10 ONG et associations dénoncent la mainmise d’Ennahdha sur la Radio Zitouna

10 ONG et associations dénoncent la mainmise d’Ennahdha sur la Radio Zitouna

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Les organisations non gouvernementales et les associations soussignées expriment leur condamnation des pratiques persistantes à Radio Zitouna destinées à son instrumentalisation à des fins partisanes et politiques menaçant la stabilité et la sécurité de la Tunisie et lancent un appel aux autorités de tutelle pour la libérer de l’emprise du parti Ennahdha déterminé à la transformer en un outil de propagande partisane et à exacerber les divisions et la discorde entre les Tunisiens.

Elles soulignent également la nécessité de rattacher Radio Zitouna aux médias audiovisuels publics, afin de mettre un terme aux tracasseries et à la mauvaise gestion pour garantir l’engagement au respect des règles et de l’éthique journalistiques comme l’ont exigé à plusieurs reprises de nombreux experts, les structures professionnelles et syndicales et la Haute autorité indépendante de la communication audivisuelle (Haica) ainsi que le personnel de cette radio, objet d’une confiscation depuis l’année 2011,.

Les organisations et les associations signataires font assumer la responsabilité de la mauvaise gestion au sein de Radio Zitouna à la présidence du gouvernement à la lumière de la mauvaise gouvernance de l’administration de la radio qui a vu se succéder huit directeurs généraux au cours des huit dernières années (ce qui équivaut à un directeur par an) et ce qui en a résulté comme atteintes aux droits des employés, et en dernier lieu le licenciement arbitraire de la journaliste Zohra Dhifi, le 24 octobre 2018, sans le moindre respect pour les procédures légales prévues par la convention du travail, les lois et la Constitution de 2014.

Ce n’est pas la seule mauvaise gouvernance qui domine à Radio Zitouna. L’atteinte aux règles et à l’éthique journalistique est devenue un principe général qui s’est traduit par le pouvoir croissant de M. Jamel Laouai, membre du bureau exécutif du parti Ennahdha  et l’un des conseillers de son chef, Rached El Ghannouchi. M. Laouai assume depuis 2014 la fonction de directeur de la diffusion.

M Laouaii  n’hésite pas à intervenir indûment dans le contenu des programmes et le choix des invités conformément à ses inclinations et à ses calculs partisans, d’une manière qui ne souffre d’aucune ambiguïté. Aussi les organisations et les associations soussignées appellent-elles la présidence du gouvernement à se pencher sérieusement sur ce dossier urgent et à annuler la décision du licenciement abusif.

Les organisations et les associations soussignées exigent également la mise à l’écart du responsable du parti Ennahdha de Radio Zitouna après les abus de prérogatives dont il s’est rendu coupable et le manquement à la responsabilité qui lui incombe, ce qui constitue une condition sine-qua-non pour assainir l’atmosphère de travail au sein de cette radio et pour baliser la voie à son rattachement aux médias audiovisuels publics.

Les ONG et associations signataires :

Association Beity

Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement

Association tunisienne des femmes démocrates

Association tunisienne pour la défense des libertés individuelles

Association tunisienne pour la défense des valeurs universitaires

Association Vigilance pour la démocratie et l’Etat civique

Centre de Tunis pour la liberté de la presse

Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme

L’Organisation contre la torture en Tunisie

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux

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