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Récemment, le directeur de l’Institut National de la Statistique (INS), Jallel Eddine Ben Rjeb s’est montré optimiste en estimant que la Tunisie pourrait réaliser un taux croissance de 4% d’ici la fin 2013.

Une déclaration qui a suscité beaucoup de polémiques surtout avec la contradiction constatée en matière de chiffres entre ledit institut et les autres organisations patronales et syndicales ayant tiré la sonnette d’alarme quant à la gravité de la situation actuelle.

Plusieurs experts ont été consultés par Africanmanager pour connaître leurs avis.

4% de croissance, c’est difficile !

Fethi Nouri, expert économiste, a indiqué qu’il est difficile de réaliser le taux de croissance estimé à 4% dans ce climat délicat marqué par l’instabilité politique et les déficits « jumeaux ». Cependant, un consensus a été réalisé entre les différents représentants de l’économie, selon lequel la Tunisie pourrait réaliser un taux de croissance de l’ordre de 3,6%.

Fethi Nouri rappelle que les estimations de l’INS sont basées essentiellement sur le calcul du PIB selon la contribution sectorielle.

Un taux de croissance qui ne dépasserait pas 2,% d’ici la fin d’année

Pour sa part, Karim Ben Kahla se dit pessimiste pour le restant de l’année sous l’effet d’une crise qui est en train de s’aggraver. « Je ne vois qu’un taux de 2% et on n’arrivera pas à le croire ».

« Malgré la stabilité et la paix sociale qui ont marqué le premier semestre, la Tunisie fait face aujourd’hui à une crise de confiance sur le plan national et international où la Tunisie demeure incapable de respecter ses engagements avec les bailleurs des fonds à l’instar du FMI et la Banque Mondiale », martèle-t-il avant d’ajouter que « l’on s’attend aujourd’hui à ce que les autres agences de notation baissent encore une fois la note de la Tunisie. Ceci est attendue dans pareille situation ».

Un avis partagé par Salah Dhibi, économiste, qui souligne l’impossibilité de réaliser ce taux dans ce climat de « flou ». Il suggère la révision du taux de croissance déclaré par l’INS pour le premier semestre, soit 3%, chiffre qui a fait couler beaucoup d’encre.

De son côté, Abdessatar Mabkhout, universitaire, considère que ces estimations sont des approches comptables, affirmant que « certaines activités pourraient techniquement s’inscrire dans ce processus. Mais si on regarde la situation politique, assez catastrophique engendrant le dysfonctionnement de l’économie tunisienne, on peut conclure qu’il est difficile d’atteindre le chiffre escompté dans pareille situation où tout est en place pour bloquer et entraver le processus».

Abdessatar Mabkhout ne voit pas une amélioration de la situation, d’ici la fin de l’année. La croissance, selon lui, ne sera pas possible en l’absence d’indicateurs politiques qui permettraient de réaliser ce chiffre.

Comme solution, Abdessatar Mabkhout recommande une trêve politique pour une période de 6 mois avec une application de la loi pour y faire face. « Aujourd’hui, il est temps d’arrêter la politique, un impératif pour pouvoir remettre la machine en marche. En outre, je pense que le gouvernement est appelé à appliquer la loi surtout en matière de paiement des impôts pour pouvoir sortir de l’ornière ».

Les industriels devront profiter de la reprise économique en Europe

Malgré ce climat de pessimisme, l’espoir est encore là, indique Fethi Nouri en mettant l’accent sur la reprise économique européenne. « Nos industriels devront en profiter en augmentant nos parts du marché. On peut rassurer que ceci redonnera une bouffée d’espoir à notre balance économique », estime l’universitaire en économie avant d’ajouter que « cette démarche pourrait nous aider à réduire le déficit courant et arrêter la dépréciation de notre monnaie, ce qui permettrait par la suite de booster notre économie ».

« On peut garder l’espoir s’il y va y avoir aussi des solutions immédiates et urgentes pour sauver l’économie nationale qui s’effondre ».

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