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Washington Post

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La Tunisie va bientôt devenir l’un des bénéficiaires majeurs de l’aide étrangère dans le monde. Mais cet afflux d’argent étranger pourrait étouffer la demande pour les changements structurels qui sont nécessaires pour maintenir à flot cette démocratie naissante, selon le Washington Post qui souligne que l’aide généreusement dispensée à la Tunisie est censée améliorer l’économie du pays, désamorcer les troubles et accompagner la transition démocratique. Mais à moins que l’aide ne soit soigneusement ciblée, elle ne servira qu’à regonfler les perspectives politiques de la coalition gouvernementale sans lui dicter d’engager de véritables réformes.

L’octroi à la Tunisie d’une aide étrangère à des niveaux si substantiels, la plaçant dans le premier tiers des pays bénéficiaires dans le monde d’ici à 2013, s’est accéléré au cours des deux dernières années. L’aide bilatérale du gouvernement américain, à elle seule, a doublé entre 2014 et 2015, en dépit d’un contexte budgétaire difficile. Le Parlement Européen a accepté de doubler l’aide pour la porter à près de 400 millions d’euros par an et a appelé à un «plan Marshall» pour soutenir la démocratie en Tunisie. Le mois dernier, la conférence « Tunisie 2020 » a drainé au pays une myriade de nouveaux engagements d’aide et de prêts de pays étrangers totalisant 14 milliards de dinars, soit 35 pour cent du PIB de la Tunisie, autant que le budget total proposé par le gouvernement pour 2017.

La crise économique, un problème politique

La crise économique de la Tunisie n’est pas due uniquement au manque de fonds. C’est un problème politique qui appelle une solution politique. Certaines aides, comme les programmes de soutien à une société civile de plus en plus sûre d’elle-même, ont déjà eu un effet bénéfique sur l’amélioration de la transparence du gouvernement et la conscience politique et sociale. Mais une aide qui n’est pas minutieusement conçue pour bénéficier au plus grand nombre au lieu de se borner à légitimer la coalition au pouvoir, finira par tourner court. Des décennies de recherche en sciences politiques et économiques ont abouti à la conclusion que le potentiel de l’aide étrangère à promouvoir la croissance économique dépend essentiellement de la transparence des institutions gouvernementales. Récemment, des chercheurs utilisant de nouvelles données complètes sur l’aide étrangère ont montré que l’aide tend à « amplifier » les institutions politiques existantes et les rendre résistantes au changement, pour le meilleur ou pour le pire.

Des tendances contreproductives liées à la corruption se font jour en Tunisie, ce qui mine les intentions derrière l’aide. Le favoritisme dont bénéficient les puissantes familles de l’élite a été un problème endémique et paralysant depuis l’époque où Zine el-Abidine Ben Ali était au pouvoir. Et dans un récent sondage, 36 pour cent des chefs d’entreprises ont déclaré que la corruption est un «obstacle majeur» pour faire des affaires, et 32 pour cent ont dit qu’ils offriraient des «cadeaux» si leurs entreprises étaient en concurrence pour les marchés publics. Des recherches sur le terrain en Tunisie cette année ont révélé que de puissants conglomérats contrôlent l’accès à des contrats lucratifs avec des entreprises publiques, en empêchant les petites entreprises d’y soumissionner. Dès lors que les plus grandes entreprises en Tunisie appartiennent à l’État, ceci pose un grave problème.

Avenir démocratique incertain !

Les parlementaires ont eu de nombreuses occasions de proposer des réformes politiques visant à lutter contre la corruption. Mais peu de progrès ont été accomplis. La refonte de l’archaïque code de l’investissement en Tunisie a pris plus de deux ans d’efforts persévérants pour finalement être adoptée le mois dernier dans une version édulcorée avec des perspectives douteuses pour améliorer la croissance économique. Le Parlement a créé une instance de lutte contre la corruption dirigée par un avocat fougueux, qui a, depuis, annoncé son intention de poursuivre en justice les fonctionnaires et les hommes d’affaires. Cependant, en dépit de sa volonté de porter la question sur la place publique, l’instance doit encore poursuivre toute personne autre que les fonctionnaires subalternes sur des accusations de petite corruption. Ces maigres résultats sont dus en partie au fait que l’instance n’est habilitée qu’à déférer les affaires devant les tribunaux, lesquels sont accusés de complicité avec des hommes d’affaires corrompus.

La transition démocratique en Tunisie a bien besoin d’une importante aide économique extérieure. Mais un soutien inconditionnel du gouvernement actuel qui ne lie pas l’aide aux mesures contre la corruption et pour la transparence va saper l’opposition politique et envoyer à l’opinion publique le message que rien n’a changé et que le statu quo a de beaux jours devant lui. Une aide octroyée en l’absence de ces conditions dispenserait la coalition gouvernementale de l’urgence de s’attaquer à des chantiers difficiles, lui donnant la possibilité de s’attribuer le mérite de l’aide même si elle retarde la mise en place de réformes concrètes. La Tunisie a besoin de voir émerger une nouvelle contre-coalition autour de la réforme, qui fédère les jeunes désenchantés par l’impasse politique, les chefs des petites entreprises, les entrepreneurs et les professionnels dont l’intérêt est fermement attaché à une plus grande transparence du gouvernement et à l’innovation économique.

Pour conférer de la stabilité à cette nouvelle démocratie, les élites politiques tunisiennes doivent s’investir dans un changement structurel profond pour démanteler les importants réseaux du capitalisme de copinage qui entravent le développement économique. En l’absence de telles reconfigurations politiques, l’avenir démocratique de la Tunisie restera incertain.

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Beaucoup, voire trop a été colporté sur l’information livrée par le Washington Post selon laquelle les Etats-Unis disposent d’une base de drones en Tunisie qu’ils envisageraient d’équiper d’armes à des fins d’attaques contre Daech en Libye. C’est en partie, et uniquement en partie, vrai, car tout le monde savait, et depuis plus d’un an, que les USA déployaient sur le territoire tunisien des aéronefs sans pilote de type Reaper destinés exclusivement à des fins de renseignement et de surveillance, comme l’avait précisé au Wall Street Journal un haut responsable de l’Administration américaine. Mais dans le même temps, force est d’expliquer que le déploiement de ces drones entre dans le cadre de l’initiation des forces armée tunisiennes à l’utilisation de ce type d’appareils dont elle avaient fait commande dans la lutte contre les terroristes, surtout ceux infiltrés de Libye. Précisons aussi qu’il ne s’agit pas à proprement parler d’une base américaine, mais d’une base opérée par l’Armée tunisienne, qui existait déjà et où des instructeurs américains dispensent aux militaires tunisiens une formation à l’utilisation des drones dans la perspective de leur livraison.

Le même Wall Street Journal affirmait en citant des responsables de l’Administration US que l’emplacement choisi est « une base qui existe déjà sous le contrôle souverain du gouvernement hôte, lequel, à son tour, accorde l’autorisation aux USA d’y déployer leurs drones avec un nombre limité de personnel militaire américain », pour ajouter que « les sorties de ces drones ont vocation à fournir aux forces armées et aux agences de renseignement américaines des informations en temps réel sur les activités des jihadistes de l’Etat Islamique [Daech] en Libye ».

Y a-t-il dès lors lieu de déclencher une tempête d’autant moins utile que leurs auteurs ne font qu’enfoncer des portes ouvertes en présentant une vérité d’évidence, une banalité même comme une découverte ou une nouveauté. On y voit ce que l’on convient généralement d’appeler la polémique de trop , à ce point bancale qu’elle n’a fait les choux gras que de quelques épars plateaux de télévision et plus rarement des politiques sauf ceux avides de rodomontades et autres galéjades.

Démenti récurrent

D’ailleurs, le ministre tunisien de la Défense, tout en rappelant que le renseignement constitue un élément essentiel dans la guerre contre le terrorisme, a souligné que «  la Tunisie a entamé l’exécution d’un projet de renforcement de ses capacités en matière de maîtrise du renseignement, de réduction du risque terroriste et de traque des terroristes, à travers l’utilisation de drones et avec le soutien de pays amies, dont les Etats-Unis d’Amérique », reconnaissant que « la maîtrise des techniques de pointe en matière de renseignement nécessite une formation d’une certaine durée. Les Etats-Unis d’Amérique sont en train d’aider la Tunisie dans cette formation ».

Au demeurant, peut-on reprocher à un pays qui comme la Tunisie, durablement menacée par des opérations terroristes fomentées et exécutées par des jihadistes ayant pignon sur rue chez son voisin, de chercher à se défendre, et de disposer des moyens pour y parer ? Il tombe sous le sens que telle doit être naturellement sa stratégie de défense contre des attaques terroristes qui ont littéralement abîmé son tourisme et englouti une part importante de son budget au lieu d’être utilisée à financer son développement. Sans devoir cultiver l’égoïsme sacré qui « dicte toujours ses lois aux patries menacées lorsqu’elles ne veulent point périr », la Tunisie est dans son droit de se protéger et sans s’en offusquer, par tous les biais qui s’offrent à ses dirigeants pour lui permettre de s’armer           et de combler toutes les lacunes et brèches par lesquelles ses ennemis s’introduisent pour porter atteinte à son invulnérabilité et son intégrité territoriale. Et ceci ne pourra pas aller sans une coopération poussée avec des pays dotés de grandes potentialités. Les USA en sont un et des plus importants. En accordant à la Tunisie le statut d’allié majeur non membre de l’OTAN, ils l’habilitent à avoir accès aux mécanismes de partage de renseignements et d’informations qui lui permettent d’identifier toutes les menaces qui la guettent pour pouvoir mieux se préparer à les contrer. C’est de bonne guerre s’agissant d’un pays qui se trouve dans pareille posture, mais qui est dépourvu des moyens pour le faire. Et, à cet égard, on doit à la vérité de reconnaître que les Etats-Unis ont apporté à la Tunisie un soutien précieux dans au moins deux opérations terroristes majeures qui l’ont visée, l’attaque de Ben Guerdane, et l’opération antiterroriste de Sidi Yaiche au cours de laquelle 9 terroristes dont leur chef Lokman Abou Sakhr, ont été abattus, comme l’avait révélé en son temps le Washington Post. C’est tout dire.

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Un peu plus d’un an après l’opération antiterroriste de Sidi Yaiche au cours de laquelle 9 terroristes dont leur chef Lokman Abou Sakhr , ont été abattus, des révélations viennent d’être faites par le célèbre journal américain « Washington Post », sur ce qui s’est réellement passé lors de cette opération, s’agissant surtout du rôle des militaires américains et des agents de la CIA dans la réussite de l’opération.

 Evoquant en plan de situation l’embuscade, le journal indique que « les hommes armés obliquaient vers le lieu de  l’embuscade de nuit. Les terroristes, sous la houlette d’un  djihadiste blanchi sous le harnais, auteur d’une  attaque sanglante contre les Occidentaux perpétrée seulement 10 jours plus tôt, serpentaient une route désertique étroite dans le Centre de la Tunisie ».

Et d’ajouter : « Lorsque les unités d’élite  tunisiennes,  embusquées dans les collines environnantes ont ouvert le feu, leurs traceurs ont illuminé le ciel nocturne, et quelques uns des terroristes  ont tenté de fuir. Les neuf suspects, dont leur chef, Khaled Chaib, ont été abattus. Un informateur à bord du  camion au moment de l’embuscade a été blessé à l’épaule ».

L’opération de Sidi Yaiche, dans le gouvernorat de Gafsa en mars à 2015 a été une victoire  dont la fragile démocratie de la Tunisie avait cruellement besoin, les dirigeants ayant du mal  à tenir les  promesses de la révolution de 2011. Le chef du gouvernement Habib Essid a qualifié l’embuscade tendue par les unités de la Garde nationale de succès  couronnant les efforts croissants de lutte contre le terrorisme. Un journal de la place a titré : «Le pays a été sauvé de la catastrophe. »

Mais ce que les dirigeants tunisiens ont passé sous silence, c’était le rôle central joué par les forces américaines en charge des opérations spéciales qui avaient contribué à la planification et à l’exécution de l’opération de Sidi Yaiche, souligne le Washington Post.

Citant des  responsables tunisiens et américains, il précise que les services américains des communications ont intercepté une communication où le recherché  Chaib, un Algérien  connu sous le nom de Lokman Abou Sakhr, donnait aux troupes locales le feu vert pour se  positionner dans le désert. Une équipe américaine, composée de commandos des opérations spéciales assistés par des agents de la CIA, a aidé les forces tunisiennes à monter et répéter l’embuscade. Et alors que se déroulait l’opération, un avion de surveillance américain survolait l’endroit  et une petite équipe de conseillers américains montait la garde à partir d’une position avancée.

Parlant au téléphone, le général David M. Rodriguez, le chef de l’US Africa Command, a salué les efforts de lutte contre le terrorisme menés par les forces tunisiennes, mais a refusé de commenter l’opération dans la région de Sidi Yaiche. La CIA en a fait autant.

La doctrine d’Obama

L’opération illustre le rôle central, mais peu connu que les troupes d’opérations spéciales américaines peuvent jouer pour aider des forces étrangères à monter et exécuter des missions mortelles contre des cibles terroristes.

Dans ce genre d’opérations, le président Barak Obama a montré qu’il est  prêt à risquer des vies américaines pour capturer ou tuer de grosses pointures terroristes  ou délivrer des otages. Mais il a également donné des instructions à ses chefs militaires de chercher des moyens d’action n’impliquant pas directement les États-Unis,  ce qui met le risque sur les épaules de leurs partenaires tout en les auréolant de gloire.

« Cela leur permet de prendre ces responsabilités eux-mêmes et de réduire l’effet de ce qui est souvent perçu comme des  questions politiquement très sensibles», a déclaré un haut responsable américain de la défense qui, à l’instar d’autres, a parlé sous le couvert de l’anonymat s’agissant d’opérations délicates.  » Ceci réduit notre empreinte, notre présence, et donne du crédit au pays [partenaire]».

«Il est presque toujours plus facile pour les forces américaines de le faire directement», a déclaré William F. Wechsler, responsable de la supervision des missions des forces spéciales au Pentagone jusqu’à l’année dernière. « Mais si votre mission plus vaste est de renforcer les capacités du partenaire, vous acceptez un certain risque induit par la mission en en laissant l’exécution aux  forces locales avec votre soutien ».

« Vous avez une très large variété  de menaces qui s’imbriquent en Tunisie, avec des ressources limitées pour y faire face», a déclaré, pour sa part,  Haim Malka, chercheur principal au Centre d’études stratégiques  internationales à Washington. « C’est insoutenable. »

Le gouvernement tunisien aux prises avec le terrorisme

Après 2011, les nouveaux dirigeants de la Tunisie ont réalisé qu’ils avaient besoin d’aide. Le gouvernement  a demandé à ses alliés, notamment les États-Unis et l’Allemagne, de l’aider à  mieux contrôler les  frontières avec la Libye. Des militaires américains, une centaine, sont en train de former La  Garde nationale et les forces spéciales de l’armée.

Les États-Unis ont fourni à la Tunisie  des  avions de surveillance  ScanEagle, et le gouvernement tunisien attend que lui soient livrés les hélicoptères Black Hawk qu’il  a achetés. Dans une récente interview à Tunis, le président Béji Caïd Essebsi a déclaré que le soutien américain est précieux, mais nous en demandons plus ».  » Si nos amis sont prêts à nous aider, nous en serons heureux, » a-t-il dit.

Mais les responsables tunisiens, conscients des réactions de leurs citoyens concernant une intervention étrangère, veulent minimiser toute perception d’un engagement militaire manifeste des États-Unis. « Le gouvernement tunisien doit faire attention à être vu comme travaillant trop étroitement avec les Etats-Unis », a déclaré Haim Malka.

Selon un responsable de la sécurité tunisienne, le discret soutien  américain a été  crucial  dans la conduite de l’opération antiterroriste de Sidi Yaiche. Les Américains  » ont pris en charge la formation et soutenu l’opération » en termes de renseignements et par d’autres moyens, a-t-il révélé. Les forces américaines ont également contribué à truquer le véhicule que les terroristes ont utilisé dans l’embuscade.

Le lendemain de l’opération de Sidi Yaiche, le  ministère tunisien de l’Intérieur de la Tunisie a salué l’opération, publiant des photos des terroristes abattus, entassés dans le véhicule ou couchés sur le sol rocheux.

« L’opération avait pour but de les tuer ; on n’avait  pas l’intention de les arrêter », a déclaré le haut cadre de la sécurité tunisienne, cité par le Washington Post.

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