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Le gouvernement tunisien dirigé par les islamistes  a accordé le visa à un parti politique d’obédience salafiste

Le gouvernement tunisien dirigé par les islamistes a accordé le visa à un parti politique d’obédience salafiste, et ce pour la première fois dans l’une des nations les plus laïques du monde arabe, ont déclaré, vendredi, le fondateur du parti et une source gouvernementale, cités par l’agence Reuters.

Alors que les islamistes n’ont pas joué un rôle de premier plan dans la révolution du 14 janvier 2011 qui a renversé le dictateur laïque Zine al-Abidine Ben Ali, une lutte ayant pour enjeu le rôle de la religion dans l’Etat a, depuis lors dominé la scène politique dans le pays.

Interdit sous Ben Ali, qui asévèrement réprimé les islamistes, le mouvement Ennahda a remporté 42 pour cent des sièges à l’assemblée constituante à la suite des premières élections libres en Tunisie, tenues , en octobre dernier.

Mais les groupes salafistes ultraconservateurs, fervents partisans de la création d’un Etat islamique et de l’instauration de la charia, ou loi islamique, n’ont pas pris part à ce scrutin.

Le nouveau parti salafiste Islah (Réforme), qui vient d’obtenir le visa, pourra prendre part aux élections législatives prévues l’année prochaine.

Mohammed Khoja, le chef du Front de la réforme a déclaré à Reuters que les salafistes respectent la démocratie et la nature civile de l’Etat. « Il ya certains courants religieux qui disent que la politique est sale et ne sont pas d’accord avec la religion», a-t-il dit dans un entretien téléphonique avec Reuters.

« Nous affirmons que cela n’est pas vrai et que nous nous ne sommes pas d’accord avec eux ; nous disons que l’islam est une religion de liberté et de démocratie. »

Une source gouvernementale a confirmé que le visa a été accordé à ce parti salafiste conformément à la loi sur les partis, qui stipule le respect de la nature civile de l’Etat tunisien.

Les salafistes ont une interprétation stricte de l’islam et cherchent à imiter les faits et gestes des premiers musulmans, il y a plus de 1000 ans.

Un tournant vers la politique active

Jusqu’à l’année dernière, les salafistes avaient tendance à ne pas chercher à jouer un rôle sur la scène parlementaire, que beaucoup ont dénoncée comme une importation occidentale. Mais ils ont commencé à changer leurs positions dans le sillage des soulèvements du printemps arabe.

En Egypte, où les manifestations ont renversé Hosni Moubarak en février 2011, les salafistes ont, depuis, joué un rôle actif, remportant plus d’un quart des sièges au parlement et ils postulent à la présidence de la République.

En Tunisie, les analystes disent que la montée d’Ennahda, qui est au pouvoir en coalition avec deux partis laïques, a convaincu certains groupes islamistes de réviser leurs positions et d’ entrer dans le jeu politique.

Le co-fondateur et chef du mouvement Ennahdha, Rached al-Ghannouchi, avait prôné que les parties salafistes devraient être autorisés pour autant qu’ils adhèrent à la démocratie, en leur offrant une participation dans le nouveau système plutôt que de les en exclure comme l’avait fait Ben Ali.

Ennahda a promis de ne pas imposer le voile ou interdire l’alcool comme l’avaient initialement craint les nombreux partisans de la laïcité.

Mais les Tunisiens laïques s’inquiètent du fait que davantage de salafistes conservateurs cherchent à imposer leurs vues, augmentant la pression sur les femmes pour qu’elles portent le voile et pour que les restaurant arrêtent de servir l’alcool, transformant la destination touristique méditerranéenne qu’est la Tunisie en un Etat religieux.

Le parti Front de la réforme aura vocation à encourager le respect des valeurs islamiques, mais par des moyens démocratiques.

« Nous n’allons pas imposer quoi que ce soit, comme les vêtements ou tout autre chose. Notre parti sera ouvert à tous les Tunisiens qui adhèrent à nos principes, ceux de la réforme dans la lignée de l’héritage islamique », a déclaré Khoja, dont le parti compte, à l’instar d’Ennahda, plusieurs membres qui ont été emprisonnés sous Ben Ali.

« Mais nous n’accepterons pas n’importe quelle agression contre nos valeurs et préceptes religieux et nous allons chercher à être le porte-parole des demandes des fidèles musulmans. »

Le nouveau parti salafiste n’a pas encore précisé ce que sera son programme électoral sera, mais on s’attend à ce qu’il s’emploie courtiser les électeurs à la droite d’Ennahda qui ne sont pas actuellement représentés.

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