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Tunisie, troïka, violence politique

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 Trois mouvements politiques

Trois mouvements politiques, Nidaa Tounes, Al Joumhouri et Al Masar, unis dans une seule cause : non à la violence politique. C’est aussi une épitaphe à la mémoire du défunt Lotfi Naguedh, membre de la coordination de Nidaa Tounes, décédé à la suite de violents affrontements à Tataouine.

En effet, pas moins de deux mille personnes ont répondu à l’appel à manifester, aujourd’hui lundi 22 octobre, devant la statue d’Ibn Khaldoun, à Tunis, pour dénoncer les violences politiques, exiger la dissolution des comités de protection de la révolution et la démission du ministre de l’Intérieur, Ali Laârayedh.

Des figures nationales de premier plan étaient en première ligne, notamment Mustapha Kamel Nabli, ex-gouverneur de la Banque centrale de Tunisie.

Le choix de la date de cette manifestation ne doit rien au hasard. A la veille du premier anniversaire des premières élections libres et démocratiques en Tunisie, les partisans des mouvements organisateurs veulent, en tout point, marquer le coup : dans quelques heures, sonnera la fin de la légitimité électorale et donc celle de la troïka au pouvoir. Cela en théorie. Mais encore, il est prévu la tenue d’une manifestation de soutien concertée par les sympathisants du gouvernement, le 23 octobre courant.

 

Par ailleurs, les figures « emblématiques » des partis Nidaa Tounes, Al Joumhouri et Al Masar n’ont pas hésité à occuper les premiers rangs en vue de s’élever contre la violence politique, en l’occurrence. Néjib Ahmed Chebbi, président de la haute instance politique du parti Républicain nous déclare : « cette marche pacifiste s’inscrit dans la plus importante des revendications, à savoir l’arrêt de la violence politique. L’assassinat de Naghedh est un dépassement de la ligne rouge et ne peut en aucun cas être cautionné ni rester impuni. » Chebbi souligne la nécessité salubre pour l’Etat que les ministères régaliens soient confiées à des « apolitiques », en ce sens qu’ils ne relèvent d’aucun parti politique -qu’il soit au pouvoir, de surcroît-. D’ailleurs, selon Chebi, la démission d’Ali Laârayedh devient un impératif plus qu’indispensable, singulièrement, en ces temps de convulsions politiques.

Khémais Ksila de Nidaa Tounes, côte à côte avec Néjib Chebbi, s’aligne quasi religieusement sur les propos de son camarade. « Il n’est plus question de tolérer la violence politique, le lynchage de façon si criminelle. Il est plus que temps de tirer la sonnette d’alarme et de dire halte à toute cette vague, au demeurant, interminable, d’agressions pour le simple motif de diversité politique »,dixit Ksila.

Yassine Ibrahim et Saïd Aïdi, du parti Al Joumhouri ont continué dans cette lignée de pensée, ponctuant le besoin essentiel de dénoncer et de se défaire des pratiques violentes et fortement nocives pour la période de transition démocratique en Tunisie. A la veille de la fin de la légitimité électorale, la troïka est attendue au tournant par tous : peuple et partis d’opposition. Les moindres fautes de parcours sont, en effet, examinées à la loupe, et les résultats tant escomptés demeurent plutôt timides.

 

La marche était pacifiste et assez bien organisée. Des slogans scandés avec une ferveur qui frappe les esprits, à l’instar de « Non à la violence politique », « Non à l’intimidation des citoyens » et « Non à la dictature naissante ». Arrivée devant le siège du ministère de l’Intérieur, la marrée humaine s’est adonnée au plaisir de scander le fameux slogan de la révolution « Dégage » à l’endroit d’Ali Laârayedh.

Les manifestations depuis le 14 janvier n’ont eu de cesse de se multiplier, à tort ou à raison, d’ailleurs. Les causes sont diverses, elles sont nobles ou anoblies. En revanche, il est temps de comprendre si cette forme de protestation pourrait, vraisemblablement conduire, un jour, à un mithridate pour la Tunisie ?

N.B

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