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Vote de confiance

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« Nous devons dire la vérité au peuple et je suis là pour le faire ». Tout cela avec le verbe haut, un ton ferme et tonique. Le discours du quadra qui était venu, ce vendredi 26 août, solliciter le vote de confiance des parlementaires était plein d’emphase, bourré d’énergie. Une allocution dans laquelle transparait la force de la jeunesse – il n’a que 40 ans, le plus jeune chef de gouvernement de l’histoire la Tunisie -, une donne qui lui sera sans doute d’un précieux secours pour extirper la Tunisie de ses nombreuses difficultés. Comme on pouvait s’y attendre, et comme on l’avait prédit ici même hier, Chahed n’a pas lésiné sur les moyens pour secouer la représentation nationale, et à travers eux tous les citoyens, qui ont parfois tendance à perdre de vue les problèmes économiques et financiers aigus du pays.

Celui qui aspire à être le septième chef de gouvernement depuis le départ de Ben Ali – en 2011 -, a commencé par démolir en règle le maigre bilan économique de ses six prédécesseurs. Une Croissance molle (à peine 1,5 % cette année) ; une dette publique qui a explosé, jusqu’à doubler en cinq ans ; une masse salariale dans la fonction publique qui dévore 13,4 milliards de dinars du budget de l’État ; à peu près 112 000 recrutements dans le public depuis 2011 (plus de 600 000 fonctionnaires), des caisses sociales dont les indicateurs ont viré au rouge ; une production du phosphate, grand pourvoyeurs de devises étrangères, qui ne tourne qu’à 60 % de ses capacités…

Il a également décoché des flèches en direction de la société civile, qui a sa part de responsabilité dans le naufrage du pays. Il a dénoncé les comportements irresponsables qui ont fait des routes un cimetière et de la Tunisie une énorme décharge à ciel ouvert. « La liberté, ce n’est pas griller le feu rouge ou jeter des saletés dans la rue », a-t-il lâché. Il a aussi asséné qu’on ne doit pas avoir de la liberté une conception galvaudée qui sera interprétée par, par exemple, le fait de ne pas « payer ses factures d’électricité ou d’eau ». Le discours de Chahed, notamment son argument massue sur une politique d’austérité qui mettrait sur les carreaux des milliers de fonctionnaires, a tellement fait sensation que ça lui a valu une standing ovation de la part des députés. Il est vrai que dans un pays où l’écrasante majorité des jeunes aspirent à être un clou planté sur un mur (un fonctionnaire), ce genre de propos ne peut que faire mouche. Mais en l’occurrence une standing ovation dans ces lieux – au Parlement – ne peut avoir valeur de test, et encore moins de chèque en blanc pour Chahed. Son prédécesseur, Habib Essid, avait soulevé le même enthousiasme. On sait le sort qui lui a été réservé. Pour le nouveau chef du gouvernement, l’essentiel est ailleurs.

Quid de la thérapie de choc ?

Chahed a eu la majorité qu’il voulait, forte, écrasante : 167 voix en faveur de son gouvernement, 22 contre et 5 abstentions. Reste maintenant à dérouler son programme. Et ce ne sera pas une mince affaire au regard des nombreux chantiers qui l’attendent et de la difficulté à remettre les citoyens au travail, écueil sur lequel ses nombreux prédécesseurs depuis la Révolution se sont cassé les dents. Quand Chahed lâche « Nous avons fait une révolution, nous avons rédigé une Constitution, nous avons reçu le prix Nobel de la paix, mais cinq ans après la révolution, notre pays vit une crise qui menace d’étouffer les rêves de la jeunesse qui a perdu espoir », on ne peut lui dire que chiche. Le diagnostic du docteur est sans appel, impeccable, avec ces accents de vérité qui ont fait défaut à Essid pour secouer les citoyens et les entrainer avec lui dans sa dynamique réformatrice. Cela lui a été fatal. Reste maintenant à savoir si Chahed pourra transformer l’essai, après avoir réussi avec brio ses premiers pas d’homme d’Etat… ou d’homme providentiel, devrait-on dire.

Des moyens pour lutter contre le terrorisme, l’endettement, la corruption, de sa thérapie de choc pour guérir le malade, Chahed n’a pas dit grand chose. Ou très peu. Vous me direz que ce n’était pas le but ce vendredi sous la coupole du Bardo, et qu’il y a le discours de politique générale, prochainement, pour ça. En effet le chef du gouvernement avait mis ses combats pour en découdre avec la représentation nationale, la bousculer, notamment ceux qui s’étaient jurés intérieurement de le canarder copieusement après qu’il a refusé, au dernier moment, de revoir la copie de son gouvernement. Chahed était venu recueillir l’adhésion des parlementaires, une adhésion forte pour impulser les réformes douloureuses qui nous pendent au nez. C’est chose faite. Nous attendons de voir ce qu’il va en faire. En attendant, deux choses sont sûres : Il n’a pas une seule seconde à perdre et pas droit à l’erreur, évidemment. Les citoyens, les observateurs et la scène politique seront d’autant plus intraitables avec lui qu’il a mis la barre très haut avec une allocution de haute facture.

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Le député Salem Labyedh, lors de son intervention à la séance plénière consacrée au vote de confiance pour le nouveau gouvernement, ce vendredi 26 août 2016 à l’ARP, s’en est pris aux qualifications de certains ministres. Il a invité le chef du gouvernement désigné à passer à la loupe les curriculums vitae de certains ministres.

Il a déclaré que certains CV ont été gonflés. « Si certains ministres désignés présentent leur candidature à des fonctions subalternes dans l’administration tunisienne, elle refusera leurs dossiers, que dire alors de leur accorder un poste ministériel ! »

Labyedh a par la suite interpelé Samir Taïeb : « Vous n’avez pas pu présenter votre thèse depuis 1989 alors que vous vous êtes engagé à le faire. Et vous êtes resté depuis un enseignant universitaire adjoint ».

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Lors de son intervention à la séance plénière consacrée au vote de confiance pour le gouvernement de Youssef Chahed, ce vendredi, Ali Bennour, député d’Afek Tounes, a déclaré que l’allocution du chef du gouvernement n’est pas du tout rassurante. Il a ajouté que ce discours fait penser à une situation de guerre.

Sur un autre volet, Bennour a invité les syndicats ouvriers à prendre en compte les difficultés actuelles du pays et à appuyer les actions des autorités pour les trois prochaines années.

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Le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Ennaceur, a réagi au discours prononcé ce vendredi par Youssef Chahed à l’ARP, dans le cadre de la séance consacrée au vote de confiance pour son gouvernement. Ennaceur a déclaré sur la chaine Al Wataniya 1 que l’allocution de Chahed devant les parlementaires était responsable et sincère.

Il a ajouté que le chef du gouvernement désigné sera tenu de respecter ses engagements après que les députés lui auront accordé leur confiance.

Par ailleurs le président de l’ARP s’en est pris à l’absence de certains élus de la nation aux plénières et aux travaux des commissions. Il a indiqué pour autant que ce fléau ne plombe pas le travail du Parlement et la cadence de l’approbation des projets de lois, qui affiche un taux nettement meilleur en comparaison avec 2015, selon ses dires.

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La séance plénière exceptionnelle de vote de confiance au nouveau gouvernement de Youssef Chahed a démarré ce matin du vendredi 26 août 2016 à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), au Bardo. C’est un autre rendez-vous qui s’ajoute à l’histoire de la Tunisie et au cours duquel le nouveau cabinet devrait obtenir l’approbation de la majorité absolue des membres de l’ARP, au moins 109 voix. Un chiffre qui semble être à la portée, au vu du grand nombre de députés qui se sont levés pour applaudir les mots prononcés par Youssef Chahed à l’ouverture de cette séance. Un discours lequel, bien qu’il n’ait comporté aucune action précise, a été très bien reçu par les députés, comme si Chahed est le premier à raconter cette histoire-là sur la situation catastrophique de l’économie nationale. Les députés ne nous ont pas beaucoup surpris, on est habitué à ces réactions enflammées. Rappelons-nous la séance de vote de confiance au gouvernement de Habib Essid, actuellement chargé de la gestion des affaires courantes. Lors de la séance plénière tenue le 30 juillet dernier au Bardo, les députés de l’ARP avaient réservé le même traitement à Essid. Ils avaient également fortement applaudit le discours d’Essid, avant de lui retirer la confiance quelques heures après.

Mais revenons au discours de Youssef Chahed ce matin. Il a présenté un tableau sombre de l’économie tunisienne, partant du déficit budgétaire et du trou des caisses sociales, de l’endettement, jusqu’à l’austérité et les licenciements massifs de fonctionnaires qui nous pendent au nez. Lors de son discours, le chef du gouvernement désigné a déclaré que toutes les équipes qui se sont succédé depuis la Révolution ont échoué dans la résolution d’une grande partie des objectifs de la Révolution, dont principalement le chômage des jeunes et les disparités régionales. Il a estimé que la transition politique en Tunisie s’est achevée avec succès mais les tiraillements politiques l’ont plombée. Il a fait remarquer par ailleurs que la situation de crise qui sévit dans le pays depuis plus de 5 ans s’aggrave de jour en jour appelant à l’unité nationale pour faire sortir la Tunisie de cette situation très difficile, selon ses dires.

Youssef Chahed a sous un autre angle tiré la sonnette d’alarme sur la situation de crise que vit le pays depuis la Révolution, prédisant un déficit budgétaire de 6500 millions de dinars à la fin de l’année 2016, faisant savoir que l’endettement du pays représente actuellement 62% du PIB. L’alerte a été aussi donnée concernant la situation déficitaire des caisses sociales, évalué à 1648 millions de dinars. Et d’expliquer que le déficit de la CNAM s’élève à 1400 MD, d’où la difficulté d’honorer ses engagements auprès des hôpitaux. Et le pire est à venir puisqu’en 2017, Chahed prévoit que la situation des caisses sociales serait encore plus difficile qu’en 2016. Par ailleurs, selon Chahed, pas moins de 112 mille personnes ont été recrutées durant les 5 dernières années dans la fonction publique, ce qui a fait bondir la masse salariale jusqu’à doubler dans cette période, soit 13,4 milliards de dinars contre 6,7 milliards de dinars en 2010.

Il a également agité la menace d’une politique d’austérité en vertu de laquelle le gouvernement serait obligé en 2017 de licencier des milliers de fonctionnaires, d’augmenter les taxes et de suspendre les investissements, notamment pour les infrastructures et le développement.

Youssef Chahed a aussi souligné la possibilité d’une réduction des dépenses allouées à la santé et à la couverture sociale si les choses ne s’améliorent pas en 2016. Et d’ajouter dans le même cadre que l’année 2017 sera encore plus difficile que cette année à tous les niveaux.

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Le chef du gouvernement désigné Youssef Chahed a souligné qu’il est de son devoir de dire au peuple la vérité sur la situation difficile prévalant dans le pays depuis les cinq dernières années, marquées par la progression du taux de chômage et la marginalisation continue de plusieurs régions, quartiers populaires et catégories démunies.
Il a indiqué, dans un discours prononcé, vendredi, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) lors d’une séance plénière consacrée au vote de confiance au gouvernement d’union nationale que cette situation a engendré une baisse de confiance du peuple en l’Etat et le désespoir de plusieurs franges de la société, affirmant que tout un chacun est responsable de cette situation, allant de la classe politique, à la société civile, l’administration et la presse.

Chahed a fait remarquer que la Tunisie a réussi la transition politique et démocratique sauf que les tergiversations de la classe politique ont impacté la situation économique et sociale dans le pays, ajoutant que le citoyen ne déploie aucun effort au travail, outre le rechignement des hommes d’affaires à investir, notamment dans les régions intérieures, la prolifération de la corruption et du népotisme ainsi que la crise des valeurs que le pays a connus.
Et de préciser que l’instabilité régionale, le terrorisme et la crise économique que traversent les principaux partenaires économiques ont contribué à aggraver la situation précaire que le pays vit.

Il a également cité la régression de la production de certains secteurs économiques, tels que ceux du phosphate dont la production a baissé de 60%, des hydrocarbures et du tourisme, d’où le faible taux de croissance enregistré au cours des cinq dernières années pour s’établir à 1,5%, assurant qu’un point de croissance permet de créer entre 15 et 20 mille emplois.
Cette baisse de création d’emplois, a-t-il dit, a entraîné le recours au recrutement dans la fonction publique qui a atteint 112 000 nouveaux fonctionnaires compte non tenu des recrutements dans les entreprises publiques, expliquant que la masse salariale qui était de 6,7 milliards de dinars en 2010 est actuellement estimée à 13,4 milliards de dinars.

Les dépenses de l’Etat qui ont dépassé ses recettes ont entraîné un déficit du budget de l’Etat, incitant le gouvernement à l’emprunt massif et par conséquent au fort endettement du pays qui a atteint 56 milliards de dinars en 2016 contre 25 milliards de dinars en 2010, soit 62% du PIB.
Après avoir évoqué le déficit du budget de l’Etat qui est passé de 3600 millions de dinars à 6500 millions de dinars, Chahed a mis l’accent sur le déficit de la balance extérieure des paiements causant une baisse de 25% de la valeur du dinar au cours des cinq dernières années. D’où, a-t-il affirmé, le recours à l’emprunt pour combler le déficit budgétaire, financer les projets et les dépenses de l’Etat en s’adressant notamment au fonds monétaire international (FMI), sachant que l’Etat s’est engagé à une augmentation des salaires au cours de l’année 2017 d’un montant de 1615 millions de dinars et prévoit un taux de croissance n’atteignant dans le meilleurs des cas que 1,6% l’année prochaine.

Cette situation qui s’est aggravée en l’absence d’une fermeté de l’Etat exige de prendre les mesures qui s’imposent, d’adopter une politique d’austérité, de réduire les dépenses de l’Etat et de licencier des milliers de fonctionnaires, a averti Chahed. L’Etat sera, par ailleurs, obligé d’augmenter les impôts tant sur les entreprises que les particuliers et d’arrêter les projets d’infrastructure de base.

L’initiative du président de la République de former un gouvernement d’union nationale s’inscrit dans ce cadre, d’où la nécessité placer l’intérêt national au dessus des différends afin de faire face aux prochaines difficultés, soulignant que la situation exceptionnelle nécessite un programme exceptionnel.

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Le chef du gouvernement désigné, Youssef Chahed, a affirmé dans son discours d’ouverture prononcé ce vendredi 26 août 2016 à l’ARP, lors d’une plénière consacrée au vote de confiance au gouvernent, que pas moins de 112 mille personnes avaient été recrutées durant les 5 dernières années dans la fonction publique. Ce qui a produit une hausse de la masse salariale, qui a doublé à terme, soit 13,4 milliards de dinars contre 6,7 milliards de dinars en 2010.

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La présidence de la République vient de publier sur sa page officielle une photo du chef de l’État, Béji Caied Essebsi, en train de suivre la séance plénière consacrée au vote de confiance au gouvernement de Youssef Chahed, qui se tient actuellement à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) au Bardo.

Il est à rappeler dans ce contexte que le vote de confiance est un vote unique sur l’ensemble des membres du gouvernement et la mission assignée à chaque membre. Pour obtenir la confiance de l’Assemblée, il est nécessaire d’obtenir l’approbation de la majorité absolue des membres (109 voix).

Par ailleurs, selon l’article 89 de la Constitution, dans le cas où le gouvernement obtient la confiance de l’Assemblée, le président de la République procède sans délai à la nomination du chef du gouvernement et de ses membres.

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Tarak Barrak, député du Front populaire, a adressé ces mots au nouveau chef du gouvernement, Youssef Chahed. « Ne crois pas ce qu’on te dit. Ils ont dit tout cela à ton prédécesseur, avant de se retourner contre lui ». C’était ce matin du vendredi 26 août 2016 lors de la séance plénière à l’ARP consacrée au vote de confiance du nouveau gouvernement.

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Le nouveau chef du gouvernement, Youssef Chahed, se prépare à se livrer à un exercice de haute voltige, risqué : Un vote de confiance, dans un Parlement bondé et chauffé à bloc, à n’en pas douter. Ce passage obligé dans les démocraties qui se respectent, ce à quoi aspire la Tunisie, en dépit des ratés que l’on sait, est toujours périlleux. En effet quelles que soient les assurances que peut obtenir à priori le chef du gouvernement, il ne peut avoir de certitude sur la densité de l’appui qui lui sera accordé, à moins de considérer que les députés sont des godillots qui se conforment parfaitement aux consignes des états-majors de leurs partis. Et en parlant de ces derniers, Chahed ne s’est pas mis dans la meilleure des postures en ne tenant pas compte de leurs réserves et propositions in extremis, malgré ses engagements, et en lançant son fameux « rendez-vous vendredi à l’ARP !», en guise de réponse à leurs cris. Un peu maigre pour calmer la colère des partis politiques. Il y en a qui ont rué dans les brancards, renâclé, tempêté après Chahed, et certains élus doivent être en ce moment même en train de fourbir leurs armes pour faire passer un mauvais quart d’heure à Chahed. Le feu roulant des questions et interventions demain vendredi 29 août s’annonce mouvementé. Toutefois malgré la tempête qu’il pourrait essuyer, le chef du gouvernement aura in fine sa majorité pour gouverner. Elle pourrait même être assez confortable, et il y a des raisons objectives à cela.

La première tient à des raisons purement politiques. Ou politiciennes, c’est selon. Quand on dit que le gouvernement Chahed est la dernière cartouche du président de la République, et même de la Tunisie, ce n’est pas une vue de l’esprit, c’est une réalité. Les Tunisiens en ont soupé des agitations incessantes de la scène politique, et aspirent à un peu de calme, à défaut d’avoir des dirigeants éclairés. Au moins ça. C’est ce qui explique que même la destitution de Habib Essid, dans des conditions très troubles que personne n’est en mesure d’expliquer rationnellement, quoiqu’on en dise, n’a pas fait broncher des citoyens désabusés, mises à part quelques déclarations enflammées dans les salons ou les cafés. Les partis politiques, notamment ceux de la coalition à la tête du pays, n’ont plus les moyens de se payer une crise politique en rejetant le gouvernement Chahed, ou même en le fragilisant avec un Oui pas assez massif. Ils feraient exploser le peu de crédit qui leur reste. Ils sont en quelque sorte pieds et poings liés devant les rebuffades de Chahed. Et ça ce dernier, qui est relativement un bleu dans la marre de requins qu’on appelle la scène politique, l’a parfaitement compris et a superbement joué là-dessus avec ce pied de nez dans la dernière ligne droite !

L’autre raison est économique et sociale. Là aussi le pays n’a plus les moyens de prolonger l’instabilité politique, avec 6 gouvernements qui ont défilé en à peine 5 ans, sans que cela n’améliore en rien les indicateurs du pays, au contraire. Difficile d’avoir un cap économique quand on a ce rythme infernal de changements à la tête du pays. C’est une Tunisie presque à genoux financièrement dont Chahed va prendre les rennes demain. D’ailleurs il va à coup sûr exploiter à fond ce filon dans son discours devant les parlementaires pour tenter de ramener à la raison ceux qui ont des envies de pugilat. Les bailleurs de fonds de la Tunisie (FMI, Banque mondiale, Union européenne…), qui portent le pays à bout de bras depuis la Révolution et qui le voient se débattre dans ses affres économiques, ne comprendraient pas que les élus de la nation fassent des croche-pattes au patron de l’exécutif.

Le troisième motif, qui n’est pas le moindre, est d’ordre sécuritaire. Au moment où le péril terroriste guette dans la région, et ailleurs dans le monde, comment expliquer aux amis de la Tunisie que le Parlement sème des obstacles sur le chemin du chef du gouvernement ? Difficilement concevable quand l’urgence est à un retour rapide à la stabilité politique pour bâtir des institutions solides capables de préparer le pays au pire, qui peut toujours arriver.

Chahed a un coup d’avance, mais…

Force est quand même de constater que le timing de Chahed pour signifier une fin de non recevoir aux partis venus faire part de leurs récriminations suite à l’annonce de la composition du gouvernement est parfait. Il a attendu le dernier moment pour fermer la porte aux négociations. Jusqu’à hier mercredi, il a fait croire à ses interlocuteurs qu’il retoucherait son équipe pour tenir compte de leurs désidératas. Et puis patatras, rien. Pas le moindre changement. Ce qui, à quelques jours du vote décisif à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), ne laisse pas le temps aux partis politiques pour se retourner. Un vrai coup de maitre. Pour un novice en politique, il apprend vite le Chahed !

Mais cette aventure est risquée. Si Chahed enregistre des succès dans sa mission, ce qui n’est pas complètement absurde comme hypothèse après tout, ses soutiens ne se gêneront pas pour revendiquer une part des lauriers, en dépit des cris d’orfraie qu’ils ont poussés à l’annonce de la composition de son équipe. Par contre s’il échoue, ce sera le désert autour de lui. Il sera le seul à porter le chapeau, exactement comme ce fut le cas pour Habib Essid. Et là les soutiens d’hier remettraient sur la table leurs réserves, leurs critiques, en les saupoudrant de déclarations du genre « on lui avait bien dit qu’il allait droit vers le mur avec une telle équipe ».

Conclusion de toute cette affaire : Chahed a sacrément intérêt à réussir pour ne pas terminer prématurément sa course au cimetière des politiques remplis de gens qui à un certain moment ont aussi été indispensables, pour paraphraser la célèbre phrase du non moins célèbre homme d’Etat français Georges Clemenceau.

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Vendredi 26 août 2016 sera un grand jour pour Youssef Chahed, le chef du gouvernement fraîchement désigné par le président de la République. Droit dans ses bottes, Youssef Chahed a décidé de garder le gouvernement inchangé. Il semble qu’il ait voulu se soustraire aux tiraillements politiques! Dans une déclaration faite ce mercredi aux médias, Chahed a officiellement annoncé qu’aucune modification ne sera apportée à la composition de son gouvernement, dévoilé samedi dernier à Carthage. Une décision qui pourrait le mettre dans une situation très difficile, notamment durant la séance de vote au gouvernement, surtout face au refus de certains partis politiques de voter en faveur du gouvernement dans sa version actuelle.

La décision de ne pas apporter de modification à la composition actuelle du gouvernement a certainement surpris certains partis politiques, notamment ceux qui avaient rencontré Youssef Chahed et avaient déclaré que ce dernier avait réagi positivement à leurs demandes de changer certains portefeuilles. Mais la surprise est là, les négociations auraient pris fin ce mercredi et le chef du gouvernement désigné aurait quitté le palais de Dhiafa pour rencontrer le président de la République, Béji Caid Essebsi, au palais de Carthage.

Il est à rappeler par ailleurs que certains membres du nouveau cabinet ministériel ont provoqué un déluge de critiques sur les réseaux sociaux et ont soulevé un tollé, un ressentiment sans précédent ; citons le cas de Majdouline Cherni qui vient d’être désignée ministre de la Jeunesse et des Sports, Samir Bettaieb qui a été mis à la tête du ministère de l’Agriculture ou encore Abidi Briki, un ancien porte-parole de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), chargé de piloter le ministère de la Fonction publique, de la Gouvernance et de la Lutte contre la Corruption.

Le courant Al-Mahaba et le parti de l’Unité ont appelé les élus du peuple à “assumer leur responsabilité historique en cette période difficile que traverse le pays”, les exhortant à ne pas accorder leur confiance au gouvernement de Youssef Chahed. Le courant Al-Mahaba a estimé que ce gouvernement de “complaisance” caractérisé par des “calculs partisans étriqués” n’a rien à voir avec la notion d’union nationale. “Il s’agit, également, d’un gouvernement voué à l’échec et incapable de réaliser les objectifs de la révolution”, soutient le parti qui a réitéré son appel à “l’organisation d’élections législatives et présidentielle anticipées afin que le peuple puisse décider de son sort et choisir ses dirigeants par les voies légales et pacifiques”.

Le parti de l’Unité a, de son côté, exhorté les députés à ne pas voter la confiance au gouvernement Chahed, qu’il a qualifié de “gouvernement du Fonds monétaire international”. “La politique de complaisance, de rassemblement de partis et d’organisations et de règlement de comptes entre eux ont été déterminants dans la composition du nouveau gouvernement”, soutient le parti.

Quant à lui, le président de l’UPL, Slim Riahi, a annoncé, lors d’un point de presse mardi à Tunis, que le groupe parlementaire de l’UPL ne votera en faveur du gouvernement Chahed qu’après la modification de la composition actuelle de l’équipe, assurant que l’UPL a émis des réserves concernant certains membres du gouvernement. En l’état actuel des choses, l’UPL censurera donc le gouvernement Chahed…

Il est à rappeler à ce propos qu’une séance plénière exceptionnelle consacrée au vote de confiance au gouvernement de Youssef Chahed se tiendra vendredi 26 août 2016 à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).

Le vote de confiance est un vote unique sur l’ensemble des membres du gouvernement et la mission assignée à chaque membre. Pour obtenir la confiance de l’Assemblée, il est nécessaire d’obtenir l’approbation de la majorité absolue des membres (109 voix).

Par ailleurs, selon l’article 89 de la Constitution, dans le cas où le gouvernement obtient la confiance de l’Assemblée, le Président de la République procède sans délai à la nomination du Chef du gouvernement et de ses membres.

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Zied Lakhdher, député du Front populaire à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et Imed Hammemi, membre du mouvement Ennahdha, sont passés sur Mosaïque Fm hier vendredi 29 juillet pour donner leur sentiment sur l’initiative du président de la République et la composition du gouvernement d’union nationale.

Le représentant du FP a d’emblée précisé que son parti n’avait pas arrêté, jusqu’à hier, une position sur le vote de confiance à l’ARP.
Il a déclaré par ailleurs que si la future équipe gouvernementale adopte la même politique et les mêmes orientations que l’actuelle, les résultats seront les mêmes : L’échec.

Quant à Hammemi, il est d’avis que la méthode de travail de Habib Essid n’a pas été efficiente et que le but présentement n’est pas de dénicher un nouveau profil mais des personnes pour composer un gouvernement politique.
Il a enchainé en affirmant qu’il «est probable que le tiers des ministres aujourd’hui en place seront maintenus à leurs postes ! Ils seront soutenus par des personnalités nationales et seront secondés par un coach pour asseoir leur leadership. Tous seront appelés à prendre des décisions difficiles ! ».

Lakhdher a déclaré que Essebsi a mis en branle le limogeage de Habib Essid pour accroitre ses prérogatives à lui. « Le critère selon lequel sera désigné le futur chef du gouvernement est qu’il devra impérativement être sous les ordres du président de la République », a-t-il asséné.

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Si l’issue de la séance plénière de demain samedi à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ne fait pas de doute, tous les partis de l’attelage à la tête du pays ayant déclaré qu’ils allaient voter contre le chef du gouvernement, Habib Essid, on est sûr d’une chose : Ce ne sera pas un long fleuve tranquille. Loin de là. Personne ne peut nous fixer dans la tête que le principal artisan de cette affaire, le président de la République, Béji Caid Essebsi, va dormir tranquillement sur ses deux oreilles cette nuit en se disant que l’éjection de Essid va passer comme une lettre à la poste et que le grand commis de l’Etat ne fera pas de vagues. Et les faits vont dans notre sens.

Alors que tout le monde croyait que le discret chef du gouvernement, qui ne paye pas de mine, allait docilement tendre son coup pour le sacrifice rituel en acceptant de démissionner, en catimini, patatras, Essid décide de s’offrir la tribune de l’ARP, avant un départ solennel, devant la représentation nationale, devant les caméras, les citoyens. Il ne veut pas d’une sortie de scène par la porte dérobée, il veut s’en aller par la porte principale, à défaut d’une sortie par la grande porte. Première grosse déconvenue pour ses détracteurs.

La deuxième est son interview sur Attessia, le 20 juillet 2016. Celui que tout le monde présentait comme un piètre communicant, pataud devant les caméras, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, s’est offert une vitrine de choix à une heure de grande écoute pour dire ses vérités. Et il a effectivement déballé ! Peut-être pas autant qu’on l’aurait souhaité, mais tout de même. Il n’a pas flanché quand il s’est agi d’évoquer toute la pression qui a été exercée sur lui pour lui faire quitter le palais de la Kasbah. Il a même évoqué des menaces pour lui faire lâcher le morceau. Et là il faut reconnaitre qu’il a fait mouche. En effet dès le lendemain, des ténors de Nidaa Tounes ne se sont pas faits prier pour se jeter à la figure des vertes et des pas mûres, chacun accusant l’autre d’avoir menacé la personne de Habib Essid. Un torrent d’accusations qui a certainement dû amuser Essid, qui s’est sûrement délecté des effets de son intervention cathodique, au-delà de toutes ses espérances. On en aurait ri nous aussi si ça ne donnait pas une image désastreuse d’une élite politique autoproclamée, qui n’a pas fait ses classes en la matière et démontre tous les jours son incurie. Bref, le coup de com d’Essid est sa deuxième victoire symbolique…

La troisième s’est produite hier jeudi 28 juillet 2016. Le ministre de l’Education nationale, Néji Jalloul, un poids lourd du gouvernement et un des ténors de Nidaa Tounes, a déclaré sur Jawhara Fm qu’il allait voter en faveur de son patron demain à l’ARP. Et qu’au besoin il allait défendre le bilan de l’équipe. Une annonce à prendre très au sérieux, surtout quand ça émane du ministre le plus apprécié des citoyens, selon tous les sondages. Et même mieux : Il ne sera pas le seul à épauler Essid, d’autres ministres n’hésiteront pas à faire la même chose, a précisé Jalloul. Qui ? Mystère pour le moment. C’est ce qui rend le rendez-vous de demain particulièrement passionnant et lui confère des allures de chronique d’un combat annoncé. Et l’argument de Jalloul est frappé au coin du bon sens : Il fait partie d’une équipe qui a enregistré des succès, et ils méritent d’être défendus, même si les échecs sont là aussi. C’est le principe de la solidarité gouvernementale, un classique, mais que semblent ignorer les ministres qui ont livré leur chef à la vindicte populaire, en s’imaginant qu’en faisant cette offrande, ils allaient pouvoir sauver leur peau.

Une affaire qui laissera des traces

Si, encore une fois, les jeux semblent faits pour Essid, on est à peu près certain que cette affaire laissera des traces. On ne peut pas sortir d’un épisode politique aussi dramatique qu’une motion de censure sans meurtrissures. Il y aura forcément de la casse. D’abord au niveau de Nidaa Tounes. Même si on peut s’imaginer que les députés du parti vont voter comme un seul homme, conformément à la sacro-sainte consigne, en s’asseyant sur leur convictions profondes – c’est très souvent, hélas, la règle dans cet univers très particulier -, la sortie de Jalloul est quand même une source d’inquiétude. Quid de l’unité du parti après le vote demain, surtout si d’autres ministres issus des rangs de Nidaa Tounes votent en faveur d’Essid ?

Plus généralement c’est toute la classe politique qui va être éclaboussée par cette affaire. Comment oublier les reniements d’Ennahdha, qui soutenait Habib Essid au départ, pour finalement le lâcher en arguant une histoire fumeuse de solidarité avec le palais de Carthage ? Comment digérer les atermoiements et finalement le lâchage de Essid par Afek Tounes, alors que son chef de file, Yassine Brahim, ministre du Développement, est aussi comptable des actions du chef du gouvernement ? L’opinion publique regarde tout cela avec un oeil passablement intéressé, dans cette torpeur estivale où les préoccupations sont ailleurs, mais on est à peu près sûr que les consciences travaillent et que les protagonistes de cette sombre affaire le payeront un jour ou l’autre, dans les urnes au meilleur des cas.

Et puis il y a l’image de la Tunisie à l’extérieur. Ceux qui observent le pays du jasmin, qui s’est embarqué dans un régime parlementaire sans en avoir les moyens, à tous les niveaux, doivent se poser bien des questions. D’ailleurs c’est une des raisons pour lesquelles le pays d’où est partie la flamme qui a embrasé le monde arabe et déclenché une immense vague d’espoir ne fait plus rêver. Pire, cette Tunisie dont les dirigeants s’amusent à renverser la table après des élections en bonne et due forme, et se paient une crise politique alors que les urgences sont partout (économie, terrorisme, éducation…) inquiète. Mais ça les leaders de la scène politique locale ne s’en soucient guère, pressés d’enterrer Essid et de partager son héritage. Pour le plus grand malheur du pays…

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Nous apprenons d’une source bien informée au sein d’Ennahdha que le parti islamiste ne dira pas Oui lors de la séance plénière du 30 juillet 2016 consacrée au vote de confiance au gouvernement Habib Essid. Pour rappel, ce dernier en avait fait officiellement la demande à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), conformément aux dispositions de l’article 98 de la Constitution et l’article 150 du règlement intérieur de l’ARP.

Notre source a dans ce sens ajouté que le chef du gouvernement a commis certains erreurs, d’autant plus qu’il est entré en conflit avec la présidence de la République. Pour Ennahdha c’est grave, vu qu’il a choisi depuis les élections de 2014 l’alliance stratégique avec Nidaa Tounes, lequel veut la peau d’Essid.

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Le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple a décidé la tenue d’une séance plénière samedi 30 juillet consacrée au renouvellement du vote de confiance au gouvernement de Habib Essid, a annoncé le président du parlement, Mohamed Ennaceur, à l’issue de la réunion du bureau de l’ARP.
Le chef du gouvernement a adressé, mercredi, à l’ARP, une correspondance pour soumettre au parlement une demande de vote de confiance à son gouvernement conformément aux dispositions de l’article 98 de la Constitution et l’article 150 du règlement intérieur de l’Assemblée.
Le membre du bureau de l’ARP, Habib Khedher (Ennahdha), a indiqué, mercredi, que le bureau de l’ARP se réunira, jeudi, pour voir si la correspondance adressée par le chef du gouvernement respecte les dispositions de la Constitution et celles du règlement intérieur du parlement.
Pour rester à la tête du gouvernement, Habib Essid doit impérativement obtenir 109 voix, a précisé Habib Khedher.
Habib Essid a assuré que « le passage au Parlement ne signifie pas un attachement au pouvoir » dans la mesure où « la responsabilité n’est pas permanente appelant à privilégier l’intérêt du pays.

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