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Lui, c’est le «Conseiller auprès du chef du gouvernement, président du conseil d’analyse économique en charge de la gouvernance et du suivi des grands projets». Un titre à 22 mots, sans compter son patronyme complet, tant sont nombreuses les tâches allouées à cet économiste, chercheur et grand universitaire dans son domaine. Ce que ne dit pas ce titre, c’est que c’est lui Taoufik Rajhi, dont le nom a été cité par l’un des députés présents à la «réunion des fuites» de Nidaa Tounes, est affublé d’un autre mot qu’on ne saurait répéter, qui est aussi en charge des relations de la Tunisie avec le FMI et leurs négociations à propos du prêt de 2,8 Milliards DT, plus précisément la seconde tranche de ce prêt.

La première (Tunisie) est le pays à la dette incommensurable et à la production lamentable. Le second (FMI) est ce fonds monétaire international, dévoyé par toute l’opposition tunisienne et qu’on accuse de tous les maux de la première et qui ne reviendra dans leurs bonnes grâces que lorsqu’il décaissera toutes les créances qu’on lui demande, sans faire quoi que ce soit qui dérange leur léthargie politicienne et qu’il insiste même pour ne rien changer à la situation catastrophique de l’économie à laquelle il est supposé donner crédits sans exiger qu’elle redevienne bancable.

Or, il n’est un secret pour personne que les relations Tunisie-FMI ne sont plus au beau fixe. Comme tout bon banquier, le FMI ne donne crédit que contre garanties. Cela, d’autant plus que ce n’est pas lui qui demande à faire crédit à la Tunisie, mais bien cette dernière, à court de moyens financiers, qui lui fait une cour assidue pour financer sa relance économique. Dans le cas de l’espèce, ces garanties ne peuvent être qu’une économie bancable, qui utilise ses crédits pour le développement et non pour la consommation et qui se mette en situation de pouvoir rembourser ses crédits.

  • Saïdi affirme et Rajhi, le «Mourabitoune» tempère

Ce qui est tout aussi secret de polichinelle, c’est que presque le point d’achoppement de toutes les discussions, entre FMI et Tunisie, reste le nécessaire, sinon impérieux, dégraissage de la masse salariale. Or, celle-ci, de 13,7 Milliards DT, était déjà en hausse de 4,1 % par rapport à la LF (Loi des Finances 2016). L’autre sujet, moins litigieux certes, est la réforme de la fonction publique. Or, celle-ci, ainsi que le reste des réformes demandées par le FMI, tardent toujours comme l’a affirmé le fonds dans son communiqué du 7 février 2017.

C’est tout cela qui a fait dire à des analystes tunisiens, comme Ezzeddine Saidane, qu’ils doutent d’une prochaine visite du FMI et donc d’un prochain déblocage des 650 MUSD. Et si l’autre conseiller économique de Youssef Chahed, Ridha Saïdi qui n’est pas directement en charge de ce dossier, prend le risque de son prononcer sur la question et d’affirmer ipso facto que «la 2ème tranche du prêt FMI, sera débloquée en avril 2017», Taoufik Rajhi, quoique manifestement piqué au vif, se révèle moins affirmatif et tempèrerait presque les déclarations de son collègue. Moins de 24 heures après la certitude de Saïdi, en effet, Rajhi abaisse un peu le niveau des attentes et publie un statut sur sa page fb où il assurait que «la visite du FMI aura lieu comme prévu, tant que nous sommes là. Et pas de deuil aux professionnels de la frustration». Il répondait, lui aussi, à Saidane.

Sauf que, après Saïdi qui n’a fourni aucun élément tangible sur la résolution par le GUN (Gouvernement d’Union Nationale) de toutes les problématiques citées dans le dernier rapport du FMI, Rajhi ne parle plus de décaissement de la seconde tranche du prêt, mais de simple présence du FMI. On pourrait certes le croire. Mais le FMI pourrait aussi revenir pour refaire le même constat que celui du 7 février 2017 et décider de reporter, encore une fois, le décaissement. Car, force est de constater, comme n’en a pas apporté les preuves Taoufik Rajhi le 16 février devant la commission législative de l’ARP, peu ou prou des réformes demandées par le FMI ont été faites par la Tunisie.

Les usages dans un gouvernement qui se respecte dictent que tous ceux qui parlent en son nom le fassent à l’enseigne d’une articulation bien huilée, autrement dit dans une cohérence fondatrice de crédibilité. Et ceci interdit immanquablement la moindre cacophonie. D’autant que Rajhi est la personne la plus exclusivement habilitée à connaître du dossier des relations avec le FMI et à agir et parler en conséquence à ce titre. Un couac dont on aurait dû impérieusement faire l’économie.

Cela dit, voici ce que demandait le FMI en février dernier, avec nos notes sur l’avancement fait jusqu’à fin janvier 2017, selon les propres chiffres du ministère des Finances à travers le document des «Résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat à fin janvier 2017 » :

  • Ce qui a été promis au FMI et ce qu’offre Tunisie

«Les autorités ont énoncé leurs priorités à court terme, dont une plus grande mobilisation des recettes fiscales de manière juste et efficiente [Ndlr : -4,4 % d’impôts directs en janvier 2017], la rationalisation de la masse salariale du secteur public [Ndlr : +16,5 % à fin janvier 2017 et +4,1 % pour la LF 2017] afin de dégager une plus grande marge de manœuvre en faveur des investissements publics [Ndlr : -5,1 % à fin janvier 2017], et la mise en place du mécanisme d’ajustement des prix des carburants[Ndlr : Seule réalisation en action depuis l’été 2016]. Les mesures destinées à assurer la viabilité du système de sécurité sociale [Ndlr : Aucune décision définitive à ce jour] représentent une autre priorité importante». La Tunisie a-t-elle réussi à faire mieux en moins de 2 mois ? Les chiffres ont la tête dure, d’autant qu’ils sont officiels !

Au risque que le Conseiller Rajhi ne nous classe, nous aussi, parmi les «professionnels du pessimisme» et bien que nous formulions les vœux les plus fervents de réussite de la Tunisie à convaincre son principal bailleurs de fonds, nous estimons que le GUN et ses conseillers, jouent simplement la montre et cachent beaucoup plus de vérités qu’ils n’en disent !

 

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Une méga centrale solaire photovoltaïque de 4.025 MW, tout simplement la plus grande de la planète, c’est la réponse de l’Algérie à l’imposant projet Noor de Ouarzazate, au Maroc. Avec cette installation, le programme marocain, dont la presse a fait ses choux gras ces dernières années, fait pâle figure, avec ses 580 MW. Quant au Plan Solaire Tunisien (PST), avec ses 460 MW, il sera presque inexistant à côté du futur mastodonte algérien. Enfin si Alger va au bout de son affaire, ce qui n’est jamais garanti dans des projets aussi titanesques, connaissant en plus le caractère mortifère des procédures administratives et des dispositions du Code d’investissement algériens…

Le PDG de la compagnie de l’engineering de l’électricité et du gaz (CEEG), Mohamed Arkab, a fait savoir vendredi dernier lors d’un déplacement à Washington que le ministère de l’Energie a l’intention de lancer l’appel d’offres fin mars ou début avril 2017, rapporte l’Agence de presse officielle algérienne APS.
Arkab a tenu ces propos en marge du forum « Powering Africa Summit ; il a ajouté que cet appel d’offres entre dans le cadre de la politique nationale de développement des énergies renouvelables. Suffisant pour en savoir plus sur ce qui trotte dans la tête des dirigeants algériens, piqués au vif par les ambitions du Maroc et d’autres pays du continent en matière d’énergies renouvelables (le Rwanda, la Zambie, le Sénégal…), des nations qui partaient pourtant avec des handicaps financiers lourds. Et oui, tout le monde n’a pas la chance – ou la malchance, c’est selon – d’être copieusement arrosé par la manne pétrolière, comme ce fut le cas de l’Algérie. De l’argent d’ailleurs qui n’a pas servi à lancer des programmes pour rompre la dépendance des hydrocarbures et surtout anticiper la fin inéluctable du pétrole. Les temps ont changé, semble-t-il…

Les détails de cette affaire

On sait pour le moment que le projet sera divisé en trois parties de 1.350 MW, chacune comporte deux volets : L’énergie et l’industrie. Plusieurs centrales seront installées dans les hauts plateaux et le sud de l’Algérie, où l’ensoleillement est plus conséquent. Bechar, El Oued, Ouargla, Biskra, Djelfa et Msila sont dans les petits papiers des autorités pour abriter ces unités, a indiqué le PDG de CEEG, qui a ajouté que la capacité moyenne pour chaque centrale excédera les 100 MW.

Le but de la manoeuvre : Faire baisser sensiblement la consommation du gaz, dont l’Algérie se sert pour produire son d’électricité. Il est prévu que les centrales solaires travaillent le jour en alternance avec les centrales à gaz, ce qui permettra de faire des économies d’énergie substantielles.
« A la Sonelgaz, nous sommes en train de travailler pour réduire la consommation de gaz, en privilégiant également les centrales à cycle combiné » , a affirmé Arkab.

Autres indications importantes : Le capital social de chaque entreprise sera composé conformément au cadre strict de la réglementation de l’investissement étranger. En d’autres termes l’investisseur national capte au moins 51% des parts et le partenaire étranger un maximum de 49%. Donc pour les investisseurs étrangers qui rêvaient d’un bouleversement de l’ordre établi, ce ne sera pas pour cette fois…

Par ailleurs on a appris que la Sonatrach va mettre le grappin sur 40% des actions dans chaque projet, 11% tomberont dans l’escarcelle de Sonelgaz et des entreprises publiques et privées du pays.

Enfin les actionnaires vont décaisser des fonds propres pour financer ces projets, à hauteur de 30% nous dit-on, le reste sera alimenté par un emprunt bancaire.

Une manière de conjurer la série des revers ?

Les bras de fer entre Rabat et Alger ont été épiques ces dernières années, mais ont très souvent tourné à l’avantage des Marocains. Donc pour l’Algérie ce méga projet est peut-être aussi une manière de laver une série d’affronts, de défaites diplomatiques, politiques et économiques.

D’abord la bataille autour de la présidence de l’Union africaine (UA). Le candidat d’Alger, le président nigérien, Mahamadou Issoufou, a été battu à plate couture par le poulain de Rabat, le président guinéen, Alpha Condé. La pilule a été amère pour l’Algérie. Elle vient s’ajouter aux rancoeurs provoquées par le fait de n’avoir pas pu empêcher le retour en grande pompe du Maroc dans le giron de l’UA, en janvier 2017, lui qui pourtant a claqué la porte il y a 32 ans pour manifester son courroux suite à l’admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), une « amie » de l’Algérie et ennemie farouche du Maroc. Pire : on sait maintenant que Rabat n’a pas l’intention de se tenir à carreau, contrairement à ce qu’il avait dit avant son retour, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour bouter la RASD hors de l’UA, maintenant qu’il a un vrai pouvoir décisionnaire et des liens puissants avec des pays clés de l’organisation panafricaine (Sénégal, Gabon, Côte d’Ivoire, Nigeria, Ghana, etc.).

Et puis il y a les revers économiques, très nombreux. Le Maroc affiche une santé insolente sur le continent, et ramasse les contrats à la pelle dès que le roi, Mohammed VI, lève le petit doigt. Plus de 100 accords et contrats signés avec des pays africains depuis juillet 2016 ! C’est inouï. Et maintenant il veut adhérer à la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, la plus structurée et la plus puissante du continent). Certes l’Algérie s’éveille, sur le continent, à la faveur du Forum africain d’investissements et d’affaires qu’elle a organisé en décembre 2016, mais ce réveil est tardif…

Par ailleurs il y a la cuisante défaite du « West African Gas Pipeline » (WAGP), un pipeline qui fera la jonction entre le Nigeria et le Maroc et qui sera à terme la plus importante infrastructure gazière en Afrique de l’Ouest. Un projet derrière lequel Alger a couru, sué, pour finalement être coiffé au poteau par Rabat, grâce à sa formidable armada diplomatique. Rageant pour les Algériens. Alors le méga projet solaire sera peut-être une manière de conjurer cette série de revers. Mais il en faudra beaucoup des programmes de ce type pour rattraper le retard sur le Maroc…

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Hypothétique destin que celui de ces élections municipales dont tout le monde parle, chacun à son gré, mais tel un serpent de mer, on ignore quand elles vont finalement avoir lieu et comment. Pourtant, leur urgence est dans toutes les bouches et l’instance qui est chargée de les organiser et veiller à leur régularité n’a de cesse de s’égosiller à sommer les uns et les autres à trancher le nœud gordien. Des injonctions qui laissent de marbre la classe politique toujours et indûment occupée à traîner les pieds et à laisser pourrir encore plus la situation malgré ses effets dévastateurs sur la commodité des citoyens autant que sur l’ordonnance générale de la vie dans la cité confiée à cette monstruosité que sont les délégations spéciales.

Il n’y a qu’à voir cette insalubrité ambiante, et pas que cela, pour s’en offusquer davantage. Un attelage commis d’autorité par le pouvoir central, et qui, gangrené par l’incurie autant que par une évidente incapacité à gérer la chose publique et territoriale, a transformé les communes en un véritable margouillis d’autant plus exécrable que chacun y met du sien, et d’abord le citoyen, stricto sensu l’habitant de la cité, qui, la Révolution aidant, s’investit du pire qu’il peut dans la déprédation du bien public s’il lui arrive de ne pas s’en emparer, ne paie pas ses impôts, et fulmine contre les misères qui sont faites à son environnement et bien plus contre le laisser-aller des autorités municipales associées à un Etat qui ne fait rien non plus.

Un état des lieux qui ne semble interpeller personne, surtout pas les partis politiques, maîtres dans l’art du moratoire, et qui rechignent à voir le scrutin municipal se tenir dans les délais proposés par l’ISIE qui pense pouvoir l’organiser le 26 novembre 2017, au pire au cours de la première quinzaine de décembre de la même année. Pourtant, le calendrier suggéré par l’Instance, de par la cohérence de son articulation et de l’opportunité de sa mise en œuvre, n’a pas de quoi pécher par des inconvénients insurmontables. Ainsi, aux termes de cet échéancier, les opérations d’inscription sur le registre électoral démarreront le 12 juin prochain, les candidatures aux conseils municipaux (365 sièges) seront ouvertes le 30 août et la campagne électorale sera lancée le 4 novembre. Et pour ce qui est du vote des sécuritaires et des militaires, il se déroulera en une seule journée entre le 19 et le 23 novembre.

Manœuvre dilatoire !

Si, cependant et a priori, Nidaa Tounès, Ennahdha, Afek Tounes et Al-Irada n’objectent pas que le scrutin ait lieu en décembre 2017, les autres partis, nommément le Courant populaire, Al-Jomhouri, l’Union patriotique libre, Ettakatol, le Courant Al-Mahaba, le Parti des travailleurs et Machrou Tounès, penchent, et avec insistance, pour mars 2018. Une proposition qui prendrait racine dans le degré d’impréparation de ces formations politiques, manifestement soucieuses de mettre à profit ce moratoire pout tenter, comme ce fut le cas pour les législatives, de s’organiser et de convenir de listes communes que, entretemps, elles n’arriveront sans doute pas à mettre en place de sitôt, ni réussiront à aplanir les sérieuses divergences qui les opposent, selon maints observateurs.

A cet atermoiement à se jeter dans la bataille électorale municipale, on pourrait aisément trouver une explication qui colle mieux à la réalité politique de ces partis. Elle tient à un déficit d’assise populaire qui pèsera de tout son poids sur les prochaines échéances électorales de 2019. Si bien que le scrutin municipal a valeur d’un test décisif donnant la mesure de leurs chances dans les législatives et les présidentielles. C’est là que réside tout l’enjeu de ces Municipales, et il requiert que les candidats en sortent avec un minium de crédit qui les fondent à embrayer pour les compétitions suivantes. Or, ce ne semble â être le cas, les choses étant actuellement ce qu’elles sont avec un poids politique et électoral de si peu d’importance rapporté à celui d’Ennahdha et de Nidaâ Tounès. Un camouflet pulvériserait toutes leurs chances de pouvoir défendre leurs couleurs dans une consultation électorale regardée comme essentielle et cruciale pour leur survie.

On comprendrait dès lors l’ardeur que ces partis sont en train de mettre pour renvoyer à une date qui leur serait « idoine » ces Municipales, le temps de mettre en place des coalitions et des stratégies à la faveur desquelles ils s’arrogeraient des bastions qui leur procureraient un poids d’autant plus précieux qu’il leur permettraient, pensent-ils, de tenir la dragée haute aux partis prépondérants, et d’affirmer une présence sur un échiquier politique âprement disputé et dans une configuration électorale qui ne le sera pas moins.

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C’était, vendredi 10 mars, une communication financière, la 1ère du nouveau DG, plutôt inattendue de la STB, avec même des chiffres de ses états financiers 2016, qui n’étaient pas encore validés par les commissaires aux comptes et présentés, comme il est de coutume, lors d’une AG ordinaire.

Au menu, concocté par le chef Samir Saïed, la nouvelle stratégie en 4 points de «la mère de toutes les banques» tunisiennes (créée en 1957, la même année que la BNA) où la priorité sera donnée aux clients d’abord, aux actionnaires, aux collaborateurs et à l’économie ensuite. C’est ensuite, l’état des lieux de cette stratégie, née il faut le dire, de l’audit, dans une vision déclinée en 13 axes, 47 chantiers et plus de 200 initiatives pour une transformation qui devrait s’étaler sur 4 ans (2016-2020).

  • Des chiffres en hausse par l’an I de son redressement

Un menu aussi où le nouveau DG s’est fait plaisir à égrener les 9 premières réalisations des objectifs du business plan à l’horizon 2016, ponctués de chiffres, tous à la hausse. Les dépôts de la clientèle ont été de 5.443 MDT, les crédits de 5.558 MDT, un PNB de 310 MDT, un RBE de 164 MDT et un RN (Résultat net) de 70 MDT. Pour ce dernier, il devra être diminué de 30 MDT qui iront pour la restructuration sociale en départs à la retraite. Il n’en reste pas moins vrai, comme aimait à la dire Samir Saïed, que la banque en est déjà à des pourcentages de réalisation de ses objectifs oscillant entre 98 % et 110 % même, pendant la seule année 2016. Et ce sont déjà ces réalisations qui lui permettent de prévoir des dépôts 7.185 MDT (en hausse de 7,2 %) en 2020, des encours nets des crédits de 7.300 MDT (à la hausse de 7,1 %), un PNB de 575 MDT (à la hausse de 16,7 %), un RBE qui croîtrait de 17,7 % et un résultat net qui bondirait de 46,2 % à 185 MDT en 2020.

Il ne le dira pas et refusera tout commentaire avec un sourire éloquent, mais cette présentation, au moment où on parle de la privatisation des banques publiques et leur mauvaise santé, était sans aucun doute porteuse d’un message de début de rétablissement financier de la plus grande des banques publiques, et aussi de début de réalisation de son plan de redressement, avec déjà des résultats probants.

  • Un montage financier Win-Win pour les hôteliers non récalcitrants

Une assez importante partie de la communication financière de la STB a été consacrée au traitement des créances touristiques. Lourdes de 1.700 MDT sur ses livres comptables, représentant 600 entités, 20 % des créances accrochées de la banque et 25 % du total des engagements de la banque, ces créances ont toujours constitué un handicap pesant tant pour les finances de la banque que le financement d’un secteur hôtelier. Un secteur qui reste incapable de rembourser sa dette et de ce fait, incapable d’accéder au financement pour assurer sa pérennité et sa relance.

Cette dette constitue donc un défi majeur pour la nouvelle direction générale de la STB. Dès sa première sortie médiatique, Samir Saïed n’est pas venu les mains vides. Il propose, en effet, une sorte de plan Marshall pour l’hôtellerie et une fenêtre de sortie de crise hôteliers-banquiers.

«Le point de départ, c’est une démarche macroéconomique de redressement du secteur. Avec la fédération (FTH), nous travaillons à l’heure actuelle sur des solutions à présenter au gouvernement car, relancer le tourisme, c’est relancer toute l’économie tunisienne», commence par indiquer, optimiste, le DG de la STB. Et ce dernier de préciser ensuite que «l’étape suivante sera des business plans individuels, avec l’aide de bureaux d’études spécialisés et de consultants. Nous déterminerons alors la dette supportable par l’hôtel, la capacité de remboursement de chaque hôtel. Cette dette supportable sera divisée en 2 parties. Une petite partie sera classée dette-senior et la dette-junior qui viendra en second rang pour alléger le poids des remboursements pendant les 1ères deux années de la relance. La partie de dette non supportable sera ensuite transformée en obligations convertibles avec peu ou pas d’intérêts et qui pourrait même être abandonnés par la suite. L’option de conversion est cependant liée aux performances de l’entreprise. Si l’équipe de gestion concrétise les objectifs, c’est tant mieux et l’hôtelier ou propriétaire-gestionnaire pourra nous payer l’obligation convertible, même tardivement. Dans le cas contraire, celui où l’équipe de gestion ne pourra pas réaliser les objectifs fixés, la banque exerce son option de conversion et transformera la dette en prise de participation dans le capital. On deviendra alors actionnaires et on fera appel à une société de gestion extérieure qui sera chargée de la gestion de l’hôtel, dont le propriétaire restera membre du conseil d’administration. A la fin de la période de redressement, l’hôtelier pourra racheter les obligations ou nous vendrons l’hôtel car nous n’avons pas vocation à rester dans l’affaire à redresser, mais à accompagner ce redressement et à sortir à la première occasion». C’est, en gros, le montage que propose la STB aux hôteliers endettés pour les aider à redresser leurs unités et à retrouver leurs capacités de remboursement, sans pour autant perdre en performance financière.

  • Que répondra la FTH ?

Et lorsqu’on rappelle au DG de la STB que les hôteliers remettent en cause le volume de la dette et sa composition, entre principal et intérêts divers, Samir Saïed se rebiffe et indique que «il y a beaucoup d’intox dans cette question et on sait que certains hôteliers essaient de gagner du temps. Nous n’avons pas de différends avec la fédération, mais avec certains hôteliers qui refusent de rembourser. Nos dettes sont comptabilisées et il n’y a aucune taxe ou intérêt qui ne soient pas légaux et réglementaires». Et de revenir à sa proposition, en précisant que «le montage que nous proposons, qui représente une partie de la dette, tombera de fait pour les hôtels qui ne vont pas réussir leur plan de redressement. La seule différence, c’est qu’au lieu de l’abandonner aujourd’hui, sans être sûr que l’hôtel réussira à se remettre sur pieds, nous le ferons uniquement plus tard pour les hôtels qui ne redémarreront pas. Pour ceux qui réussiront, ils payeront l’obligation convertible dont on abandonnera les intérêts, ce qui permettra à la banque de récupérer au moins une partie de la dette et rembourser l’Etat pour les 700 MDT injectés à la STB».

Pour l’instant, ce plan de la STB pour désenclaver financièrement l’hôtellerie et remettre de l’ordre dans ses propres finances, aurait déjà trouvé bonnes grâces auprès de la FTH et du FMI et attendrait l’aval de la BCT. La banque aurait aussi enchaîné les réunions avec divers groupes hôteliers et entreprises endettées, qui auraient aussi applaudi à ce plan de sauvetage.

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Le report du déboursement de la 2ème tranche du prêt du Fonds monétaire international souligne les défis induits par la mise en œuvre des réformes, auxquels fait face le gouvernement tunisien, a affirmé vendredi l’agence de notation Fitch. Les risques de financement de proximité d’échéance ont été atténués par l’émission sur le marché Eurobond d’un emprunt obligataire de 850 millions d’euros en février, mais de nouveaux retards sur les réformes pourraient accroître l’incertitude sur la perspective du financement de la Tunisie. Un décaissement d’un montant d’environ 320 millions de dollars devait intervenir suite à la revue du programme du FMI en novembre dernier. Mais les autorités tunisiennes ont confirmé que le paiement de la deuxième tranche a été reporté en raison de retards dans un certain nombre de domaines, notamment la fonction publique et la réforme fiscale. L’opposition politique a entraîné en 2016 le retrait du gel des salaires du secteur public prévu par la loi des finances 2017. Fitch prévoit que la masse salariale atteindra près de 15% du PIB à la fin de l’année en cours. Les autorités tunisiennes sont engagées dans un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires, avec la suppression d’au moins 10.000 postes d’ici 2020. Le gouvernement envisage également la vente de ses participations dans les banques publiques.

Si la revue du programme du FMI se conclut positivement lors de la visite en Tunisie d’une mission du Fonds, avant fin mars, cela se traduirait par le décaissement de ladite tranche avant la fin du premier semestre 2017. Fitch prévoit un déficit d’environ 6% pour cette année, contre un déficit budgétaire de l’exercice 2016, estimé à 6,4% du PIB. L’agence de notation pense que la Tunisie devra emprunter l’équivalent de 7% du PIB en devises étrangères pour répondre à ses besoins budgétaires et d’amortissement en 2017.

Risques financiers liés au retard de décaissement

Sur le plan intérieur, Fitch souligne que la Tunisie emprunte l’équivalent de 2,8% de son PIB. L’émission d’un emprunt obligataire de 850 millions d’euros sur le marché financier le mois dernier facilite la satisfaction des besoins de financement étrangers à court terme. L’Eurobond de 7 ans a été obtenu au taux de rendement de 5,75%, et représente la première émission sur le marché, faite de façon autonome par la Tunisie depuis plus de deux ans. Il est estimé que le produit net de l’emprunt de 842 millions d’euros couvrira environ 60% des principaux paiements d’amortissement et d’intérêts en devises en 2017. Cette estimation implique l’extension du prêt qatari de 500 millions de dollars qui tombe à échéance en avril, conformément à un accord conclu par le gouvernement tunisien avec les autorités qataries.

La Tunisie compte à titre principal sur le financement multilatéral pour couvrir le déficit restant, notamment le FMI (environ 640 millions $), la Banque mondiale (environ 500 millions de dollars), la Banque africaine de développement (environ 300 millions de dollars), et l’Union européenne (500 millions d’euros). Fitch s’attend à ce que les bailleurs de fonds multilatéraux demeurent engagés à la transition en cours en Tunisie. Mais comme le montre le retard vis-à-vis du FMI, les risques financiers liés aux retards de décaissement (en raison de non –respect des engagements) ne peuvent pas être exclues. Cela rendrait la Tunisie dépendante des financements de marché moins prévisibles ou plus chers. Fitch a dégradé la note souveraine de la Tunisie de ‘BB-‘ à ‘B +’ en février au motif que la croissance économique a été plus faible en  raison du contexte des risques sécuritaires accrus et des retombées pour les finances extérieures et publiques. Les améliorations introduites au niveau de l’appareil de sécurité du pays pourraient contribuer à une normalisation de la situation économique. Le PIB a augmenté de 1,2% en 2016, et Fitch prévoit son accélération à environ 2,5% au cours des deux prochaines années, grâce à une hausse de la consommation privée et à une reprise prévue des investissements suite à l’adoption d’une nouvelle loi sur l’investissement en septembre 2016 et à l’élan positif généré par la conférence « Tunisie 2020», en novembre 2016.

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Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, effectuera, le jeudi 09 mars 2017, une visite de travail à Tunis, où il co-présidera avec son homologue tunisien les travaux de la 21ème session de la Grande commission mixte algéro-tunisienne.

Selon un communiqué rendu public, ce mercredi, par les services du Premier ministre algérien, les travaux de cette réunion permettront aux deux parties de « procéder à une évaluation des relations bilatérales et des perspectives de leur consolidation dans les domaines politique, sécuritaire, économique et social ».

La rencontre, qui sera sanctionnée par la signature de plusieurs accords de coopération, sera également l’occasion pour les deux responsables d’«échanger leurs vues sur les évènements marquants intervenus sur la scène internationale, ainsi que sur des questions importantes liées à l’évolution de la situation politique et sécuritaire dans la sous-région », ajoute le communiqué.

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Rappelez-vous, d’abord, ce que disait le créateur du CPR, parrain des LPR, ce 13 mais 2015 à Doha. «Si la contre-révolution nous ramenait en arrière, elle aurait à faire face à une nouvelle génération qui dressera les potences et les échafauds, quitte à mettre le pays à feu et à sang». La menace est ainsi dite par Moncef Marzouki. «La vengeance est un plat qui se mange froid». Les «mauvaises langues», ne se font en tout cas plus d’illusion sur ceux qui s’attablent déjà.

Depuis quelques jours, une partie de la machine judiciaire s’est emballée. En une seule fournée, ce sont quatre ministres de l’ancien régime qui se retrouvent menacés de prison, entre 5 et 6 ans, aux termes de deux verdicts que politiciens et avocats ont jugés d’essence politique. D’anciens hauts cadres d’un ancien régime qui ont, pourtant, juste été au service d’un Etat, qui n’ont par ailleurs retiré de leur travail aucun avantage, ni matériel, ni moral, ni pour eux ni pour les leurs. La preuve en a été déjà faite pour ceux que l’injuste justice avait déjà jetés en prison pour en sortir dédouanés, par l’ancien président de la commission de confiscation, depuis 2013, dans un rapport qui n’a jamais été rendu public, sauf par la presse.

  • De hauts cadres d’un Etat pris en otage

Cet Etat-là était entre les mains d’un chef qui détenait le pouvoir total, exécutif, législatif et parlementaire. Un chef, 23 ans durant, obéi au doigt et à l’œil, par tous, de gré ou de force, à des degrés divers, mais obéi, par les ministres, les députés … et les juges aussi, si peu fût-il leur nombre. En ce temps-là, tout fonctionnait à l’instruction. On ne refusait pas les nominations et on ne démissionnait pas. Ceux qui diront le contraire n’ont jamais été appelés ni à prendre des responsabilités, ni à en démissionner.

En ces temps-là, le chef de l’Etat était le chef de tout et de tous, applaudi et couru par toutes et par tous, recevait des dizaines de lettres, de simples citoyens, comme de responsables de tous genres et de toutes les fonctions. Des lettres qui demandaient des faveurs et des passe-droits de tous genres. Certains paient même pour les avoir.

En ce temps-là aussi, le chef donnait. Et pas qu’aux siens. Il avait besoin de sentir et de faire savoir qu’il était le chef. Ceux qui ont demandé et pris ne se comptent pas par centaines, mais par milliers et dans toutes les couches socio-professionnelles. Tous avaient usé du pouvoir, du rang et de l’autorité du chef de l’Etat. Ils ne figurent pas tous dans le fameux rapport de Feu Abdelfattah Amor. Un rapport qui démontrait pourtant, documents à l’appui, que seul était responsable l’ancien chef d’Etat tunisien. Tout ce beau petit monde ne devrait-il alors pas, à son tour, tomber sous l’article 96 du code pénal ? Faut-il alors qu’ils passent tous par la potence ?

  • Que celui qui n’a pas péché jette la 1ère pierre

Faut-il que ces milliers de personnes et tous ceux et celles qui ne s’étaient pas mis dans l’opposition pour que l’autre opposition puisse continuer à s’opposer, sans risque aucun, à la dictature de Ben Ali, soient passés par la potence, pour que ceux qui étaient contre Ben Ali et font aujourd’hui comme lui, sinon pire, arrêtent d’aboyer vengeance ?

Que ceux qui n’ont jamais péché, jettent la première pierre. Mais, pas avant d’avoir rendu publics leurs «dossiers». Certains, avaient démissionné dès qu’ils ont vu leur nom écrit en noir et blanc sur l’un d’eux, déposé sur le bureau d’un président. D’autres ont dénoncé un interventionnisme, dont il s’est finalement avéré qu’ils en ont, eux aussi, fait usage. D’autres encore avaient vendu, cause et amis, pour monnayer leur sortie de prison et aller faire les opposants en dehors des frontières. Ceux qui sont restés, n’avaient d’autre choix que de vivre avec ou plier, juste ce qu’il fallait pour ne pas rompre, mais sans pour autant quitter le système.

Les archives, celles que tous et toutes cherchent ou se cachent, diront peut-être un jour, plus de vérités qu’il n’en faut. En attendant, ce sont deux meurtres politiques, depuis 6 ans non élucidés. Cela, si on considère que les accusés relâchés, l’avaient été à bon droit par la justice. Ce sont aussi aux moins deux gros attentats terroristes qui n’ont pas été encore jugés et pour lesquels la presse étrangère, anglaise et française, n’arrête pas d’en vouloir à la Tunisie et de l’accuser.

Force est à la fin de constater que ceux que Ben Ali, l’ancien chef d’Etat tunisien, avait mis, soit à ses pieds, soit en prison, qu’il avaient harcelés ou leur a simplement rendu la vie dure, n’ont toujours pas fait leur deuil de leur bourreau. Et faute de grive, ils bouffent maintenant du merle. Sauf que la haine et la vindicte aveugles n’apporteront à leur tour que haine et vindicte de l’autre côté.

  • A qui le tour ?

De plus, ceux qui dressent aujourd’hui les potences pour les dignitaires d’un ancien Etat, pris en otage par l’ancien régime, finiront par les dresser pour le reste. D’abord, pour ceux qui les ont empêchés d’accomplir LEUR révolution, celle qui écarterait tous les autres pour qu’eux s’y mettent. Ensuite, pour ceux qu’ils soupçonnent d’avoir aidé les «contrerévolutionnaires», ainsi que pour ceux qui les avaient noyautés et se sont avérés de faux frères. Tous y passeront, anciens et nouveaux hommes d’Etat. S’y préparent-ils ou se croiraient-ils à l’abri ?

Le danger d’une justice instrumentalisée, comme l’ont appelé partis politiques et avocats, n’est désormais plus que pour les anciens cadres de l’ancien Etat. La logique de la vindicte a des ressorts insoupçonnés. Comme l’accusation d’apostasie du temps des Islamistes, celle de contrerévolutionnaire, pourrait bientôt frapper les anciens, comme les actuels hommes d’Etat !

Ce qui attire le plus l’attention dans tout cela, c’est le silence de l’actuel chef de l’Etat, pourtant l’homme par lequel tout a commencé. N’est-il pas temps qu’il déterre son initiative de réconciliation nationale ? Nida Tounes et son partenaire Ennahdha ne le réveilleraient-ils pas ? Se croiraient-ils tous à l’abri ?

BCE a-t-il baissé les bras devant les affres de l’autre justice transitionnelle, sans essayer d’effacer tout le mal qu’il a fait et mettre le pays, réellement, à l’abri de la haine et de la vindicte généralisée ? Quand est-ce-que la Tunisie du Nobel de la paix fera-t-elle la paix avec elle-même ?

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Entre la Tunisie et le Fonds monétaire international, l’épisode de la 2ème tranche semble approcher de sa fin. Une mission de l’institution de Bretton Woods est attendue à Tunis dans une dizaine de jours. Fin mars ou début avril, les 350 millions de dollars au titre de cette 2ème tranche seront déboursés au profit de l’Etat tunisien, a assuré le conseiller économique du chef du gouvernement, Ridha Saïdi qui espère ainsi que l’hypothèque sur ce déboursement gelé depuis décembre 2016, sera levée, pour remettre les pendules à l’heure entre les deux parties.

Accordé au titre du mécanisme élargi de crédit, ce crédit d’environ 2,9 milliards $ sur 48 mois, a vocation à soutenir les réformes économiques et financières du pays pour l’aider à promouvoir une croissance économique plus vigoureuse et mieux partagée en consolidant la stabilité macroéconomique, en réformant les institutions publiques — notamment la fonction publique —, en facilitant l’intermédiation financière et en améliorant le climat des affaires. La Tunisie s’y est engagée le plus solennellement du monde, mais à l’exercice, il a été constaté par les experts du FMI que la cadence des réformes n’allait pas de pair avec celle convenue. D’où la décision du gel du déboursement, interprétée comme un coup de semonce que l’échéancier fixé doit être strictement respecté et conduit au prorata des réformes indiquées, que d’aucuns assimilent à des « diktats ».

Le fait est que l’institution financière internationale, tout en réitérant sans relâche son soutien à la Tunisie, a été comme obligée de noter que le pays n’a pas fait assez de progrès sur les réformes prescrites pour être éligible à cette fameuse 2ème tranche, alors que son gouvernement était censé opérer des changements positifs sur la masse salariale du secteur public, les finances publiques et le secteur bancaire. Mais en décidant de dépêcher une délégation à Tunis, le FMI donne l’impression de prévoir une éclaircie. D’ailleurs, la ministre tunisienne des Finances, Lamia Zribi, en a tiré la conclusion que « si le Fonds n’était pas convaincu des progrès sur les réformes attendues, il aurait choisi de ne pas envoyer de délégation. Et au cas où il le ferait, il forcerait les autres bailleurs de fonds internationaux à reconsidérer leurs propres arrangements et accords financiers avec la Tunisie ».

Une autre grille de lecture

Mais, manifestement, les conjoncturistes du FMI ont une autre grille de lecture de ce qui attend la Tunisie en 2017 et au-delà. Ils prévoient une remontée de la croissance à 2,5% cette année, contre 1% en 2016. Le chef de la mission du FMI pour la Tunisie, Björn Rother, a estimé que «  l’économie tunisienne a bien résisté dans un environnement national et international difficile, et ceci va à l’encontre de tout ce qui évoque un « péril économique ». Pourtant, le FMI affirme que les défis macroéconomiques de la Tunisie sont « notables ». La dette publique du pays se situait à plus de 60% du PIB (produit intérieur brut) en 2016. L’institution a également noté que, même si la loi de finances 2017 peut aider à réduire le déficit budgétaire à 5,6 % du PIB cette année, contre 6% en 2016, le taux projeté est encore plus élevé que celui ciblé.

Pour combler son déficit budgétaire ou du moins l’atténuer, la Tunisie n’a d’autre choix que de sortir sur les marchés obligataires internationaux, avec à la clé, un passage des prêts libellés en dollars à ceux en euros, comme ce fut le cas en février dernier pour un Eurobond de 850.000.000 € sur 7 ans avec un rendement de 5,75%. Il n’en demeure pas moins que les bailleurs de fonds internationaux, emboîtant le pas au FMI, trouvent que la Tunisie ne va pas comme il se doit sur la voie des réformes. Et ce constat, retenu dans la notation des agences comme Fitch, n’est pas pour arranger la démonstration des Tunisiens. D’autant que, selon Bloomberg, la Tunisie figure parmi les quatre pays les plus susceptibles de faire défaut sur leurs paiements en Afrique. Selon le modèle de risque de crédit souverain de Bloomberg, qui intègre « les déficits budgétaires, les réserves de change, les prêts bancaires non performants et l’instabilité politique », la probabilité de défaut de la Tunisie est de 3,5%, le troisième taux le plus élevé en Afrique.

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On aurait aimé ne pas être amenés à écrire ce genre de papier en ce moment même où commencent à se dessiner les prémices d’une possible reprise, tant les informations dont nous faisons ici état avec force photographies, pourrait battre en brèche les efforts d’au moins 3 ministères pour bien préparer la relance de tout un secteur qui fait vivre des centaines de milliers de personnes. Il s’agit de ceux de l’intérieur, du tourisme et de l’environnement. Ce n’est pourtant pas faute de les avoir alertés. Nous les avions contactés tous, depuis l’été dernier, pour le ministère de l’intérieur et il y a seulement quelques jours, pour les deux autres. Nous continuons alors notre travail de lanceurs d’alerte. D’abord contre l’inertie des premiers concernés par cette action de maintenance que sont les municipalités et l’Apal (Agence de protection et d’aménagement du littoral). Mais ensuite le ministère de l’Environnement qui renvoie automatiquement vers l’Apal sans pouvoir le faire bouger et le pousser à la réaction, et le ministère du Tourisme qui renvoie vers le ministère de l’Environnement qui renvoie lui-même vers l’APAL qui ne bouge pas. Venus constater les dégâts il y a quelques jours, des cadres de l’Apal ont estimé que «il suffira d’attendre que la mer remonte et emporte elle-même toutes les saletés».

C’est dire toute l’inertie et toute l’apathie de ces trois structures étatiques face à la question de l’entretien et de la maintenance du fonds de commerce d’un très large pan de l’économie nationale. Mais d’abord les faits :

  • La relance et son seul point fort

En effet, la relance du tourisme se confirme. Divers TO ont, soit levé, soit assoupli leurs warnings sur les voyages et donc le déplacement de leurs touristes en Tunisie. MSC Cruise, pour le maritime, recommence à desservir le port touristique de La Goulette, TUI et Thomas Cook essentiellement, pour l’aérien, ont annoncé le retour de leurs vols touristiques sur la Tunisie. Chez certaines nationalités, importantes pour le tourisme tunisien comme les Français et les Belges, ou encore les Russes, les réservations ou «Early Booking», se comptent déjà en centaines de milliers. Le président du SETO, René Chikli, a même annoncé que le Booking vers la destination Tunisie a augmenté de 40 % pour la saison 2017 par rapport à 2016. Tout cela promet donc une assez bonne saison touristique et nécessiterait par conséquent une préparation de l’essentiel des produits que vend la Tunisie à ses touristes que sont les SSB.

Pour tous ces touristes, la Tunisie vend jusqu’ici principalement une image, qui est son fonds de commerce, faite de soleil, plage et mer. Le fameux triptyque «SSB» ou «Sun, Sea & Beach». Et si le soleil est une ressource naturelle qui ne demande pas entretien, ce n’est pas le cas de la mer et de la plage. Ces deux dernières ont en effet besoin d’un entretient continu. Les villes touristiques perçoivent, de plus, au moins une partie de la taxe touristique, normalement destinée à l’entretien des plages qui constituent l’essentiel des ressources de ces villes qui ne vivent que du tourisme.

  • Des tonnes d’algues, de la bière, du vin et du plastique

En face de ces vérités, un état des lieux, plutôt désastreux des plages et de la mer. Nous prenons pour cela l’exemple de la principale région, Sousse et El Kantaoui, Mecque de la majorité des touristes algériens et russes entre autres, pour ne citer que les chiffres des deux dernières années.

Dans cette région et sa principale station balnéaire, les plages sont sales, très sales mêmes. Le sable fin que recherchent les touristes, est couvert de tonnes d’algues, de milliers de bouteilles et canettes de bière, de bouteilles de vin vides et de tonnes de plastique, comme le montrent ces photos prises il y a quelques jours par nos soins.

Des algues charriées et déposées, certes par la mer pendant la période hivernale. Mais d’autres détritus, déposés par les hommes, sans que les municipalités, celles d’Akouda et de Hammam-Sousse en particulier, ne bougent le petit doigt. L’Apal, non plus, dort du plus profond de son sommeil. On avait tenté, l’année dernière, de la réveiller par l’intervention de l’ancien ministre de l’Environnement. Il se révèlera impuissant devant le refus de bouger de l’Apal. Des riverains avaient essayé de rendre sa propreté à la plage et ont même loué des engins de levée et de transport. Ils seront empêchés par l’Apal de déplacer une seule algue, et ont même été avertis par PV du risque de déplacer les saletés qui envahissent les plages et n’ont donc pu rien entreprendre dans ce sens. Des autorités qui ne font pas, non plus même en pleine période estivale, leur devoir de propreté de ces plages par les passages périodiques et quotidiens des tamis de plages et par la mise en place de corbeilles et de poubelles de plein air sur ces plages. Des activités pourtant de leur unique ressort.

A quelques semaines de l’afflux touristique, ces plages ne sont en effet toujours pas traitées, ni par les municipalités, ni par l’Apal. Les tonnes d’algues s’entassent, couvertes par le sable transporté par le roulis des vagues et se transforment en pourritures puantes, autour desquelles s’agglutinent des millions de moustiques de plage. Ils dévalorisent ainsi le fonds de commerce de toute une région qui ne vit que par ces plages. Des plages qui ravaleront par la suite, sous l’effet du roulis des vagues, les tonnes de plastique déposées, les canettes de bière et les bouteilles de vin vides, jetés par les hordes de soulards du bord de plage dès que la nuit tombe.

Des hordes, non contrôlées par le poste de police, qui n’est pourtant qu’à quelques mètres de la plage. L’été 2016, nous avions rendu visite au district de police de Sousse. C’était peine perdue. Quelques rondes passaient, de temps en autre, jetaient un Salamalec et s’en allaient. Quelque chose changera-t-elle enfin ? Lequel des 3 ministres lèvera enfin le petit doigt pour ces kilomètres de plages enfouis sous les saletés et les détritus ? N’y aurait-il pas là crime de non-assistance à plages en danger ?

 

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La profession de l’hôtellerie est, depuis quelques temps, ébranlée par une affaire qui oppose une banque marocaine de droit tunisien (58,98 % du capital entre les mains d’Andalucarthage Holding), à un hôtelier tuniso-français, de surcroît propriétaire d’un Sangho à Marrakech, la perle du désert marocain, un pays où il a très bonne presse.

En effet, nous apprenons, selon notre correspondant à Sfax qui cite une source sûre et proche du dossier dans la capitale du Sud tunisien, que la banque marocaine de droit tunisien Attijari Bank, vient de rater le rachat, pour son propre compte, de la totalité d’un hôtel du groupe Sangho, présidé par l’homme d’affaires Hosni Djemmali. Un groupe, qui s’était pourtant développé en harmonie, depuis 35 ans, avec l’ex banque du Sud et qui semble être victime d’une incompréhension totale avec son banquier successeur de la banque du Sud, Attijari Bank.

Pour la petite histoire, Sangho avait contracté un crédit auprès de la banque en question. La situation du secteur touristique tunisien devenant catastrophique, à cause notamment des actes terroristes qui ont visé la Tunisie, le groupe Sangho et son patron Hosni Djemmali se retrouvent dans l’impossibilité de rembourser. Son cas, faut-il le remarquer, n’est pas unique en Tunisie où les dettes du secteur hôtelier se chiffrent en milliards DT, à cause justement des crises successives du secteur.

La demande du groupe Sangho à sa banque pour trouver une solution de rééchelonnement de la dette est aussi refusée, et la banque créditrice décide de vendre le quatre-étoiles du groupe, l’hôtel Syphax à Sfax, dont les murs seulement sont estimés par la banque elle-même à un coût de 13 MDT. Cette dernière ne trouvera pas repreneur, étant donné la situation économique et celle du tourisme en particulier, pour les causes citées plus haut.

La banque marocaine de droit tunisien, persiste pourtant, ignore le contexte et décide d’acheter elle-même l’hôtel invendu, après l’avoir remis en vente judiciaire avec une décote de 40 % sur l’estimation de 13 MDT, soit pour 8 MDT. Du coup, elle empoche, non seulement les murs, mais aussi la différence entre l’estimation et le prix de cession, soit 5 MD. Du beau travail pour cette institution financière dont le capital est en majorité détenu par des étrangers, et censée contribuer au développement de l’économie et des promoteurs tunisiens.

La tentative d’Attijari Bank fera cependant pschitt après que l’avocat du groupe a obtenu le déclenchement d’une procédure de règlement judiciaire en faveur de sa «Société hôtelière et touristique Syphax», propriétaire de l’hôtel. Désormais sous couvert de la loi 95 qui gèle automatiquement les éventuelles poursuites, bien que dans un délai qui laisse à penser, Sangho dispose ainsi d’une période d’observation pouvant aller jusqu’à un an pour trouver une solution dans la mesure où Attijari le souhaite ou préfère-t-elle refuser tout arrangement. La dette provisionnée a 100%, tout produit de la vente est un bénéfice qui sera transféré au Maroc.

Est-il dans l’intérêt de la banque de vendre afin de rembourser le crédit ? Selon nos sources, cette dette serait pourtant totalement amortie. De plus, selon certaines estimations, le patrimoine Sangho vaudrait grosso modo 2,5 à 3 fois la dette du groupe. Il n’y aurait donc pas le feu à la baraque. Selon les mêmes sources, le groupe Sangho reste bancable et ne risque pas de mettre à mal les comptes d’Attijari.

La question se pose aussi pourquoi cet empressement d’Attijari à vendre, alors que la conjoncture du secteur touristique est ce qu’elle est en Tunisie et ses incidences générales pour toutes les banques. Mais surtout, alors que Djemmali a été l’un des premiers investisseurs touristiques à Marrakech au Maroc où il dispose d’un autre fleuron du tourisme marocain du même nom, le Sangho, Il a fait confiance au Maroc qui apparemment le lui rend différemment.

Autres interrogations, somme toutes légitimes, le cas Sangho serait-il le seul dans la liste des impayés de la banque ? Le groupe Sangho n’ayant pas que le Syphax, pourquoi Attijari ne s’est intéressée qu’à cet hôtel particulièrement ? Y a-t-il un loup derrière les fagots ?

Interrogé à propos de tout cela, Hosni Djemmali n’a pas souhaité s’exprimer. Attijari de son côté, banque cotée sur la bourse de Tunis et sa vie concernant tous ses actionnaires, boycotte déjà depuis plusieurs mois notre journal. Toute réponse de sa part reste cependant la bienvenue.

 

 

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Quand le coup de pub vient de Cassie De Pecol, l’Américaine de 27 ans qui vient de boucler son tour du monde pour clamer les vertus de la paix et du tourisme durable, ça ne se refuse pas ! Cassie, qui a visité 196 pays dans le monde en à peine un an et demi, a placé la Tunisie dans le top 10, à la 7ème position plus exactement, des nations à visiter absolument. Cette bonne nouvelle vient s’ajouter à la reprise des vols Thomas Cook et TUI vers la Tunisie et le fléchissement des autorités belges sur les consignes de voyage…

La jeune dame a confié au telegraph.co.uk que pour « pour expérimenter la culture nord-africaine avec une ambiance du Moyen-Orient et une quantité immense d’histoire archéologique », la Tunisie est tout indiquée, avant d’ajouter que « la ville de Sidi Bou Saïd l’a impressionnée ».

Voici le top 10 des pays qui valent le détour, d’après Cassie De Pecol :

10. Etats-Unis
9. Costa Rica
8. Pérou
7. Tunisie
6. Oman
5. Pakistan
4. Vanuatu
3. Maldives
2. Bhoutan
1. Mongolie

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La nouvelle est presque passée inaperçue, le ministre belge des Affaires étrangères ayant décidé de ne pas le crier sur les toits, l’affaire est pourtant d’importance. La note du MAE belge a été glissée dans la rubrique « conseil aux voyageurs », le jeudi 23 février 2017, et dit explicitement ceci : « A la condition d’observer la prudence recommandée », les Belges peuvent revenir en Tunisie, du moins dans certains morceaux du territoire jugés suffisamment sécurisés. Mais c’est déjà ça…

Les autorités belges recommandent à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements à l’axe côtier Mahdia-Monastir-Sousse-Hammamet-Nabeul-Tunis-Bizerte, tout en s’assurant que leurs lieux de séjour ont pris toutes les dispositions pour sécuriser les visiteurs.

Par ailleurs, le MAE belge, toujours soucieux de maintenir la plus grande vigilance, rappelle que l’état d’urgence en Tunisie a été prolongé jusqu’au 17 mai 2017, que « la probabilité que d’autres événements sécuritaires de nature terroriste se produisent reste très élevée », et que « les risques liés aux activités des réseaux terroristes djihadistes persistent, notamment en raison du retour en Tunisie d’anciens combattants de Daesh ».

La note insiste sur le fait que les voyages jugés non-essentiels sont toujours déconseillés sur le reste du territoire tunisien. Par ailleurs les déplacements sont fortement déconseillés dans les localités frontalières, notamment avec l’Algérie, à l’ouest de l’axe Tabarka – Jendouba – Le Kef – Kasserine – Gafsa – Tozeur, et dans les zones frontalières avec la Libye, au sud de l’axe Tozeur- Kebili – Matmata – Medenine – Zarzis.

Pour rappel, les autorités belges n’ont jamais explicitement interdit les déplacements en Tunisie, mais dans les faits leur avis défavorable depuis l’attaque terroriste de Sousse, le 26 juin 2015, avait valeur d’interdiction formelle. Par ailleurs la suspension des vols vers la Tunisie par des grands tour-opérateurs tels que TUI et Thomas Cook a accentué les craintes des touristes belges…

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«Pays généralement non libre» et classé à la 123ème position sur un total de 180 Nations. Tel est vue l’économie tunisienne par la fondation «Heritage» dans son rapport sur la liberté économique et son classement des pays où la libre initiative est l’élément clé. Un classement qui place la Tunisie loin derrière le Maroc, son concurrent économique direct, classé à la 86ème place, mais dans le groupe des modérément libres. Au Maghreb, seule l’Algérie est mal classée, à la 172ème position.

Une image qui contraste avec celle que le GUN de Chahed avait fait miroiter aux participants du «Tunisia 2020 » d’octobre dernier et dont il avait essayé d’user en «faire-valoir» pour attirer plus d’investisseurs pour une économie asphyxiée par ses dépenses de fonctionnement et qui n’arrive pas à faire redémarrer l’investissement local. On ne s’étonnera alors plus qu’un concurrent comme le Maroc attire désormais même les investisseurs tunisiens et arrive à attirer des investissements étrangers lourds, comme ceux des constructeurs automobiles.

Pays à la recherche d’IDE (Investissements directs étrangers), la Tunisie reflète une image très brouillée pour les analystes de «Heritage Fondation». «Le dynamisme économique reste limité en Tunisie par des faiblesses institutionnelles qui restent sans réponse, principalement parce que l’instabilité politique a entravé une action gouvernementale décisive. Le régime de régulation, malgré certaines améliorations, reste lourd et freine l’activité entrepreneuriale et sa dynamique. Le régime commercial fermé et les marchés du travail rigides, empêchent en grande partie l’émergence d’un secteur privé dynamique», estime cette fondation, dont le rapport est une sorte de «livre de chevet » pour les investisseurs étrangers.
Question réformes, actuellement objet de toutes les discussions entre la Tunisie et son principal bailleur de fonds qu’est le FMI (Fond Monétaire International), l’avis de Heritage est là aussi mitigé.  «Adoptées ces dernières années [les réformes] n’ont pas permis, ni d’apporter des avantages tangibles à la stagnation du système économique, ni de déclencher une croissance plus rapide ». Et la même source d’estimer que «des réformes plus profondes pour améliorer la gouvernance et renforcer les piliers essentiels de la liberté économique sont nécessaires pour pousser l’économie sur une voie positive de transition».

⦁    Un gouvernement faible …

«Heritage Fondation» étend son analyse du paysage économique tunisien à l’efficience des règlementations et partant, de l’état du droit. «Bien que le pouvoir judiciaire soit généralement indépendant, la protection des droits de propriété reste inégale, entravée par la corruption et les longues listes d’attente dans ce domaine ». Selon la même source, «la faiblesse gouvernementale favorise la réinsertion à des niveaux inférieurs de bureaucratie et d’application de la loi. Le ressentiment de longue date des efforts déployés contre la contrebande le long de la frontière libyenne, qui a éliminé les emplois locaux, s’est intensifié en 2016 après la construction d’un mur frontalier pour bloquer l’infiltration par les terroristes».

Et comme l’économie, c’est aussi et surtout les finances, les incitations fiscales et les impôts, Heritage s’y attarde et indique que «le taux d’imposition du revenu des particuliers le plus élevé est de 35 %, et le taux d’imposition des sociétés le plus élevé est de 30 %. Les autres taxes comprennent une taxe sur la valeur ajoutée et une taxe de transfert de propriété». La fondation internationale en tire une conclusion qui contraste avec le chiffre officiel de la pression fiscale. Selon Heritage, la «charge fiscale globale équivaut à 22,5% du revenu national total» en Tunisie.

⦁    … et ses dépenses sont populistes

La même source estime que «malgré certains progrès, le cadre réglementaire manque encore de transparence et d’efficacité. Le respect des exigences en matière d’octroi de licences reste lourd. Le marché du travail rigide a stagné, n’ayant pas généré une croissance dynamique de l’emploi».
Heritage se montre même dure avec la politique du gouvernement Chahed, dont elle qualifie les dépenses de «populiste». En 2016, dit la Fondation, «les tensions sociales ont déclenché des politiques de dépenses populistes pour apaiser un électorat frustré, mais les prix bas du pétrole devraient permettre au gouvernement d’atteindre son objectif de suppression progressive des subventions aux carburants». Pour cette institution internationale dont les avis font loi, «les entreprises publiques faussent l’économie. Le secteur financier fragile est fragmenté. L’accès au crédit est limité et les marchés des capitaux sont sous-développés».

Autant de critiques, apparemment purement techniques, à moins qu’Heritage n’aime pas la Tunisie ou «qu’elle fasse partie d’un quelconque complot contre la révolution du jasmin», qui devraient donner lieu à réflexion à La Kasbah et dans le bureau du ministre du Développement économique, Fadhel Abdelkefi.
A l’économie fortement liée à l’extérieur, la Tunisie devrait plutôt s’ingénier à mettre en place les réformes nécessaires qui lui feraient gagner des places dans le prochain Index de Heritage Foundation et ses semblables, comme celui de la compétitivité !

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Nous l’écrivions dans notre édition du 18 décembre dernier, la Tunisie fait commerce avec 172 pays, et son déficit affiche un montant total de 11,628 Milliards DT. Trois pays représentent plus de la moitié de cet énorme déficit (6,014 milliards DT). Il s’agit, par ordre d’importance, de la Chine avec plus de 3 Milliards, de la Turquie avec plus de 1,33 Milliards DT et de la Russie avec plus de 1,21 Milliards DT en moins d’une année.

Ce que nous avons pu confirmer, c’est que la BCT au moins, a de gros soucis à ce sujet. «Qu’il faille revoir notre position commerciale avec la Turquie et la Chine, cela me paraît essentiel. Le déficit de la balance commerciale avec la Chine n’est pas normal. Cela, je l’avais dit au gouverneur de la banque centrale de Chine, lorsque je l’avais rencontré et il m’avait donné raison», dit à Africanmanager le Gouverneur Chedly Ayari, lorsque nous l’interpellons à ce sujet. «Je constate et je dénonce le déficit commercial et je dis que c’est mauvais pour les comptes du pays. Je n’ai d’autorité, ni sur les importations, ni sur les exportations qui sont du domaine du ministère», avoue le premier responsable de l’institution qui finance le commerce extérieur. Pour lui, «il faut trouver des solutions, sans pour autant diminuer le commerce avec ce pays, et j’avais alors découvert que 70 % de nos achats de ce pays sont des équipements et non de la pacotille et que nous n’aurons jamais une balance commerciale positive avec la Chine».

–          Un MOU à transformer en convention pour que le Swap démarre

La BCT (Banque Centrale de Tunisie), est en train de trouver une solution à ce problème et d’essayer de donner une réponse, financière et monétaire, au problème du déficit de la balance commerciale, notamment avec la Chine d’où vient le plus grand déficit, bien que la Tunisie ne représente certainement qu’une goutte dans l’océan des échanges chinois avec le reste du monde. «On est en train de trouver des solutions pour cela. Nous pouvons, ainsi par exemple, passer par un accord Swap entre le Dinar et le Yuan (Un Yuan = 0,33 DT). Le principe est acquis et signé». Cet accord Swap est généralement adossé à une ligne de crédit, financée par le gouvernement chinois. Ces comptes seront gérés directement par les banques.

Le 12 décembre 2016, Chedly Ayari signait avec le Gouverneur de la Banque centrale chinoise Zhou Xiachuan, un mémorandum d’entente et de coopération, favorisant une plus grande ouverture entre les deux secteurs bancaire et financier des deux pays. «Les deux gouverneurs s’étaient mis d’accord sur le principe de conclure une convention portant sur le swap du yuan contre le dinar tunisien dans le but de régler une partie des opérations commerciales et financières en monnaie nationale, ce qui permettra d’atténuer les risques de change pour les deux parties et d’intéresser davantage les importateurs chinois aux exportations tunisiennes», disait alors un communiqué de la BCT. «Nous estimons que les Swap de change, dont la Chine par exemple a signé 36 avec beaucoup de pays comme l’Egypte et le Maroc, permettra à l’importateur de payer avec la monnaie du pays en question, la Livre turque ou le Yan chinois», a précisé Chedly Ayari à Africanmanager.

Actuellement, par exemple, la Tunisie passe par le Dollar US pour payer les Chinois et les Turcs. Les Swap de change auront ainsi pour effet de fournir directement des lignes de crédit qui permettront de financer le déséquilibre de la balance commerciale sur le court terme. Le Dinar tunisien sera ainsi accepté comme collatéral et comme garantie et devient donc une monnaie de paiement, au cas où les Chinois voudraient importer des marchandises de Tunisie. «La Chine a donné son accord et nous sommes en train d’étudier la question».

C’est ainsi, par exemple, qu’un concessionnaire qui voudrait importer des voitures chinoises s’adressera à sa banque qui paiera ses importations en Yuan par le DT que convertira le banquier tunisien, à travers la ligne de crédit chinoise. Pour le Gouverneur Chedly Ayari, «un accès facile au paiement pourrait augmenter le déséquilibre des échanges, certes. Mais dans tous les cas de figure, les accords de Swap n’éliminent pas le besoin d’une gestion, au plus près, du commerce extérieur par les Etats en place pour regarder ce qu’on importe. Mais c’est surtout le moment de développer un courant d’exportation vers ces pays». Force est de constater que la Tunisie achète beaucoup de Chine, mais ne vient que rarement à ses foires pour essayer d’y vendre, comme pour le cas de l’excédent d’agrumes pour un marché chinois qui entre de plain-pied dans l’ère de la consommation.

La symbolique est importante. Le Yuan est convertible et pourrait même devenir une monnaie de paiement avec d’autres pays et notamment la zone Yuan qui existe déjà et pourrait même renforcer les réserves de change de la Tunisie. «On pourrait même utiliser ce biais pour engager un processus, hors commerce, d’investissement chinois en Tunisie. L’idée qui me trotte en tête et que j’ai déjà soumise aux Chinois, c’est de créer un fonds d’investissement sino-tunisien pour des projets communs d’infrastructure, de tourisme et autres. Le yuan deviendra un moyen de paiement, à court terme j’espère, un moyen d’investissement et un moyen de renforcement des réserves de change», se prend ainsi à rêver le Gouverneur Chedly Ayari.

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas et douteraient de la possibilité de passer du rêve à la réalité, le Yuan est convertible et même considéré comme monnaie de réserve. Malgré les quelques restrictions qui le frappent encore, il fait partie des DTS (Droits de Tirages Spéciaux) du FMI depuis octobre dernier. Actuellement, dans le calcul de la valeur des DTS, il y a le Yuan.

–          Le Swap avec la Turquie n’est pas encore possible, mais on y pense

Le problème de l’énorme déficit est aussi valable, bien qu’à moindre importance en sommes d’argent, pour la Turquie. «Pour la Turquie, le déficit est tout aussi important, au point qu’il nous faut revisiter le commerce extérieur entre les deux pays. Il est hors de question de fermer les frontières. Les accords de l’OMC nous en empêcheraient. Autrement, les procédures sont longues et les mesures doivent être limitées dans le temps. C’est une mesure qu’un ministre du Commerce doit avoir en tête, mais c’est un recours de dernier ressort. L’idée, à mon sens, est de conforter ce déséquilibre par des lignes de crédit qui te fournit de l’argent dans la monnaie du pays avec lequel tu es déficitaire», reconnaît encore le Gouverneur de la BCT.

Reste à savoir si la solution que la BCT est en train d’essayer avec la Chine, pourrait être appliquée au pays avec lequel la Tunisie enregistre le 2ème grand déficit commercial. Il semble que non. «Le modèle chinois que nous sommes en train de mettre en place, ne pourra pas s’appliquer à la Turquie. Avec ce pays, nous pourrions développer la question des lignes de crédit à caractère commercial qui financeront les importations tunisiennes de ce pays et proposer le Swap. Nous n’en avons pas encore discuté avec ce pays, mais on l’envisage dans le cadre d’un nouvel accord monétaire et commercial», conclut pour nous le Gouverneur de la BCT.

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Il ne fait nul doute que l’un des défis des deux derniers gouvernements de l’après Ben Ali, reste l’instabilité sociale qui a caractérisé les six dernières années. Or, derrière toutes les grèves, légales et illégales, il y a toujours l’unique (par absence de volonté politique d’instaurer le pluralisme syndical et maintenir le syndicat unique comme un vestige de l’époque du parti unique) centrale syndicale qui a même réussi le tour de passe-passe d’éliminer la protection du droit au travail de la Constitution en face d’un droit, complètement débridé, de la grève dans la même Loi fondamentale, présentée comme «la meilleure du monde».

Aidée par une déliquescence programmée de l’autorité de l’Etat, une faiblesse attendue des gouvernements de l’après Ben Ali et l’impuissance des partis politiques qui a abouti au processus du dialogue national, l’UGTT a muté de partenaire social et économique à partie prenante, directe et incontournable, de toute la vie politique. Le pouvoir lui montant à la tête, l’omnipotente UGTT tend même à devenir un puissant lobby qui a la prétention, et le dit, de faire et défaire les gouvernements et demander carrément la tête de tel ou tel ministre par solidarité avec l’un des membres de sa base. Une base par ailleurs que la Centrale n’a jamais pu, à moins que ce ne soit du simple cinéma, maîtriser.

Force est d’avouer que, jamais les ouvriers tunisiens n’ont pu réaliser autant de bénéfices qu’avec l’UGTT de la période 2011 à 2015. Et qui plus est, sans faire presque bouger les ratios du travail. En tout cas, pas autant que le volume des salaires, passé d’un peu plus de 6 Milliards DT à presque 14 Milliards DT en l’espace de 5 années seulement.

En face et à titre d’exemple, «sur un an, la production industrielle du mois de novembre 2016 a enregistré une baisse de 1,5%. Cette baisse est due essentiellement à la régression de la production dans le secteur de l’industrie manufacturière(-2,4%) suite à la baisse observée dans les secteurs de raffinage de pétrole (-66,2%), de l’industrie textile habillement et cuir(-3,0%),de l’industrie chimique (-3,8%) et de l’industrie du caoutchouc et des plastiques (-7,8%). La production du secteur de l’industrie de l’extraction de produits énergétiques a enregistré aussi une baisse   de 1,0%», selon les derniers chiffres de l’INS. Ni le gouvernement de Habib Essid, ni celui de Youssef Chahed, encore moins tous ceux de la Troïka, n’ont pu remettre le pays au travail pour égaliser la balance «salaire-production». Grand bien leur fasse, même si dans ce déséquilibre, toute la Tunisie est perdante !

Or, depuis qu’elle est devenue le pivot de toute la scène, politique notamment, et sociale aussi en face d’une Gauche locale faiblarde et n’ayant pas pu traduire ses thèses en une politique économique structurée, la centrale syndicale unique se comporte comme l’ancien parti unique.

Dans son collimateur, les médias de la part desquels, elle n’accepte plus aucune critique. Désormais pour l’UGTT, critiquer équivaut à insulter, opposer une logique économique à ses thèses socialisantes équivaut à attaquer le syndicat et le syndicalisme, critiquer un droit de grève qui met en péril le droit du citoyen à un service public, continu et de qualité, équivaut à remettre en cause un droit constitutionnel sans aucune limite. S’y hasarder, c’est s’attirer les foudres de ses services de communication.

Ce sont alors des pressions sur l’employeur du journaliste, et c’est aussi le boycott du média «déviant». Les exemples, comme pour certains journalistes de la radio publique, sont nombreux. Résister aux pressions, cela s’appelle chez l’UGTT, «s’acharner à insulter l’UGTT» de leur point de vue.

Les réseaux sociaux échappant à tout contrôle et les membres du syndicat unique se considérant au-dessus des lois, ce sont alors insultes et menaces. Dans cet instantané du compte fb du porte-parole de l’UGTT, ce dernier traite un journaliste de la radio de «mercenaire» et demande qu’on l’arrête de «insulter l’UGTT», dans un déni pur et simple de la liberté d’expression et la liberté d’opinion. Réagissant aux insultes de son compère, un ancien SG adjoint de la même UGTT, menace carrément d’aller «infliger une correction» au journaliste en question, pour crime de lèse-majesté.

Venant du porte-parole, ces insultes engagent ainsi toute l’UGTT qui se déchaîne ce faisant contre un journaliste de la radio et partant contre les médias et la presse qui ne lui seraient pas acquis ! S’en excusera-t-elle ? Nous ne le croyons pas !

C’est cela désormais aussi, à côté de la défense aveugle des intérêts de l’ouvrier, l’UGTT. Oser la critiquer, c’est aussi désormais prendre le risque de se faire, impunément, insulter. Le risque de voir votre employeur, ou toute autre organisation professionnelle, prendre votre défense, est nul. Ils auront trop peur, au moins, de voir se fomenter une grève chez eux et même de se voir éjecter. La centrale syndicale a le bras long. Gouvernement et patronat «composent» avec l’ogre. Et s’ils n’ont pas peur, ils ménagent au moins le puissant syndicat unique. Mais n’est-ce pas cela le quotidien de tout journaliste ? Il se doit toujours d’avoir présent dans la tête cet adage du train qui passe !

 

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L’éditeur «Targa Consult», vient de publier les performances des banques tunisiennes au 31 décembre 2016. Dans ce tableau, fort édifiant, l’éditeur met en relief le classement des plus importantes banques de la place de Tunis, en matière de PNB (Produit Net Bancaire), d’encours des dépôts ou l’argent déposé par les clients dans les caisses de la banque marocaine de droit tunisien et qui constitue (l’argent) le principal outil de l’établissement, dont l’objet est justement la vente de l’argent. Le tableau établit aussi le classement de chaque banque, en matière de crédit et qui constitue l’argent donné en crédit par la banque pour financer l’économie.

Il est important, d’abord, de constater que c’est la banque privée Biat (Banque Internationale Arabe de Tunisie) qui a enregistré le plus grand PNB de 2016, avec 590 MDT contre 531 MDT en 2015, et donc une évolution de 11 %. C’est aussi la Biat qui a pu engranger le plus important encours de dépôts avec 9,078 Milliards DT à fin 2016, en hausse de 12 % par rapport à 2015. C’est encore cette banque, la Biat, qui a signé le plus important encours de crédit, par l’injection de 7,679 Milliards DT dans l’économie tunisienne en 2016, avec une hausse de 17 % par rapport à 2015.

Juste derrière cette banque privée, celle des frères Mabrouk comme certains l’en accuseraient, c’est la BNA publique (Banque Nationale Agricole) qui se classe 2ème dans les trois ratios et cela, malgré les affres du plan de recapitalisation et de redressement, entamé par le nouveau DG, Habib Ben Haj Gouider. La BNA a ainsi terminé l’exercice 2016 par un PNB de 373 MDT, en hausse de 7 % par rapport aux 348 MDT de 2015, encaissé 6,232 Milliards DT de dépôts, mais donné plus de 7 Milliards DT en financements divers de l’économie. Suivent, dans ce ratio qui donne toute sa valeur à la nomination de banque nationale, la Banque de l’Habitat avec 5,3 Milliards DT, l’Amen Bank avec presque 6 Milliards DT et la STB avec plus de 5,3 Milliards DT d’encours de crédit ou de financement de l’économie tunisienne en 2016.

⦁    Le cas Attijari, 3ème en PNB et 6ème à financer l’économie tunisienne

Un cas attire l’attention dans ce classement. C’est celui d’Attijari Bank qui «se fâche» lorsqu’on dit qu’elle est marocaine en faisant noter qu’elle est de droit tunisien. Cette banque a en effet terminé l’exercice 2016 avec le 3ème meilleur PNB de la place, en hausse même de 15 % et où la 1ère marge sur commission de la place, devant Biat et BNA, des marges en hausse de 28,9 %. Elle est aussi 3ème en matière de dépôts, avec 4,871 Milliards DT engrangés. Des dépôts, certes comme le reste du secteur bancaire, non rémunérés mais objets à commission.

C’est pourtant à la 6ème place qu’on retrouve cette banque, loin derrière les principales banques nationale, lorsqu’il s’agit de financer l’économie tunisienne par les crédits. Son apport à l’économie tunisienne ne faiblit pas, mais reste presque minimal. Elle n’aurait injecté (Ndlr : Sauf autre erreur de Targa qui a effectivement inversé les chiffres de l’encours du crédit) que 4,48 Milliards DT en 2016 dans l’économie du pays où elle exerce. Une année auparavant, en 2015, ce n’était que 3,8 Milliards DT. Il y a certes une hausse de 17 %, mais cette grande banque, internationale et locale il faut le dire, reste quand même au 6ème rang des banques qui financent le plus l’économie tunisienne, avec un encours de crédit, loin, très loin de celui de la Biat (7,6 Milliards DT) ou même de la BNA (7,2 Milliards DT), de la BH (6,2 Milliards DT) ou de la STB (5,5 Milliards DT), toutes banques publiques qui subissent toujours les effets d’une sévère recapitalisation. Un classement donc, celui d’Attijari, qui ne traduit pas ses résultats réelles performances, tant en matière de PNB que de résultat net. Des résultats qui devraient la pousser à participer plus dans l’économie du pays dont elle tire ses ressources.

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La Tunisie est parvenue à s’assurer 850 millions d’euros sur le marché financier international sans l’aide du Fonds monétaire international ni de la Banque mondiale, a-t-il été annoncé ce vendredi à Tunis.

Assorti d’un taux d’intérêt de 5,625, ce crédit remboursable sur 7 ans a vu la participation des plus grands bailleurs de fonds à Londres, marquant ainsi le retours de la confiance du marché international.

Il est à noter que cette levée de fonds intervient à la suite d’un roadshow mené dans le cadre d’une sortie sur le marché pour 2 milliards d’euros à l’effet de combler le déficit budfétaire.

 

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Le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, a annoncé lors de sa visite à Rome que les frontières tuniso-libyennes seront totalement sécurisées à partir du mois de juillet prochain. D’après les données publiées sur le site tunisie-telegraph, le président de la République a, dans ce contexte, affirmé que la Tunisie et la Libye ont un destin commun. Et de préciser que l’Etat est absent en Libye, donc le devoir de la Tunisie est d’aider le peuple libyen afin de construire un Etat à travers la participation de toutes les parties, sans recourir à une intervention étrangère. Il a ajouté que malgré l’amélioration de la sécurité des frontières tuniso-libyennes, la prolifération du terrorisme et du trafic d’armes est toujours possible.

Le chaos qui règne en Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi pèse très lourd sur la sécurité de la Tunisie. Ce pays est devenu un foyer terroriste qui menace la sécurité de la Tunisie. Des chiffres officiels relèvent que près de 1000 Tunisiens combattent dans les rangs de l’organisation terroriste Daesh en Libye. Ces terroristes représentent une menace pour la sécurité nationale.

De plus, au niveau économique, depuis la révolution et la guerre en Libye, le trafic des contrebandiers s’est intensifié et s’est réorganisé dans les différentes régions du pays. Une étude de la Banque mondiale sur le commerce frontalier a révélé que la Tunisie enregistre chaque année 1.2 Milliard de dinars de pertes dont 500 millions de dinars en droits de douane. Le rapport du « Think Tank » Joussour a pour sa part établi que la contrebande et les importations parallèles représenteraient 2.5% du PIB et 15% à 20% du flux interne des marchandises.

Ce rapport sur le commerce transfrontalier aux frontières terrestres tunisiennes estime que ce business représente plus de la moitié du commerce officiel avec la Libye. 3500 camions et 600 véhicules particuliers passeraient les frontières tous les jours.

On rappelle que le gouvernement a annoncé la fin de la construction d’un système d’obstacles à sa frontière avec la Libye. Ce mur de séparation s’étend sur près de 200 km. Il est  constitué de monticules de sable et de tranchées d’eau, de plusieurs mètres, hauteur et largeur. Ce dispositif est également équipé de matériel électronique sophistiqué.

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Fin janvier 2017, l’omnipotente unique centrale syndicale ouvrière officielle tenait son 23ème congrès. Des assises qui ont surtout vu le «syndicaliste pur jus» Noureddine Taboubi, comme l’appelait un journal français, prendre les commandes d’une organisation qui a dépassé, depuis 2011, son simple rôle syndical de défense des intérêts des travailleurs, vers celui d’une vraie force politique et même de gouvernement. Le nouveau SG issu de ce nouveau congrès, s’inscrit manifestement dans la continuité de son prédécesseur Houcine Abbassi. Taboubi maintient ainsi par exemple, la demande de départ du ministre de l’Education, prend position dans l’affaire des nominations des Délégués et ne semble pas vouloir mettre fin à l’escalade sociale en maintenant diverses grèves.

Mais le dernier congrès de l’UGTT, c’était aussi l’occasion de présenter certaines informations, inédites pour une organisation où l’information et la transparence financières n’ont jamais été de mise, par rapport à l’extérieur et notamment pour les médias. Des informations et des chiffres, notamment contenus dans son rapport financier pour les exercices, de 2012 à 2016. Un rapport dont Africanmanager, un des très rares journaux à ne pas avoir été invités à la couverture du congrès, a pu obtenir copie.

 –          La grande centrale syndicale n’a que 500 mille adhérents

Première découverte, dans cet important document qui n’a été distribué qu’aux congressistes, le nombre des adhérents de la plus importante des centrales syndicales de Tunisie, l’organisation généralement dite puissante et qui est la seule à être acceptée par le gouvernement, «dépasse les 500 mille à la fin de l’année 2016», dit le document sans autre précision sur ce chiffre.

Un nombre de syndiqués qui détonne, d’abord par rapport au nombre total d’employés en Tunisie qui sont estimés à 630 mille fonctionnaires (Chiffre de 2015, selon une déclaration du SG du gouvernement Ahmed Zarrouk à l’ARP) et 996.988 salariés du secteur formel ou secteur privé (Source : RNE-INS 2015). Loin de nous alors, toute idée ou velléité de remettre en cause sa représentativité ou son poids social et de partenaire socio-économique. La question, pourtant, ne s’en pose pas moins.

Ce sont aussi, selon son propre rapport financier, ces adhésions qui constituent les principales ressources de l’UGTT et lui donne toute sa légitimité de seul partenaire social et économique du gouvernement avec lequel elle est le seul à discuter, augmentations salariales dans les deux secteurs, public et privé, et même les orientations économiques de tout le pays.

 –          Presque 13 MDT de la fonction publique et 1,7 MDT seulement du secteur privé !   

Au cours des cinq dernières années, ces adhésions (Prélèvements sur les salaires des cotisations des fonctionnaires reversés par l’Etat et cotisations directes des employés du secteur privé), ont rapporté à l’UGTT plus de 59,539 MDT, avec un pic de 12,9 MDT en 2014 et malgré le léger repli, à un peu plus de 9,5 MDT pour les exercices allant de 2012 à 2016. Il est aussi évident à la lecture de ces chiffres, que l’UGTT trouve adhésion, plus facilement auprès des fonctionnaires qu’auprès du secteur privé.

Des sommes assez conséquentes pour une organisation qui compte un peu plus de 500 mille adhérents. Un petit calcul donnerait une cotisation moyenne de 25,8 DT par adhérent, malgré la hausse de 1 DT par adhérent du secteur public et 0,250 DT pour le secteur privé, décidée en décembre 2015 par la centrale syndicale.

Des sommes, mêmes s’ils ne constituent pas la totalité de ses ressources (objet de notre prochain article, si tout va bien !), en font certainement l’organisation nationale qui dispose des moyens financiers les plus importants en Tunisie, si l’on considère que tout le budget de son alter ego l’Utica (Centrale patronale tunisienne) ne dépasserait pas les 7 ou 8 MDT.  Des sommes qui, selon le propre document de l’UGTT, représentent 56 % de l’ensemble de ses ressources et couvrent 55 % de ses dépenses.

 –          L’UGTT, c’est aussi un employeur qui ne recrute pas

 La 1ère centrale syndicale ouvrière tunisienne est aussi un employeur. Son dernier rapport financier présenté à ses congressistes, en janvier dernier, évoque la masse salariale de ses 451 agents et employés et fait état surtout d’une politique de restrictions en matière d’emploi, ce qui pourrait sembler incohérent avec une organisation qui fait de la défense du droit à l’emploi un crédo.

En effet, entre 2012 et 2016, la masse salariale des agents et employés de l’UGTT, n’a pas trop bougé. Elle est passée de 5,122 MDT en 2012, à 5,476 MDT quatre années plus tard. Sur une période de 5 années, cette masse salariale n’a donc augmenté que de 354.411,211 DT, ce qui ne représenterait que 6,9 % de hausse, ce qui est loin de tous les taux discutés avec les secteurs public et privé. L’UGTT, défenseur des droits de tous les employés, serait-elle alors un mauvais employeur ? A moins que nous ayons mal lu ou mal compris ou mal interprété les chiffres issus du propre document de la centrale syndicale ouvrière, c’est ce qu’on pourrait comprendre.

Dans tous les cas, cette phrase tirée du rapport financier est à ce propos plus qu’éloquente et pourrait expliquer autrement ce petit taux d’augmentation de la masse salariale. «Ceci dit, la direction administrative et financière [Ndlr : de l’UGTT] a veillé, depuis le congrès de Tabarka 2011, à geler les recrutements et à bien gérer les situations de retraite, conventionnelle ou anticipée, et ce dans le but de maîtriser le coût élevé des agents et employés de l’Union (Ndlr : UGTT)», pouvait-on lire à la page 23 dudit document. En 5 ans, le nombre d’agents et employés a ainsi baissé de 73 personnes, à raison de 14 personnes par an et ce ne serait ainsi que des départs à la retraite non remplacés par de nouvelles recrues, ces adhérents étant toujours prêts à servir bénévolement leur organisation.

A l’heure où jeunes et moins jeunes tannent toute l’économie du pays à la recherche d’emplois et demandent le recrutement à tout bout de champ, la centrale syndicale ouvrière semblerait ainsi, certes comme devrait l’être le gouvernement, plus préoccupée par ses équilibres financiers que par l’emploi des jeunes, malgré ses importantes ressources !

Pour terminer, nous restons ouverts à toute rectification de ces chiffres où à une autre interprétation de ces chiffres par l’UGTT, soit directement ou par le biais d’un droit de réponse !

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