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UGTT, crise, économique, politique, Tunisie

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Deux questions se posent maintenant dans cette Tunisie de la crise économique et politique de l’après révolution contre le régime de Ben Ali.
D’abord, où en est l’économie tunisienne ? Exception faite du nouveau gouverneur de la BCT dont l’intervention était circonscrite à l’affaire de l’or et aux mauvaises notations souveraines, personne parmi les officiels, ni le ministre du Commerce, ni le ministre du Développement économique, ni le ministre des Finances, n’est sorti en public pour dire aux Tunisiens comment va leur économie. On ne sait rien non plus de l’évolution de la situation de l’emploi où TOUS semblent avoir oublié que la Révolution avait commencé chez les chômeurs.

En face, c’est toute la classe politique, opposition reconnue et non reconnue, nouveaux ministres de l’ancienne opposition et surtout syndicat ouvrier, hommes d’affaires saqués par l’ancien régime et dirigeants d’entreprises briguant désormais des responsabilités dont ils veulent tomber les têtes des anciens dirigeants sur la foi de publications sur face book ou racontant chacun ses propres déboires avec l’ancien régime, qui prennent les devants, montent aux pupitres, avec des propos, certes à connotation économique, mais qui ne dépassent pas les contingences et les propos faussement rassurants. Il est un fait que la Tunisie de l’après Ben Ali ne dispose encore d’aucun tableau de bord de l’état de l’économie tunisienne, chiffré, correctement évalué, mis en perspective et avec des solutions pratiques et immédiatement applicables, soit pour panser les blessures de cette économie, soit pour la booster pour plus de croissance.
Force est de constater amèrement que toute la Tunisie de l’après Ben Ali ne sait plus parler que politique, ne veut plus penser que politique et aimerait croire que tous les problèmes de l’ancien système de Ben Ali seront résolus par la politique. Même Ahmed Nejib Chebbi, prétendant à l’investiture suprême en Tunisie, s’est vu son discours, lors de son dernier passage au JT de la Nationale, colorié de populisme et n’a su ou voulu dresser  aucun état des lieux économiques,  encore moins dessiner une quelconque perspective pour cette économie.
La seconde question qui se pose maintenant avec acuité, c’est de savoir que veut l’UGTT (syndicat unique) ?

Seul survivant des deux anciens régimes oligarchiques de Bourguiba et de Ben Ali, l’Union Générale des Travailleurs de Tunisie monte elle aussi au créneau et se transforme sans le dire en un Parti politique (une première mondiale dans les annales des syndicats ouvriers), demande à être représentée dans l’exécutif et se rebiffe même lorsqu’on ne lui accorde pas de ministère de souveraineté.
Les membres de sa direction, presque tous (tout comme les Secrétaires permanents du RCD qui émargent du budget de l’Etat d’ailleurs) payés sur les budgets des entreprises et des structures publiques, semblent eux aussi se soucier peu de la situation économique du pays. Personne, SG de l’UGTT compris, depuis sa fameuse déclaration au journal Assabah, n’a parlé des entreprises incendiées, des pertes du tissu industriel et commercial et de ce que tout cela a engendré en pertes d’emplois. On n’a pas non plus entendu le Comité administratif de l’UGTT qui évoquait, jusqu’au 4 janvier, un « mouvement spontané » en parlant de la Révolte, qu’il se réunit pour passer en revue cette situation économique qui risque pourtant de se traduire en cessation de paiement de salaires pour les employés, adhérents de l’UGTT, ni appeler à plus de travail et de rentabilité pour soutenir la production nationale et l’exportation.

Force est cependant de constater que le syndicat unique ouvrier s’est plutôt illustré par des appels à la délation et à la constitution de dossiers d’accusation contre les PDG et les dirigeants. Il s’est aussi illustré par ses appels à la grève (celle du transport et de l’éducation notamment) et donc à l’arrêt du travail, privilégiant les revendications salariales et sociales totalitaires et immédiates, mettant une pression monstre sur un gouvernement déjà en proie à la pression de la rue et qui finit, sinon par tout donner, du moins par laisser faire.
C’est ainsi, dans cette Tunisie d’exactement 10 jours après la chute du régime de Ben Ali, qu’il apparaît clairement que l’unité nationale autour des acquis de 50 ans d’indépendance et de 23 ans de lutte contre l’hégémonie du clan Trabelsi-Ben Ali, a volé en éclats. C’est pourtant la réussite économique qui a permis à cette Tunisie de résister, de s’illustrer et de se révolter.

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