AccueilLa UNEAli Laarayedh à l’ANC : Un bilan de pure autosatisfaction !

Ali Laarayedh à l’ANC : Un bilan de pure autosatisfaction !

C’est visiblement davantage un exposé d’états de services qu’un bilan économique en bonne et due forme, que le chef du gouvernement sortant, Ali Laarayedh, a présenté, ce mercredi, devant l’assemblée nationale constituante qui démarrait son marathon budgétaire par l’examen du projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2014. A bien y regarder, en effet, l’hémicycle, et à travers lui, l’opinion publique tunisienne ont eu droit à un long catalogue de « réussites » à mettre au crédit du gouvernement d’Ali Laarayedh, ou, pour dire les choses autrement, à un bilan d’autosatisfaction d’où, faudrait-on reconnaître, pourraient percer quelques avancées, somme toute, peu déterminantes.

D’abord, Ali Laarayedh a parlé d’un taux de chômage qui a baissé à 5,7%, fin 203, contre 18,9%, en 2011. Des chiffres dont ne trouve nulle traduction concrète dans l’architecture de l’emploi dans le pays, et que la totalité d’analystes récusent, chiffres à l’appui. Le chef du gouvernement provisoire n’en a pas moins souligné que « les efforts se poursuivent pour créer davantage de postes d’emploi et promouvoir le système de formation professionnelle qui s’est doté, depuis un mois, d’une nouvelle stratégie ».

Ensuite, il est question d’investissements « sans précédents » qui été mobilisés pour lutter contre la pauvreté au titre des dépenses et transferts à caractère social. Selon Ali Laarayedh, la valeur de ces crédits a atteint 25% du produit intérieur brut et sera portée à 26% en 2014. Il a sans doute omis de dire, comme c’est constaté au quotidien par le commun des Tunisiens, que l’indigence frappe de plein fouet de massives légions de citoyens dont le pouvoir d’achat s’érode et fond comme neige à vue d’œil, alors que d’autres ne trouvent plus même de quoi manger. Peut-être faudrait-il attendre la création d’une banque de données sur les familles nécessiteuses et à revenu limité, annoncée par le chef du gouvernement sortant, pour voir si le sort des classes appauvries s’en trouvera amélioré. Penons , pour l’heure, acte des affirmations d’Ali Laarayedh selon lesquelles « les aides octroyées aux catégories démunies profitent, actuellement à 235 mille familles, parallèlement à l’augmentation du montant de la prime mensuelle accordée à ces familles qui bénéficieront, ainsi que 578 mille personnes à revenu limité, de la gratuité des soins et des soins à tarif réduit dans les établissements publics de santé ».

Sur le registre social, les Tunisiens devraient, là encore, se contenter de promesses, puisque le chef du gouvernement parle d’études qui se poursuivent en vue de présenter les solutions appropriées et les réformes permettant de résoudre les problèmes d’endettement des caisses sociales.

Dans un développement voisin , il a affirmé que « les efforts, au cours de 2013, se sont poursuivis pour impulser l’investissement dans le secteur de la santé à travers le renforcement de l’infrastructure de base, les équipements et les projets de fabrication des médicaments ainsi qu’à travers la promotion des ressources humaines afin de développer les prestations de santé et les rapprocher des citoyens à travers l’ensemble des régions du pays ». Il n’aura pas omis de rappeler que « le projet de la loi de finances au titre de 2014 comporte un ensemble de mesures à caractère social portant, notamment, sur l’allègement de la charge fiscale au profit des catégories à revenu limité et la poursuite de l’octroi d’avantages fiscaux dans le cadre du programme spécifique de logement social ».

Il s’agit, en outre, a-t-il soutenu, de maîtriser les prix des produits alimentaires à travers le renforcement de l’offre et des stocks régulateurs, la bonne gestion des circuits de distribution, la lutte contre le commerce parallèle, le renforcement des opérations de contrôle au niveau de la bande frontalière et des passages frontaliers et la consolidation des points de vente « du producteur au consommateur » eu égard au « succès de cette expérience au cours de 2013 ». Il a ajouté que l’emploi, la subvention, les prix, la sécurité sociale, l’éducation, l’enseignement, la formation professionnelles … sont autant de dossiers à propos desquels il importe de parvenir à un large consensus national compte tenu de leur l’importance et leur influence sur les prochaines générations. Ceci ne peut se réaliser, a-t-il encore dit que dans le cadre d’un climat de paix sociale et de stabilité politique.

Enfin, et dans un notable accès de sincérité, Ali Laarayedh a reconnu que les charges de l’Etat ont été alourdies, et les pouvoirs publics ont été contraints de s’endetter davantage. « Il importe, pour favoriser la relance de l’économie nationale, de réaliser l’équilibre entre les dépenses et les ressources, de faire régner la stabilité sociale, de redoubler d’effort et de productivité, a affirmé Laarayedh. C’est ainsi, qu’on pourra réaliser des taux de croissance élevés, être compétitif et gagner la confiance des investisseurs tunisiens et étrangers, a-t-il dit en concluant sur une prévision qui laisse pantois : le taux de croissance grimpera à 4%, en 2014.

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