Authors Posts by Khadija Taboubi

Khadija Taboubi

631 POSTS 0 COMMENTAIRES

par -

Présent ce jeudi 31 mars 2016 lors de la réunion de la commission de législation de l’ARP, sur le projet de loi portant sur le redressement des entreprises en difficulté, Nadhir Ben Ammou, ancien ministre de la Justice du gouvernement d’Ali Larayedh, s’est opposé à la proposition d’annuler la peine de prison pour tout chef d’entreprise n’ayant pas informé la justice des difficultés que rencontre son entreprise.

Il a dans ce contexte expliqué que la peine de prison est un outil parmi d’autres pour mettre fin aux dépassements qui pourraient avoir lieu dans le monde des affaires. “Dans le monde des affaires on a toujours besoin d’une peine de prison même si cela est considéré comme dépassé”, a-t-il dit.

Selon lui, il est essentiel de punir les hommes d’affaires, notamment ceux qui se lancent dans le business à des fins de corruption et non pour contribuer à l’économie nationale du pays.

S’agissant du cas de la France qui a abandonné la peine de prison, l’ancien ministre de la Justice a indiqué qu’il s’agit d’un modèle que la Tunisie ne peut pas suivre.

Pour rappel, l’expert en loi commerciale Mohamed Ferchichi a proposé lors de cette réunion d’abandonner la peine de prison stipulée par la loi portant sur le redressement des entreprises économiques en difficulté. L’actuelle loi prévoit en effet une peine de prison, allant de 6 mois à une année, contre tout chef d’entreprise n’ayant pas informé la justice des difficultés.

par -

La députée Yamina Zoghlami, membre de la commission de législation générale, a indiqué lors de la réunion de la commission de législation, ce jeudi 31 mars 2016 à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), que le projet de loi modifiant et amendant le statut de la Banque centrale de Tunisie (BCT), adopté mercredi 30 mars par la commission des finances ainsi que le projet de loi portant sur le redressement des entreprises économiques en difficulté sont imposées par la Banque Mondiale et le fonds monétaire international (FMI).

“On n’a pas le choix et on est obligé malheureusement de le faire suite à la détérioration de la situation économique et sociale du pays”, a expliqué Zoghlami.

Il est à rappeler à ce propos que le nouveau projet de loi régissant le statut de la Banque centrale a été approuvé hier mercredi 30 mars 2016 par la commission des finances.

par -
Le député Fayçal Tebbini

Le député Voix des Agriculteurs Faycel Tebbini a déclaré, lors de la réunion de la commission de la législation générale, ce jeudi 31 mars 2016, à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) que le projet de loi portant sur les entreprises économiques en difficulté porte atteinte aux droits des Tunisiens et à la Constitution tunisienne, notamment dans son article 21.

Il a, dans le même cadre, ajouté que ce nouveau projet de loi écarte l’agriculteur et ne lui donne pas les mêmes droits que ceux donnés aux entreprises économiques, estimant qu’il s’agit là d’une forme de discrimination.

par -

Le président de la Commission de la législation générale, Chaker Ayadi, a affirmé lors d’une réunion qui se tient actuellement à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) sur le projet de loi portant modification et amendement de la loi 95- 34 sur le redressement des entreprises en difficulté économique que 1240 parmi plus de 2760 entreprises relevant de cette loi ont été sauvées.

Il est à rappeler à ce propos que la loi 34-95 souffrait, selon certains experts en la matière, de plusieurs lacunes dont principalement les mécanismes de prévention, la discrimination entre les créanciers et la période de règlement judiciaire.

par -
L’ancien ministre des Finances

Slim Besbes, membre de la commission des finances au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), a annoncé dans une déclaration ce jeudi 31 mars 2016 à Africanmanager que le nouveau projet de loi régissant le statut de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a été approuvé hier mercredi 30 mars 2016 par la commission des finances. Un rapport sur ce projet de loi devrait être prochainement soumis à l’ARP, laquelle sera chargée de fixer une plénière pour l’approbation finale de ce texte.

Ainsi, la commission des finances entamera prochainement les travaux portant sur l’approbation d’un nouveau projet de loi régissant les banques et les établissements financiers. Ce projet de loi modifie et amende la loi n°2001-65 en vigueur.

Pour rappel, le projet de loi portant création et organisation de la Banque centrale s’inscrit dans le cadre de la restructuration du système financier, tout en se basant sur les meilleures pratiques internationales et le respect de la gouvernance bancaire moderne.

par -

Dans une déclaration ce mercredi 30 mars 2016, à Africanmanager, Mounir El Ghabri, chef de projet recouvrement à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a affirmé que les impayés de la société ont atteint à fin février 2016, le hiffre record de 884 millions de dinars contre 716 MD jusqu’à la fin de la même période de l’année dernière, enregistrant ainsi que hausse de 168 MD.

Mounir El Ghabri a, dans le même cadre, estimé que les impayés de la Steg risquent de dépasser le chiffre de 1000 MD au cours de cette année, et ce à cause des dettes accumulées depuis plusieurs années.

Il a fait remarquer dans ce contexte que la campagne de recouvrement des impayés lancée durant les trois mois de l’année 2015 a permis à la société d’encaisser plus de 100MD. Les impayés de la Steg ont atteint à fin décembre 2015, le chiffre de 776 MD contre 870 MD à fin septembre de la même année.

C’est ainsi qu’il a annoncé que la Steg lancera un nouveau plan d’action de sensibilisation et de recouvrement des impayés. Ce plan d’action démarrera en avril prochain et se poursuivra pendant quelques mois.

par -

Il semble que l’année 2016 s’annonce bonne et prometteuse pour les investisseurs qui souhaitent développer leurs activités en Tunisie, comme en témoignent les intentions d’investissement déclarés auprès des services de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII) durant les deux premiers mois de cette année. Les régions du développement régional ont également tiré leur épingle du jeu. Durant le seul mois de février 2016, les investissements industriels déclarés ont atteint 368,3 millions de dinars contre 218,8 MD au cours de la même période de l’année 2015, enregistrant ainsi une hausse de 68,3%.

Le nombre de projets déclarés est passé de 302 au cours du mois de février 2015 à 322 en février 2016, soit une augmentation de 6,6%. Ces projets permettront la création de 4745 postes d’emplois, contre 3742 emplois en février 2015, soit une progression de 26,8%.

Par ailleurs, pour les deux premiers mois de cette année, les investissements déclarés dans le secteur industriel ont atteint le montant de 591,3 MD, contre 385,4 MD durant la même période de l’année écoulée, enregistrant ainsi une hausse de 53,4%. Le nombre de projets déclarés a atteint 613 au cours des deux premiers mois 2016 contre 596 lors des deux premiers mois 2015, soit une augmentation de 2,9%. Ces projets permettront la création de 8691 postes d’emplois, contre 8389 postes d’emplois durant les deux premiers mois 2015, soit un accroissement de 3,6%.

En ce qui concerne Les investissements relatifs aux projets dont le coût est supérieur à 5 MD, les chiffres ont atteint plus que le double, enregistrant ainsi une hausse de 209,5% passant de 108,8 MD au cours des deux premiers mois 2015 à 336,7 MD au cours de la même période de 2016. Le nombre de ces projets est passé de 11 à 25 au cours des deux premiers mois 2016. Ces projets permettront la création de 1602 postes d’emplois, contre 521 postes d’emplois lors des deux premiers mois 2015, soit une progression de 207,5%.

Il est à signaler à ce propos que les projets de 5 MD et plus qui ne représentent que 4,1% du nombre des projets déclarés et 18,4% du nombre des emplois, totalisent 56,9% de l’ensemble des investissements déclarés.

S’agissant du développement régional, il est à noter  que les deux premiers mois 2016 ont été caractérisés par une hausse au niveau de l’investissement déclaré dans les zones de développement régional de 83,1% avec 235,3 MD contre 128,5 MD au cours de la même période de 2015. La part de ces zones dans l’ensemble des gouvernorats est passée de 33,3% à 39,8% durant les deux premiers mois 2016.

L’augmentation ainsi enregistrée au niveau des investissements déclarés dans les zones de développement régional est imputable essentiellement au gouvernorat du Zaghouan dont les investissements ont atteint 55 MD, contre 17,3 MD durant les deux premiers mois 2015.

Ont également augmenté les investissements déclarés dans le gouvernorat de Beja en passant de 3,1 MD à 20,5 MD durant les deux premiers mois 2016.

De même, les investissements déclarés dans le gouvernorat de Kairouan sont passés de 19,3 MD à 42MD. Aussi, les investissements déclarés dans les délégations de développement régional du gouvernorat de Sfax ont augmenté de 21,2 MD à 43,5 MD durant les deux premiers mois 2016.

Idem pour le gouvernorat de Gafsa où les investissements déclarés ont atteint 15,3 MD contre 5,8 MD durant les deux premiers mois 2015 suite à la déclaration de la création d’une centrale à béton pour un montant de 7,1 MD et à la déclaration de la création d’une unité de transformation de plâtre pour un montant de 5 MD.

par -

Le projet de loi sur les terres collectives, sujet de contestation depuis plusieurs dizaines d’années, n’en finit pas de faire polémique. Les membres de la commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et du commerce, réunis ce jeudi 24 mars 2016 à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) au Bardo pour auditionner le ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières, Hatem El Euchi, sur ledit projet, l’ont vivement critiqué.

La députée de Nidaa Tounes et membre de ladite commission, Zohra Driss, a exprimé des craintes à l’égard du tribunal foncier qui sera chargé, tel que stipulé dans le projet de loi régissant les terres collectives, de résoudre les problèmes fonciers, exprimant ainsi des réserves par rapport à la gestion des affaires foncières par le tribunal en question. « Je dis et je redis que les gens ne font pas confiance à de tels tribunaux. Il y a des risques de fraude et de corruption », a-t-elle dit.

D’autres députés ont vivement critiqué l’article de loi qui donne aux gouverneurs le pouvoir absolu en matière de gestion des terres collectives.

Commentant les critiques des députés de ladite commission, le ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières, Hatem El Euchi, a tenu à préciser que plus de 350 mille hectares de terres collectives posent toujours de sérieux problèmes fonciers, soulignant toutefois que ces problèmes ne datent pas d’aujourd’hui, mais plutôt des années 60. Ces terres agricoles existaient déjà dans plusieurs gouvernorats du pays, notamment à Sidi Bouzid et Gafsa. Les problèmes fonciers de plus d’un million de terres collectives ont été par ailleurs résolus.

Le ministre a, dans le même cadre, indiqué que les dossiers des terres collectives qui ne sont pas encore régularisés seront transférés au tribunal foncier, lequel sera chargé de résoudre les problèmes fonciers de plus 350 mille hectares de terres collectives. Il appelle à cet égard à renforcer le tribunal foncier à travers le recrutement de nouveaux juges et le renforcement de ses équipements afin de lui permettre d’accomplir ses missions dans les meilleurs délais. « Il y a un manque concernant le nombre des juges chargés des dossiers fonciers », a-t-il assuré.

Hatem El Euchi a, sous un autre angle, annoncé que le décret gouvernemental concernant le changement de la nature des terres collectives relevant du gouvernorat de Kasserine en domaines privés sera bientôt publié au JORT, au plus tard mardi 29 mars 2016. Cette décision permettra de régulariser les problèmes fonciers des terrains collectifs. « Cela permettra aussi au moins de ne plus parler de terres collectives dans le gouvernorat en question », a-t-il dit.

L’objectif aussi est de permettre au tribunal foncier de résoudre les problèmes fonciers des terres collectives dans un délai ne dépassant pas les 5 ans, soulignant toutefois que le tribunal foncier n’intervient que lorsque la commission de gestion se trouve incapable de résoudre le problème.

El Euchi a fait savoir, en outre, que la composition de la commission de gestion des terres collectives et les prérogatives du gouverneur ont été définies en réponse à la nouvelle Constitution, annonçant ainsi le lancement d’une agence pour les recettes foncières.

Il a, à ce propos, annoncé que des consultations régionales sur le projet de loi relatif aux terres collectives auront lieu une fois le projet soumis à un conseil ministériel, faisant remarquer toutefois que beaucoup font des confusions par rapport aux terres collectives, même les universitaires. Selon ses déclarations, les terres collectives n’appartiennent pas à l’État mais plutôt sont en propriété collective, sans attestation de propriété.

Le ministre des Domaines de l’État a en outre indiqué qu’un projet de loi permettant aux jeunes chômeurs d’exploiter certaines terres du domaine de l’État (ou terres publiques) devrait être soumis, vers la fin du mois en cours, à l’approbation d’un conseil ministériel qui sera tenu à cet égard. Le jeune chômeur pourra bénéficier de ce terrain de manière gratuite ou sous forme de « loyer », selon la situation. L’objectif est d’aider les jeunes chômeurs à lancer leurs propres projets avec le moindre coût. « Une fois examiné par un conseil ministériel, le projet de loi sera soumis à l’ARP pour approbation », a ajouté El Euchi.

par -
Les cours ont été suspendus

L’abandon ou le décrochage scolaire, un  fléau qui ne cesse de se propager en Tunisie, comme en témoignent les chiffres dévoilés lors d’une journée d’étude organisée samedi 19 mars 2016 à Tunis par la fondation Amana relevant du groupe Loukil. Selon les chiffres du ministère de l’Education, entre 1981 et 2015, l’abandon scolaire a touché 4 325 127 élèves. 106 mille élèves ont, en 2015,  quitté les établissements éducatifs sans diplôme.

Lors de son intervention en marge de cette rencontre, Néji Jalloul, le ministre de l’Education a appelé à la nécessité de mobiliser tous les moyens nécessaires pour réhabiliter le travail, promouvoir la culture et développer  l’esprit d’entreprise auprès des jeunes. Il faut aussi réconcilier les élèves avec l’école, laquelle doit être, selon lui, un espace attractif offrant  un encadrement personnalisé et des activités périscolaires essentielles à l’épanouissement des élèves.

Le ministre a également insisté sur le rôle fondamental de la formation professionnelle et l’enseignement technique qui doivent prévaloir dans la lutte contre l’échec scolaire. « Ils doivent devenir l’axe structurant de notre politique éducative et de lutte contre l’abandon scolaire », a-t-il dit.

De son côté, Bassam Loukil a souligné que le taux de l’abandon scolaire entre le primaire et le collège est de 10 %, faisant remarquer à ce propos qu’il s’agit d’un diagnostic alarmant dont les conséquences économiques et sociales sont inquiétantes. En effet, ces jeunes se retrouvent très précocement sur le marché du travail, sans diplôme, sans qualification et sans aucune aptitude à répondre aux besoins des entreprises qui, paradoxalement, peinent à recruter, a souligné le président de la fondation.

Quant à lui, Adel Haddad, directeur des programmes au ministère de l’Education, a indiqué que l’abandon scolaire conduit inéluctablement à l’oisiveté, au repli sur soi, à l’isolement, à la frustration, au désespoir, à la révolte contre la société et forcément à la délinquance. « Psychologiquement fragilisés et livrés à eux-mêmes, ces jeunes constituent une proie facile pour les trafiquants, les filières de l’immigration clandestine et évidement celles de la radicalisation », a expliqué Haddad, avant d’ajouter que ce que coûte le décrochage scolaire à la société est largement supérieur au coût qu’on aurait dépensé en éducation ou en formation professionnelle pour ces jeunes.

Bouzid Nsiri, directeur des études et de la planification au ministère de l’éducation a dans le même contexte indiqué que les jeunes âgés de 15 à 19 ans qui sont en abandon scolaire sont majoritairement analphabètes et sans activité. « Ce sont surtout eux les grandes victimes du chômage de long terme », a-t-il affirmé, précisant qu’il y a une forte corrélation entre cette réalité et la catégorie sociale de l’élève. Les filles en zones rurales sont toutefois les plus touchées par l’abandon de la scolarité, selon ses déclarations.

Face à ce constat alarmant, tous les intervenants à cette rencontre ont appelé à la nécessité d’agir sur plusieurs fronts et  ont proposé des issues de secours pour contrer ce fléau et inverser cette tendance qui, selon eux, ne doit pas être considérée comme une fatalité. Des mesures curatives ont été avancées appelant à venir en aide aux élèves ayant quitté l’école et à ne pas tirer tout de suite un trait définitif sur leur scolarité. « Les jeunes décrocheurs qui reviennent doivent être entourés et bénéficier de notre programme éducatif baptisé ‘’ l’école récupère ses enfants » a déclaré Adel Haddad.

Selon des statistiques présentées par le ministère de l’éducation, parmi les 100 mille élèves en décrochage scolaire en 2015, figurent six mille élèves de l’enseignement primaire. Un taux de 60% des élèves en décrochage scolaire abandonnent volontairement les études contre 40% renvoyés conformément à la loi.

Bien encore, près de 360 mille élèves âgés de 6 à 18 ans ne poursuivent plus leurs études, sachant que l’abandon scolaire cause une perte du budget du ministère estimée à 1400 millions de dinars, soit 36%. C’est dans ce cadre déjà que s’inscrit la campagne nationale « l’école reprend ses enfants » lancée par le ministère de l’Education depuis le 11 novembre 2015, ce qui a permis la réinsertion plus de 6 mille élèves.

par -

Yassine Brahim ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale a accordé une interview exclusive à Africanmanager où il a parlé du nouveau code de l’investissement et du plan quinquennal 2016/2020.

Yassine Brahim a parlé également de l’investissement privé, de la croissance économique ainsi que des résultats des négociations avec le FMI, la BAD et la Banque Mondiale. Interview :

Qu’en est-il du code de l’investissement ?

Il faut rappeler que le gouvernement tunisien avait entamé depuis l’année 2007 une nouvelle réflexion sur le code de l’investissement mais qui a été retardée suite à la Révolution. En 2012, une commission composée des membres du ministère de l’Investissement et des Finances a été mise en place dans le but d’achever ce travail  tout en prenant en considération les nouvelles exigences de la Tunisie postrévolutionnaire.

Une consultation très élargie a eu lieu dans les différentes régions du pays et ce, en coordination avec les organisations patronales et syndicales ainsi que les différentes chambres du commerce. Résultat : En 2013, un nouveau projet de loi d’incitations à l’investissement avait été préparé et soumis à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC).

Ce projet de loi a suscité un tollé  et une vague de critiques, exigeant son retrait de l’ANC.

Et quelle est votre apport pour le code de l’investissement ?

A notre arrivée à ce département,  on s’est focalisé sur cet objectif surtout que cela a été exigé par le FMI, lequel a considéré ce projet de loi comme l’une des réformes nécessaires pour la promotion de l’investissement dans le pays.

Quelles sont les grandes lignes de ce code ?

Le nouveau code de l’investissement est axé sur trois chapitres : Le premier concerne l’accès au marché public. On a voulu dans ce cadre libérer le secteur des énergies pour qu’il soit plus compétitif et mettre en place les dispositions nécessaires permettant aux agriculteurs de bénéficier des financements.

Le deuxième chapitre touche le droit et l’obligation de l’investisseur. A cet égard, on a voulu se mettre au même niveau que plusieurs pays étrangers comme la Turquie ou encore le Maroc. On a voulu également permettre à l’investisseur aussi bien tunisien qu’étranger de bénéficier des mêmes avantages, tout en donnant aux étrangers la possibilité d’aller à l’arbitrage international sans avoir des conflits avec l’Etat.

Le dernier chapitre a trait aux incitations à l’investissement tout en se concentrant sur les priorités du pays dont le développement régional, l’emploi et l’export.

On a également essayé de faire du nouveau code de l’investissement une loi simple composée de 25 articles tout en intégrant  les détails dans les décrets d’application avec une gouvernance transparente. Une instance nationale d’investissement sera créée à cet effet  afin  de régler tous les problèmes  bureaucratiques.

En outre, il y aura  un fonds tunisien d’investissement financé par l’Etat et il aura pour mission d’inciter le secteur privé à investir. Il y aura aussi un conseil supérieur d’investissement qui sera chargé de déterminer la politique de l’Etat pour l’encouragement à l’investissement.

Le nouveau code de l’investissement est actuellement chez l’ARP, pourriez-vous avancer une date pour son approbation ?

Il est à noter que ce code d’investissement avait été validé en octobre dernier lors d’un conseil des ministres avant d’être soumis à la commission des finances de l’ARP. Des séances de travail ont eu lieu à cette occasion avec  plusieurs organisations à l’instar de l’UTICA, la Connect, l’UGTT, le CJD, l’Ordre des Experts Comptables et l’UTAP.

La commission des finances va prochainement commencer l’examen du nouveau code article par article et on devrait par la suite prendre part à ces réunions pour présenter les décrets d’application. Nous espérons que code sera validé le plus tôt possible sachant que d’autres lois font l’objet d’un examen à l’ARP comme la loi bancaire ou celle régissant la BCT.

Quelle est la valeur ajoutée de ce nouveau code d’investissement  par rapport à l’emploi, considéré comme un objectif principal de la Révolution ?

La nouveauté est le développement régional et l’accompagnement de l’investisseur dans les phases les plus difficiles. A titre d’exemple, un investisseur qui veut créer un projet d’une valeur de 10 millions de dinars dans une région de développement interne, l’Etat contribuera à hauteur de 30% dans ce projet. S’il y a de l’intégration locale, cet investisseur va aussi bénéficier de l’accompagnement de l’Etat à travers des subventions supplémentaires et de l’exonération de CNSS pour une période de 10 ans.

Dans quelle mesure ce code est-il capable de résoudre l’épineux problème du chômage ?

Le nouveau code vise l’amélioration du cadre et non plus la création de l’emploi. Ce code englobe des incitations pour encourager les investisseurs d’aller dans les régions internes et générer un environnement propice à l’investissement et à la création de l’emploi. Le code est tout simplement un environnement d’investissement qui encourage l’investisseur et c’est l’un des facteurs de la promotion de l’investissement. Par contre, on peut orienter ce code de manière à inciter les investisseurs à s’implanter dans les régions.

Certains membres de la commission des finances à l’ARP ont décidé de retarder la promulgation de ce code à cause de l’exclusion des mesures fiscales. Qu’en pensez-vous ?

C’est un point de vue, sachant qu’on n’a pas reçu une demande officielle y afférante. Cependant, les partis au pouvoir ont fortement soutenu ce code en choisissant de séparer les mesures fiscales de celles financières. On a présenté ce projet et un débat a eu lieu avec le gouvernement en place à propos de cette question. Donc, la décision est claire : la fiscalité va rester telle qu’elle est jusqu’à ce que le département des finances promulgue le code général des impôts. L’idée est de ne pas voir les opérateurs économiques dispersés par plusieurs textes.

En ce qui concerne la position de certains députés, je pense qu’il est important de réinstaurer le débat de manière à expliquer le choix du gouvernement.

Passons  maintenant au plan quinquennal 2016-2020, où on en est actuellement ?

On a bien avancé dans ce projet. Un conseil ministériel restreint sera tenu à cette occasion pour présenter les projets notamment les demandes faites par les régions. On va, en fait, entrer dans la phase des discussions d’arbitrage  et l’idée de finir tout ce travail avant la fin de ce mois en cours avant de le soumettre à un conseil des ministres au cours de la première semaine d’avril prochain.  Et par la suite, ce plan sera soumis à l’ARP pour examen et adoption, et ce, avant la fin de la session parlementaire.

Dans quelle mesure ce plan pourrait répondre aux besoins des régions de l’intérieur ?

Ce plan est quasiment ambitieux étant donné qu’on a identifié nos problèmes avec un taux de croissance jugé faible durant les cinq dernières années d’autant plus qu’on n’a pas créé assez d’emplois dans les régions de l’intérieur. L’idée est d’appliquer la notion de la discrimination positive de manière assez forte en connectant les régions à la côte.

Ce plan va aussi privilégier les grands projets comme le projet d’autoroute Tunis -Gafsa et  l’autoroute Tunis–Jelma ou encore le projet du port d’Enfidha. Ces projets d’infrastructure seront orientés vers les régions  et  la priorité sera donnée aux zones industrielles.

De plus, la répartition budgétaire ainsi que celle des projets tiennent compte du développement régional. Notre but est d’assurer le développement des régions côtières mais aussi le développement des régions intérieures le plus vite possible de manière à réduire les écarts entre elles.

Vous avez signalé que ce projet nécessite des financements importants. Quelles seront les sources de financement ?

On a investi environ 30 milliards de dinars entre 2011 et 2015  et nous voulons aller au delà de 45 milliards de dinars sur les cinq prochaines années. On est capable de le faire en gardant quelques équilibres macro-économiques, bien évidement, la croissance. Aujourd’hui, on voit que la croissance est en train de s’améliorer

On va, d’autre part, utiliser d’autres moyens comme le partenariat public-privé. C’est important étant donné que l’investissement public n’était pas assez significatif durant les dernières années vu que plusieurs projets ont été retardés. On rentre dans le nouveau plan avec 25 milliards de dinars de projets retardés pour des raisons multiples comme le problème foncier et le manque d’études…

On a beaucoup travaillé en 2015 sur cette question et on a enregistré des améliorations. La Commission supérieure des marchés a déjà validé plusieurs projets, soit l’équivalent de 70% de projets, enregistrant ainsi une hausse par rapport à 2014.

Notre but pour l’année actuelle est de continuer sur le même rythme pour que l’investissement public soit efficace. On restera, à cet égard, dans un cadre d’endettement acceptable de moins de 60%.

On pourrait faire plus, si nos partenaires comme la Banque Mondiale et Banque Africaine de Développement, nous accordent plus de dons. C’est déjà le débat qu’on entamera prochainement.

Et dans quelle mesure peut-on dire que cela est réalisable ?

C’est réalisable surtout que le monde entier continue de soutenir la Tunisie dans son processus de transition et sa démocratie naissante. C’est pourquoi  les institutions financières ont doublé voire triplé les dons au gouvernement tunisien.

Encore plus, ce monde a besoin que la Tunisie réussisse et il est conscient des difficultés et des risques qui guettent la Tunisie.

Vous êtes en négociation avec une délégation du FMI mais aussi avec la BAD et la Banque Mondiale ? Où on en est actuellement ?

Ces institutions financières se trouvent en Tunisie depuis 1960 pour financer non seulement les projets, mais aussi appuyer le budget en cas de déficit. Maintenant, on peut aller sur le marché extérieur, mais avec des taux d’intérêt plus importants. Un crédit par exemple avec la BM nous oblige à payer entre 1 et 1.5% contre 7% pour les marchés des capitaux. Donc, c’est dans l’intérêt du pays de négocier avec la BM ou la BAD au lieu d’aller sur le marché des capitaux.

Pour que ces institutions soient confiantes et apporteront de l’appui budgétaire, il faut qu’elles soient sûres que nos comptes sont viables. C’est dans ce cadre que s’inscrit la visite du FMI en Tunisie. L’objectif est d’étudier les finances du pays et d’y émettre une opinion.

Mais pour que ces institutions fassent confiance de nouveau à la Tunisie, certaines conditions doivent être réunies ?

Oui, à vrai dire, cela ne pourrait se faire en l’absence d’un programme de réformes adéquat. Tel est les cas du FMI qui effectue actuellement un audit sur l’économie nationale. C’est pour cette raison qu’on a discuté avec cette institution d’un nouveau programme sur quatre ans.

On a déjà proposé notre calendrier de travail et notre programme de réformes, mais le FMI a exprimé certaines réserves par rapport à certaines questions. Ils ont considéré que la masse salariale dans la fonction publique est devenue énorme notamment avec les augmentations réalisées au cours ces derniers temps et le nombre des fonctionnaires. Ils ont considéré aussi dangereux le fait d’utiliser les dons et les crédits pour le paiement des salaires et non pour l’investissement.

On aura dans ce sens des discussions pour les convaincre qu’on a besoin de la paix sociale pour réformer le pays.

La délégation du FMI va revenir à la fin de ce mois  pour continuer la négociation et on espère trouver un accord qui permettra non seulement d’avoir un crédit dans des conditions favorables, mais aussi de rassurer la communauté internationale. Car, si le FMI  prête, cela veut dire que les comptes sont solides et du coup, les autres organisations seront certainement rassurées.

Et pour les autres bailleurs de fonds ?

Les négociations se poursuivent également en ce qui concerne le financement des projets. Pour l’appui budgétaire, ces bailleurs de fonds attendent encore nos discussions avec le FMI.

Quand peut-on parler de la relance de l’investissement privé ?

L’investissement privé a certes baissé à 11% du PIB contre 15% en 2015, mais il a maintenu le même rythme en termes de valeur, l’équivalent de 8 milliards de dinars.

Certes, l’investissement privé a connu une certaine diminution, mais c’est compréhensible à cause de l’instabilité.

Est qu’est ce qui nous manque tout court ?

Ce qui nous manque aujourd’hui, c’est la stabilité sociale et sécuritaire. On a besoin aujourd’hui plus que jamais d’accélérer le rythme des réformes et des projets pour que les citoyens sentent que le pays est en train de changer.

Si cette ambiance s’installe avec une meilleure résolution du problème sécuritaire, on va pouvoir aller à un autre stade en termes de capacité d’investissement et de création d’emplois.

Vos estimations en termes de croissance pour 2016 ?

Lors des discussions avec le FMI, on a revu notre taux de croissance à seulement 2%.

Quand peut-on parler de la relance économique ?

Si on fait 2% de croissance au cours de cette année, il sera supérieur à la moyenne réalisée au cours de ces quatre dernières années.

Et quelle est votre estimation pour 2017 ?

On espère réaliser une croissance de l’ordre de 3.5% en 2017. On commence déjà à repasser à des stades qui commencent à nous relancer et la moyenne sur cinq ans serait de l’ordre de 4%. Si on arrive à réaliser cette moyenne au cours 2016-2020 alors qu’elle était aux alentours de 1% en 2011, on est dans la reprise économique.

Ce plan quinquennal sera le plan de la relance économique et on espère que le plan suivant sera celui de l’accélération.

Le facteur-clé à mon avis est la stabilité sécuritaire vu que plusieurs secteurs ont été touchés comme le tourisme et l’investissement.

On a fixé  comme objectif pour 2016, la relance de l’investissement surtout que le flux a beaucoup baissé dans le secteur du tourisme et des services. On visera une croissance de l’ordre 7% en termes d’investissement.

Si on réalise de l’investissement en 2016, les deux prochaines années seront positives. Dans ce cadre, on va essayer de donner l’exemple en poussant l’investissement public. Une fois, l’investissement public redémarre, l’investissement privé sera certainement au rendez-vous.

En tant que membre du gouvernement, êtes-vous satisfait du rendement de l’équipe de Habib Essid ?

Afek Tounes fait déjà partie de la coalition au pouvoir. Les choses se sont certainement bien passées jusqu’à la fin de novembre dernier, date  du déclenchement de la crise du premier parti au pouvoir, Nidaa Tounes. Les choses sont devenues plus compliquées  et on ne comprend plus rien et on a eu une déconnexion entre le gouvernement et le parlementaire.

De toutes les  façons, le rythme du gouvernement n’est pas satisfaisant et il est temps d’accélérer le programme des réformes et de réalisation.

par -

La séance d’audition du gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) Chedly Ayari et du ministre des Finances, Slim Chaker tenue  jeudi 10 mars 2016 à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a été ponctuée de vives altercations.  Le projet de loi relatif à la Banque centrale ne finit de faire  polémique et du bruit : Il semble que le terme « Indépendance » tel que souligné dans le nouveau texte ne trouve pas grâce aux yeux des députés de ladite commission, et ils l’ont crûment signifié à ses auteurs et forcément avocats.

Intervenant lors de cette rencontre avec les députés de la commission des finances, le gouverneur de l’institut d’émission a tenu à préciser qu’il n’a jamais reçu d’ ordres du gouvernement depuis la prise de ses fonctions à la tête du temple de l’orthodoxie monétaire voici 4 ans, ni de la part des chefs du gouvernement pas plus que des ministres des Finances qui se sont succédé depuis..   « J’ai travaillé dans l’indépendance totale et la transparence absolue (…) je n’ai jamais apporté de modifications à aucun texte de loi régissant la Banque en question ». Et de préciser dans le même contexte que l’indépendance de la BCT telle que stipulée dans le nouveau projet de loi réglementant la BCT n’est pas quelque chose de nouveau en soi et qu’elle a été mentionnée juste pour réaffirmer  l’indépendance de la Banque centrale.

Chedly Ayari a sous un autre angle indiqué que le nouveau projet de loi de la BCT sera un grand projet pour la Tunisie et se présentera comme une pièce maitresse dans l’organisation du système financier tunisien.

Présent à cette séance d’audition suite à l’appel de l’un des membres de la commission des finances, le ministre des Finances, Slim Chaker a, quant à lui, indiqué que le nouveau projet de loi réglementant la BCT fera de cette institution d’émission, une banque de nouvelle génération. « Nous voulons faire de la banque centrale une banque de nouvelle génération qui travaille avec les meilleures pratiques internationales », a-t-il dit.

Slim Chaker a, dans le même cadre, indiqué que le nouveau projet régissant la Banque centrale va réfléchir une image positive de la  banque et du  pays en général. Cela va permettre également, selon le ministre, d’améliorer la note souveraine du pays qui a valeur  aujourd’hui de garantie de sortie sur le marché international.

Le ministre des Finances a, en outre, souligné que le nouveau projet de loi régissant la BCT  contribuera également à émettre  des signes positifs pour les investisseurs étrangers et les institutions financières  internationales.

Il a affirmé que ce texte vient en harmonie avec la nouvelle Constitution surtout dans ses articles 78 (nomination du gouverneur de la banque centrale) et 91 (l’indépendance de la BCT), deux termes qui s’inscrivent dans une importante logique de complémentarité, selon ses dires.

D’après lui, le nouveau projet de loi de la BCT prévoit de nouvelles mesures de contrôle telles que la création d’une commission  d’audit interne, la nomination de deux experts-comptables sur  appels d’offres. Le projet de loi permettra aussi au chef du gouvernement de créer une commission de contrôle chargée de suivre les opérations financières de la BCT en cas de soupçons.  Il offre également aux députés de l’ARP la possibilité d’inviter le gouverneur de la Banque centrale et de l’interpeller  sur des questions bien déterminées.

La séance d’audition de Chedly Ayari a été également caractérisée par un clash entre le gouverneur de l’institution d’émission et le membre de la commission des finances à l’ARP, Mohamed Fadhel Ben Omrane.

Ce dernier a en effet vivement critiqué la participation de la Banque centrale en la personne de son vice-gouverneur au conseil d’administration de Tunisian Foreign Bank (TFBank), affirmant  que ce comportement est illégal et nuit  à l’image de la BCT. « Il s’agit d’une règle d’éthique que nous cherchons à promouvoir », a  martelé Ben Omrane.

Une déclaration qui a vite fait de mettre en boule  Chedly Ayari qui a apostrophé sont contradicteur en ces termes : « Vous êtes nul et vous ne comprenez rien aux banques. Il s’agit d’une banque française et nous avons le droit d’y participer », a-t-il dit.

Le gouverneur de la BCT, abondant dans ce sens,  a invité le membre de la commission des Finances,  récemment reconduit à la tête du groupe parlementaire de Nidaa Tounes à l’ARP, Fadhel Ben Omrane à saisir  la justice et porter plainte contre la Banque centrale sut la question.

Pour information, la Tunisian Foreign Bank (TFBank) est une banque de droit français affiliée à la Fédération Bancaire Française. Son capital est détenu par des institutions financières tunisiennes. Elle participe depuis sa création en 1977 au développement des échanges économiques et commerciaux entre la Tunisie et la France et accompagne les Tunisiens résidents à l’étranger (TRE) dans leurs projets d’investissements en France.

FOCUS 🔍

"L’entrée en activité du nouveau système de gestion de terminaux portuaires " TOS " (Terminal Operating System) au port de Radès se fera progressivement,...

Le meilleur des RS

Un Post partagé, qui dit «Il préfère parcourir 400 kilomètres à pied pour Carthage, et refuse la cueillette des olives pour 40 DT par...

INTERVIEW

Taoufik Rajhi, le «Monsieur grandes réformes» du gouvernement de Youssef Chahed, est aussi l’un des principaux négociateurs de la Tunisie avec le FMI, dont...

AFRIQUE

La découverte de pétrole en eau profonde au large du Ghana, qui sera bientôt annoncée par le groupe africain Springfield, est historique pour le...

Reseaux Sociaux

SPORT

L'Etoile sportive du Sahel a annoncé, lundi sur sa page "Facebook", avoir engagé l'espagnol Juan Carlos Garrido à la tête de son équipe séniors...