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Le secteur bancaire tunisien demeure encore fragile. Cette fragilité est imputable principalement aux banques publiques qui souffrent de la qualité de leur actifs

Le secteur bancaire tunisien demeure encore fragile. Cette fragilité est imputable principalement aux banques publiques qui souffrent de la qualité de leur actifs, consécutivement à leur forte exposition aux secteurs stratégiques, et ce en dépit d’un effort d’apurement via la cession des créances classées à des sociétés de recouvrement, c’est ce qu’indique l’intermédiaire en bourse, Maxulabourse, qui vient de faire, dans une note, l’analyse de la situation financière du secteur bancaire. Plus encore, le manque d’autonomie des banques publiques au niveau de la gouvernance a constitué un frein au processus de modernisation et de restructuration internes de ces établissements.

Dans cette analyse, Maxulabourse a révélé que les prêts non productifs du secteur bancaire s’élèvent actuellement à 7 milliards de dinars dont une grande partie des créances douteuses provient des trois banques publiques, à savoir la BH, la STB et la BNA. Raison pour laquelle, le gouverneur de la BCT a appelé à fusionner ces 3 banques afin de faire face à l’endettement. Par ailleurs, une proposition de holding entre les trois grandes banques publiques était avancée, elle fut abandonnée au profit d’un projet de fusion entre la STB et la BH, lequel n’a pas abouti à ce jour.

Situation préoccupante pour les banques publiques

L’intermédiaire en bourse ajoute que la santé financière des banques publiques est préoccupante. Le ratio de solvabilité des ces banques était de 10%, en 2010, et il a été ramené à 9,8%, en décembre 2011, alors que le ratio moyen pour l’ensemble du secteur bancaire est passé de 11,6 % à 11,5% sur la même période.

En effet, le poids des banques publiques, en l’occurrence, la STB, la BNA et la BH, au sein du paysage tunisien restent important malgré les opérations de privatisation réalisées. Le total des actifs des banques publiques s’est stabilisé, à fin décembre 2011, à 19 761 MDT, soit une part de marché de 28,1% de l’ensemble d’actifs du secteur.

Au terme de l’exercice 2011, les dépôts collectés par les banques publiques ont enregistré une hausse 3%, totalisant les 13 542 MDT, soit une part de marché de 36% de l’ensemble des dépôts du secteur.

S’agissant des crédits, les trois banques publiques ont été à l’origine de 37,8% des encours distribués à fin décembre 2011, soit un montant de l’ordre de 17 248 MDT, en progression de 18% sur une année glissante.

Restructuration du bilan des banques publiques

C’est dans ce cadre que l’intermédiaire en bourse a appelé à la restructuration du bilan des banques publiques. D’ailleurs, l’audit qui a ciblé les trois banques publiques, le premier d’une telle envergure en Tunisie, affirme l’intérêt porté à leur restructuration par les autorités nationales. L’opération d’audit complet des banques comporte huis volets d’audit (entre autres l’audit fiscal, l’audit du système d’informations, l’audit des garanties…).

Il s’agit aussi de réaliser un check-up général des banques publiques gangrenées par deux décennies de corruption, de mauvaise gestion et de crédits accrochés et de proposer, ainsi, les grandes lignes d’une stratégie de réforme du secteur afin de le mettre au diapason des normes internationales, notamment en matière de règles et dispositions prudentielles. Une action qui devrait inciter toutes les banques privées à se soumettre à un audit.

L’étude de Maxulabourse a montré, en outre, que l’industrie bancaire tunisienne est fragmentée et dominée par des banques de petites tailles, ce qui constitue un double handicap qui prive les banques de réaliser les économies d’échelle et de gammes indispensables à l’amélioration de leur compétitivité et réduisant, par conséquent, les possibilités de leur implantation à l’étranger.

Un besoin en fonds propres de l’ordre de 3 011,3 MDT

L’étude a montré aussi qu’afin de couvrir les faiblesses existantes dans la qualité des crédits et pour absorber d’éventuelles pertes futures, le système bancaire doit prendre des mesures préventives pour relever des fonds propres.

D’ailleurs, selon une étude basée sur les trois ratios prudentiels que Maxula Bourse jugent déterminants quant à l’atteinte de l’objectif de consolidation du secteur, ( niveau de couverture des créances classées par les provisions, le taux de capitalisation défini comme étant le rapport des fonds propres par le total actif et le ratio de solvabilité rapportant les fonds propres aux dépôts), l’analyse fait ressortir un besoin en fonds propres de l’ordre de 3 011,3 MDT, soit environ 48,3% de la capitalisation boursière bancaire.

De même, les besoins en fonds propres pourraient être limités à 2 522 MDT. Un chiffre qui vient confirmer les estimations du FMI qui évalue le besoin additionnels de fonds propres à une proportion dépassant les 5% du Produit intérieur brut (PIB).

Toutefois, pour contribuer à redresser la situation, les autorités devraient accroître le ratio de solvabilité minimum de 8% à 10%, d’ici 2014, et imposer des exigences de solvabilité plus rigoureuses aux banques présentant un profil de risque plus élevé.

Pour construire des piliers solides pour l’économie tunisienne, il faut aussi prendre les mesures adéquates pour engager un plan de réformes ambitieux pour la mise à niveau du secteur bancaire tunisien aux standards internationaux.

Il s’agit aussi de renforcer les moyens et les missions de la BCT et la garantie de son indépendance par rapport au pouvoir politique, ce qui constitue des conditions indispensables pour la conduite des réformes qui s’imposent et la réalisation des objectifs convoités.

Kh.T

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