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La nuit du lundi dernier et la journée du mardi 12 juin 2012

La nuit du lundi dernier et la journée du mardi 12 juin 2012, avaient un air de déjà vu aux lendemains des débuts de la Révolution qui avait fait tomber le régime de Ben Ali. Accrochages, saccages, coupure des routes et incendies à la cité Intilaka, aux confins Nord de Tunis. Des bureaux d’organisations et de partis politiques incendiés à Jendouba,  un tribunal incendié, encore pas loin de Tunis, une exposition de photos saccagée et un centre culturel, attaqué et saccagé à la Marsa, banlieue Nord directe de Tunis. Un autre centre culturel attaqué au Molotov à Sousse.

Pour le porte-parole du ministère de l’intérieur qui intervenait sur une radio privée, « il s’agit principalement de délinquants et de personnes ayant des antécédents judiciaires. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de ces évènements de nature à générer des dérapages sécuritaires ». Pour les évènements de la Marsa, Tarrouch indique pourtant que «il s’agit de provocation délibérée qui pourrait être la cause de ce dérapage».

 

Officiellement donc et alors que les informations faisant état de la démission d’un ministre sur fonds de fuite d’examens du Baccalauréat et de report d’une partie de cet examen national, semblait intéresser plus le Cabinet du Chef du Gouvernement pour sortir un communiqué de démenti, que la gabegie qui règne dans la ville. Rien de plus.

Entre son annonce, à Shems FM de l’arrestation de 90 personnes et son autre annonce sur Mosaïque FM de l’arrestation de 97 personnes et sa déclaration que « les forces de l’ordre font face »et son insistance sur «la politique claire du ministère de l’intérieur de faire face à ces éléments criminels» et la poursuite de ces actions, qui ne sont pas nouvelles, force est de constater que ces déclarations se répètent sans rien changer. On rappelle, en effet, que bien avant le tribunal de Tunis 2, des institutions de justice avaient déjà été incendiées au Kef et à Siliana, que des organisations nationales et des partis politiques, avaient déjà été brûlées, sans oublier les  multiples recettes de finances dans diverses régions de la Tunisie. Avant l’attaque de l’exposition de photos, dont  le caractère politico-religieux est pourtant confirmé par  l’attaque du centre d’arts dramatiques de Sousse, elle est loin d’être la première du genre. Bien avant elle, il y avait le Cinéma de l’Africa et l’attaque de la TV Nessma. Et ce ne sembla pas être la fin. Un cheikh, répondant au pseudonyme d’Abou Ayoub, prêchait ce mardi encore la violence dans une vidéo et appelait à une grosse manifestation le vendredi prochain, après la prière, en excommuniant les nouveaux gouvernants de la Tunisie de l’après Ben Ali.

 

Et alors que tous les témoignages radio de personnes parlant des endroits même où se passait ce qui ressemble, à s’y méprendre lorsqu’on regarde les vidéos, à une insurrection populaire, les réseaux sociaux s’activent pour nier toute participation, de près ou de loin, d’éléments Salafistes à ces évènements douloureux que vivent la capitale tunisienne et quelques autres villes du nord et du centre tunisien.

Et même s’il en confirme l’existence, le porte-parole du ministère tunisien de l’intérieur, semble minimiser l’affaire. Une réaction compréhensible, le porte-parole étant celui d’un ministère issu d’un gouvernement qui avait toujours minimisé le danger salafiste et refusé son traitement par la loi. Une loi qui autorise rappelons le, ce qui est communément appelé la «violence légale» que ne peuvent exercer que les forces de l’ordre. Une procédure que refusent, aussi bien Ennahdha que le CPR, tous deux partis de la troïka gouvernante en Tunisie. Le le premier [Ennahdha] étant à l’origine et le père spirituel de l’autre [CPR].

De là à dire que 90 ou 97 personnes ont été arrêtés et seront déférés en justice, il y a un pas que beaucoup d’observateurs peinent à franchir, mais se demandent où étaient passées toutes les personnes, arrêtées dans de semblables et antérieures affaires ? Ont-elles été jugées ou relaxées ?

Si elles ont été jugées, la presse locale n’en a pas encore entendu parler ? Relaxées alors ?

Les plaintes, maintes fois répétées, même par le ministre de l’intérieur et différentes organisations syndicales des forces de l’ordre, que la justice relaxait trop vite ceux que les forces de l’ordre arrêtaient, font peser un lourd soupçon sur le sort qui pourrait être réservé aux 90 ou 97 personnes arrêtées cette fois-ci !

Force est aussi de constater, que deux forces, diamétralement opposées du point de vue de l’idéologie, se retrouvent actuellement en Tunisie, dans la même tranchée, face aux forces de l’ordre, manifestement dépassées  lundi et mardi. Salafistes d’un côté et véritables bandits, dont certains s’étaient ornés de grosses barbes et même revêtu le Kamis (long habit blanc des salafistes) de l’autre. Leurs intérêts convergent dans la négation, de l’un comme de l’autre, du pouvoir de l’Etat. Ces deux forces font désormais cause commune en Tunisie, qui plus est dans un pays où les armes circulent, comme l’avouait déjà Ali Larayedh dans une interview au journal Le Monde.

Mou dans sa réaction, légale et sécuritaire, face aux deux clans depuis le début de leur émergence, le gouvernement avait perdu la bataille de l’autorité de l’Etat. Etant faible, comme le signale par railleurs d’une façon claire le dernier rapport de «Crisis Group», le gouvernement Nahdhaoui de Hammadi Jbali fait désormais face à la seconde phase de refus de son autorité et celle de tout le nouvel Etat tunisien. Une phase où les deux camps passent à la vitesse supérieure. Les Salafiste y cherchant un gain politique, les bandits y cherchant un gain beaucoup plus matérialiste.

En fait, celui qui sème le vent, récolte la tempête !

Khaled Boumiza

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Drapeau noir à la main

Drapeau noir à la main, une foule de Salafistes a bruyamment manifesté devant le siège du ministère de la justice à Tunis, demandant la libération de tous ceux qui avaient été arrêtés dans l’affaire du groupe de Bir Ali Ben Khalifa où il y a eu utilisation des armes. A Tunis, les Salafistes criaient «Pas de loi, pas de Constitution, Dieu et son Prophète ont dit قال الرسول لا قانون و لا دستور قال الله. Ca promet !

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