout le zèle dont ils étaient capables.

Des comportements et des professions de foi qui ressortissent à un paradigme à la lumière duquel on pourrait comprendre d’autant mieux les virages à 180% comme des changements d’allégeance, certes cousus de fil blanc, mais qui ont l’heur d’être pris de l’argent comptant.

Mohamed

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Les citoyens  de plusieurs pays arabes touchés par les manifestations du printemps arabe

Les citoyens de plusieurs pays arabes touchés par les manifestations du printemps arabe, l’année dernière, ont dit qu’ils se sentent moins en sécurité maintenant qu’avant les soulèvements, avec en tête ceux d’Egypte, selon un nouveau sondage.

Seulement 47 pour cent des résidents interrogés en Egypte ont dit se sentir en sécurité lorsqu’ils marchent seuls la nuit dans la ville ou la région où ils vivent, comparativement à 82 pour cent l’année précédente, selon une étude réalisée par Gallup d’Abu Dhabi.

Le nombre des citoyens tunisiens qui ont dit qu’ils se sentent en sécurité a chuté de 29 pour cent, ceux de Bahreïn de 27 pour cent et du Yémen de cinq pour cent

Les chiffres en baisse pourraient avoir potentiellement de «graves» conséquences pour l’industrie touristique de ces pays et pour les opportunités d’investissements étrangers, avertit Gallup.

« Dans les pays où le tourisme constituait une partie substantielle de l’économie nationale, comme l’Egypte et la Tunisie, les perceptions de sécurité sont importantes pour la reprise de l’industrie du tourisme national et international », note le rapport.

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Saccagé lors des émeutes de Janvier 2011

Saccagé lors des émeutes de Janvier 2011, et quasiment détruit, le centre international de formation en télétravail pour personnes handicapées de Tunis pourra désormais reprendre ses activités. Le Centre, qui avait été inauguré en 2006, est un projet réalisé dans le cadre de la coopération décentralisée entre la Région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) en France et le Gouvernorat de Tunis. Il a pour but de favoriser l’insertion professionnelle des handicapés à travers les nouvelles technologies (TIC). Une formation en informatique est proposée, selon un tronc commun de six mois. Par la suite, le stagiaire doit choisir de lancer soit un centre d’appel, soit une agence de création de sites web. Durant trois mois, il focalisera ses efforts sur son propre projet, tout en bénéficiant de l’assistance des organismes de soutien aux jeunes promoteurs. Quant au centre, il orientera alors ses recherches en vue de décrocher des contrats de sous-traitance, tant en Tunisie qu’à l’étranger, grâce bien sûr au réseau « Handicap & TIC » auquel il appartient.

Ce Centre est le fruit du travail effectué par l’association Française « Sindbad Méditerranée Sans Handicap » (SMSH) et sa filiale « Handicap & TIC Tunisie » en collaboration avec plusieurs partenaires tels que le Ministère des affaires sociales, le Ministère la Formation professionnelle de l’Emploi et de, le Gouvernorat de Tunis, l’Ambassade de France et Microsoft. L’annonce officielle de sa reprise d’activité a été faite lors d’une conférence de presse tenue le samedi 28 janvier 2012 et sera suivie de la signature d’un accord de partenariat entre toutes les parties.

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« Au cours des six mois qui ont suivi la mort de Bouazizi

« Au cours des six mois qui ont suivi la mort de Bouazizi, au moins 107 Tunisiens  ont tenté de se suicider par immolation». L’information, à laquelle personne parmi les médias tunisiens n’a voulu faire attention, a été rapportée par le site de la BBC. Elle est pourtant de très grande importance et révélatrice à plus d’un niveau.

La BBC [et nous sommes désolés de ne pas y avoir pensé], rapporte aussi que «il s’agit  surtout de jeunes hommes pauvres, des zones rurales, généralement, célibataires et ont seulement une formation primaire, et le plus important encore, ils sont au chômage avec peu de perspective d’emploi », ceux qui s’auto-immolent.

Même s’il demeure insensé de vouloir faire le bilan d’un gouvernement formé il y a moins d’un  mois,  le temps semble trop lent pour les demandes de la Révolution, depuis le jeudi 22 décembre, date de la présentation du gouvernement Jbali devant la Constituante. Pourtant, alors que la Tunisie célèbre le 1er anniversaire de sa Révolution,  il est important de se demander ce qu’a fait le nouveau gouvernement, la troïka et Ennahdha en tant que parti au pouvoir, pour ces désœuvrés qui le sont toujours et ces diplômés toujours chômeurs ?

La question est primordiale, lorsqu’on sait que le premier immolé ne l’avait pas fait pour des convictions politiques, mais parce qu’il était chômeur. C’est aussi cette même raison qui a poussé le reste des 107 à tenter, heureusement avec peu de réussite, à s’immoler par le feu.

On en oublierait presque la Consultation que voudrait lancer le nouveau gouvernement sur le développement régional, tant elle rappellerait presque celles  de Ben Ali. Mais on n’oubliera pas que la situation économique tunisienne se dégrade toujours de plus en plus, que sa situation financière est critique, que la situation des entreprise se dégrade face à la continuation des grèves et sit-in, que le bras de fer, entre autorité de la rue et autorité de l’Etat n’est pas toujours fini. Le nouveau gouvernement et ses partis au pouvoir avaient fait adopter le nouveau budget et sa loi des finances dans la hâte, faisant toujours rappeler à ses détracteurs que le peuple s’impatiente. Il est pourtant un fait que peu ou prou de décisions économiques et financières ont été prises par le nouveau gouvernement.

N’en déplaise à Rached Ghannouchi et aux 92 % de ses optimistes, la production baisse, la productivité baisse, les exportations baissent, l’emploi baisse, les réserves d’argents baissent. Ce sont là des faits. Les vérités et leurs chiffres ont la tête dure et n’obéissent jamais aux lois de la politique politicienne. La politique n’a jamais donné du pain à manger, sauf aux exaltés, et ce n’est que pour un temps. Mais on pourra toujours objecter que  le rebondissement de  l’économie demande toujours du temps.
La situation n’est malheureusement pas  meilleure, dans les domaines où le gouvernement d’Ennahdha pouvait réellement faire des avancées qui auraient pu cacher, un tant soit peu, ses ratés économiques. Droits de l’homme et  droit de la presse sont en effet des libertés fondamentales qui n’obéissent qu’aux convictions. Tout parti, s’il y croit, peut y faire des avancées. Les témoignages, à charge, de la FIDH et de Reporters Sans Frontières, confirment  encore une fois que le gouvernement Nahdhaoui de Hammadi Jbali, a encore raté le coche. « Plusieurs événements survenus au cours des dernières semaines laissent planer la menace sérieuse d’un recul en matière de respect et de protection des droits humains», disait, vendredi, Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. Reporters sans frontières, de son côté, «s’inquiète du fait que la pression sur les journalistes et les médias se soit accentuée au cours des derniers mois. Les violences policières qui ont eu lieu le 3 janvier dernier à l’encontre de deux journalistes, ainsi que celles du mois de juillet et de mai 2011 sont extrêmement préoccupantes. Elles ne sont pas sans nous rappeler les méthodes policières et sécuritaires répressives d’une époque que tout un chacun pensait révolue ». Dixit, RSF dans une lettre ouverte, ce vendredi, au Président transitoire Moncef Marzouki.

Ce n’est certainement pas pour tout cela que les 107 se sont immolés ou ont tenté de le faire !

Khaled Boumiza

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le PDG de la Poste Tunisienne, Moez Chakchouk, a mis l’accent sur les efforts fournis par l’entreprise pour...

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