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tunisie utica, bouchammaoui, ben sedrine

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Ce matin du mardi 28 février

Ce matin du mardi 28 février, vers 8 heures, quelques hommes [plus hommes de main qu’hommes d’affaires], et un patron qui se rebiffe après avoir démissionné, transportés dans quatre minibus  vers  l’enceinte de la centrale patronale à la cité El Khadhra, investissent le hall de l’Utica. Quelques uns, venus de Sfax (des sources non confirmées évoqueront une autre figure connue du secteur des fruits, que nous ne verrons pas personnellement et qui serait  partenaire de l’action), les auront précédés, munis de leurs sacs de couchage.
«Le patron en question s’avance dans l’entrée en faisant des signes de salut victorieux en croisant, tout sourire, ses mains », nous raconte l’un des cadres de l’organisation patronale présent. Après s’être un temps attroupée dans le hall, la petite foule qui se réclame du patronat [des jeunes, ressemblant sincèrement, plus à des  ouvriers qu’à des patrons comme nous avons pu le constater sur terrain] et les quelques patentés, monte au 6ème étage où se trouve le bureau de Wided Bouchammaoui, probablement pour essayer la «dégager» par la force et l’effet de surprise. Les membres du groupe tentent  de forcer l’entrée de son bureau. Sa secrétaire tente de s’opposer et elle est aussitôt agressée et traînée par les cheveux. Elle crie. Des cadres et employés de l’Utica accourent au bureau de la patronne des patrons et appellent la police dont une fourgonnette fera plus tard des apparitions intermittentes. Les hommes de main et les quelques patentés redescendent alors dans «la salle des mille» mise à leur disposition par l’administration du patronat. Lorsque nous arrivons, quelques dizaines, pas plus de 80 personnes, nous semblait-il, entonnaient l’hymne national tunisien en brandissant une pancarte qui appelle à «un conseil constitutif de l’Utica». A notre demande, l’une des personnes explique qu’il «faut tout refaire dans le patronat». La petite foule n’arrivait pas à se décider s’il fallait ou non remonter pour essayer de «dégager» la présidente de l’Utica. Les présents allaient partir lorsqu’un des leurs les somme d’attendre et quelques membres se réunissent au fond de la salle dans un conciliabule qui n’apportera aucun résultat.
Hamadi Ben Sedrine s’était présenté, samedi dernier, dans une conférence de presse, comme le «coordinateur de l’instance nationale de sauvetage de l’Utica». Il réclamait «le retour de l’Utica à la légalité et la mise en place d’une Assemblée Constitutive à l’Utica». Il avait annoncé à cette occasion, la tenue de cette manifestation du mardi et il y était présent [Nous avons d’ailleurs voulu lui parler avant qu’il ne refuse en nous demandant d’aller d’abord rectifier notre article].
L’homme avait déjà été président de l’Utica dès les premières semaines de la révolution et avait démissionné de son propre chef, en avril 2011, après avoir échoué à faire fonctionner l’organisation patronale, entraînant  ainsi la nomination de Wided Bouchammaoui à la tête d’un comité qui devait préparer les prochaines élections. Cette dernière est d’ailleurs en train de réussir cette difficile mission de reconstruction des structures de l’Utica, dans l’ordre et en suivant les statuts. La patronne des patrons a même réussi à apporter la sérénité nécessaire à cette action qui s’achèvera, en juin prochain, par le congrès qui élira le nouveau président pour les 5 prochaines années. 10 congrès régionaux ont déjà été tenus et il ne manque encore à  l’appel  ceux, entre autres, de Gafsa ou  de Sidi Bouzid, initiateurs de la Révolution tunisienne, et que certains de l’instance qui veut sauver l’Utica, appellent  à contourner par la réunion du conseil national, ce que refuse, jusqu’à présent, l’actuelle présidente de l’Utica « par respect dit-elle, aux  principes de la Révolution et aux statuts de l’Utica».
Wided Bouchammaoui a aussi réussi à redonner vie à un patronat, pendant presqu’une année complètement paralysé par les dissensions internes, ramène des délégations patronales étrangères, en conduit d’autres, comme en Libye, et se reconstruit surtout l’image d’un partenaire social sérieux. La démonstration éclatante en été donnée, lors de sa réunion conjointe, dans ses propres murs, ce qui est une première absolue dans les relations Utica/UGTT à travers l’histoire au moins des 23 dernières années. Cette réunion publique avec le SG de l’UGTT qui a restauré les liens entre les deux organisations, lui vaudra, d’ailleurs, de forts reproches, presque des accusations, de s’être rangée  du côté de l’UGTT, en ces temps de forte tension entre la principale centrale syndicale ouvrière et le parti Ennahdha au pouvoir. W. Bouchammaoui se défend pourtant de tout parti pris qui ne porte nullement sur  les soucis purement professionnels de son organisation.
A comprendre tous ceux que nous avons rencontrés, dans le hall de l’Utica et dans la salle de réunion de la présidente du patronat, toute cette scène qui a bloqué toute une journée les services de l’organisation patronale, ne serait que le résultat du revirement d’un ancien président démissionnaire qui voudrait reprendre sa place et insiste, «jusqu’à venir me demander une attestation écrite de ma main, annonçant que je ne me représenterai pas aux prochaines élections», dit-elle presque du bout des lèvres, tant elle n’arrive pas à se faire aux inimités qu’entraîne inévitablement le simple fait d’être à la tête d’une organisation comme l’Utica. Pour elle, comme pour nombre des membres du BE de l’Utica, ce qui s’est passé ne serait qu’une mauvaise campagne électorale avant terme.
Khaled Boumiza

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