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Zine El Abidine Ben Ali Hamadi Jebali

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«L'histoire se joue d'abord comme un drame et se répète comme une comédie»

«L’histoire se joue d’abord comme un drame et se répète comme une comédie», disait le professeur de droit et le sociologue français, Jacques Ellul. Il y a un peu plus de deux ans, Zine El Abidine Ben Ali faisait une déclaration télévisée, une nuit juste avant les grandes manifestations du 14 janvier 2011 qui le feront fuir de Tunisie. Il y a une journée, celui qui prenait sa place à la tête du gouvernement tunisien, Hammadi Jbali, faisait une déclaration télévisée, quelques heures après les grandes manifestations du 6 février 2013 qui retourneront contre lui son propre parti et le mettent dans un isolement, presque semblable à celui de ses 15 années de prison, sauf qu’il est cette fois politique.

Les deux discours, se font ainsi dans des conjonctures presque semblables, sauf pour les raisons profondes de son émergence. Ceux qui voulaient dégager Ben Ali, avaient faim et manquaient de travail. Ceux qui voulaient dégager le gouvernement de Hammadi Jbali, ne travaillaient toujours pas, mais avaient faim de démocratie. Les deux manifestations, en avaient assez des partis des deux hommes, le RCD qui fut dissout et Ennahdha qui fut dévoyée. La seule différence, est un climat empreint de plus de liberté d’expression, sous toutes ses formes.

– « L’histoire ne se répète pas mais elle se plagie». Dixit, Jacques Deval, scénariste (1890)

A plus de deux années d’intervalle, les deux discours, une écoute attentive, fait apparaître une ressemblance, presque parfaite si ce n’est les mots qui changent, dans leurs contenus.

«Je vous ai compris», disait Ben Ali atterré derrière son pupitre du Palais de Carthage, alors que ses lieutenants se préparaient à le renverser. «J’ai retenu le message», disait Hammadi Jbali, tout aussi seul derrière son bureau du palais de l’autre banlieue nord de Dar Dhiafa, les yeux pleins de larmes qu’il retenait, alors que plusieurs membres de son propre parti se préparent à le dévoyer et à refuser le contenu de sa déclaration.

Ben Ali promettait de ne plus se présenter aux prochaines élections, en répétant à deux fois «pas de présidence à vie», référence aux présidentielles que son parti préparait. Jbali annonçait, ce mercredi 6 janvier 2013, qu’il ne se présentera pas, comme le reste de son prochain gouvernement, aux prochaines élections.

Ben Ali, annonçait jeudi 13 janvier, un changement, «total et profond », répétait-il en faisant allusion à un changement de gouvernement et en promettant de punir ceux, parmi ses ministres, qui l’avaient trompé, en lui cachant des vérités. Hammadi Jbali annonçait, mercredi 6 février, un renvoi sine-die de toute son équipe gouvernementale et un remaniement profond et total de son équipe qui sera apolitique.

Des similitudes troublantes, d’une histoire tunisienne qui se répète, sans vouloir s’arrêter sur la rive du salut final. On passera, après tout cela, sur l’appel des deux dirigeants, à un débat national et à l’unité nationale. On passera aussi et enfin, sur la conjoncture des deux discours, le premier suite à la mort de Bouazizi et le second suite au meurtre de Chokri Belaid.

– « L’histoire ne se répète pas mais ses rendez-vous se ressemblent. » Dixit Gabriel de Broglie, historien français (1931).

L’histoire se répèterait-elle pour autant ? Rien n’est moins sûr, bien que celle de la Tunisie ait bien des ressemblances d’un quinquennat à l’autre. De Bourguiba à Ben Ali, la Tunisie était entre les mains d’une dictature laïque. Avec Ennahdha, c’est une dictature religieuse qui essaie de s’installer et de s’ancrer dans les lois et les mœurs.

Entre-temps, la Tunisie a fait sa Révolution. Elle n’en a jusqu’ici pas gagné quelque chose, si l’on excepte la liberté d’expression qui se maintient malgré harasses et pressions. Cette dernière joue un rôle important dans la dénonciation des desseins de la frange islamiste et son parti Ennahdha, dans l’islamisation forcée, qui ressemblerait presque à un viol, de la société tunisienne.

Entre les discours de Jbali et de Ben Ali, les rendez-vous se ressemblent. Deux rendez-vous avec l’histoire avec un Grand H. Deux tournants, qui tardent encore à prendre fin.

Khaled Boumiza.

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