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Utica, commerce parallèle, tunisie

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Se sont deux communiqués, coup sur coup, que diffuse la centrale syndicale patronale en moins d’une semaine. Le premier relatif aux chèques sans provision et l’autre au marché parallèle. Dans les deux, l’Utica (Union tunisienne de l’industrie du commerce et de l’artisanat) hausse le ton et prend franchement position. Une attitude, nouvelle pour un corps social qui s’était jusque-là, plutôt aligné sur les positions officielles.

La centrale patronale tunisienne, Utica, dénonce ainsi, dans un premier communiqué dont nous avons reçu copie la semaine dernière, la dépénalisation  des chèques sans provisions et «considère que cette dépénalisation fait perdre au chèque sa valeur et son importance en tant que moyen de paiement».

Mécontente alors que les banques restent muettes, l’organisation patronale indique que «consciente des enjeux  socio-économiques qui ont amené le Gouvernement Provisoire à prendre la décision d’une amnistie  sur les chèques sans provisions, ainsi que les bonnes intentions telles que stipulées dans l’exposé des motifs du décret-loi (impulser l’activité économique et offrir l’opportunité de régulariser certaines situations économiques et sociales…), l’Utica considère que l’Etat a le droit d’amnistier ses créances, mais ne devrait en aucun cas pardonner sur ce qui revient à autrui, et demande la révision de ce texte».

L’Utica propose, dans ce même cadre, de «donner un sursis de 3 à 6 mois aux émetteurs des chèques sans provisions pour régulariser leurs situations vis-à-vis des bénéficiaires » et «appelle le Gouvernement provisoire à une concertation sur les sujets économiques et sociaux, et ce dans l’intérêt général de notre pays».
Autant que nous puissions le savoir, il s’agit d’amnistie portant sur l’infraction en matière de chèques et pour des affaires  dont les jugements ont été rendus avant le 15 janvier 2011 et non de dépénalisation pure et simple du chèque sans provision. L’Utica a peut-être des informations sur des projets dans ce sens, qui ne sont pas encore rendues publiques.

Elle veut l’anéantissement total, sans plus ni moins, du commerce parallèle.

Le second communiqué qui nous est parvenu, ce dimanche, est relatif à une problématique, plus endémique, celle du marché parallèle que l’administration refuse d’appeler sous ce vocable  et lui préfère la dénomination, plus soft, de marché non réglementé.

Après avoir été un temps confiné dans certaines zones, loin des commerces réguliers et payant taxes et impôts, le phénomène du commerce parallèle a explosé atout de suite après le 14 janvier 2011, envahissant rues et ruelles de toutes les grandes villes du pays. Le phénomène était boosté par les centaines de containers, importés au nom des anciennes familles Trabelsi et Ben li et libérés par la douane tunisienne au nom du décongestionnement  des ports de Radès, Sousse et ailleurs. Petits vendeurs à la sauvette, criant à qui veut bien les entendre une supposée misère et un supposé non-emploi, s’installent plus nombreux au détriment du commerce organisé, avec ses effets néfastes directs et indirects sur l’économie nationale, effet pour lequel les ministres de l’Intérieur qui a d’autres chats à fouetter et le ministre du Commerce courant plus les foires touristiques que les souks de la ville, restent insensibles.

«L’UTICA appelle les autorités compétentes à l’anéantissement total de ce phénomène,  à une application stricte de la réglementation et un contrôle rigoureux au niveau des frontières et même au niveau des étalages ». Elle «tire la sonnette d’alarme quant à l’impact négatif de ce phénomène sur l’industrie locale, les investissements et la création d’emplois, ainsi qu’au risque réel qu’il présente pour la sécurité des citoyens et du pays en général de ce phénomène qui représente une concurrence déloyale vis-à-vis du commerce organisé, et véhicule des produits de contrefaçon qui constituent une véritable menace pour la santé et la sécurité du consommateur». Elle s’engage même à «proposer des solutions, assister et encourager les opérateurs dans ce secteur à s’intégrer progressivement dans le circuit officiel et organisé».

Des appels, vraisemblablement dans le désert, les décisions étant prises et les intentions de faire mieux, surtout pour le commerce parallèle, n’existant nullement chez un gouvernement qui a encore peur de la rue et de la Révolution pour prendre une quelconque décision antisociale !

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