Tunisie : Entre 2,5 et 3 milliards de dinars, dettes des...

Tunisie : Entre 2,5 et 3 milliards de dinars, dettes des entreprises confisquées

par -
0

Invisibilité et frilosité  se sont emparées des  banques tunisiennes suite à la confiscation de plus de 287 entreprises appartenant au clan Ben Ali/Trabelsi. Et ceci n’a pas manqué d’engendrer des difficultés de fonctionnement tout autant qu’une démotivation des investisseurs. D’où l’émergence d’une relation de méfiance entre les bailleurs de fonds et leurs partenaires,  plus précisément leurs clients.

Voilà une situation délicate qui incite à s’interroger sur l’avenir de ces entreprises qui s’enlisent dans des difficultés considérables surtout du fait d’un partenariat «ambigu »avec leurs banques qui ferment les vannes, sachant qu’une bonne partie des biens confisqués consiste en des actions dans les plus grandes sociétés tunisiennes, ayant un potentiel économique important.

C’est dans ce cadre que l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie a essayé d’ouvrir un débat sur la réalité des entreprises confisquées, et ce  dans un point de presse qu’il  a organisé avec la participation de nombre d’experts comptables et les représentants des medias sous le thème : sociétés confisquées : situation actuelle et perspectives.

Une démarche dont l’objectif est de trouver des solutions concrètes à ces entreprises où l’estimation de leurs dettes serait de l’ordre de 2,5 à 3 milliards  de dinars, ce qui donnerait un actif d’environ 5 milliards de dinars tout en générant environ 15 000 postes d’emplois.

Une rencontre qui a été orientée au départ vers la mise en valeur des aspects juridiques du décret-loi n°13 du 14/03/2011 relatif à la confiscation des biens meubles et immeubles de l’ancien président, sa femme et l’ensemble de sa famille ainsi que quelques personnes (une liste de 114personnes au total), avant de s’attaquer par la suite aux lacunes entachant ce décret –loi. 

Un texte, selon Kamel Ayari, juge, n’a pas précisé les effets de la confiscation sur les registres immobiliers, jugeant utile à ce propos, de réviser la question immobilière. Une révision structurelle qui pourrait assurer le fonctionnement de ces entreprises, sauver des emplois et créer de la valeur» a t-il ajouté.
C’est la raison pour laquelle le gouvernement devrait intervenir très rapidement pour trouver des solutions permettant à l’économie du pays de rebondir. Le magistrat  a appelé dans ce contexte  à une autre promulgation du décret- loi surtout que le dernier amendement n’a pas résolu les problèmes existants. « Il faut mettre fin à ces administrateurs pour laisser la prérogative à l’État»

Des mesures urgentes à prendre

Selon Anis Wahabi, expert comptable,  la conjugaison des efforts est nécessaire dans cette conjoncture critique, et ce pour aider ces entreprises à continuer leur activité normale et à poursuivre ou finaliser les programmes d’investissement de plusieurs de ces entreprises et assurer d’autre part, la sécurité du système bancaire.

Plusieurs scénarios sont à imaginer. L’intervenant a proposé la création d’une commission de gestion indépendante composée des représentants des parties spécialisées pour assurer la bonne gouvernance et la transparence des décisions, l’adhésion des institutions dans le marché financier pour consolider leurs réussites dans un climat transparent et sain et enfin ouvrir la porte aux citoyens à travers le marché financier pour mieux contribuer au développement de ces entreprises confisquées.

De toutes les façons et avec les propositions d’Anis Wahabi, on ne peut pas savoir si le gouvernement provisoire va réagir rapidement en tenant en compte les effets de l’acte de confiscation sur l’avenir de ces entreprises ou s’il faudrait attendre l’échéance du  23 octobre pour que l’Etat intervienne et prenne les décisions nécessaires afin de sauver de ce qui reste de l’économie !

Wiem Thebti
 

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire