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Assassinat de Brahmi : Les 2 questions qui tuent et qui n’ont pas été soulevées

La conférence de presse, au sujet de l’assassinat de Mohammed Brahmi, tenue par le ministre de l’Intérieur, vendredi matin, au siège de son ministère, se voulait complète, en donnant l’occasion à tous les journalistes de poser leurs questions et trouver les réponses satisfaisantes à leurs interrogations.

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L’aspect technique a été brillamment préparé et la hiérarchie respectée aussi : le ministre parle en premier, puis le directeur général de la sécurité publique en charge du dossier. Viennent ensuite l’expert en balistique, et le très médiatique responsable de la communication du ministère ,Mohammed Ali Al-Aroui , pour intervenir là où les autres responsables ne le peuvent pas , ou ne jugent pas utile de le faire .

Les noms des suspects ont été divulgués, en insistant sur les liens étroits avec l’autre affaire : l’assassinat de Chokri Belaid . En somme, nous sommes en présence d’un même groupe, et l’arme du crime est la même, preuves et démonstrations techniques à l’appui.

Les suspects valent donc pour les deux assassinats et sont : Salman Marrakchi, Marwan Haj Salah , Ezzeddine Abdallaoui, Ali Harzi , Ahmed Rouissi , Kamel Gadhgadhi , Lotfi Ezzine et le principal accusé Boubaker Hakim , qui a conduit la moto et tué directement Mohammed Brahmi, selon les déclarations du ministre .

Boubaker Hakim prend, ainsi, subitement la place de Kamel Gadhgadhi dans la conscience collective. Au contraire de ce dernier, l’opinion publique est inondée de données, informations et détails , moins de 24 heurs après la commission du forfait. On nous fournit pour son cas , en l’intervalle de quelques heures , force et des flux de données le concernant :il est né le 1/8/1983 à Paris , il habite à Mornaguia (El-Fajja) et réside temporairement chez sa tante maternelle à la cité Ghazala .Il est qualifié de djihadiste très dangereux , activement recherché par les services de sécurité , leur filant entre les doigts quelques minutes avant une descente policière . Il s’évapore en toute vitesse, apparemment, car il laisse derrière lui des armes et deux grenades de guerre , qui devraient ,si les choses vont comme elles doivent l’être ,compromettre ses proches et leur causer des ennuis interminables , à moins qu’il ne soit, lui, appuyé par des gens très haut placés et influents, serait-on tenté de croire. Et c’est peut-être le cas, car le même Boubaker Hakim , se trouve en charge ,quelques jours après, d’une mission dangereuse ( l’assassinat d’un député ) , dans le même quartier , à quelques mètres de la maison qu’il a fuie , et qui devrait être surveillée nuit et jour . Le succès d’une mission de cette nature nécessite, comme on le sait une surveillance étroite des lieux pendant des jours. Et cette surveillance ne peut pas être faite par procuration, donc c’est Boubaker Hakim , lui-même ,qui doit l’assurer en personne .Or il est théoriquement » grillé « dans le quartier en question , comme on l’a vu .

Cette question n’a pas été évoquée par la presse, lors de la conférence de presse, mais le ministère est sommé d’y répondre même après coup.

La deuxième question qui devrait être posée, concernait Ali Harzi , membre des Ansar Chariâa , dont le nom figure sur la liste des suspects dans le double assassinat de Chokri Belaid et Mohammed Brahmi . Ali Harzi était , en plus, impliqué dans l’assassinat de l’ambassadeur américain en Libye à Benghazi, le 11 septembre 2012 . Arrêté en Turquie puis extradé en octobre en Tunisie, il a été libéré, le lundi 7 janvier 2013 , un mois presque jour pour jour avant le 1er assassinat , contre l’avis des Américains qui considéraient que Harzi était l’une des rares personnes en garde à vue dans l’affaire de la mort de l’ambassadeur américain , tout comme Jamal Abu Ahmad, un membre du Djihad islamique arrêté en Egypte . Or Ali Harzi qui est en liberté conditionnelle dans l’affaire Benghazi ,et suspect dans l’assassinat de Chokri Belaid , ne semble pas recherché activement comme il doit l’être .

Ces deux questions qui transcendent les contingences des investigations , ouvrent une fenêtre sur les éventuelles connections et facilités dont auraient bénéficié ces djihadistes .Et c’est élément-là qui peut nous édifier sur les véritables commanditaires des deux crimes ; car franchement, des extrémistes qui veulent instaurer un « Emirat islamique » en Tunisie ,ne devraient pas avoir pour priorité de tuer Chokri Belaid et Mohammed Brahmi , parce qu’ils ne figurent pas dans l’inventaire des obstacles à ce projet , mais peuvent en représenter un s’agissant d’un projet beaucoup plus terre-à-terre et « soft » .

Aboussaoud Hmidi

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