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Mohamed Lahmar

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Déjà omniprésents sous le régime de Ben Ali, les mauvais résultats de l’économie tunisienne ne se sont guère améliorés après la révolution, pis, de nouveaux maux sont apparus. En particulier, au moins trois syndromes ont été répertoriés par le think tank ARI (Arab Reform Initiative).

Tout d’abord, bien qu’une certaine dose de politiques budgétaires et monétaires expansionnistes visant à contrer les chocs négatifs initiaux ait fait sens juste après la révolution, la situation financière du pays, notamment ses niveaux élevés de dépenses publiques, est devenue à ce jour clairement insoutenable.

Ensuite, et malgré les politiques expansionnistes, les taux de croissance ne se sont pas redressés au fil du temps et le chômage est demeuré élevé. Bien que cela puisse s’expliquer par la montée de l’insécurité jusqu’en 2016, la faible croissance entre 2017-19 suggère que les causes du mal sont plus profondes. En partie, le climat des affaires s’est détérioré avec une augmentation de la corruption et une expansion des activités informelles (et illégales) comme la contrebande. Cela pourrait être lié à un affaiblissement des capacités de l’État à appliquer les lois, mais aussi à la montée du copinage.

Troisièmement, l’augmentation des dépenses publiques ne s’est pas accompagnée d’un déplacement suffisant vers des dépenses plus utiles. En fin de compte, pour accroître la croissance, la part des dépenses globales devra passer de la consommation à l’investissement. Au lieu de cela, même si les dépenses publiques ont augmenté de six points de pourcentage entre 2010 et 2018, l’investissement public a diminué au cours de ladite période et son efficacité a été affectée par les goulots d’étranglement dans l’exécution des projets.

Ce qui attend le prochain gouvernement !

Les faiblesses économiques dont le diagnostic a été posé suggèrent qu’un un vaste programme attend le prochain gouvernement issus des élections en cours, qui aura sur les bras une situation macroéconomique explosive, un programme structurel difficile allant de la réforme du secteur public (à commencer par les entreprises d’État) à un meilleur fonctionnement des marchés, en passant par un programme de justice sociale axé sur le développement des régions périphériques.

Dans l’immédiat, recommande l’ARI, certaines mesures de stabilisation budgétaire seront nécessaires. Cela sera sans aucun doute difficile pour toute nouvelle administration. Sur le plan politique, des questions telles que la manière d’ajuster la politique fiscale pour atteindre la durabilité tout en favorisant la justice sociale exigeront non seulement l’attention des technocrates, mais aussi des négociations difficiles entre les politiciens et les groupes de citoyens. La demande sociale d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité demeurera également élevée, ce qui nécessitera des discussions sur les sacrifices à consentir dans le présent pour obtenir des gains dans l’avenir. À cet égard, les questions de concurrence et d’innovation seront particulièrement importantes.

Un président faible et un parlement fragmenté

Le résultat des prochaines élections déterminera la nature de l’éventail des possibilités. La possibilité existe que le président qui sortira des urnes soit faible et le Parlement fragmenté. Dans ce cas, une grande partie des défis de la période à venir sera probablement le lot du Parlement, où les solutions exigeront la formation de coalitions réformatrices et les pressions d’une opposition constructive.

Mais en tout état de cause, la transition démocratique de la Tunisie risque de rendre l’élaboration des politiques économiques plus confuse. Après tout, contrairement aux systèmes à parti unique où toutes les initiatives ont tendance à émaner du sommet, les décisions doivent maintenant être négociées avec de nombreux acteurs et prendre en compte des intérêts antinomiques. Pourtant, comme en témoignent de nombreuses jeunes démocraties dans le monde entier, les ordres démocratiques “désordonnés” ne sont pas nécessairement incompatibles avec le progrès économique. Au Kenya, au Ghana, au Bangladesh ou au Mexique, par exemple, les démocraties nouvellement établies réussissent souvent à obtenir de bons résultats économiques tout en restant “au bord du chaos “. Cela signifie que s’il est peu probable que le progrès vienne des efforts de développement menés par l’État, il peut finir par être stimulé par le lobbying d’un secteur privé et d’une société civile de plus en plus dynamiques, qui, malgré la corruption, feront pression pour que l’État et les marchés fonctionnent mieux.

Apprendre à vivre « au bord du chaos »

Ainsi et bien que la lutte contre les faiblesses structurelles demeure une priorité, il est plus probable que les progrès proviendront de l’amélioration du fonctionnement de la démocratie. Sur le front des réformes, l’ordre du jour prévoit de repenser les règles de l’ordre démocratique (partage du pouvoir entre la présidence et le Parlement, financement politique, méthodes pour les élections locales, le niveau d’autonomisation et de participation de la société civile (en particulier, dans les systèmes horizontaux de responsabilisation), et le renforcement des agences indépendantes de régulation. Une telle amélioration réduira la prédation du marché et le risque politique, générant des gains ascendants même en l’absence de politiques industrielles dirigées par l’État, souligne l’ARI.

Le rôle de la communauté internationale, en particulier de l’UE et des IFI, sera encore plus important à l’avenir pour stabiliser la Tunisie. Les financements extérieurs ont commencé à s’assécher et il y a un certain niveau de “lassitude tunisienne” au sein de la communauté internationale. Mais plutôt que de se concentrer uniquement sur le financement, la Tunisie a avant tout besoin d’un point d’ancrage extérieur crédible qui l’aide à moderniser ses systèmes de concurrence, d’innovation, de commerce et d’investissement de manière à inciter ses entreprises locales à devenir compétitives au niveau mondial afin de bénéficier plus pleinement du grand marché européen voisin. De même, l’amélioration de la sécurité régionale en Libye et en Algérie contribuera grandement à réduire les risques pour la sécurité et à améliorer le climat des affaires.

Enfin, la question de savoir si la Tunisie sera en mesure d’échapper à une crise macroéconomique reste très incertaine. Qu’une crise survienne ou que la Tunisie soit obligée d’apprendre à vivre les prochaines années “au bord du chaos”, le plus important déterminant à long terme du succès sera de savoir si la Tunisie a ce qu’il faut pour résister aux tares des démocraties contemporaines, à savoir le copinage enraciné et le populisme destructif. Les deux bêtes sont déjà en train de montrer leurs horribles têtes. Les élections en Tunisie et leur déroulement sont en soi un signe de progrès. Ces progrès doivent être salués. Mais la tâche difficile de gouverner ne fait que commencer, pronostique le think tank ARI.

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Il est dans la littérature des élections présidentielles presque partout dans le monde que les candidats malheureux soient prompts à contester le résultat du scrutin, généralement avec force protestations et beaucoup moins d’arguments. Le premier tour de la Présidentielle en Tunisie n’a pas dérogé à cet usage, inauguré à ses dépens il y a cinq ans par Moncef Marzouki par pas moins de huit recours.

Les Tunisiens se retrouvent en face du même scénario, mais aux retombées beaucoup plus délétères, pouvant même faire peser des menaces d’invalidation du résultat national du premier tour de l’élection présidentielle du 15 septembre. Ils seront fixés sur son issue, demain lundi 23 septembre, quand la Cour administrative d’appel aura rendu son arrêt concernant les recours formés contre les résultats préliminaires de la Présidentielle anticipée, dont l’examen a été achevé samedi, de même que les plaidoiries des avocats des parties ayant intenté les recours et ceux des candidats objets des recours et qui figurent en tête du classement, nommément Kais Saied et Nabil Karoui.

Les moyens de fait et de droit invoqués portent, à titre principal, sur «  les tentatives d’influencer les électeurs à travers les réseaux sociaux et les médias audiovisuels ainsi que la rupture du principe d’égalité des chances entre les candidats », comme détaillés par le responsable de l’Unité de communication au Tribunal Administratif. Mais l’avocate de l’ISIE qui affirme que cette dernière « se tient à égale distance de tous les candidats et veille à l’application de la loi électorale », y ajoute au rang des griefs « la publicité politique et son utilisation, par les candidats des chaînes de télévision en dehors du temps d’antenne qui leur sont accordé, fixé en vertu d’une décision conjointe entre l’ISIE et la HAICA ».

La volonté de l’électeur est-elle indemne ?

Il est de la toute première importance de relever et de souligner cette déclaration de l’avocate qui affirme, déjà, que « ces infractions n’ont pas été jusqu’à influencer la volonté de l’électeur ». Sera-t-elle suivie par les magistrats qui, ce faisant, débouteraient les candidats Seifeddine Makhlouf, Abdelkrim Zbidi, Slim Riahi, Neji Jelloul, Hatem Boulabiar et Youssef Chahed ? En l’état actuel du processus, il n’ya pas lieu de jurer de quoi que ce soit. Bornons-nous à noter que la polémique n’a de cesse d’enfler depuis qu’un certain dimanche 15 septembre 2019 au soir, le juge administratif Ahmed Souab avait estimé que « la possibilité existe de faire tomber le candidat Nabil Karoui, si l’ISIE, la Cour des Comptes et le Tribunal Administratif arrivent à conclure et juger que l’action de la chaîne Nessma TV en faveur du candidat Karoui durant sa campagne électorale, est un financement pécuniaire de cette campagne, ce qui est formellement interdit ».

Concédons que ce cas de l’espèce est tout à fait inédit en Tunisie et rare ailleurs, particulièrement en Europe où la question centrale tient au fondement juridique de l’annulation des résultats des élections         dont le principe ne peut valoir que lorsque les infractions commises ont eu une incidence sur les résultats globaux (attribution des mandats). Dans l’ensemble, les juristes constitutionnalistes estiment que « la circonstance qu’une ou plusieurs irrégularités ou manœuvres aient été commises ne conduit pas automatiquement à l’annulation de l’élection » Et l’on se remet au juge qui aura alors tout loisir d’apprécier, au cas par cas, si la sincérité du scrutin a pu être affectée. Et pour ce faire,         il s’appuie sur la gravité, l’ampleur et les répercussions potentielles de ces irrégularités avec l’écart des voix.

Le primat de la sincérité du scrutin

Dans la jurisprudence y afférente et plus encore les débats auxquels elle donne lieu, émerge l’idée que lorsque, au regard de l’écart des voix, de la nature et de l’ampleur de la manœuvre, de l’irrégularité ou de l’abus de propagande en cause, le magistrat estime que la sincérité du scrutin a été viciée, il annule en principe l’élection. Mais il y a aussi la probabilité que la justice administrative penche vers l’annulation partielle de l’élection, cas plus fréquent dès lors qu’il s’agit d’élections législatives ou municipales dans un scrutin de liste à la proportionnelle, avec répartition suivant la règle de la plus forte moyenne.

Le prétoire administratif tunisien n’ayant connu qu’en une seule occasion d’affaires de contentieux électoral suite à huit recours introduit par le candidat Moncef Marzoui au second tour de la Présidentielle de 2014, on ne pourra pas parler de jurisprudence établie. D’ailleurs, tous les recours formés alors ont été jugés irrecevables dans le fond et la forme, leur auteur ayant été soupçonné d’avoir saisi la justice par pur « esprit de malice et de chicane ».Qu’en serait-il des recours de 2019 ?

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Le premier tour de l’élection présidentielle en Tunisie peine à livrer ses secrets et les vrais raisons qui ont fondé les votants à porter leur choix sur deux candidats, le professeur de Droit constitutionnel, Kais Saied, et le publiciste Nabil Karoui, que la presse internationale présente sous les traits de parfaits inconnus. Il est vrai qu’ils étaient embusqués quelque part, mais ils n’ont jamais fait mystère de leurs ambitions présidentielles, et sont, au demeurant, soupçonnés d’y travailler en tissant leurs toiles à la sourdine.

La surprise a été d’autant plus retentissante venant de deux politiciens irrévélés. Et à une enseigne telle que “Saied ni Karoui n’appartiennent pas à l’establishment, ni ne sont proches de l’armée ou même des syndicats ouvriers forts”, fait remarquer le quotidien britannique « The Independent ». Il n’en note pas moins qu’ils ont réussi à éliminer des politiciens poids lourds qui étaient liés soit à l’ancien régime, soit aux islamistes, y compris le chef du gouvernement sortant, deux de ses prédécesseurs, le ministre de la Défense et un ancien président de la République.

Saied est un « conservateur social qui a cherché à faire cause commune avec les jeunes tunisiens qui font pression pour le changement. Plus curieusement, les électeurs ont soutenu Karoui, un homme d’affaires controversé qui est enfermé dans une cellule de prison pour évasion fiscale et et blanchiment d’argent ». Les deux candidats ont prouvé que mener de grandes campagnes traditionnelles pour gagner des voix dans le monde arabe n’est plus d’actualité. Le message du peuple était fort et clair : ils veulent du changement.

Le nouveau “soulèvement politique” en Tunisie érode les espoirs de l’Ennahdha (le plus grand mouvement islamiste) et des fanatiques laïques post-révolutionnaires, tout en fixant de nouvelles règles pour le jeu politique.

Deux populismes antinomiques

Surtout, Saïed et Karoui représentent deux formes de populisme presque diamétralement opposées, estime, pour sa part, le think tank « Brooking Institution ». La vocation intellectuelle de Saïed et son programme de “pouvoir au peuple” attirent une foule plus jeune et plus instruite, en particulier les révolutionnaires désabusés. En effet, les sondages de Sigma Conseil suggèrent qu’il a obtenu de meilleurs résultats parmi les personnes ayant un diplôme d’études universitaires et les jeunes qui votent pour la première fois. Karoui, en revanche, obtient de bons résultats parmi les anciens électeurs de Nidaa Tounes ainsi que parmi les électeurs pauvres et ruraux, en particulier ceux qui ont bénéficié de son programme de charité. Selon les sondages, Karoui a gagné près de 41 % des électeurs n’ayant pas reçu d’éducation formelle, et 30 % des électeurs n’ayant reçu qu’une éducation primaire, ajoute le think tank.

Bien que les résultats des élections soient un bouleversement majeur pour l’establishment, ils fournissent également des leçons importantes pour l’avenir. L’établissement avait été considérablement divisé créant ainsi une occasion pour deux candidats qui ne s’en réclament pas d’arracher les deux places du second tour.

Mais la plus grande surprise de cette élection a peut-être été la mauvaise performance d’Ennahdha, le parti islamiste qui a joué un rôle dans chaque gouvernement élu depuis la révolution de 2011. Les observateurs spéculaient régulièrement que la machine électorale d’Ennahdha pouvait régulièrement générer de 20 à 30 % de l’électorat, mais son candidat, Abdelfattah Mourou, n’en a recueilli que 11 % dimanche. Si leur piètre performance se répète lors des élections législatives, et si leurs dirigeants décident que leurs nombreux consensus et compromis sur le rôle de la religion et sur les objectifs de la révolution sont à blâmer, cette défaite pourrait avoir des implications majeures sur la façon dont le parti se positionne pour l’avenir, prévoit The Independent.

Une nouvelle élite politique arabe !

L’élection présidentielle tunisienne s’inscrit dans un nouveau mouvement majeur qui secoue les régimes arabes stagnants. Les gens du Moyen-Orient semblent prêts à s’offrir une toute nouvelle élite politique. Il peut y avoir un manque d’expérience pour diriger l’État, mais les gens se concentrent sur de nouveaux visages et de nouveaux agendas, relève The Independent.

Les généraux complaisants et les islamistes ont été enfermés dans leur ballet mutuel pendant si longtemps que la deuxième vague du printemps arabe est passée presque inaperçue. Ils sont incapables de comprendre ou d’aborder les changements profonds mais silencieux qui commencent à définir les sociétés arabes.

En 2018, les indépendants ont dominé les élections municipales tunisiennes. Cela a ouvert la voie à un nouveau style de politique non partisane au pays. Aujourd’hui, on a deux politiciens relativement inconnus au second tour des élections présidentielles, et plus encore, il est probable qu’un groupe similaire de politiciens obtiendra de bons résultats lors des élections législatives prévues le mois prochain.

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On n’a pas fini de gloser sur l’énigmatique ascension du professeur de Droit constitutionnel, Kais Saied, couronnée d’un confortable accès au second tour de l’élection présidentielle, plus est en ballotage favorable face à son concurrent Nabil Karoui. On a peine à trouver une grille de lecture qui permette de décrypter et le personnage, et le projet qu’il porte réellement depuis qu’il trône sur les sondages puis aux premières loges d’un scrutin où les grosses pointures n’étaient pas du petit nombre.

On ne pourra pas s’excepter de citer au rang de ses atouts une probité que l’on dit à toute épreuve et à tous crins. Mais cela ne suffit pas pour faire un présidentiable, probablement un président, presque surgi de nulle part, sans parti politique, une machine nécessaire pour accéder à la magistrature suprême, ni un trésor de guerre, le candidat ayant refusé même le moindre financement public auquel il avait pourtant droit, encore moins une camarilla d’hommes d’affaires ou autres argentiers qui verraient en lui « l’oiseau rare ».

Antisystème devant l’Eternel, Kais Saied, avait indiscutablement d’autres ressorts, et il est en train d’apparaître quelques indices renseignant sur un réservoir de jeunes, dynamiques, dévoués, ayant beaucoup d’imagination, qui ont été une clé de succès majeure dans cette saga, car c’en est une. Leur concours serait décisif alors les bureaux de vote, en ce dimanche 15 septembre dans l’après-midi, étaient peu fréquentés, voire déserts, incitant le président de l’ISIE, Nabil Baffoun, à lancer un pathétique appel de dernière minute aux jeunes électeurs. « Les jeunes Tunisiens ont encore une heure pour voter », a-t-il dit peu avant la fermeture des bureaux de vote. « Nous devons quitter nos maisons et voter ; c’est un droit que nous avons conquis de la révolution de 2011 qui a coûté des vies ».

Pour de nombreux jeunes électeurs, ce sont la révolution, l’absence de progrès et le sentiment de désillusion qui se sont accumulés depuis lors qui les ont empêchés de se rendre aux urnes, ont-ils dit à Middle East Eye (MEE). «  Je ne vais pas voter. La révolution tunisienne a été la plus grosse erreur jamais commise”, a déclaré l’un d’eux. Mais d’autres ont dit à MEE que c’est précisément ce désenchantement qui les a amenés à voter pour Kais Saied, un professeur de droit de 61 ans sans expérience politique qui a mené une campagne presque introuvable.

Le « candidat des étudiants ».

Un gros coup de pouce pour Saied semble avoir été donné par les jeunes Tunisiens. Un sondage réalisé par Sigma Conseil a révélé que 37 % des électeurs âgés de 18 à 25 ans et 20,3 % de 26 à 45 ans lui ont donné leurs suffrages, tandis que les électeurs plus âgés ont préféré Nabil Karoui.

« Kais Saied est le candidat des étudiants “, a déclaré Hatem Milki, porte-parole de Nabil Karoui, à MEE à propos du rival du candidat de « Qalb Tounès ». « Il a l’image du professeur préféré. Ils ne sont pas nécessairement plus conservateurs, mais les électeurs entre 18 et 25 ans ont une attitude différente vis-à-vis de l’Etat, contrairement à leurs parents, ils ne voient pas l’Etat comme quelque chose de fonctionnel ».

Une journaliste de 26 ans, a déclaré que Saied devait sa victoire au “système”. Davantage de jeunes auraient voté pour le candidat de gauche Mohamed Abbou, a-t-elle dit, n’eût-été la campagne de dernière minute lancée contre lui par les partisans du régime déchu. « Un jour avant les élections, ils ont orchestré une campagne de diffamation massive sur Facebook contre Mohamed Abbou, un combattant de la corruption politique. Sa popularité croissante parmi les jeunes les terrifiait “, dit-elle.

Un chantre de la lutte anti-corruption

Le co-fondateur du mouvement « 3ich Tounsi » qui participe aux élections législatives, et responsable du département de recherche du groupe, cité par MEE, a déclaré que pour de nombreux jeunes électeurs, Saied incarnait leurs plus grandes préoccupations concernant le statu quo.

“Les jeunes ont le sentiment que nous ne pouvons plus nous permettre la corruption politique endémique et les privilèges des politiciens en place”, a-t-il dit. “Kais Saied représente le meilleur des deux mondes : un néophyte politique et un professeur de droit expérimenté imbu de valeurs traditionnelles.”

Le mot de la fin, c’est une étudiante de 19 ans qui l’a débité. Elle affirme avoir dressé une liste de ses trois meilleurs candidats : Abbou, Abdelfattah Mourou, candidat du parti Ennahdha, et Saied, une liste qu’elle avait ensuite expurgée. « Kais Saied était celui qui restait ». « J’étudie à la a faculté où il enseignait. Il est neutre, indépendant et plus fiable que les autres.”

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L’ISIE vient de le décréter, ce sont les candidats Kais Saied et Nabil Karoui qui vont se retrouver au second tour de l’élection présidentielle. Les dès sont ainsi jetés pour les 24 autres postulants et plus encore pour celui du mouvement Ennahdha, Abdelfattah Mourou, qui s’était accroché à l’improbable espoir d’un recomptage des voix auquel, d’ailleurs, l’ISIE a mis davantage de temps que prévu avant de proclamer officiellement les résultats du premier tour de ce scrutin stupéfiant par son issue et fâcheux par ses retombées.

Tout bien considéré, cette Présidentielle a sa dramaturgie qui tient d’abord à son calendrier qui a pris de court tout le monde et bouleversé les plans des états-majors de tous les partis, happés par le temps et désorientés par le subit chamboulement des priorités. Saied et Karoui entendaient autrement cet avatar, le premier en se lançant dans cette course compliquée avec des idées sommaires, et à peu près sans le sou si ce n’est quelques emprunts pour de menus frais. Le second, qui s’y préparait depuis un bail, n’avait eu qu’à mettre en branle sa machine convertie de société de bienfaisance en dispositif électoral sophistiqué adossé à une chaîne de télévision dédiée.

Deux prétendants perspicaces

Deux prétendants qui se sont lancés à l’assaut d’une forteresse réputée inexpugnable, l’establishment dont est issu immanquablement tout le personnel politique de quelque bord puisse-t-il se réclamer. Sans doute étaient-ils plus perspicaces que d’autres pour avoir détecté dans toute son étendue le ressenti de l’électorat et être allés au devant des attentes de franges insoupçonnées de la population négligées par un échiquier politique occupé à s’étriper et à intriguer. Kais Saied surtout, a compris que les Tunisiens qui avaient «  fait une révolution dans un cadre légal », « veulent quelque chose de nouveau… une nouvelle pensée politique ». Au vu du résultat du premier tour,         ce candidat, sous des dehors de néophyte politique, tenait la recette pour damer le pion à ses concurrents, pour la plupart blanchis sous le harnais, en évitant les partis politiques et les rassemblements de masse avant le vote, choisissant plutôt de faire du porte-à-porte pour expliquer sa politique.

La simplicité de sa campagne a peut-être aussi renforcé sa crédibilité en tant que quelqu’un qui est engagé dans une croisade contre la corruption, qui, de l’avis de nombreux Tunisiens, a entravé leur transition vers la démocratie. « Saied a un certain attrait, en particulier pour les jeunes désabusés qui croient que la révolution a été détournée par des partis politiques corrompus “, a déclaré Sharan Grewal, chercheur à la Brookings Institution ». « Il leur offre une réforme très technique mais structurelle : la décentralisation du pouvoir, habilitant les gens à contrôler l’élite », a-t-il expliqué cité par Middle East Eye

Infatigable pèlerin

Saied aura à en découdre au second tour avec un candidat antisystème comme lui. Nabil Karoui, un magnat de la télévision reconverti en politique après un passage par la case philanthropie qui lui a valu l’empathie et l’adhésion des laissés-pour-compte pour la satisfaction des besoins desquels il a pris son bâton de pèlerin en sillonnant le pays dont il écumait les coins les plus reculés. Une charité bien médiatisée, toutefois, et pour laquelle il était accusé de « faire commerce de la misère des gens ».

Le fait est que ses oboles ont fait pleurer dans les chaumières, le célébrant comme le bon samaritain que l’Etat n’a pas réussi à l’être. Et cela a fondé Nabil Karoui à en tirer les dividendes sous la forme de suffrages et d’un plébiscite qu’il va devoir mettre en jeu face à son rival Kais Saied. Deux figures auxquelles on doit la déconfiture électorale d’un establishment fait de partis et de forces politiques qui ont fait la pluie et le beau temps, des lustres durant, mais qui finissent dans une bérézina à nulle autre pareille.

Quel que soit le vainqueur du second tour, forcément un antisystème, c’est une autre page qui va s’ouvrir pour les Tunisiens déjà habités par des tourments de différents ordres et auxquels les régimes et les gouvernements successifs étaient toujours en peine d’apporter même un début de solution.

Peu rompu à la politique, encore moins à la gestion de la chose publique et des rouages de l’Etat, surtout dans une conjoncture des plus difficiles pour ne pas dire désastreuses, celui qui remportera le scrutin présidentiel, ne devrait pas, dans tous les cas de figure, être en mesure de faire voir aux Tunisiens le bout de tunnel. Les minuscules prérogatives qui lui reconnaît la Constitution ne le permettent pas. D’aucuns parlent d’énormes incertitudes, d’autres carrément de saut dans l’inconnu.

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Bochra Belhaj Hmida a adressé , mercredi 11 septembre, un message d’une rare virulence au directeur exécutif de Nidaâ Tounès, Hafedh Caid Essebsi, l’accusant d’avoir “exténué les Tunisiens et beaucoup nui au pays”, ajoutant que “les portes de l’enfer se sont ouverts à Nidaâ ” dès le premier jour où HCE y a mis les pieds.
” Vous parlez de ceux qui ont trahi feu président Béji Caid Essebsi, alors même que vous êtes le seul et l’unique à l’avoir trahi”, a-t- elle dit à son adresse.

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De toute évidence, le sort de l’élection présidentielle ne se jouait pas lors du Grand débat télévisé du 7 septembre. Loin s’en faut, dès lors qu’il s’agissait pour la première fournée de candidats en lice de se prêter au jeu des questions/réponses d’autant plus aseptisé qu’il excluait la moindre confrontation entre les 8 protagonistes. L’absence de journalistes pugnaces a fait le reste.

Du coup, on s’est retrouvé         condamné à suivre une sorte de remake d’un concours où il était demandé aux postulants de répondre à des questions convenues et préparées à l’avance, le plus souvent par des laïus faits de lieux communs, de généralités confinant à de futiles platitudes, sans aucun intérêt pour la pertinence de la cause ni pour la compréhension du citoyen. Il est vrai aussi que les deux modérateurs de service, ligotés par le format choisi, on fait sentir à tout bout de champ et aussi rudement qu’ils le pouvaient la dictature du chronomètre. Les candidats, réduits au rôle de récitateurs de poncifs appris presque par cœur, ne se sont pas fait faute de faire de ce « Grand débat » un exercice fastidieux, languissant et inexpressif. En tout cas, il lui manquait cruellement cette force de conviction inhérente à la confrontation, aux passes d’armes et aux échanges d’arguments.

Mais en faisant le choix d’organiser cette série de trois débats, ses promoteurs pensaient certainement à bon droit que de semblables plateaux sont indispensables pour procurer au citoyen l’opportunité de juger les propositions de ses futurs représentants, et surtout de pouvoir juger du fond à la lumière de clés et d’une grille de lecture qui permettent d’estimer la pertinence et la cohérence des programmes. On ne pourra que déplorer que ce ne fût pas le cas, même si on peut avoir la faiblesse de penser que les protagonistes du 2ème et du 3ème grand débat, ce dimanche et lundi, tenteront de faire oublier les contreperformances du premier peloton.

Au demeurant, si ce premier débat a fini en eau de boudin, c’est aussi que parce que les candidats n’étaient pas appelés à répondre aux mêmes questions, ce qui aurait permis de souligner bien des clivages et de mettre en relief la variété des approches des uns et des autres et donné en fin de compte au citoyen la latitude de se reconnaître dans celles qui répondent le mieux à ses attentes. Dans tous les cas de figure, ce débat était davantage de nature à conforter l’idée que l’on se faisait de tel ou tel plutôt que de les départager. Ce sera indubitablement au second tour de l’élection présidentielle lorsque les deux ultimes concurrents entreront dans le vif du sujet et joueront leur dernière carte.

L’économie, grand absent !

Ce grand débat a manifestement péché par une variété de tares, mais la plus déterminante a été le champ des sujets abordés et des questions s’y rapportant. Ils n’étaient nullement en prise directe sur les préoccupations du Tunisien, ses soucis quotidiens et de toujours qui ressortissent en tout premier lieu au volet économique de son existence. Entendons par là l’inflation, le chômage, la précarité, entre autres, qui sont des tourments de tous les jours et auxquels les gouvernements successifs et plus encore les présidents de la République depuis 2011 n’ont jamais réussi à apporter des réponses. Les passer ainsi sous silence, c’est passer littéralement à côté de la plaque, et administrer la preuve irréfragable que la hiérarchie des priorités de ceux sollicitent les suffrages des Tunisiens n’a aucune mesure avec celle de la Nation.

Etait-ce réellement nécessaire de gloser sur les prérogatives régaliennes du prochain président de la République et sur d’autres attributions de divers ordres, toutes de presque nul effet sur le quotidien du citoyen ? N’aurait-il pas été préférable que les auteurs des questions aient été plus avisés d’interpeller les candidats à la charge présidentielle sur ce qui touche au vécu du citoyen ? D’autant que le taux de chômage s’établit à 15,3 %, en hausse par rapport à 2010, l’année précédant la révolution tunisienne, et que, chaque mois, le coût de la vie augmente alors que la monnaie, le dinar tunisien, peine à suivre le rythme.

“La plupart des promesses [des candidats] sont assez vagues “, a déclaré Sarah Yerkes, membre du programme Carnegie Middle East, au site National. “Beaucoup de partis semblent proposer une sorte de plate-forme générique pour améliorer l’économie et atteindre les jeunes, mais peu ont des idées claires sur la façon de le faire », ajoute-t-elle dans des déclarations au National qui a fait judicieusement remarquer que , au cours d’un débat auquel ont participé Abdelfattah Mourou, candidat du parti islamiste modéré Ennahdha et l’ancien président Moncef Marzouki, tous deux septuagénaires, il est apparu que le nouveau format allait probablement fonctionner plus favorablement pour les candidats les plus jeunes et les plus avisés.

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C’est peu dire que l’élection présidentielle va se tenir dans un mouchoir de poche. Il s’y engouffre une dose d’impondérable si sibylline que bien des candidats ne seraient pas dans leur tort         de se voir déjà au palais de Carthage, en fait, une escouade de six ou sept postulants qui sillonnent le pays à la pêche des voix, soutenus par des machines inégalement puissantes et rodées. Un aréopage qui se recrute, à titre principal, de l’establishment en place, comme le chef du gouvernement, Youssef Chahed, ou le ministre de la Défense, Abdelkrim Zbidi. Auxquels viennent s’ajouter un ex président de la République, malheureux candidat au scrutin de 2014, Moncef Marzouki, et deux anciens chefs de gouvernement, Hamadi Jebali et Mehdi Jomaâ.

Surtout, au rang des vingt-six candidats, deux font l’objet de poursuites pénales, relève le site Atlantic Council qui s’attend à une Présidentielle constitutive de tournant politique. Slim Riahi, un homme d’affaires autodidacte et Nabil Karoui, un propriétaire de chaîne de télévision populaire. Alors que le premier a déposé sa candidature de l’étranger pour éviter un mandat d’arrêt en Tunisie, le second a été arrêté la semaine dernière en pleine polémique sur l’exécution d’un mandat de dépôt après avoir été accusé de blanchiment d’argent et de fraude fiscale début juillet. Il doit poursuivre sa campagne pour l’élection présidentielle depuis sa cellule, affirme Atlantic Council.

L’impossible quête d’un fédérateur

Dans la tourmente, fait remarquer le site, le parti islamiste Ennhadha a désigné son vice-président Abdelfatteh Mourou, un avocat qui officie actuellement comme président par intérim du Parlement, pour être son candidat à la présidence. L’intention première du parti islamique était de chercher un candidat à l’extérieur du parti, mais les options étaient limitées et les négociations de dernière minute avec le chef du gouvernement Youssef Chahed se sont ensablées.

Une fois de plus, les partis laïcistes et sociaux-démocrates sont restés fragmentés et ne sont pas parvenus à un consensus sur un candidat convenu. Cela fera perdre de l’énergie et des ressources pour tant de prétendants à la présidence. Les appels de la société civile et de l’élite intellectuelle aux candidats démocratiques à l’élection présidentielle pour leur retrait “au profit du candidat fédérateur le mieux placé” restent sans réponse.

Mais il y a aussi une deuxième ligne de candidats. Elle est composée dans une large mesure de populaires démocrates qui contestent l’ancien système. Ce pluralisme apparent est anormal car il est assimilé à l’absence de leadership dans le paysage politique, à l’absence de politiques clairement définies au sein des groupes politiques et à la faiblesse des institutions représentatives. Elle n’implique pas l’engagement de respecter pleinement les valeurs de la démocratie sans tenter d’imposer une hégémonie politique et économique, souligne Atlantic Council.

Paranoïa politique

Le décès subit         de feu le président Béji Caïd Essebssi a clairement perturbé les calculs et les plans des partis. Le nouveau calendrier électoral laisse très peu de temps et d’espace aux candidats pour développer leur programme et même leur stratégie de communication. Certains d’entre eux n’en ont pas moins rapidement réussi à concocter une approche électorale en essayant de faire comprendre à un électorat très hésitant qu’ils pourraient changer leur vie. Mais alors, comment les électeurs vont-ils comparer et juger tous ces candidats ? Il est difficile de passer de l’image des candidats à la substance de la campagne.

En fait, le choix des électeurs va être influencé par deux autres éléments opposés : la volonté de revendiquer l’héritage de la présidence de BCE sur des questions spécifiques, y compris les droits des femmes contre la capacité à remettre en cause les craintes et les attentes des citoyens.

Mais il y a deux points à retenir, selon Atlantic Council. Aucun des candidats sérieux n’est prêt à changer le mode de scrutin s’il ne se tourne pas vers ses électeurs au lieu de faire des précampagnes pour le soutien des médias et des syndicats. Les résultats de la prochaine élection présidentielle pourraient également modifier l’éventail politique pour les élections législatives à venir. Au cours des huit dernières années, la paranoïa politique a été la règle, conduisant l’opinion publique à discréditer les politiciens et les partis politiques. Il y a des raisons de croire que la prochaine élection présidentielle apportera une nouvelle génération d’électeurs, en particulier parmi les jeunes, qui sont impatients face à la corruption et à une politique inefficace, conclut Atlantic Council.

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Il n’est pas souvent donnée de prendre le pouls des patrons et des investisseurs en des occurrences qui sont, à bien des égards, déterminantes pour l’ordonnance de l’économie et de la société. L’épisode électoral qui meuble l’actualité en Tunisie avec d’abord le scrutin présidentiel puis les Législatives est venu à point nommé pour poser 5 questions au titre d’un sondage réalisé pour le compte de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat sur les choix économiques à opérer, le rôle économique et social du président de la République, l’entreprenariat et les formalités et procédures administratives, regardées comme un handicap à la libération de l’initiative et la fluidité de l’activité économique et financière.

Quel président et quelle priorité ?

Le premier enjeu tient au choix par les Tunisiens d’une « seule mesure prioritaire » dont ils pensent qu’elle a vocation à restaurer la confiance et relancer le développement. A hauteur de 28%, la réponse a été la libéralisation de l’économie, et dans une moindre mesure (24%) la réforme de l’école et de la santé 24%, puis en 3ème position (20%) une caisse d’allocations directes aux plus démunis 20%. Agglomérées, ces propositions économiques et sociales représentent 72% des réponses. La modernisation de l’administration est choisie en 4ème lieu avec 12%, et le référendum sur le changement de régime en dernier avec 11%. La mesure prioritaire de libération de l’économie comprend notamment des baisses de taxes, taux de douane, amnisties et créations de zones franches. Les réponses à cette première question démontrent la forte attente économique de nos concitoyens, notent les sondeurs.

Dans semblable configuration quel devra être le rôle du président de la République, nonobstant les différentes interprétations de la Constitution ? La réponse est sans appel ni nuance : le chef de l’Etat est investi d’un rôle majeur pour assure le sauvetage économique et social du pays. Pour ce faire, il lui est commandé par 70% des sondés d’échafauder un programme économique et social alors que seulement 22% sont d’un avis contraire au motif que les attributions qui sont celles du président de la République se limitent à la diplomatie et à la défense.

L’entreprenariat en vedette

Au rebours de ce qui est communément admis ayant sculpté l’état d’esprit ayant a prévalu dans le pays voici quelques années, le parcours entrepreneurial devient aujourd’hui le parcours plébiscité des Tunisiennes et des Tunisiens. En effet, à la question « si vous aviez le choix, quel type d’emploi choisiriez- vous », être patron de ma propre petite et moyenne entreprise est retenu en premier à hauteur de 43%, et travailler dans l’administration ou une entreprise publique à hauteur de 23%. Il s’agit d’un changement de paradigme, encore plus révélateur chez les 18 à 35 ans, que l’UTICA compte soutenir en promouvant des mesures d’inclusion entrepreneuriale.

Le parcours entrepreneurial est même plébiscité comme ambition nationale. 78% des Tunisiens soutiennent l’ambition nationale suivante : au moins un entrepreneur dans chaque famille tunisienne d’ici 10 ans. L’UTICA pense que l’inclusion entrepreneuriale est non seulement possible, souhaitable mais nécessaire. Elle sera à la portée pour peu que soit libéré l’accès au marché national et étranger, notamment par une diplomatie économique active, en libérant l’accès au crédit, en permettant l’immersion sectorielle des jeunes par des stages, en réformant l’école, l’université et la formation professionnelle, en simplifiant les lois et procédures et en misant sur l’auto-entrepreneuriat. L’UTICA marque son engagement à développer l’essaimage, le coaching et le mentoring.

Enfin, le Tunisien souhaite également un choc de simplification du corpus législatif et règlementaire. 58% des répondants pensent que « nous avons beaucoup de lois anciennes et illogiques qui nous retardent et nous empêchent d’avancer, qu’il faut donc supprimer et simplifier beaucoup de lois puis appliquer ce qui reste avec fermeté pour recréer la confiance ».

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L’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a annoncé, samedi, la liste définitive des 26 candidats à l’élection présidentielle anticipée programmée pour le 15 septembre prochain.
L’ISIE a publié sur sa page officielle sur le réseau social Facebook un exemplaire du bulletin de vote pour l’élection présidentielle, leur classement, leurs noms et leurs photos.
Lors d’une conférence de presse ce samedi, le président de l’ISIE, Nabil Baffoun a indiqué que le conseil de l’instance réuni aujourd’hui après l’expiration des délais de retrait des candidatures, a examiné les dossiers complets des candidats et les jugements rendus hier par le Tribunal administratif avant d’annoncer la liste définitive.
Le conseil de l’ISIE a publié une décision comportant un seul article sur la liste des candidats à l’élection présidentielle devant paraître au JORT et mis en application à partir d’aujourd’hui.
La campagne électorale à l’étranger démarre ce samedi et est programmée à partir du 2 septembre jusqu’au 13 à l’intérieur du pays.
Concernant les candidats Slim Riahi et Nabil Karoui dont les noms figurent sur la liste et qui font l’objet d’une affaire pendante devant la justice, Baffoun a expliqué que les deux candidats ont le droit de participer à la course électorale tant qu’aucun jugement n’a été rendu à leur encontre.
Voici la liste définitive des candidats validés par l’ISIE:
– Monji Rahoui
– Mohamed Abbou
– Abir Moussi
– Nabil Karoui
– Mohamed Lotfi Mraihi
– Mehdi Jemâa
– Hamadi Jebali
– Hamma Hammami
– Mohamed Moncef Marzouki
– Abdelkarim zbidi
– Mohsen Marzouk
– Mohamed Sghaier Nouri
– Mohamed Hechmi Hamdi
– Abdelfattah Mourou
– Omar Mansour
– Youssef Chahed
– Kais Saïd
– Elyes Fakhfakh
– Slim Riahi
– Salma Elloumi
– Saïd Aïdi
– Ahmed Safi Said
– Neji Jalloul
– Hatem Boulabiar
– Abid Briki
– Seifeddine Makhlouf

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Ce samedi, il est prévu des nuages localement abondants avec pluies isolées sur le nord et le centre, ces pluies seront temporairement orageuses et localement intenses l’après-midi sur le nord et le centre-ouest.
Des chutes de grêle par endroits.
Vent de secteur Nord sur le nord et de secteur Est sur le centre et le sud, faible à modéré de 15 à 30 km/h puis se renforçant relativement en fin de journée sur le Sud et dépassant temporairement 80 km/h sous orages .
Mer peu agitée à agitée dans le Golfe de Gabes..
Températures maximales comprises entre 28 et 33°C sur le nord, les hauteurs et les régions côtières, entre 33 et 37°C ailleurs et atteignant 39°C sur l’extrême sud.
Demain dimanche, des passages nuageux seront parfois abondants sur le nord et le centre avec pluies isolées .
Vent de secteur Nord sur le nord et de secteur Est sur le centre et le sud, faible à modéré .
Mer peu agitée .
Températures maximales comprises entre 28 et 32°C sur le nord et les hauteurs, entre 32 et 36°C ailleurs et atteignant localement 38°C sur l’extrême sud.

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La douane tunisienne a affirmé, vendredi, que Hafedh Caid Essebsi, a été soumis, à son arrivée à l’aéroport Tunis Carthage, en provenance de Qatar, à une fouille suite à des renseignement sur l’importation illégale par le voyageur d’une importante somme d’argent en devises.
Dans son communiqué, la douane a souligné que la fouille du président de la commission centrale et représentant juridique du parti ” Nidaa Tounes ” Hafedh Caid Essebsi, s’est déroulée d’une manière routinière et discrète et dans le respect du voyageur et de ses droits.
L’opération s’est déroulée sous la supervision directe de l’officier responsable des fouilles des voyageurs, a-t-elle encore précisé.
La Douane a, par ailleurs, fait savoir que le passager a quitté dans des conditions normales, dès la fin de l’opération de fouille.
Elle a exprimé son étonnement quant à la tentative de certaines parties de ” dénaturer les faits”, appelant à tenir la Douane loin de toutes les tractations.
Caied Essebsi a dénoncé dans un post facebook, “la fouille exceptionnelle” et “le mouvais traitement” subis à son retour en Tunisie.

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Le ministère de l’Intérieur a précisé dans un communiqué , vendredi soir, qu’une unité relevant de la Direction générale de la sûreté nationale a procédé ce jour à l”interpellation de Nabil Karoui au niveau de l’autoroute Tunis-Béja en exécution d’un mandat d’amener émis par une instance de la chambre de mises en accusation.
Le ministère ajoute que l’arrestation de la personne intéressée a eu lieu après présentation du mandat d’amener à sa demande et a obtempéré aux unités de la sûreté qui ont appliqué les procédures légales en vigueur dans de pareils cas , précisant que Nabil Karoui a écroué à la prison civile de Mornaguia.

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Surgi de presque nulle part et sur lequel peu de monde aurait osé parier un kopeck, Abdelfattah Mourou, complaisamment présenté comme le numéro 2 d’Ennahdha a été finalement choisi, à l’unanimité, importe-t-il de le préciser, comme celui qui portera les couleurs du parti lors de l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre. Le verdict est tombé mardi soir, tel un couperet mettant fin à un suspense au début duquel on apprenait que le conseil de la Choura avait pris l’option de ne pas sceller l’investiture de l’un des siens pour disputer le scrutin présidentiel, laissant la porte ouverte au soutien d’un candidat qui ne soit pas issu de ses rangs.

Le débat interne ne faisait que s’étirer et l’état-major du mouvement s’est fixé une date-butoir, renvoyant tout le monde face à l’impératif de conclure avant mardi soir, alors que les protagonistes étaient dans un mouchoir 45-44 lors du précédent conclave du conseil de la Choura. Il n’est quand même pas anodin que l’unanimité se soit vite faite de porter le choix sur quelqu’un dont on disait qu’il n’était voué à aucun haute charge au sein du parti dont il était pourtant l’un des deux fondateurs. Sans doute était-ce l’unique épilogue d’une dure épreuve à laquelle étaient confrontés tous les membres, et d’abord les militants, d’une formation politique dont la discipline est la vertu cardinale. Un parti de cadres qui fait la part belle à l’engagement militant au contraire du parti de masse qui a vocation à mobiliser un maximum d’adhérents.

La cassure a peut-être été évitée !

L’investiture de Mourou a ceci de « salutaire » qu’elle évite au mouvement Ennahdha une cassure, à tout le moins une division qui, sans rappeler ce qui arrive aux autres partis de l’échiquier politique tunisien, ne serait pas loin d’un aggiornamento qui pèsera de tout son poids sur le devenir de ce parti, d’habitude ésotérique mais auquel il est arrivé , cette fois-ci, d’étaler ses différends sur la place publique, avec la touche de pudeur qui sied à un parti islamiste. En tout cas, Mourou émerge comme un fédérateur qui aura la tâche d’arrondir les angles, raccommoder ce qui peut l’être et fixer dans le giron du parti les quelque 40 pour cent de ses membres, de jeunes militants frais émoulus, ayant rejoint Ennahdha depuis 2011 et qui, sans doute, brûlent d’en découdre avec la vieille garde.

Cette élection présidentielle anticipée au rebours des attentes des caciques d’Ennahdha déteindra-t-elle sur les Législatives où le chef du mouvement, Rached Ghannouchi, se présente dans la circonscription Tunis, et de là, briguera le perchoir de la prochaine Assemblée des représentants du peuple ? Et si c’était le cas, qu’est-ce qui pousserait Ennahdha à avoir le ventre si gros en ayant un pied au Bardo et un autre à Carthage ? Mourou a-t-il le pédigrée d’un président de la République, si peu importantes soient ses prérogatives au regard de celles d’un chef du gouvernement continuellement sous la coupe du Parlement ?

La voix de son maître !

Le fait est que le fondateur d’Ennahdha Rached Ghannouchi a estimé que le choix de Mourou comme candidat du parti est un signe de la « foi d’Ennahdha en la démocratie, la République et la révolution tunisienne », Et il ne s’est pas privé de défendre la décision de son parti de présenter un candidat à l’élection présidentielle en dépit de ses précédentes décisions contraires. Il n’en demeure pas moins que le gendre de Ghannouchi, Rafik Abdelsalam, a dénoncé publiquement comme «  un mauvais choix qui ne répond pas aux exigences de la phase actuelle », la décision d’investir Mourou pour l’élection présidentielle.

Abdelfattah Mourou aura à croiser le fer avec une aréopage de candidats qui se font annoncer au fil des jours mais dont il ne resterait pour le round final que le postulant antisystème Nabil Karoui, et Abdelfattah Mourou , selon de analystes dont l’avais a été sollicité par le site Middle East Eye. Ils expliquent que « la course finale se déroulerait très probablement entre Mourou et Karoui, en raison de l’éventuel partage des voix entre Youssef Chahed et Abdelkrim Zbidi, qui viennent du même courant politique moderniste ».

Mourou , le pragmatique !

Sharan Grewal, chercheur invité à la Brookings Institution, a décrit Mourou comme ” un leader d’une faction libérale et pragmatique ” au sein du mouvement islamique en Tunisie. Mourou a préconisé une division stricte entre le travail religieux et politique d’Ennahdha et a exprimé son soutien au choix des femmes musulmanes de marier des non-musulmans, une question controversée en Islam.

S’il devient président, cependant, son point de vue sur la politique étrangère sera le plus important. Selon la Constitution tunisienne, le mandat du président se limite à la politique étrangère, à la défense et à la sécurité nationale. Mourou a critiqué les politiques du président américain Donald Trump dans la région, en particulier la décision de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem et son soutien à Israël. Mais, selon une autre analyse, ” un président d’Ennahdha maintiendrait probablement le statu quo ” dans les relations bilatérales entre la Tunisie et les Etats-Unis ».

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Le conseil de la Choura du mouvement Ennahdha a apprové, mardi soir, à l’unanimité, l’investiture de Abdelfattaf Mourou commme candidat du parti à l’élection présidentielle anticipée, rapporte Mosaïque fm, précisant que  l’investiture de Mourou a été adoptée sans passer par le vote.

Pourtant, il avait été annoncé plus tôt que le même conseil de la Choura  a décidé de ne pas se lancer dans la bataille de l’élection présidentielle anticipée avec un candidat issu de ses rangs.

Bien plus, le président du Conseil de la Choura, Abdelkarim Harouni, a déclaré au correspondant de l’agence TAP que la décision du Conseil concernant la sélection d’un candidat à la présidentielle de son propre mouvement ou le soutien d’une personnalité en dehors du parti sera annoncée mercredi.

Il a souligné que le Conseil de la Choura n’avait pas encore abordé les noms des candidats à l’élection présidentielle, “car la discussion sur les noms intervient après la détermination de la politique du mouvement dans la désignation d’un candidat au sein du mouvement ou l’appui d’une personnalité de l’extérieur du parti”.

Commentant le nombre élevé de candidats au poste de président de la République, Harouni a appelé l’Instance Supérieure Indépendante des Elections à prendre toutes “les mesures nécessaires pour assurer le prestige du poste de président de la République, premier poste de l’Etat”.

“Je souhaite que la concurrence des candidats à cette élection soit loyale d’autant plus que cette échéance marque le transfert pacifique du pouvoir et le bon déroulement de la transition démocratique en Tunisie”, a-t-il ajouté.

Pour sa part, le responsable du mouvement, Ali Laryadh a déclaré que la difficulté du Conseil de la Choura à décider de la nomination d’une personne appartenant au mouvement pour l’élection présidentielle ou le soutien d’un candidat venu de l’extérieur constitue “une preuve de la démocratie au sein d’Ennahdha”, soulignant l’importance que le mouvement donne son avis “étant donné qu’il ne peut rester neutre sur cette question nationale”.

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Le  conseil de la Choura du mouvement Ennahdha, réuni à Hammamet, a décidé de ne pas se lancer dans la bataille de l’élection présidentielle anticipée avec un candidat issu de ses rangs, rapporte ce mardi soir Mosaïque fm.

Le  conseil est en train d’examiner la possibilité de soutenir un candidat qui ne soit pas issu de ses rangs, ou celle d’observer une position de neutralité, ajoute la même source.

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Qu’il se soit agi de l’élection présidentielle ou des Législatives, l’édition 2019 ne dérogera pas à la règle posée cinq ans plus tôt. Ce sera la cohue chez les candidats, un casse-tête pour l’ISIE qui a recensé 1592 listes électorales, dont 695 partisanes, 190 coalisées et 107 indépendantes. Pour la Présidentielle anticipée dont le dépôt des candidatures s’est ouvert le 2 août, il y aura indiscutablement bousculade mais pas autant qu’en 2014 avec quelque 70 candidatures dont 27 ont été acceptées, et les autres, anecdotiques, téméraires ou malavisées ont tout simplement été déclarées irrecevables.

En attendant que les délais soient décrétés clos pour s’instruire du nombre exact des postulants au scrutin présidentiel, on observe comme une certaine pusillanimité des noms que l’on prenait pour certains à franchir le Rubicon. Certainement parce que le décès soudain de feu le président Béji Caïd Essebsi, a pris tout le monde au dépourvu, obligeant les uns et les autres à changer à la dernière minute leurs stratégies respectives pour rejauger leurs chances et composer avec les impondérables.

En attendant la fumée blanche de Montplaisir !

En ce dimanche 4 août, et au troisième jour des dépôts de candidatures, seuls 14 dossiers sont recensés, pour la plupart du menu fretin, en attendant que se manifestent les « majors », tels que le mouvement Ennahdha, Tahya Tounès, Nidaâ Tounès, lesquels, chacun à son échelle, soit ne semble pas pressé de se lancer dans la bataille, soit attend de savoir avec qui il va en découdre. Si Youssef Chahed, et il l’a dit, a pris sa décision qu’il annoncera dans les jours à venir, Ennahdha est engagé dans d’intenses débats internes opposant ceux qui insistent pour que le candidat du parti à l’élection présidentielle soit issu des rangs du Mouvement, et ceux dont Rached Ghannouchi lui-même, qui s’accommoderaient d’un candidat qui ne soit pas Nahddhaoui pur jus, forcément un indépendant ou une personnalité, partisane, à laquelle ont trouverait des accointances avec Ennahdha. En somme un « oiseau rare » qui serait ou bien Youssef Chahed, ou bien Abdelkrim Zbidi, dont des caciques d’Ennahdha disent du bien (de l’un comme de l’autre). En tout cas, il va falloir « retenir son souffle » jusqu’à mardi pour voir la fumée blanche s’élever de Montplaisir, peut-être plus tôt si Rached Ghannouchi se décide à mettre tout son poids dans la balance.

Très probablement, c’est de l’issue de ce marathon que dépendra le casting final de la course à la présidentielle. D’autant que le président du conseil de la Choura, Abdelkrim Harouni, et il ne s’en est pas caché, a confirmé que son parti est en consultation avec ses partenaires au gouvernement et plus encore avec Youssef Chahed au sujet du choix de la personne qui va porter d’une façon ou d’une autre les couleurs du mouvement lors du scrutin présidentiel. Youssef Chahed y est concerné au plus haut point même s’il dit s’être fait une religion sur la question. Au demeurant, l’instance politique du Mouvement Tahya Tounes l’a exhorté à se présenter à l’élection présidentielle anticipée, tout en convoquant le conseil national élargi du parti pour une session extraordinaire jeudi 8 août afin d’examiner cette question.

Un scénario consensuel !

Sans devoir se perdre en conjectures, Youssef Chahed devrait être le candidat non seulement du parti dont il est issu mais d’autres sensibilités et expressions politiques qui se reconnaissent en lui et dans les idées qu’il porte. Il semble avoir les faveurs assurées du chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi qui ne verrait pas d’un mauvais œil qu’il soit au palais de Carthage, et que, lui, s’installe au perchoir du Parlement, dans le cadre d’un scénario consensuel qui barre la route aux autres candidats qui ont échappé aux mailles du filet qui les aurait attrapés si les amendements de la loi électorale avaient été promulgués.

On ne sait pas comment le chef du gouvernement, Youssef Chahed, va s’y prendre pour mener sa campagne électorale au cas où cet arrangement serait acquiescé et scellé. Choisira-t-il d’avoir deux fer au feu, à la fois comme candidat à la Présidentielle et en tant que chef du gouvernement, quitte à s’attirer les foudres de ses adversaires ? Ou tout simplement déléguera-t-il ses pouvoirs à un membre du gouvernement qu’il aura choisi le plus officiellement du monde pour se consacrer à sa campagne électorale, chose qu’il aurait pu faire depuis un bail et, ce faisant, amélioré grandement ses chances de présidentiable ?

 

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Le chef  du gouvernement, Youssef Chahed  annoncera dans les jours à venir sa décision quant à une candidature à la prochaine élection présidentielle.

Dans une interview, jeudi soir, à la chaîne de télévision publique wataniya 1, il a indiqué que sa décision a été déjà prise, ajoutant qu’il la révèlera très prochainement à l’opinion publique, immanquablement avant le 9 août courant, date d’expiration du délai de dépôt des candidatures à l’élection présidentielle.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, accorde, jeudi soir, une interview à la chaîne nationale Wataniya 1 après le journal télévisé de 20h00, indique à l’agence TAP, une source à la présidence du gouvernement.

L’interview sera diffusée sur Wataniya 1 conjointement avec la chaîne privée Hannibal TV et radio Shems FM.

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Née dans l’euphorie des aurores de la 2ème République, la Constitution tunisienne a ramassé bien des lauriers pour ne pas dire tous. Au point que le président de la Constituante, Mustapha Ben Jaafar, dans une singulière envolée, en a dit qu’elle était « la meilleure au monde ». Seulement, à mesure qu’elle était confrontée aux péripéties de la vie politique et aux espiègleries de ses acteurs, la Loi fondamentale, a, en chemin, révélé, quelques échantillons de son défaut congénital qui est celui d’avoir été mal faite, mais surtout mal appliquée.

C’est que l’establishment en place depuis 2014 a pris effrontément le parti d’adapter la Constitution à la politique alors que c’est le contraire qui devait être érigé en règle. Et les gouvernants s’y sont livrés avec une démesure qui devrait tôt ou tard rejaillir sous des formes dont la plus ostensible à l’heure actuelle est le refus du président de la République de promulguer la loi électorale amendée par le Parlement et entérinée par l’Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi. une sorte d’ersatz à la Cour constitutionnelle qui devait voir le jour au plus tard un an après la promulgation de la Constitution. Les députés s’y sont essayés à sept reprises sans arriver à élire ses membres.

La sourde oreille !

Le chef de l’Etat, en convalescence au sortir d’un problème de santé ayant nécessité son hospitalisation, n’a pas jugé bon de signer le texte amendé aux fins de sa promulgation et de sa publication au Journal officiel. En faisant ainsi la sourde oreille, il entendait, comme l’a expliqué son conseiller politique, protester contre les dispositions jugées d’exclusion introduites par les amendements. Le président de la République, le délai forclos, ne s’est pas encore exprimé sur son refus de promulguer ni n’a dit pourquoi il n’a pas fait usage des deux mécanismes que lui reconnaît la Constitution pour rejeter le texte en question, à savoir, le renvoyer au Parlement pour une seconde lecture et soumettre le texte en question à un référendum.

Le président de la République a-t-il commis un impair en se barricadant dans un quant-à-soi constitutionnel, refusant de promulguer une loi dûment votée ? Assurément oui, au regard de l’article 81 de la Constitution qui dispose que « le Président de la République promulgue les lois et ordonne leur publication au Journal officiel de la République tunisienne, dans un délai n’excédant pas quatre jours ». Pourtant, rien dans la Loi fondamentale n’expose le chef de l’Etat à une sanction de quel qu’ordre que ce soit pour semblable forfaiture. Sauf pour une « violation grave » de la Constitution. Auquel cas, stipule l’article 88, « les membres de l’Assemblée des représentants du peuple peuvent, à la majorité, présenter une motion motivée pour mettre fin au mandat du Président de la République ». Et encore, dans ce cas, l’affaire est renvoyée devant la Cour constitutionnelle qui statue à la majorité des deux-tiers de ses membres. Une Cour constitutionnelle qui peine encore à voir le jour.

Tel Monsieur Jourdain

Manifestement, BCE n’est pas dans la configuration où il pourrait devoir répondre de « violation grave de la Constitution », ni de s’inquiéter de la moindre conséquence découlant de son refus de promulguer la nouvelle loi électorale. Une posture confortable pour le fonder à savourer la revanche qui lui tenait à cœur après les innombrables avanies qui lui ont été infligées par des proches coupables, à ses yeux, de félonie. Mais aussi le statut de tout-puissant qui est désormais le sien, celui d’un président qui dispose d’un pouvoir à ce point étendu qu’il lui est loisible d’inhiber tout processus de production de lois. Tel Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, BCE exerce une omnipotence qu’il ne soupçonnait pas, s’occupant, au contraire, presqu’en permanence à se lamenter de ne pas avoir assez de pouvoirs et a en demander plus.

Au demeurant, le président de la République s’arroge l’essentiel des prérogatives reconnues à une Cour constitutionnelle en exercice, autrement dit un pouvoir suprême auquel doivent se plier le Législateur et tous ceux qui ont vocation à appliquer la loi et d’abord l’Exécutif.

Alors que le processus électoral pour les Législatives est déjà engagé, seule la loi électorale ancienne est applicable. L’ISIE a annoncé qu’elle y défère aussi rigoureusement que l’y oblige la loi, sans aucune référence aux amendements introduits et votés par l’Assemblée des représentants du peuple.

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