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UGTT, Caïed Essebssi, Tunisie

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Revoici donc la Tunisie au point de départ. Manifestations pseudo-pacifiques qui débordent,   saccages et destructions qui enflamment presque tout le pays et le couvre-feu qui enveloppe de nouveau la capitale avec sa cohorte d’insécurité et d’instabilité, économique, sociale et politique. 

 Peu de réactions ont été enregistrées suite  aux déclarations de Farhat Rajhi, livrées sans autre forme de preuve que le climat de suspicion entre le peuple et le gouvernement qui se disputent le pouvoir. Sur les 60 partis politiques ou plus, moins d’une dizaine ont  publié des communiqués  dénonçant ces déclarations lance-flammes. On a même entendu le SG de l’UGTT renvoyer tout le monde dos à dos et demander au gouvernement de s’expliquer. La confiance règne entre partenaires sociaux, économiques et politiques. Ennahdha aussi, n’était pas non plus dans l’indignation, et ceux qui l’ont fait n’ont en aucune façon fait montre d’un quelconque soutien à l’actuel gouvernement.

Une lutte au pouvoir entre «Peuple» et gouvernement.

Un gouvernement que tous attendent au tournant comme l’ennemi juré numéro 1, lui rappelant sans cesse son caractère transitoire, lui demandant toujours la lune et ne lui laissant jamais l’occasion de dresser au moins l’échelle qui lui permettrait d’aller la lui chercher, lui demandant la sécurité et lui interdisant, au nom de la liberté, de réprimer ceux qui mettent en danger  sécurité et liberté, lui demandant l’emploi et sapant tous ses efforts pour redresser l’économie et rassurer  les investisseurs créateurs d’emplois.

Presque personne n’a cru Rajhi, mais presque personne non plus ne veut croire le gouvernement. L’ancien ministre de l’Intérieur et ancien président du comité des droits de l’homme s’est désavoué avec des excuses qui n’auront eu que le seul effet de son suicide politique, mais la suspicion demeure. Le dernier sondage de Sigma Conseil le confirme. Les deux, un peuple qui a phagocyté le gouvernement dans le Haut comité de réalisation des objectifs de la Révolution et un gouvernement qui s’embourbe, figé par sa peur de la rue, se regardent en chiens de faïence dans un bras de fer pour l’exercice du pouvoir, qui dure et durera encore, selon toute vraisemblance, au-delà de l’échéance du 24 juillet. Le gouvernement, qui n’a manifestement pas encore gagné la bataille de l’autorité de l’Etat, s’entendait, ce dimanche, sur une des radios privées, clamer «l’autorité du peuple » par l’un des avocats de la place. Il avait auparavant,, laissé constituer des comités, nationaux, régionaux et locaux, de préservation de la Révolution. Quelqu’un disait : La Révolution n’enlève pas les privilèges, elle en change seulement les bénéficiaires.

La vitesse avec laquelle s’était organisée la riposte aux déclarations de Rajhi, l’absence d’une quelconque réaction des partis politiques en place contre le gouvernement en place et contre l’armée qui est la principale accusée, la physionomie des manifestants qui sont descendus dans les rues [des jeunes de moins de 20 ans, des écoliers troquant les cahiers dans leurs sacs à dos pour des pierres, et des «baltajya » selon plus d’un témoins] ainsi que la nature des slogans demandant uniquement le départ de l’actuel gouvernement,  amènent à se poser des questions sur le timing des déclarations de Rajhi alors que plus d’un parti politique cherchait l’alibi pour retarder l’échéance du 24 juillet, sur son choix d’un média comme Facebook, complètement incontrôlable et manipulé par des personnes qui n’ont aucun lien avec la presse libre mais responsable crédible et non librement diffamatoire, sur le choix et l’obédience de la personne qui accompagnait la jeune fille «journaliste » licenciée par la suite, sur le choix de la thématique des Sahéliens alors que les négociations faisaient encore rage sur l’article 15 qui visait justement l’exclusion de tout le fief des proches de l’ancien président et des restes du PSD (Parti Socialiste Destourien) qu’était le RCD.
 A analyser tout cela, Rajhi aura finalement réussi son coup et ses déclarations ont fait mouche et atteint leur objectif. La théorie du complot et celle qui fait le plus peur aux gouvernants comme aux gouvernés et celle qui a le plus de chance de faire bouger la rue tunisienne qui n’a pas encore fait le deuil de l’ancien régime dont elle voit, à la manière d’un paranoïaque, des ramifications partout.

A qui profite le « crime de non assistance à un Etat en danger » ?

Retour ainsi à la case départ. De nouveau, le peuple n’a plus confiance en personne. Les premiers à refaire grève lundi seront  les éboueurs de Tunis. De là à imaginer un autre sit-in à la Kasbah, il n’y a qu’un pas que certains imaginent déjà devoir franchir .A nouveau, l’économie sera mise en veilleuse, mettant ainsi en danger les prémices de reprise. A nouveau, le gouvernement sera paralysé et ne pourra rien faire pour les  chômeurs.

Même avec ses méthodes à la Coué, Béji Caïed Essebssi aura quand même réussi à stabiliser un tant soit peu la Tunisie d’après Ben Ali. Des signes de reprise économique ont commencé à pointer du nez dans ce qui ressemble à une stagnation. Les donateurs se bousculent désormais au portillon et même les projets mirages des pays du Golfe recommencent à faire parler d’eux. Les prix ont pu être maintenus, malgré les flambées internationales de toutes parts et sur tous les prix. Les exportations ont réussi à reprendre le chemin de la hausse et la bourse ne s’effondre pas encore.

Que cherchent tous ceux qui manifestent et tous ceux qui manipulent ceux qui manifestent ? Que cherchent tous ces partis qui fourbissent leurs armes pour s’emparer du pouvoir dans la Tunisie de l’après Ben Ali ? Pourquoi n’entend-on  aucun, ou presque, de ces partis en place appeler au calme et retenir leurs troupes, pour s’assurer de trouver une Tunisie saine et sereine, lorsqu’ils en prendront les rênes ?

 Pourquoi laissent-ils, tous, le soldat Caïed Essebssi aller seul aux charbons ? Pourquoi Ennahdha, le Poct, le PDP et tous les autres dont on ne retiendra jamais les noms, ne veulent-ils pas sauver un gouvernement qu’ils ont pourtant tous choisi ? A qui profitera le crime, celui du refus d’assistance à un Etat en danger !
Khaled Boumiza

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