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  La situation du secteur du textile et habillement

 La situation du secteur du textile et habillement, ses difficultés et ses perspectives de développement, sont les thèmes centraux d’une interview accordée à Africanmanager par Belhassen Gherab, Président de la Fédération nationale du Textile, Fenatex, en marge d’un atelier d’information tenu, récemment pour présenter les réajustements du programme de mise à niveau pour les sociétés du secteur du textile et habillement et les mécanismes de financement proposés aux industriels du secteur. Interview :
Quel est l’état des lieux du secteur du textile et habillement en Tunisie ?
Le secteur du textile et habillement passe actuellement par une période très difficile due à une situation sociale et sécuritaire précaire. Cette situation a laissé nos partenaires étrangers encore méfiants et réticents. Nos partenaires étrangers ont du mal à lancer avec confiance les commandes habituelles. A cela s’ajoute la crise en Europe où se trouvent nos principaux clients.
Ces facteurs ont engendré une  baisse de la demande locale et internationale de la Tunisie. À l’export, cette baisse est estimée entre 7 et 8% suite à la baisse de la consommation et à l’inflation. En effet, la consommation aussi bien sur le marché national qu’international pose un problème pour le secteur du textile qui passe toujours en second lieu après l’alimentation, l’informatique et les loisirs. Le textile est devenu un luxe et arrive même en dernier place. Le secteur a du mal à se positionner par rapport aux besoins des consommateurs.
Comment peut-on expliquer cette baisse ?
Cette baisse est liée à tout de ce qui s’est passé sous  le régime déchu marqué par la disparition de tout le tissu industriel tunisien. Aujourd’hui, on se retrouve avec un pays qui se positionne comme un grand fournisseur de l’Europe mais comme un tout un petit fournisseur sur le marché local. Plus de 80% des marchandises sont importées alors que nous sommes un grand exportateur.
Quelles solutions vous proposez ?
Il faut reconstruire et reprendre ce tissu industriel. Les entreprises qui sont fermées devraient aussi rouvrir leurs portes. On avait entamé déjà des discussions avec le ministre de l’Industrie qui nous a promis de prendre les dispositions nécessaires pour encourager les industriels à réinvestir sur le marché local. Toutefois, même si ces entreprises rouvraient de nouveau, il y aurait un autre problème. C’est que, aujourd’hui, un industriel ne peut pas travailler s’il ne trouve pas un environnement qui lui soit propice. On a le savoir-faire, la main d’œuvre et les équipements, mais plusieurs autres choses nous manquent encore. On ne trouve pas, par exemple, de fabricants de boutons sur le marché local, ce qui nous oblige à en importer. On n’aura plus le droit d’acheter des accessoires, des fournitures tels que le fil, les boutons, les thermocollants et plusieurs autres ingrédients indispensables pour que l’industrie locale tourne. En effet, avec la fermeture de ces entreprises, un bon nombre de commerçants et des petits commerçants sont exposés au même sort.
Il faut que ces gens-là reprennent, mais cela va prendre du temps. C’est dans ce cadre qu’on a proposé de discuter avec les ministres du Commerce et des Finances, et ce  afin de trouver des mécanismes et des moyens pour que ces entreprises locales puissent s’approvisionner auprès du marché local.
L’élargissement des partenaires de la Tunisie pour ce secteur est-elle une nécessité ou un choix ?
Vu la crise en Europe, la Tunisie est appelée aujourd’hui à élargir ses marchés et diversifier ses partenaires sur plusieurs marchés comme l’Europe du Nord et les Etats-Unis. On a demandé d’ailleurs au gouvernement d’accélérer le processus  de libre échange entre la Tunisie et les Etats Unis. Pour exporter sur le marché américain où les industriels tunisiens devraient payer une taxe, alors que les Turcs et les Marocains en sont totalement exonérés. Si on arrive à avoir ces accords de libre échange, cela va nous permettre de pouvoir exporter sans taxe et gagner un marché important pour la Tunisie. C’est l’une des demandes de la Fenatex auprès des pouvoirs publics.
Texmed, le salon professionnel qui s’organisera du 3 au 5 octobre sera aussi une occasion  pour inviter des pays autres que nos clients habituels.
Comment se positionne la Tunisie par rapport à ses concurrents tels que le Maroc et la Turquie ?
On est mieux avancé par rapport aux marocains. Mais, par rapport à la Turquie, on est surclassé. Les Turcs ont investi beaucoup dans les matières premières. Le marché turc est très ouvert. Il s’agit d’un marché très développé en matières premières, tissu et finissage. Quant à la Tunisie, le marché n’a pas pu su bien faire d’où un handicap qui s’appelle approvisionnement en matières premières. Actuellement, la Fédération du textile est en train de réfléchir sur un plan pour relancer cette activité qui devrait démarrer par le finissage, et le tissage et avoir les matières premières nécessaires au développement de l’industrie du textile et habillement.
Il n’empêche que le textile est un secteur très développé. On a 2000 entreprises en Tunisie offrant environ 200 000 emplois.  C’est le secteur le plus important en Tunisie. Ce qu’on peut faire aujourd’hui c’est préparer un terrain favorable pour que ces entreprises se développent davantage. Il manque aujourd’hui des stylistes de qualité et une formation de stylisme de qualité, permettant aux entreprises d’être innovantes et créatrices pour pouvoir vendre à l’export un produit fini. C’est un facteur capital pour le développement du textile.
Quels sont les facteurs de compétitivité du textile-habillement tunisien ?
On vient d’élire un bureau exécutif formé par une équipe jeune qui va participer au développement du secteur. Nous sommes en train de travailler avec le gouvernement et les différentes directions générales et les administrations en Tunisie pour essayer de comprendre et d’analyser la situation actuelle et présenter, par conséquent, des projets. D’ailleurs, suite à une réunion avec le ministre de l’Industrie, nous avons décidé de mettre en place une cellule de relance en collaboration avec le Cepex er le Cettex. On  va travailler sur l’analyse de la situation du textile et proposer aux différents acteurs du gouvernement de propositions concrètes à court et à moyen termes.
Les défis auxquels la Tunisie devrait faire face ?
Le défi majeur de la Tunisie est de passer de la sous-traitance au produit fini. Les temps sont venus pour que les entreprises se remettent en question surtout dans le domaine de la confection.
Il faut collaborer peut- être avec des Turcs ou des Européens qui sont demandeurs pour créer des structures et des industries pour approvisionner en matières premières les confectionneurs en Tunisie. La sous-traitance n’est plus d’actualité. Il faut que nos industriels dans la confection mettent en place les organisations et les structures nécessaires pour pouvoir passer au produit fini. Ainsi, il faut améliorer l’activité du stylisme et de modélisme à travers la mise à contribution des compétences qui s’y accordent. C’est dans ce cadre que la Fédération a partie liée avec le ministère de la Formation professionnelle pour pouvoir mobiliser les outils nécessaires à la formation de jeunes diplômés et les doter d’un formation savoir-faire à même de leur permettre d’ être prêts à relever  ce genre de défis.
Khadija Taboubi

 

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