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Tunisie, samir Dilou, Ennahdha,

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Rached Ghannouchi

Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, le parti au pouvoir, avait toujours refusé qu’on dise qu’il est le vrai gouvernant de la Tunisie. Cela, malgré tout ce qui se dit autour des visites répétées, matinales et après les heures de travail gouvernemental, des ministres de Hammadi Jbali à Rached Ghannouchi au siège d’Ennahdha, à Montplaisir.

Une dernière bourde, bien que démentie par les services de communication du ministre de la Justice transitionnelle et porte-parole du gouvernement, Samir Dilou, semble pourtant confirmer cette supériorité hiérarchique de Rached Ghannouchi, par rapport au chef du Gouvernement chez les membres de ce dernier. Une primauté, anticonstitutionnelle !

 

Avant hier soir, la page Facebook du site «infostunisia», réputé être proche d’Ennahdha, publiait des photos montrant Rached Ghannouchi qui recevait Samir Dilou et ce dernier qui lui remettait un document ou un rapport. Le texte accompagnant les photos disait que Samir Dilou remettait, en avant- première, au chef de son parti, le projet de loi sur la justice transitionnelle. Ce dernier, comme le disait, mercredi, l’attaché de presse de Samir Dilou, sur les ondes de la Radio nationale, ne devait être remis à Samir Dilou par la Commission chargée de sa préparation, que ce jeudi 1er novembre 2012. Jbali, ne devait en prendre connaissance que vendredi 2 novembre.

Le site en question retirera ensuite, purement et simplement, l’article et les deux photos. Le site d’Ennahdha reprend uniquement la photo montrant Dilou et Ghannouchi en discussion, en indiquant que l’entrevue s’inscrivait dans le cadre des contacts du ministre de la Justice transitionnelle avec les différents partis tunisiens.

Plus tard, le bureau de presse du ministère de la Justice transitionnelle publie un communiqué, portant démenti de ce qui a été rapporté par notre journal dans sa version arabe, sur la base de ce qui a été écrit à partir du site «infostunisia». Le démenti n’ayant pas été reçu de manière directe et officielle, notre journal ne se sent pas engagé à le reproduire en intégralité. Ce communiqué dit, en substance, que Dilou ne pouvait pas avoir remis, avant-hier, un projet de loi qu’il n’aurait reçu que ce jeudi 1er novembre 2012.

Entre Dilou, Dr Chérif et M.N Gharbi, il y avait de quoi donner sa langue au chat !

Nous prenons soin d’appeler le ministre Dilou, jeudi 1er novembre 2012, sur son téléphone portable. Il nous précise, concernant la photo le montrant en train de remettre un rapport à Rached Ghannouchi [photo qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à celle où il bavardait avec le chef du parti Ennahdha], que ce rapport portait sur un état des lieux du processus de la justice transitionnelle. Il avait donc bel et bien parlé avec Ghannouchi de la justice transitionnelle.

Contacté par nos soins, le porte-parole d’Ennahdha, Mohamed Néjib Gharbi, nous indique pourtant que «peut-être, l’entrevue portait sur le dossier des martyrs et des blessés de la Révolution». Questionné sur la seconde photo montrant la remise du document, Gharbi affirme ne pas avoir d’information sur son contenu. Il a cependant promis [Promesse d’un musulman pratiquant], de nous rappeler pour nous éclairer sur son contenu. Il ne le fera pas, malgré notre rappel par SMS sur son téléphone portable personnel.

Plus tard, nous sommes appelés au téléphone par Dr Hichem Chérif, coordinateur média de la Commission chargée du suivi du processus de la justice transitionnelle et chargée aussi de la rédaction du projet de loi sur cette justice. Il nous affirmait n’avoir remis ledit projet de loi que ce jeudi 1er novembre 2012. Il nous précise cependant, précision de taille, que la Commission n’a pas encore terminé la préparation du rapport relatant le processus de la justice transitionnelle. «Nous n’avons pas encore terminé le rapport sur le processus de la justice transitionnelle. Notre priorité était la loi». Cette précision ouvre une brèche dans la déclaration de Samir Dilou qui nous indiquait que le document remis à Ghannouchi portait sur ces travaux. Qu’a-t-il donc remis à Ghannouchi ? Est-ce un rapport qui n’existait pas ?

Le doute persiste, malgré le démenti.

Interrogé sur la photo montrant Dilou remettant un document à Rached Ghannouchi, photo dont il avait, dans un premier temps, nié l’existence auprès d’une de nos journalistes, Dr Hichem Chérif, prend de la distance et affirme, «de manière officielle » comme il l’a dit, que «je ne peux, ni confirmer, ni infirmer que le document remis à Ghannouchi était le projet de loi sur la justice transitionnelle». Cette position jette un voile de plus sur le contenu de la photo et la véritable identité du document remis par le ministre du Gouvernement Jbali, au chef du parti Ennahdha.

Le doute étant la meilleure voie vers la vérité, il faut rappeler que diverses choses ont été démenties pour s’avérer ensuite justes. La plus importante étant la question des indemnisations des opprimés de l’ère Ben Ali.

Toutes ces déclarations, parfois contradictoires et toujours non claires, sèment, en tout cas, un fort doute, conforté par le silence du porte-parole d’Ennahdha sur le document remis à Ghannouchi. Le doute étant qu’il s’agit bel et bien du projet de loi sur la justice transitionnelle. S’il l’avait réellement reçu, ce serait un acte anticonstitutionnel et une bourde de la part de Samir Dilou qui confirmerait ainsi toutes les «mauvaises langues» qui certifient toujours la primauté de Ghannouchi sur tout le Gouvernement. Cela introduit ensuite un doute sur le contenu d’un projet de loi qu’Ennahdha aurait découvert avant tout le monde et qui pourrait aussi y avoir introduit les correctifs qui lui conviendraient !

Toutes ces déclarations ressemblent, en tout cas, à une vaine tentative de rattraper un coup déjà parti et d’essayer de corriger une bourde !

Khaled Boumiza.

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