Tunisie-Retour des terroristes : Un non franc et massif

Tunisie-Retour des terroristes : Un non franc et massif

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L’avenue Habib Bourguiba à Tunis a vibré ce dimanche au son de la colère contre le retour des terroristes au sortir de leurs sinistres équipées en Syrie, en Irak , en Libye, et peut-être dans d’autres contrées erronément désignées sous l’expression de « zones de tension ». Des centaines de Tunisiens et de Tunisiennes de la société civile et d’autres bords ont manifesté pour exprimer leur implacable rejet de toute velléité d’un retour dans le pays des milliers des leurs « concitoyens » transformés par Daech et organisations assimilées en véritables machines à tuer. Il faut y voir l’expression de sentiments de peur, de découragement, surtout de rage d’une population pour qui désormais, il est clair que chacun en Tunisie est en passe de devenir une cible potentielle, n’importe où, quand, n’importe comment, et par n’importe quel jihadiste terroriste exalté.

Moins que de la panique, c’est une réaction lucide et raisonnée à une perspective chargée de tous les risques de devenir une réalité pour peu qu’on se laisse aller à la moindre forme d’indolence vis-à vis d’individus d’autant plus capables de tout qu’ils ont été programmés par leur mentors pour officier comme des terroristes de la pire espèce pour lesquels l’acte immonde et monstrueux est une banalité de tous les instants et un passeport pour le paradis avec lesquels on a naturellement le sentiment que tout peut arriver. C’est aussi un réflexe d’autodéfense qui prend racine           dans le fait que comme le cheval de Troie, l’ennemi est sur place, terré là où on l’attend le moins, pouvant être hébergé par de nombreuses cellules dormantes en état de lui fournir tout le soutien dont il aura besoin. Et ce ne sont pas les armes qui manquent, de véritables arsenaux dont les forces de sécurité ont débusqué des quantités, alors que d’autres sont encore dans la nature.

Un message sans ambigüité

A la vérité, la manifestation de ce dimanche et celles qui vont les suivre dans la foulée sont destinées en parfaite égalité aussi à ceux qui disent s’accommoder de ce retour et appellent insidieusement les Tunisiens à en faire autant. C’est également un message sans ambigüité aux légions de politiciens et activistes qui invoquent le droit et la loi pour plaider en faveur d’un traitement juridique et judiciaire ordinaire dont doivent, à leurs yeux, bénéficier les terroristes de retour, puisant dans un maquis de textes et de « valeurs et principes » pour donner pertinence et crédit à leurs préconisations.

En chœur et sans la moindre dissonance, les manifestants, bravant le froid et sous une pluie battante, ont dit tout l’écœurement que suscite en eux les plaidoyers et les déclarations faussement lénifiantes faites par les « soutiens » et ceux qui prennent quelque part fait et cause pour les ces pestiférés de terroristes. « Retour des terroristes, grande menace contre la sûreté du pays », « Non au retour des terroristes au pays », « Tous les Tunisiens contre le terrorisme », « On ne pardonne pas les criminels et on refuse leur retour », scandaient les centaines de manifestants scandaient-ils également. Et puis et surtout, il y a cette adresse reprise en boucle : « Ghannouchi, ces terroristes sont tes enfants et non pas ceux de la Tunisie ». Il faut dire que le chef du mouvement Ennahdha n’était pas blanc comme neige dans ce qui est regardé comme sa défense des « returnees ». Après avoir dorloté comme ses enfants les salafistes, il est revenu dernièrement à la charge pour asséner cette déroutante ordalie concernant Daech présenté sous les contours d’une « image de l’islam en colère, une image de l’islam qui perd la raison, mais nous on ne peut pas qualifier de mécréant quelqu’un qui dit ‘il n’y a de Dieu que Dieu. On peut lui dire qu’il est injuste, qu’il est dans l’erreur, qu’il est extrémiste, qu’il est radical mais on ne peut pas lui dire qu’il est mécréant ».

Les « aménités » de Ghannouchi

Des propos qui ont mis le feu aux poudres et qui continuent de soulever un tollé général à l’instar d’autres tenus par des hommes politiques, stigmatisés par les manifestants comme « graves » et catastrophiques » pour avoir affirmé qu’il n’y a rien de mal à ce que les terroristes tunisiens de retours du Levant, d’Irak et de Libye reviennent dans leur pays. Dans ce concert de protestations, le gouvernement est vivement appelé à faire montre de la plus grande fermeté contre ces jihadistes pour immuniser le pays contre le danger qu’ils représentent pour la sécurité de la Nation et des citoyens. Le collectif citoyen, par exemple, envisage de lancer, au concret, un plan d’action visant la sensibilisation des citoyens et des pouvoirs politiques quant aux conséquences du retour des terroristes tunisiens.

Il s’agit de la création de trois commissions qui œuvreront, notamment, au renforcement de la coopération judiciaire avec les pays concernés par ce fléau pour classer les terroristes traitres de la patrie, l’amendement des articles 54 et 57 de la loi antiterroriste en levant la restriction sur les délais d’écoute et d’infiltration.

Comme on peut le voir, le sursaut de la société civile n’a rien de panique. Il est l’expression d’une réaction qui a vocation à être mobilisatrice aussi largement que possible, mais également un relais qui porte le sentiment général profond des Tunisiens que pour eux, le retour des terroristes est une question vitale, à traiter sans compromis ni compromission, celle d’une partie de la classe politique.

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