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Le trafic aérien des aéroports gérés par l'OACA

Le trafic aérien des aéroports gérés par l’OACA, pour les dix premiers mois de l’année 2012, par rapport à la même période de 2011, permet de constater une évolution de 27,19 % pour les mouvements d’avions et de 28,08 % pour les passagers. Malgré cette hausse du nombre de passagers ayant pris des avions pour la Tunisie, notamment pour le régulier (+36,75%) et pour l’international non régulier (+21,54%), on remarque une baisse de 14,25 du trafic domestique national. Derrière cette baisse, il y a celles des trafics de presque tous les aéroports régionaux, à l’exception de Sfax où l’effet Syphax se fait ressentir, mais aussi de Gabès où l’effet est conjugué entre le Haj et le transport des équipes de la compagnie des phosphates.

Pour l’opérateur turc de Tunisie, les choses sont différentes. Le trafic aérien des aéroports qu’il gère, pour les dix premiers mois de l’année 2012, comparé à la même période de l’année précédente, enregistre une évolution de 38,44% pour les mouvements d’avions et de 49,30 % pour les passagers.

Pour les passagers, c’est ainsi son trafic international régulier qui augmente de 51,87%, l’international non régulier qui progresse de 48,25% et même le domestique qui s’envole de 24,74%.

Les résultats du trafic aérien de l’ensemble des aéroports tunisiens, au cours des dix premiers mois de l’année 2012, comparés à la même période de l’année précédente, permettent de constater une évolution de 29,60 % pour les mouvements d’avions et de 34,37 % pour les passagers, mais on retrouve toujours cette baisse de plus de 14 % du trafic domestique.

2011 n’étant qu’une année de tentative de reprise, la comparaison est ainsi à faire avec l’année de référence qui est 2010. Et c’est à cette comparaison que deviennent plus saillantes les différences entre les deux opérateurs que sont l’OACA et TAV. L’un et l’autre n’arrivent toujours pas à se remettre des effets de la Révolution et à remettre le trafic aérien des passagers et donc du tourisme, sur les rails. Avec seulement deux aéroports, c’est évidemment la baisse de TAV qui est la plus importante. Il faut cependant remarquer que l’aéroport de Tunis-Carthage reprend moins vite que celui d’Enfidha, géré par TAV. Une compagnie plus active en communication que l’OACA qui dort toujours sur ses lauriers avec le risque de les perdre. Avec des années d’âge de moins que Tunis-Carthage, Enfidha fait déjà presque la moitié en nombre de passagers. Avec seulement deux aéroports, TAV réalise déjà la moitié de la performance de l’OACA qui engrange les revenus de la publicité (2,6 MDT), mais ne fait aucune publicité de ses aéroports surtout à l’étranger.

 

La TAV a-t-elle équilibré ou rééquilibré son trafic entre Monastir et Enfidha ?

Ce qui est le plus important dans les chiffres de TAV Tunisie, c’est cette hausse, fulgurante, de 314,7 % en 10 mois 2012 par rapport à 2010. Au contraire, l’aéroport de Monastir qu’elle gère voit le nombre de ses passagers baisser de presque 64 %. On pourrait ainsi comprendre qu’elle aurait essayé de minimiser sa baisse générale, en basculant plus vers l’aéroport qu’elle a créé, au détriment de celui qu’elle gère. Le ministre du Transport, amateur de voyages, se rappelle certainement que TAV avait signé avec lui un accord pour équilibrer le trafic des passagers entre Enfidha et Monastir !

L’analyse mensuelle du chiffre d’affaires de l’OACA, pour le mois d’octobre 2012, met en évidence un montant de redevances de 24,492MD (TTC), contre 21,131 MD (TTC), au cours du même mois de l’année 2011, enregistrant ainsi une évolution de 15,90 %. Cette hausse trouve essentiellement racine, selon le management de l’entreprise, dans «l’évolution enregistrée au niveau des redevances aéronautiques de l’ordre de 27,24%, laquelle se présente comme une conséquence directe de l’amélioration du trafic aérien aussi bien mouvements d’avions que passagers. Comme le reste du pays, l’OACA n’arrive cependant toujours pas à remettre ses horloges commerciales à l’heure 2010. Le chiffre d’affaires facturé, au mois d’octobre 2012, comparé à celui réalisé en 2010 (29,240 MD TTC), montre ainsi une baisse de16, 24%.

L’analyse des chiffres des 10 premiers mois de l’année en cours, met en évidence un montant de redevances de 234,797 MD (TTC) contre 183,203 MD (TTC), au cours de la même période de l’année 2011, enregistrant ainsi une évolution de 28,16%. La hausse s’affaisse un peu, lorsqu’on la compare au chiffre d’affaires réalisé, durant les dix premiers mois de l’année 2010 (219,609 MD TTC). L’évolution n’est ainsi plus que de 6,9%. Tous ces chiffres, il faut le noter, bénéficient de l’effet de change, l’OACA étant généralement payée en devises et non en DT qui est la monnaie des comptes !!

Remarquons enfin que, pour le seul mois d’octobre 2012, l’OACA a gagné 192.380 DT du parking qu’il a récupéré de chez la famille de l’ancien président Ben Ali !

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Les chiffres ont la tête dure. On se demandait

Les chiffres ont la tête dure. On se demandait, dans un récent article du mois de mai, si la TAV Tunisie (opérateur aérien) allait respecter les engagements pris avec le ministre du transport, suite aux mouvements sociaux qui avaient secoué l’aéroport de Monastir. Le 24 mars dernier, en effet, TAV Tunisie signait un accord, l’engageant à rééquilibrer le trafic aérien entre les deux aéroports qu’elle gère, Enfidha et Monastir dans le cadre d’une concession.

Deux enseignements essentiels, sont à tirer de la lecture des chiffres de l’OACA (Office de l’aviation Civile et des Aéroports) pour les 4 premiers mois de cette année 2012. Le premier concerne l’opérateur TAV Tunisie et son engagement à rééquilibrer le trafic, entre les deux aéroports, pour ne pas léser l’aéroport de Monastir et toute l’activité économique de la région. Le second enseignement concerne l’avenir de l’OACA.

En mars dernier déjà, le trafic passager de l’aéroport de Monastir baissait de 31,25 %, alors que celui d’Enfidha Hammamet augmentait de plus de 440 %. On avait alors écrit, que la période était peut-être, un peu trop courte pour TAV, pour lui permettre d’équilibrer le trafic entre les deux aéroports.  Les chiffres du mois d’avril 2012 et ceux des quatre premiers mois de l’année en cours, disent pourtant le contraire. TAV Tunisie, n’a pas respecté ses engagements.

 

Force est en effet de remarquer, que le trafic passager, sur l’aéroport de Monastir enregistrait une baisse, de presque 19,5 % entre avril 2011 et avril 2012. Le déficit se creuse plus, lorsqu’on raisonne en quatre mois. La baisse en trafic passager, pour l’aéroport de Monastir est en effet de plus de 27 %.

En face et pour le même opérateur, TAV Tunisie, les chiffres du trafic passagers d’Enfidha, augmentent mois après mois. En avril 2012, par rapport au même mois de 2011, le nombre de passagers atterrissant sur l’aéroport d’Enfidha-Hammamet a augmenté de presque 164 %. La variation est nettement plus importante, +270,41 %, en cumul des quatre mois 2012 par rapport à la même période de l’année 2011.

En 4 mois, le nombre de passagers ayant atterrit sur le tarmac des deux aéroports de TAV Tunisie, a été de 420 mille 833 personnes. Dans ce total, Monastir ne représente cependant qu’une part de marché de 37 %, alors que l’aéroport d’Enfidha, accusé d’avoir la priorité de TAV, s’octroie 63 % de part de marché.

Les chiffres ont la tête dure et ils disent donc clairement, que TAV Tunisie ne respecte pas ses engagements. On est en tous cas, loin, très loin de la parité promise par TAV entre les deux aéroports. Et si on y ajoute les 60 infractions commises par TAV Tunisie dans l’aéroport de Monastir et relevées par le ministère du transport dans un communiqué en date du 25 mai dernier, cela ressemblerait à une intention manifeste, de la part de TAV Tunisie, de marginaliser l’aéroport de Monastir. Que fera donc le ministre Harouni ?

Et vogue la galère chez l’OACA.

 Le second enseignement à tirer de ces chiffres, est que l’OACA est en danger. L’observation des résultats du trafic aérien des aéroports gérés par l’OACA au cours du mois d’Avril 2012, par rapport au même mois de l’année précédente, nous permet de constater une évolution de 25,16 % pour les mouvements d’avions et de 39,03 % pour les passagers. Le trafic passagers, en national, a pourtant baissé de presque 8,5 %. Sur les quatre mois, son trafic passager, international non-régulier a baissé de 11,21 %, alors que celui de TAV augmente de presque 48,8 %.

Les résultats du trafic aérien des aéroports gérés par TAV Tunisie, au cours du mois d’Avril 2012 comparés au même mois de l’année précédente, nous permet de constater une évolution de 51,81 % pour les mouvements d’avions et de 48,86 % pour les passagers.

Il ne fait donc pas de doute, que les aéroports de l’OACA perdent du terrain devant la concurrence. L’évolution des chiffres passagers de cette dernière, est plus importante que chez l’OACA. Alors que le trafic des aéroports gérés par TAV Tunisie (deux aéroports) a augmenté de 47,36 %, celui des aéroports gérés par l’OACA (7 aéroports), n’ont évolué que de 30 %. La différence est presque la même sur le seul mois d’avril, d’une année à l’autre. 39 % d’évolution pour les 7 aéroports de l’OACA, contre une hausse de presque 49 % pour les deux aéroports de TAV Tunisie. Où va donc l’office des aéroports qui perd du terrain devant la concurrence ?

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La situation des agents de nettoyage dans les aéroports d'Enfidha et de Monastir a été régularisée à la suite des négociations entre la société TAV 

La situation des agents de nettoyage dans les aéroports d’Enfidha et de Monastir a été régularisée à la suite des négociations entre la société TAV Tunisie et le ministère du Transport, vendredi 18 mai.
En effet, les différentes parties ont décidé d’annuler la sous-traitance et d’intégrer les agents de propreté parmi le groupe turc « TAV Tunisie » à partir de janvier 2013.
Selon un communiqué de presse du ministère du Transport cité par Shems fm, un protocole a été signé afin de payer les salaires des agents de nettoyage.

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Le 10 avril et par le décret 141

Le 10 avril, et aux termes du  décret 141, le chef du Gouvernement tunisien accorde une faveur, supplémentaire et pour le moins incompréhensible, à l’opérateur aérien turc TAV. Ledit décret complétait et amendait la convention de concession des aéroports de Monastir et d’Enfidha. L’article premier de ce décret stipule que «est ajouté à l’avenant premier relatif à la liste des équipements qui n’ont pas de similaires fabriqués en Tunisie dont l’aéroport d’Enfidha a besoin, les équipements suivants… ».

La liste comprend les vannes, les groupes électrogènes supérieurs à 2000 KV A, les unités échangeurs de chaleur, câbles de balisage et les systèmes de distribution TV (Antennes satellites, têtes de réception, boîtes de distribution, diviseurs de fréquence, cartes électroniques, unité centrale, outils d’amplification) et les câbles et accessoires de connexion réseau. 

Or, si pour le reste des articles cités, nous n’avons pas pu vérifier et qu’il semblerait aussi que la Tunisie importe les paraboles TV, nous apprenons auprès de sources fiables à l’OACA, que, pour les câbles de balisage, il y aurait au moins deux fournisseurs tunisiens qui sont «Chakira» et «Tunisie câbles».

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Suite à la publication sur notre  site

Suite à la publication sur notre site, le 21 février courant, d’un article sur le sit-in de dizaines d’agents de l’Aéroport international de Monastir Habib Bourguiba devant le siège du ministère du Transport pour réclamer la résiliation de la concession de TAV, Hbibi Hizem, chef de département climatisation et plomberie sanitaire, nous a exprimé ses inquiétudes concernant les revendications de ces sit-inneurs vis-à-vis le groupe turque « TAV » . Il a affirmé que « contrairement à ce qui a été soutenu par cette partie minoritaire, la TAV a tenu ses promesses et elle a régularisé la situation sociale de pas mal de personnes ». Par ailleurs, elle a fixé une enveloppe de 1,5 MD comme budget pour la maintenance ».

De son côté, Chokri Tanboura, responsable Terminal Operation Center, a indiqué que la majorité des agents travaillant à l’aéroport de Monastir ou celui d’Ennfidha, soutiennent le maintien du contrat de concession accordée à la société turque TAV pour la gestion et l’exploitation de l’aéroport. « On est contre l’annulation de ce contrat. Cette entreprise a fourni beaucoup d’efforts surtout dans cette étape critique».

Il est à noter que nombre d’employés de l’Aéroport de Monastir ont organisé un contre-sit-in pour soutenir l’opérateur turc et réclamer le maintien du contrat de concession qui le lie à la Tunisie.

W.T

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Répondant aux questions des journalistes sur l’intention prêtée  à l’opérateur turc TAV de quitter la Tunisie

Répondant aux questions des journalistes sur l’intention prêtée  à l’opérateur turc TAV de quitter la Tunisie, le directeur général  directeur de l aviation civile a affirmé qu’il s’agit d’une rumeur dénuée de tout fondement, rappelant le contrat de concession signé entre les parties concernées et  TAV,est valable pour  40 ans.

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Suite à notre article sur les conditions dans lesquelles l’opérateur aérien turc

Suite à notre article sur les conditions dans lesquelles l’opérateur aérien turc, TAV, a pu obtenir le changement à son avantage des conditions de la concession des aéroports de Monastir et d’Enfidha, TAV nous fait parvenir un droit de réponse où la compagnie déplore que nous ayons pu avoir les information qu’elle ne remet pourtant pas en cause et se permet de donner des leçons de journalisme à la presse tunisienne.

«Aucune des personnes qui ont été interrogées par le rédacteur de l’article n’est autorisé à fournir, confirmer ou infirmer de telles informations. Nous déplorons, à cet égard, que le site n’ait pas adressé, à cet effet, une demande officielle à l’intention du représentant légal de la société TAV Tunisie. Nous déplorons également que des informations fournies par les personnes interrogées, aient été détournées de leur contexte. En effet, les contrats de concession de Monastir et d’Enfidha sont approuvés par décret. Par conséquent, toutes les modifications qui pourraient leur être apportées devront, de la même manière, être approuvées par décret qui sera publié au Journal officiel de la République tunisienne, en toute transparence. Nous souhaiterions également ajouter que TAV Tunisie est une société de droit tunisien qui a apporté un investissement de 550 millions d’euros et qui contribue activement au développement de l’économie nationale, malgré les pertes colossales qu’elle a pu endurer ces dernières années. Rappeler à chaque occasion qu’il s’agit d’une société turque, n’est pas absolument constructif. Les mesures financières prétendues par l’article seraient le minimum que TAV pourrait requérir en vue de continuer une exploitation dans des conditions décentes. Aux interrogations posées par le rédacteur de l’article, il serait opportun de retourner la question, si TAV Tunisie devait aujourd’hui mettre la clé sous la porte, comme d’autres investisseurs étranger ont déjà dû le faire, quel serait l’avenir de l’investissement étranger en Tunisie ?A ce titre, il est regrettable de constater que l’ «African Manager » qui devrait se soucier d’inciter aux investissements aussi bien nationaux qu’internationaux, se préoccupe plus à offrir des scoop médiatiques dont nous doutons de l’utilité, particulièrement des ces circonstances».

NDLR : Ainsi parlait donc Haluk Bilgi, PDG de TAV Tunisie qui se transforme, lui aussi, en donneur de leçons, non pas en matière de gestion d’aéroports, mais en matière de journalisme. Il se permet même de douter de l’utilité du droit du Tunisien à l’information, alors qu’il s’agit d’investisseurs étrangers qui gèrent une concession appelée, normalement, à retourner à l’Etat et au Peuple tunisiens après 40 ans. TAV Tunisie est certes une société de droit tunisien, mais non de capitaux tunisiens, mais justement turcs, de la BAD et de la SFI et restera donc une entreprise turque de droit tunisien avec un PDG turc et non tunisien. Juger inutile que ce peuple qui a fait sa Révolution, soit mis au courant de la gestion de ce qui est, certes après 40 ans, sa propriété, c’est lui dénier son droit à être informé de la gestion de ses biens. Dans notre article, nous n’avons pourtant nullement remis en cause la gestion de TAV Tunisie, ni la manière dont Haluk Bilgi dirige l’entreprise turque de droit tunisien. Le PDG de TAV Tunisie se permet cependant de vouloir diriger notre ligne éditrice. On ne dira rien non plus, alors qu’il nous conseille de faire autre chose que de chercher les scoops, sur cette menace à peine voilée lorsqu’il fanfaronnait, en disant «que seraient les IDE en Tunisie, si TAV Tunisie mettait clé sous porte». No Comment, Mr Bilgi ! Nous demanderons aussi à ses traducteurs de bien traduire cette note de notre rédaction pour qu’il ne nous attaque pas en justice par simple incompréhension !

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Le 18 mai 2007

Le 18 mai 2007, le gouvernement tunisien donnait concession, pour 40 ans à la société turque TAV, le nouvel aéroport d’Enfidha-Hammamet. A la même date, l’OACA (Office de l’Aviation Civile et des Aéroports) donnait concession, pour la même période et à la même TAV, l’exploitation de l’aéroport de Monastir-Habib Bourguiba. Cette dernière concession deviendra effective en janvier 2008, alors que l’aéroport d’Enfidha n’entrera en exercice qu’à la fin de novembre 2009.

Au titre de ces deux concessions, TAV devait payer l’Etat tunisien et l’OACA par un montant annuel calculé selon un pourcentage du chiffre d’affaires de la TAV dans chaque aéroport, en plus d’un montant minimum garanti en cas où le pourcentage du CA se révèlerait être en-deçà du minimum garanti. La TAV essaiera, dès 2010, de faire valoir le cas de «survenance de cas de force majeure » prévu dans l’accord de concession, prétextant un impact négatif sur son exploitation et ses équilibres financiers. L’entreprise turque, demandait alors l’exemption de paiement des montants dus à l’OACA et à l’Etat tunisien. Le gouvernement tunisien avait alors refusé toute exemption de paiement et accordé le rééchelonnement des dettes de la TAV au titre des exercices 2009 et 2010. Ces dettes se montaient alors à 32 MDT (12,5 MDT pour 2009 et 19,5 MDT pour l’exercice 2010). Devant le refus de TAV de payer, une mise en demeure lui fut envoyée au risque d’appliquer l’article du contrat de concession relatif à la mise de TAV en déchéance de tous ses droits.

TVA Tunisie déficitaire jusqu’à l’an 2017.

Selon des informations qui nous ont été données par le sous-directeur financier de TAV Tunisie, l’entreprise avait enregistré, en 2010, un chiffre d’affaires de 45,1 millions d’euros. Pour 2011, ce chiffre devrait être de 35,1 millions d’euros. Jusqu’à fin novembre de cette année, le chiffre d’affaires de l’aéroport de Monastir était de 10,7 millions d’euros et devrait terminer l’exercice 2011 à 11,4 millions. Pour l’aéroport Enfidha-Hammamet, l’année 2010 s’était terminée avec un chiffre d’affaires de 10,6 millions d’euros et 2011 devrait se terminer avec un CA en hausse, à 23,6 millions.

Peu de choses à propos du résultat net de TAV Tunisie nous ont été dites par Anis Kharrat au téléphone. Ce dernier nous confirmera cependant des informations d’un document officiel du ministère tunisien du Transport envoyé, en novembre dernier, au Conseil des ministres. On y lit notamment que, «sur la base d’indicateurs du trafic aérien qui ont indiqué que le retour à un trafic normal demande 4 à 5 années, ce qui impactera négativement le résultat net de l’entreprise qui devraient demeurer négatifs jusqu’à l’année 2017» et que l’entreprise «a évalué ses pertes cumulées, pour la période 2011-2013, à environ 260 millions DT». En 2010, TAV Tunisie faisait déjà état d’un déficit de 48 MDT et cela nous aussi été confirmé par son sous-directeur financier.

L’Etat propose que TAV Tunisie lui propose !

C’est ainsi, sur la base ou sous prétexte, de ces données et après une première demande refusée en 2010, que TAV Tunisie remettait sur la table, en mai 2011, sa demande de révision des conditions des deux concessions. Elle demandait notamment son exemption de toutes les redevances dues à l’Etat tunisien et à l’Office de l’aviation civile (OACA), y compris les arriérés des années 2009 et 2010, autant dire laisser TAV Tunisie travailler gratos. Cette demande passera par deux étapes.

         D’abord, une réunion interministérielle en date du 25 mai 2011 qui décide qu’une «lettre d’intention» soit rédigée par les ministères des Domaines de l’Etat, du Transport et de l’Equipement ainsi que des services juridiques du gouvernement. Cette lettre devait être adressée en proposition à TAV Tunisie qui devait la soumettre au gouvernement tunisien pour accord. La proposition que devait faire le gouvernement tunisien à TAV Tunisie qui devait la lui proposer [Avouez que c’est déroutant], était que la partie tunisienne suspende la mise en demeure de paiement, en contrepartie du paiement immédiat des arriérés de 2099 (12,6 MDT), du rééchelonnement des 19,5 MDT que devait payer TAV en 2010, jusqu’à janvier 2013 en s’engageant à payer le principal et les intérêts de retard et de présenter pour cela les garanties bancaires nécessaires. Et aussi de commencer les négociations pour la révision des conditions des concessions des deux aéroports séparément à fin septembre 2011.

Le 31 mai, et malgré ses affirmations, en avril de la même année, d’une incapacité à payer ses dettes, TAV Tunisie débourse les 12,6 MDT et présente les garanties bancaires pour les 19,5 MDT de 2010. Elle demande cependant toujours l’exemption de tout payement pour les deux concessions jusqu’à 2020 et la révision vers la baisse du taux sur le chiffre d’affaires, à compter de 2021, et même l’abandon du minimum garanti. Toutes ces demandes avaient été, dans un premier temps, rejetées. Une commission de représentants de toutes les parties tunisiennes intéressées, avait proposé le recours à des solutions conjoncturelles pour les exercices 2011 et 2012.

         Le 14 novembre 2011, nouvelle réunion ministérielle. Le gouvernement tunisien se couche et décide l’abandon du paiement, par TAV Tunisie, d’un taux (11,4 % du CA en 2011, 11,8% en 2012 et 12,2 % en 2013) sur le chiffre d’affaires et le maintien du minimum garanti, pour la concession de l’aéroport de Monastir (La Commission du ministère du Transport avait pourtant proposé la baisse de 65 % de ce minimum garanti pour Monastir). La réunion ministérielle de novembre acceptera cette baisse de 65 % du minimum garanti pour l’aéroport d’Enfidha (celui qui faisait pourtant un plus grand chiffre d’affaires) et l’abandon complet, certes pour les années 2011 à 2013, du taux sur le chiffre d’affaires. Sans aucune pénalité, l’ancien gouvernement tunisien accorde même un rééchelonnement, jusqu’à 2016, des paiements des sommes dues à l’Etat et à l’OACA, pour les années 2011 à 2013. Chez TAV Tunisie, on nous indique que le total des sommes que de l’entreprise turque devait payer et qui seront rééchelonnées, se monterait à 14,2 millions d’euros (27,5 MDT au cours du jour du 31 décembre 2011).

Des questions qui se posent !

Voici donc, pour la petite histoire de l’Etat tunisien et certainement pour la grande histoire de TAV, comment l’opérateur aérien turc a pu obtenir gain de cause, presque sur toute la ligne de ses demandes.
Sans vouloir (ni pouvoir d’ailleurs) remettre en cause les chiffres qui nous ont été donnés par TAV [Nous avons demandé, par mail, à la Banque mondiale et à la BAD qui sont actionnaires de TAV Tunisie de nous informer sur  l’étude faite par elles sur les perspectives de TAV Tunisie, sans réponse], des questions se posent pourtant à ce propos pour la partie tunisienne. N’aurait-elle pas donné son accord, un peu trop vite, pour toutes ces concessions sur les conditions des deux concessions ?

On remarque, en effet, dans les deux documents officiels tunisiens dont nous sommes en possession, que la partie tunisienne, «proposait à TAV Tunisie de proposer au gouvernement tunisien». Une tournure qui cadre mal, à notre avis, avec le  souci de tout agent de l’Etat tunisien de se préoccuper d’abord des intérêts de l’Etat qu’il représente et pour qui il devrait faire l’offre qui garantirait le mieux ses intérêts. On se demande aussi pourquoi, contrairement aux habitudes d’une Administration soucieuse des intérêts de l’Etat qu’elle représente, cette Administration n’a pas présenté plus d’une solution avec les avantages et les inconvénients pour l’une et pour l’autre pour donner plus de choix à un gouvernement, déjà embarrassé par l’exigüité du temps ? Les solutions proposées semblaient, en effet, plus résoudre les problèmes de TAV Tunisie que celle d’une Tunisie déjà en proie au manque de ressources financières. Des concessions financières qui ont été faites à TAV Tunisie, sans que la partie tunisienne ait cherché à entrer dans le détail du déficit annoncé par TAV Tunisie et le détail de sa gestion des deux aéroports pour voir, par exemple, si l’opérateur a lui aussi réduit ses dépenses de gestion alors que courent des bruits de salaires mirobolants (le représentant tunisien de TAV Tunisie n’a rien voulu dire à ce sujet), de logements et de voitures de fonction luxueux. Si sacrifices il faut faire, ne faudrait-il pas que cela se fasse des deux côtés ?

De plus, aucun document n’a été présenté au conseil ministériel qui s’en serait éclairé, sur l’impact de ces mesures sur les équilibres financiers de l’OACA qui supporte déjà les 30 MDT de déficit de gestion des aéroports régionaux tunisiens et qui supporte aussi les charges de la mission de sécurité de la navigation aérienne qu’il assure seul pour les aéroports donnés en gestion pour TAV Tunisie ? On se demande aussi si le Conseil ministériel de novembre dernier, n’aurait pas dû demander plus d’informations sur la marche des deux concessions des aéroports de Monastir et d’Enfidha ? On se demande aussi s’il n’aurait pas dû faire ses propres projections sur le trafic aérien [A en croire la baisse de 65 % annoncée par TAV Tunisie, on se demande ce que deviendrait la situation financière de Tunisair par exemple !!], avant de décider si vite  de baisser ses propres ressources de 65 % et même d’arrêter de recevoir le minimum garanti sans même oser demander sa simple baisse et céder si facilement à la menace turque de recours à l’arbitrage ? On se demande également si les décisions, notamment celles qui concernaient Enfidha-Hammamet, ont été soumises à l’avis du Conseil d’Administration de l’OACA qui doit enregistrer des millions de dinars en moins dans ses comptes, sur décision extérieure à sa propre direction ? Autant de questions sur lesquels l’OACA, surtout se fera un plaisir de nous répondre. Vous croyez ?

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