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Mohamed Lahmar

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Les dirigeants tunisiens ont rarement cherché l’occasion de parler de ce qui se passe chez leur voisin. Et s’ils se sentent contraints de le faire, ils le font avec beaucoup de scrupules et autant de parcimonie. Pourtant, une partie de leurs vicissitudes, et non des moindres, vient du Sud-est, avec des menaces, moins souvent d’actes terroristes, pensés, préparés et fomentés dans les camps libyens. Serait-ce le cas du double attentat suicide de jeudi dernier ? Rien n’incite à l’exclure totalement. D’autant mois que la main de Daech qui conserve des entrées et des marques chez le voisin libyen, est explicite.

Le fait est que l’effondrement d’un appareil centralisé de sécurité et d’application de la loi en Libye a entraîné une prolifération d’acteurs non étatiques s’emparant du contrôle de petites portions du territoire dans l’ouest du pays. Cela se traduit par l’incapacité d’assurer la police du côté libyen de la frontière et a fourni aux groupes militants une zone raisonnablement sûre pour s’entraîner, s’armer et se préparer à mener des attaques en Libye. L’insécurité du côté libyen crée donc les conditions permettant aux militants de surveiller, planifier et infiltrer la Tunisie avec une relative facilité, malgré tous les efforts des forces de sécurité, estime « The Jameston Foundation »,l’institut de recherche et d’analyse basé à Washington dans une note sur les retombées de la situation en Libye sur la Tunisie.

Ce réseau complexe et hétéroclite de contrôle territorial complique également toute tentative de Tunis d’obtenir le soutien de ses homologues libyens. Alors que le territoire change de mains et que les alliances changent, il est particulièrement difficile pour le personnel diplomatique et de renseignement tunisien de maintenir et de mettre à jour les contacts nécessaires, sans parler d’assurer le soutien à la sécurité frontalière. En effet, les postes de contrôle sont des zones stratégiques précieuses, et les groupes qui les contrôlent sont susceptibles de chercher à obtenir autant de recettes financières que possible en extorquant des droits à ceux qui passent, plutôt que de les contrôler ou les contrôler. Cela signifie que la sécurité sera entièrement de la responsabilité de la Tunisie dans un avenir prévisible, car même si la LNA s’empare de Tripoli, il est peu probable qu’elle donne la priorité à la sécurisation des zones frontalières avant d’avoir consolidé sa mainmise sur les infrastructures et les ports pétroliers essentiels, prévoit la Fondation Jameston.

L’exode aussi !

La deuxième conséquence de la violence en Libye est l’afflux de réfugiés en Tunisie. Bien que la grande majorité des réfugiés libyens soient rentrés chez eux après la fin de la guerre civile de 2011, le nombre de personnes fuyant la frontière a récemment augmenté en raison du retour de la violence. Si les forces de la LNA percent les quartiers sud de Tripoli et que des combats intra-urbains éclatent dans la ville même, le nombre de personnes fuyant la frontière connaîtra une nouvelle flambée. Compte tenu des tensions politiques et de la faiblesse de l’économie tunisienne, même une augmentation relativement modeste des flux de réfugiés constituerait un sérieux défi pour le gouvernement, avertissent les auteurs de la note.

Cependant, le risque sécuritaire le plus grave que le conflit libyen fait peser sur la Tunisie n’est pas l’arrivée d’individus, mais l’arrêt du commerce transfrontalier. Le commerce transfrontalier, tant licite qu’illicite, est la principale activité économique dans les zones frontalières méridionales, qui ont toujours été négligées économiquement par le gouvernement. Les fermetures intermittentes des frontières et les déploiements accrus de personnel de sécurité rendent ce commerce impossible à maintenir aux mêmes niveaux. Les manifestations ont un impact régulier sur la Tunisie et commencent souvent par de petits problèmes locaux qui touchent l’ensemble de la population et peuvent paralyser les fonctions normales de l’entreprise. D’autres restrictions aux frontières conduiront probablement à des manifestations à Ben Guardane et dans d’autres villes frontalières importantes, ce qui risque de déclencher des troubles majeurs, ce qui est particulièrement déstabilisant dans le contexte d’élections imminentes.

En outre, le fait de priver la population locale de possibilités économiques pourrait à son tour l’inciter davantage à sympathiser, à coopérer ou même à adhérer directement à des organisations terroristes. Sous le contrôle territorial de Daech il y avait plus de 5 000 Tunisiens dans ses rangs, et malgré de nombreuses opérations antiterroristes, Daech et Al-Qaïda conservent l’infrastructure de recrutement nationale pour profiter de la hausse du chômage et de la pauvreté pour leurs propres besoins, affirme l’institut de recherche et d’analyse.

Exercice d’équilibrisme

La frontière tunisienne a été bien sécurisée ces dernières années. Située dans une zone tampon militaire, la frontière est protégée par des infrastructures physiques – tranchées, postes d’observation, clôtures et tours – et avec l’appui des États-Unis et de l’Allemagne, des mesures de surveillance électronique, y compris des vols réguliers de véhicules aériens sans pilote. Cependant, ils ne sont pas déployés de manière uniforme et il existe de multiples zones dans les zones désertiques du sud de Tataouine où les terroristes peuvent contourner ces points de contrôle. Leur mise à niveau, dans la mesure du possible, est sans aucun doute un bon début, mais elle ne résout pas le dilemme fondamental auquel est confronté l’établissement de sécurité tunisien – le renforcement de la frontière aggrave la situation économique dans les provinces du sud et fait craindre une crise sécuritaire pire que celle qu’elles veulent éviter.

« La solution réside dans l’équilibre entre les deux impulsions concurrentes, assurer la sécurité tout en minimisant les perturbations. Sur le long terme, le gouvernement tunisien doit investir dans les provinces du Sud, en améliorant les possibilités d’éducation et d’affaires et en atténuant la perception locale qu’ils sont oubliés par leurs concitoyens du Nord. Cela changerait fondamentalement le calcul politique. Toutefois, le développement significatif se mesure en années plutôt qu’en mois, et étant donné les problèmes économiques actuels de la Tunisie, il n’est pas réaliste de penser qu’il puisse être réalisé dans un délai significatif pour la crise actuelle. En tant que tel, l’exercice d’équilibrisme doit se poursuivre » pense la Fondation Jameston.

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L’interview de BCE sur El-Hiwar sera diffusée à l’heure dite, affirme la Présidence

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, remis du « grave malaise » à la suite duquel il a été hospitalisé, doit quitter ce lundi ou au plus tard demain matin l’hôpital militaire de Tunisie où il avait été admis jeudi dernier.

Dans l’entretemps, cet épisode a donné lieu à une débauche de commentaires, mais aussi de rumeurs dont la plus malveillante avait trait à une information qui s’est propagée, tel un feu de brousse, sur le décès du chef de l’Etat, aux côtés d’une autre, par bien des côtés, fantaisiste, sur un empoisonnement du président de la République, et enfin une troisième qui évoquait une tentative de complot pour s’emparer du pouvoir en place. Le fait est que si semblables bruits ont pu acquérir une certaine vraisemblance, c’est parce que la Constitution tunisienne adoptée en 2014, qui a, pourtant, prévu pratiquement tous les cas de vacance à la magistrature suprême du pays, n’a pas été relayée par les mécanismes qui régissent et organisent cette vacance, qu’elle soit temporaire ou définitive. Cela se nomme la Cour Constitutionnelle que les politiciens ont préféré, cinq années durant, garder sous le boisseau, sans avoir la plus petite clairvoyance de comprendre qu’en l’absence de cette haute juridiction, tout peut basculer d’un moment à l’autre.

D’autant que le pays était à quatre mois des élections législatives et présidentielles dont le décret de convocation des électeurs devrait être pris par le président de la République et publié au Journal officiel, avant le 6 juillet 2019. Sous peine de voir ces scrutins renvoyés à d’autres échéances. D’autant également que le projet de loi portant amendement de loi électorale avait été adopté et attendait, pour devenir loi de la République, d’être promulgué par le chef de l’Etat.

Un embrouillamini indescriptible

Un embrouillamini constitutionnel et politique qui n’aurait nullement lieu d’être si les partis politiques prépondérant au Parlement ne s’étaient pas dispensés de laisser traîner les choses, s’agissant de l’interminable succession des séances plénières consacrées à l’élection des membres de la Cour Constitutionnelle et qui n’ont jamais abouti, par la volonté, particulièrement, des élus du mouvement Ennahdha.

Un contretemps d’autant plus néfaste qu’en cas de vacance temporaire de la présidence de la République, la Constitution prévoit que la Cour constitutionnelle doit convoquer et charger le chef du gouvernement d’assumer les pouvoirs du Président pour une période de 60 jours. Mais si le poste devient vacant en permanence et de façon définitive, ladite Cour habilitera le président du l’Assemblée de la tâche d’assumer les pouvoirs du président de la République pendant une période de 45 à 90 jours, durant laquelle le pays organisera des élections. Mais ces dispositions posent aujourd’hui un problème majeur pour la Tunisie, en ce sens qu’aucun membre n’a jamais été élu pour siéger à la Cour constitutionnelle, qui n’existe que de nom. En conséquence, le pays se retrouve dans un bourbier que seuls ses députés en exercice peuvent résoudre, affirme la plateforme Stratfor, leader mondial du renseignement géopolitique.

Une importance indiscutable

Une crise de direction et de leadership n’entraînera pas nécessairement une rupture dans l’élaboration des politiques, explique le site, car le chef du gouvernement en Tunisie exerce un pouvoir politique et économique considérable, ce qui signifie qu’une vacance de la présidence de la République ne laissera pas le pays à la dérive. De même, il est peu probable qu’une telle crise affecte immédiatement la politique étrangère tunisienne, car le pays n’est pas, ne serait-ce que pour une raison ou pour une autre, une puissance régionale importante au départ.

Néanmoins, estime Stratfor, un problème de santé de Béji Caid Essebsi portera un coup à la stabilité politique de la Tunisie à court terme. Surtout, l’incertitude quant à son statut risque d’accentuer les divisions entre les partis politiques du pays, qui ont depuis longtemps montré une prédilection pour la fragmentation. Cette tendance affectera particulièrement les élections générales et présidentielles de cette année, d’autant plus que les forces politiques laïques continuent à se diviser en mouvements de plus en plus petits.

L’incertitude entourant le président de la République survient à un moment où l’économie tunisienne est en difficulté. Des niveaux élevés d’endettement public, ainsi qu’un chômage et un sous-emploi importants, entravent le potentiel d’une économie qui s’enorgueillit d’une des forces de travail les plus instruites de la région. Le cinquième examen par le Fonds monétaire international du mécanisme élargi de financement de la Tunisie, par exemple, a noté que le pays continuait d’éprouver des difficultés à gérer l’inflation et la dette publique.

Et puis il y a les problèmes de sécurité de la Tunisie, qui menacent l’industrie touristique vitale du pays. Le jour même où l’on a appris la détérioration de l’état de santé de Caid Essebsi, la police de Tunis a été visée par deux attentats suicides distincts, revendiqués par la suite par Daech. L’industrie touristique tunisienne a réussi à se redresser après les attaques visant directement les touristes en 2015, mais la reprise de l’activité djihadiste découragera naturellement le tourisme et les affaires, sans parler des effets tout aussi délétères qu’une crise du leadership aura sur le pays, conclut Stratfor.

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Ces dernières années, le Sud tunisien a attiré nombre de grands projets touristiques et d’énormes flux de vacanciers, capitalisant en cela sur le climat qui est le sien, les atouts procurés par la Nature et la diversité des produits offerts.

Dans ce cadre, maints projets touristiques sont en train de voir le jour, à l’instar de l’hôtel « Royal Khayam » dont les travaux de construction avancent à hauteur de 80%. Ce projet lancé par une société de Singapour a mobilisé des investissements de l’ordre de 30 millions de dinars.

Ce complexe touristique 5 étoiles développe une capacité d’hébergement de 150 lits, comme le précisent des données officielles du ministère du Tourisme, consultées par Africanmanager.

Douz compte parmi les villes les plus renommées du Sud-ouest tunisien, où se déploient de luxuriantes palmeraies aux confins et en plein Désert.

« Qatari Diar » de Tozeur

L’un des fleurons de l’infrastructure hôtelière du Sahara est sans conteste le projet « Qatari Diar » de Tozeur dont le chantier est pratiquement achevé. Il doit entrer en exploitation cet été avec une capacité de 170 lits pour des investissements de l’ordre de 146 millions de dinars. Ce bijou 5 étoiles ouvrira ses portes précisément courant juillet, et emploie 25 personnes.

Le projet cultive la singularité d’être édifié à Tozeur, ce qui est une première dans le cas de l’espèce, les mégaprojets étant généralement implantés dans les grandes villes et principalement dans le Grand Tunis.

On s’attend à ce que la réalisation du projet de Qatari Diar à Tozeur, développeur des plus grands complexes touristiques de par le monde, entraîne une dynamique au niveau des services et œuvre pour l’amélioration de la qualité de la main-d’œuvre sur place et la mise à niveau du produit touristique saharien, souligne le site Archibat.

Qatari Diar est détenue à 100% par Qatar Investment Authority, le fonds souverain de l’Emirat. Sa principale mission est de développer des projets immobiliers et d’infrastructures. Créée en 2005, elle a investi plus de 42 milliards de dollars à travers le monde (40% au Moyen-Orient et 30% en Afrique). Elle est très présente en France à travers des prises de participation dans la Société Fermière du Casino Municipal de Cannes (SFCMC), à hauteur de 22,7% dans un premier temps, dans le groupe Vinci également, devenant son deuxième plus important actionnaire, et à Veolia où elle s’est octroyé 5% du capital du groupe présent sur toute la planète et employant 310.000 salariés.

Le méga projet immobilier et touristique de Tozeur vient de se doter d’une existence juridique avec la constitution d’une une société à responsabilité limitée non résidente, dénommée « Qatari Diar Investissement Immobiliers – Tozeur ». L’objet de cette société est l’acquisition, la construction et le développement de terrains pour la réalisation, la commercialisation, la vente, la location, la gestion, la maintenance et l’exploitation d’un projet de complexe touristique et de loisirs luxueux dans le gouvernorat de Tozeur et la conclusion de tous les accords en vue de Ia réalisation de ce projet, précise encore Archibat.

Kébili aussi

Ailleurs qu’à Tozeur, à Kébili, par exemple, l’activité touristique dans le gouvernorat de Kébili a réalisé des résultats positifs en 2018, en hausse par rapport à 2017. En effet, le nombre des touristes qui ont visité la région l’année dernière a atteint 166 mille personnes contre 119 mille en 2017, soit une augmentation de 38,6%.

Par ailleurs, le nombre des nuitées est passé de 138 mille en 2017 à 184 mille nuitées en 2018, soit un taux d’accroissement de 35%.

Ces résultats encourageants sont le fruit notamment du retour des marchés traditionnels dont le marché français avec une hausse de 108% des arrivées, le marché allemand (226%), italien (69%), britannique (53%) et russe (23%).

S’agissant du marché intérieur, il occupe la première place en matière d’arrivées avec 50 mille touristes ayant passé 62 mille nuitées dans les unités hôtelières de la région en 2018.

Cette relance du secteur est en train de se poursuivre grâce notamment aux campagnes de commercialisation du tourisme saharien en Tunisie programmées auprès des agences de voyages et tours opérateurs et aux prochaines participations aux salons internationaux de tourisme.

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Mouvementés, ces derniers mois qui séparent les Tunisiens des élections législatives et présidentielles le sont à plus d’un titre, et à mesure que l’on s’y approche, les tensions gagnent en virulence. Les tiraillements aussi. L’IRI (International Republican Institute), l’organisation américaine missionnée pour répandre la démocratie à travers le monde, constate que « l’instabilité et la polarisation politiques de la Tunisie ont atteint un point critique » à l’approche des échéances électorales de l’automne 2019. Les rivalités politiques et idéologiques s’intensifient entre les figures de l’ancien régime et les acteurs politiques islamistes, comme le mouvement Ennahdha. La crise de leadership à Nidaa Tounes, un parti laïc composé d’un certain nombre de hauts responsables de l’État qui étaient au pouvoir bien avant la révolution, complique encore la dynamique politique fragmentée de la Tunisie, relève-t-il pour y ajouter « un effondrement de la confiance du public dans les partis et les institutions politiques ». « Au milieu de ces bouleversements politiques et de l’apathie de l’opinion publique, les élections de cette année montreront combien la désillusion des citoyens est profonde ».

Vulnérabilité à l’extrémisme violent

Il s’y greffe cependant une dimension qui se décline dans une « vulnérabilité accrue à l’extrémisme violent ». Selon l’International Crisis Group, le terrorisme est considéré par certains Tunisiens comme ” une conséquence attendue, presque une conséquence de la crise politique “. Non seulement l’instabilité politique a provoqué des divisions et polarisé le pays d’une manière qui pourrait être exploitée par des extrémistes violents, mais elle a également confondu et aggravé les réponses existantes visant à prévenir l’extrémisme violent (EV).

Cette dynamique pose d’importants défis aux acteurs clés au niveau local, estime l’IRI. Les répercussions de la transition démocratique, ainsi que l’instabilité politique au niveau national, ont entravé la capacité des autorités locales à s’attaquer efficacement à toute une série de frustrations des citoyens, y compris celles qui peuvent conduire à l’EV.

En Tunisie, les collectivités locales sont paralysées par les ressources et les difficultés croissantes liées à la décentralisation. Quatre-vingt-six municipalités (sur un total de 350) ont été créées en 2016 pour faire en sorte que chaque citoyen vaque à ses occupations et se développe dans un district municipal, et leur nouveau statut est entaché de difficultés en matière de personnel, de bureaux et de budgets. Les ” réflexes ” de l’ancien système autoritaire fortement centralisé, combinés à de faibles niveaux de sensibilisation des citoyens, exacerbent les tensions dans les communautés, explique l’IRI.

Au fur et à mesure que les administrations locales s’efforcent de s’acquitter de leurs nouveaux rôles et responsabilités, l’engagement et les initiatives des jeunes s’effondrent et les sentiments de désillusion et de désengagement ne font que croître, avec de graves conséquences sur la vulnérabilité de l’éducation des adultes, ajoute-t-il.

La voie à suivre

Bien que les administrations locales puissent se sentir limitées par des dynamiques indépendantes de leur volonté, les approches de l’ensemble de la société – qui comprennent à la fois des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux – ont un potentiel énorme pour traiter les types de griefs qui peuvent conduire à l’extrémisme violent. La société civile tunisienne est dynamique et peut travailler aux côtés des autorités locales pour amplifier l’engagement des citoyens et s’attaquer aux causes profondes de la radicalisation et de l’insatisfaction des citoyens. C’est pourquoi l’IRI dit travailler avec des groupes de la société civile de Ben Guerdan et de Kasserine, deux communautés qui ont souffert de l’extrémisme violent pendant des années, afin de cultiver un plaidoyer infranational, mené par la société civile, en faveur de politiques plus réactives et axées sur la communauté.

Face à l’aggravation des divisions politiques et à la nostalgie croissante de l’autoritarisme, certains experts pensent qu’une nouvelle régression démocratique est imminente. La Tunisie a atteint un tournant sur la voie de la démocratisation.A ce titre, il est essentiel d’engager les jeunes mécontents au niveau local afin d’endiguer la vague de vulnérabilités hyper-localisées à l’extrémisme violent. Dans le cas contraire, ces tensions pourraient s’amplifier et avoir de graves effets d’entraînement dans toute la région, avertit l’IRI.

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L’Union européenne, sur les traces du Fonds monétaire international qui a donné dernièrement son feu vert pour le déboursement de la 6ème de son prêt d’un montant de 247 millions de dollars à la Tunisie, a annoncé, ce lundi, avoir fait autant au titre de ses concours à la Tunisie en décaissant d’une aide macro- financière de 150 millions d’euros.

Il s’agit du deuxième des trois décaissements prévus dans le cadre du deuxième programme d’assistance macro- financière (AMF) adopté en faveur de la Tunisie par le Parlement européen et le Conseil le 6 juillet 2016. Au total, le deuxième programme s’élève à 500 millions d’euros. Avec la tranche déboursée aujourd’hui, l’UE aura fourni à la Tunisie 650 millions d’euros de fonds AMF depuis 2015.

Pierre Moscovici, membre de la Commission chargé des affaires économiques et financières, de la fiscalité et de l’union douanière, a déclaré que «  ce décaissement démontre l’engagement continu de l’UE à soutenir la Tunisie et son peuple. Pour sa part, la mise en œuvre réussie de l’ambitieux train de réformes nécessaires à la poursuite de ce décaissement témoigne de la détermination de la Tunisie à prendre les mesures nécessaires pour assurer sa croissance et soutenir sa reprise économique. L’UE continuera à soutenir ce processus.”

Les fonds AMF sont mis à disposition sous la forme de prêts à long terme à faible taux d’intérêt, sous réserve de la mise en œuvre de mesures politiques spécifiques convenues dans le protocole d’accord.

La Tunisie a rempli les engagements politiques convenus avec l’UE pour le déblocage du deuxième décaissement au titre du programme. Il s’agit notamment de réformes de la gestion des finances publiques, du renforcement des filets de sécurité sociale et de l’amélioration du climat des affaires. Ces mesures ont été conçues pour soutenir l’assainissement budgétaire et la croissance économique durable en Tunisie. La consolidation de la démocratie en Tunisie reste également une priorité pour l’UE.

Le deuxième programme d’AMF a été proposé à la suite des attentats terroristes de 2015, qui ont eu un impact négatif sur la reprise économique de la Tunisie. Cela a eu des retombées significatives sur la situation de la balance des paiements du pays et sur sa capacité à répondre à ses besoins de financement.

Un instrument exceptionnel

L’assistance macro-financière (AMF) s’inscrit dans le cadre plus large de l’engagement de l’UE vis à vis des pays voisins et se veut un instrument exceptionnel de réponse de l’UE aux crises. Il est à la disposition des pays voisins de l’UE qui connaissent des problèmes de balance des paiements. Il est complémentaire de l’assistance fournie par le FMI. Les prêts AMF sont financés par des emprunts de l’UE sur les marchés des capitaux. Les fonds sont ensuite rétrocédés aux pays bénéficiaires à des conditions financières similaires. Les subventions AMF proviennent du budget de l’UE.

Le deuxième programme d’AMF pour la Tunisie a été proposé par la Commission européenne le 12 février 2016 et adopté par le Parlement européen et le Conseil le 6 juillet 2016. Les conditions politiques ont été convenues entre l’UE et la Tunisie et définies dans le protocole d’accord et l’accord de prêt signés à Bruxelles le 27 avril 2017.

Le premier programme d’AMF s’est achevé en juillet 2017 et a permis l’octroi à la Tunisie de 300 millions d’euros de prêts.

La stratégie d’assistance de l’UE à la Tunisie fait appel à un large éventail d’instruments d’assistance financière et technique, y compris des programmes d’appui budgétaire au titre de l’instrument européen de voisinage (IEV), dont la Tunisie est l’un des principaux bénéficiaires parmi les pays du voisinage Sud, bénéficiant également de prêts importants de la Banque européenne d’investissement.

10 milliards d’euros au compteur

Au total, près de 10 milliards d’euros ont été mis à la disposition de la Tunisie sous forme d’aide financière continue fournie par l’UE, ses États membres et ses institutions financières sous forme de subventions, de prêts et de fonds propres. Outre ces fonds, l’UE soutient également la Tunisie en lui apportant son savoir-faire et en lui donnant accès aux programmes de l’UE. Les deux opérations d’assistance macro- financière complètent l’aide non remboursable accordée par l’UE à la Tunisie au titre de la politique européenne de voisinage et de son instrument financier, l’ENI. L’aide non remboursable de l’UE à la Tunisie depuis la révolution de 2011 s’élève à plus d’un milliard d’euros.

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Tant attendu et plusieurs fois différé, le Pont de Bizerte est techniquement fin prêt, et son projet ficelé. Il appartient désormais aux investisseurs d’approuver les dossiers de l’appel d’offres international technique et, ce faisant, désigner les entreprises auxquelles sera confiée l’exécution du projet, a assuré la présidente de l’unité de mise en œuvre du projet du nouveau pont de Bizerte, Lilia Sifaoui, dans une interview à Africanmanager.

Elle a précisé que l’unité en question a transmis les dossiers de l’appel d’offres à l’instance de conseil qui a vocation à les examiner, ensuite de quoi ils seront soumis à l’investisseur, lequel, à son tour, approuvera l’appel d’offres avant d’en faire la publication, affirmant que le démarrage des travaux est prévu courant 2020, c’est-à-dire après la clôture de l’appel d’offres et la résolution de la totalité des difficultés et problèmes fonciers.

En attendant, il a été d’ores et déjà procédé à la publication du décret d’expropriation de l’emprise de l’ouvrage dans sa première partie reliant l’autoroute A4 à la ville de Bizerte, une étape qui sera suivie d’autres dans le cadre de la pré-éxécution effective du projet dont les crédits de financement estimés à 780 millions de dinars.

L’indemnisation en bonne voie

Le gouvernorat de Bizerte affirme dans ce contexte que l’on s’achemine vers le démantèlement de tous les obstacles fonciers et immobiliers en lien avec le projet, et ce grâce à la conjugaison des efforts des autorités régionales, de l’autorité de tutelle et des citoyens, précisant que le montant des fonds alloués au titre des indemnisations s’élève à 47 millions de dinars pour la totalité du projet.

Les lots relevant de la première tranches du tracé du pont sont au nombre de 320 dont les propriétaires ont accepté les sommes qui leur ont été proposées par les services de l’Etat compétents. Quelque 98 contrats d’indemnisation ont été signés et les numéraires seront remis cette semaine à leurs bénéficiaires, alors le règlement des 62 lots restants interviendra sitôt accomplies les formalités d’enregistrement.

Concernant les autres terrains ayant fait l’objet de décret d’expropriation pour utilité publique, les fonds seront déposés au Trésor public parallèlement à la possibilité offerte aux personnes intéressées de déposer des plaintes contre le chef du Contentieux de l’Etat représenté par le ministère de l’Equipement et de l’habitat aux fins du relèvement de la valeur de l’indemnisation proposée.

Un chef d’œuvre !

Le nouveau pont de Bizerte s’étend sur une distance de 9,5 km, avec l’aménagement d’une route de 7,4 km (de la fin de l’autoroute A4 à la route locale n° 438) et la construction d’un pont de 2,7 km qui sera bâti sur le canal de navigation marine du Lac de Bizerte.

Le projet comprend en outre, la construction de 4 échangeurs aux niveaux des croisements (la route nationale 8- A4, l’entrée du pole technologique, l’entrée de la ville de Menzel Abderahmen, et la route nationale n°11) et de 2 ouvrages techniques (aux niveaux de la cimenterie et de la route municipale). Il permettra d’assurer une liaison permanente entre l’autoroute A4 et la ville de Bizerte, de renforcer l’attraction de la région et de faciliter son intégration dans l’économie nationale.

Il est prévu que la réalisation du nouveau pont central se poursuivra pendant 38 mois, alors que les travaux de liaison avec les routes et les échangeurs nécessiteront une période de deux ans.

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Les perspectives économiques en Afrique du Nord se sont récemment améliorées, tirées par la hausse des prix du pétrole, une situation politique plus stable et, principalement, certains projets d’infrastructure à grande échelle.

Selon les Perspectives économiques de l’Afrique du Nord pour 2018, publiées par la Banque africaine de développement, rapportées par le site « International Construction » le PIB brut réel de la région est passé de 3,3 % à 4,9 %. Toutefois, il convient de noter que ce chiffre est fortement influencé par les résultats meilleurs que prévu de la Libye en raison de l’augmentation de la production et des exportations de pétrole. Pour l’avenir, les données d’IHS Global Insights prévoient que la construction en Afrique du Nord connaîtra une croissance solide en 2019 et au-delà.

En Tunisie, l’activité dans le secteur du bâtiment et des travaux publics a connu récemment un notable redressement. Selon le rapport ” La construction en Tunisie – tendances clés et opportunités à l’horizon 2023 “, l’industrie de la construction a augmenté de 1% en 2018 après une contraction de 1,8% en 2017. Et il est prévu qu’elle continuera à se développer d’ici 2023.

Les prêts et les investissements étrangers ont joué un rôle clé dans cette croissance. Par exemple, en avril 2018, le gouvernement a signé un accord d’une valeur de 4,2 milliards de dinars (1,6 milliard de dollars) avec la Banque islamique de développement pour soutenir le développement de projets de transport d’électricité, la construction d’hôpitaux et le renforcement des activités commerciales dans le pays.

La construction d’infrastructures a été le plus important marché de l’industrie du bâtiment au cours de la période visée par le rapport, représentant 30,1 % de la valeur totale de l’industrie en 2018. La croissance sera soutenue par les investissements du gouvernement dans les projets d’infrastructures routières et ferroviaires, avec des investissements dans le développement

L’amélioration des infrastructures aéroportuaires est à l’ordre du jour dans le pays avec le réaménagement en cours de l’aéroport international de Tunis-Carthage, l’aéroport principal de Tunisie, situé dans la banlieue nord de la capitale. Il a également été signalé récemment qu’un nouvel aéroport doit être construit en Tunisie d’ici 2030. D’un coût estimé à 840 millions de dollars, le nouvel aéroport civil sera le dixième du pays.

L’Égypte, fer de lance

La performance de l’Afrique du Nord repose en grande partie sur l’Égypte. Un récent rapport de GlobalData, qui prévoyait l’emplacement des mégapoles du monde (une ville de plus de dix millions d’habitants) d’ici 2025, ne comptait qu’une seule ville africaine sur la liste, Le Caire. Selon les informations fournies par l’Oxford Business Group, l’Égypte comptera bientôt plus de 100 millions d’habitants.

Cette pression démographique a créé des besoins élevés en logements et également et une grande variété d’infrastructures nationales et locales. Par exemple, des projets liés à l’énergie d’une valeur de 117 milliards de dollars américains seraient en cours de réalisation en Égypte et des projets de transport d’une valeur de 57,4 milliards de dollars américains seraient à l’étude.

L’un des plus grands projets de construction du pays est celui de l’Egyptian Refinery Company (ERC), une installation de 4,3 milliards de dollars qui, lorsqu’elle sera mise en service plus tard cette année, pourra produire 4,7 millions de tonnes de produits pétroliers raffinés et dérivés par an. Au plus fort de la construction, il y avait 18 000 ouvriers sur le chantier, 25 000 tonnes d’acier, 130 000 m² de béton coulé et 3 km de câbles. Il s’agit du plus grand projet de partenariat public-privé (PPP) en Afrique.

Le Maroc aussi

Le Maroc, situé à seulement 14 km de l’Espagne, a travaillé dur pour devenir une plaque tournante stratégique pour le commerce et les investissements entre l’Europe et l’Afrique, fait remarquer « Construction International ».

L’entrepreneur belge Besix and Travaux Généraux de Construction de Casablanca (TGCC) s’est récemment vu confier la construction de la tour BMCE Bank of Africa à Rabat, au Maroc. Le bâtiment aura une hauteur de 250 m, ce qui en ferait l’un des bâtiments les plus hauts d’Afrique. L’immeuble de 55 étages comprendra un hôtel de luxe, des bureaux, un espace résidentiel et une terrasse d’observation. Un tiers de la façade de la tour sera recouvert de panneaux photovoltaïques pour rendre le bâtiment plus économe en énergie.

Ailleurs au Maroc, Vinci Construction, leader d’une joint venture avec la société électromécanique Andritz Hydro, a remporté le contrat de construction de la centrale hydroélectrique à accumulation par pompage (PSP) d’Abdelmoumen située à 70 km d’Agadir au Maroc. Le projet de 284 millions d’euros (338 millions de dollars) en pompage-turbinage s’inscrit dans le cadre du plan de développement et d’intégration des énergies renouvelables au Maroc. Le contrat comprend les études de construction, les travaux de génie civil, la fourniture des matériaux et des équipements de pompage, le montage, les essais et la mise en service.

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Après des décennies de bons et loyaux services, de massifs contingents de retraités se retrouvent, qui dans un état de dénuement total, qui souvent en train de racler le fond de tiroir, qui enfin carrément en peine de joindre les deux bouts. Les incertitudes et les aléas de troisième âge aidant, nombre d’entre eux dépensent ce qui reste de leur bas de laine à des fins de soins médicaux et autres toujours plus dispendieux.

Ces quelques séquences d’un tableau peu reluisant renseignent sur la galère qui est celle de l’écrasante majorité des Tunisiens qui ont fait valoir leur droit à la retraite, sans soupçonner que tel serait le destin que leur réserveraient le crépuscule de leur vie et l’Etat qu’ils avaient servi d’arrache-pied avec abnégation et au prix d’immenses sacrifices. Au point qu’ils vont jusqu’à parler de « trahison » qui leur est ainsi infligée au vu des difficiles conditions de vie qui sont continuellement les siennes, alors que les autorités ne ménagent aucun effort pour la leur rendre encore plus insupportables, financièrement parlant.

C’est que, notent-ils, toutes les occurrences et les occasions sont bonnes et saisies au vol pour raboter leurs pensions, au travers de lois de finances, d’autant plus budgétivores qu’elles s’exemptent rarement de mesures fiscales mettant à mal le portefeuille des séniors. C’est le cas détestable et aberrant de la contribution sociale de solidarité qui s’est installée à perpétuelle demeure, et aussi des jeux d’écriture qui dépouillent les « augmentations de pensions» annoncées en grande pompe de tout effet pécuniaire. Sans parler bien sûr des retards de déboursement des maigres pensions, comme c’est fréquemment le cas, particulièrement à l’occasion de l’Aïd dernier, de funeste mémoire.

Le chemin de croix

Des désagréments, pourrait-on dire, mais additionnés, ils s’apparentent à un chemin de croix où le retraité est condamné à couler ses vieux jours, dans l’indifférence totale voire complice d’un Etat plus enclin à rogner du mieux qu’il peut les économies des démunis qu’à procurer à ses citoyens, séniors et jeunes, les conditions d’une vie digne financée, au demeurant, par leurs propres cotisations tout au long de leurs carrières professionnelles.

Il est vrai que le gouvernement, le dos au mur, et essuyant les affres d’un déficit budgétaire qu’il n’arrive jamais à enrayer, se trouve dans l’obligation d’amputer à tour de bras les ressources là où elles pourraient être disponible-et celles des retraités en font partie-, mais le devoir moral lui dicte de le faire avec retenue, sans aller, cependant, jusqu’au traitement de faveur. Il est vrai aussi que les retraités sont des citoyens qui ont des obligations et des droits, qui paient leurs impôts, mais ils doivent le faire au prorata des moyens qui leur sont reconnus et qui sont actés en toute transparence.

L’arme de l’urne

Surtout, les retraités jouissent, peut-être mieux que les autres, du droit de vote, et ils entendent bien s’en servir, pour la bonne cause, cela s’entend. D’ailleurs, les associations qui les représentent l’ont toujours dit, et ils vont certainement le claironner à l’approche des élections législatives et présidentielles. Avec un électorat si massif et si assidu aux urnes, il est fort à parier que cette catégorie de votant pèsera de tout son poids dans le scrutin à venir, tout d’ailleurs comme c’est le cas dans bien des démocraties dans le monde où grand cas est fait des séniors et des retraités.

Il faut leur réserver meilleur traitement, à la fois pécuniaire et moral, assez pour recevoir davantage que les clopinettes qu’ils ramassent à chaque fin de mois. Victor Hugo ne répétait-il pas que « la retraite, paisible et fière, réclame un cœur indépendant ».

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Visiblement, c’est le branle-bas de combat dans les états-majors des partis politiques, du moins les majeurs d’entre eux à mesure qu’approchent les échéances électorales de fin 2019. Le principe de la tenue du scrutin aux dates fixées ayant été définitivement retenu et acté, la campagne d’inscription des électeurs a été prolongée, le temps et l’occasion de permettre aux autres citoyens hésitants, de se résoudre à aller aux urnes, et même redessiner la carte électorale du pays.

En tout cas, tout le monde s’y prépare, et tout d’abord, ce qui reste du vainqueur du scrutin de 2014, Nidaâ Tounès, sous sa forme actuelle faite de fragments, plutôt de clans irréconciliables se disputant la représentativité d’un parti qui s’est démembré par l’unique volonté de sa chefferie. Mais aussi le mouvement Ennahdha, qui a manifestement tiré parti de l’émiettement de son adversaire converti ensuite en allié, pour se tailler un statut « sûr et dominateur » au parlement, en conservant ses sièges et en faisant la pluie et le beau temps. Un parti, toutefois, aux abois, au vu de l’augmentation rapide et ostensible de l’électorat, avec plus d’un million de nouveaux inscrits en quelques semaines.

Les indécis désormais moins hésitants

C’est que ces nouveaux contingents de votants sont, selon la majorité des observateurs et analystes, peu susceptibles de sympathie, encore moins d’allégeance au mouvement Ennahdha, un parti qui a ses propres codes, des militants engagés, disciplinés et enclins à mettre la main à la poche, un parti presqu’ésotérique, qui voue un culte à ses convictions forgées dans la clandestinité, des décennies durant, en Tunisie, et dans l’exil. Autant dire que le mouvement Ennahdha ne pourrait pas avoir vocation à être sûr de ces nouveaux inscrits, généralement dépités par les gouvernements successifs qui se sont succédé depuis les premières élections d’après la révolution, dont le parti islamiste faisait régulièrement partie, que ce soit au titre de la Troïka ou celui du consensus scellé par Béji Caïd Essebsi er Rached Ghannouchi.

L’accès de ces nouveaux arrivants aux urnes fait dire à bien des analystes qu’ils seront de sérieux partisans du vote sanction à l’endroit de tous ceux qui ont gouverné le pays depuis 2011, avec un bilan, d’autant moins reluisant qu’il a dégradé l’essentiel des paramètres fondateurs de croissance soutenable, d’emploi pour les centaines de milliers de jeunes, de bien-être social sous toutes ses formes, bref un bilan porteur d’espérance et qui répond aux attentes des Tunisiens, les jeunes d’entre eux certes, mais encore les moins jeunes, adultes et retraités, logés à moins bonne enseigne.

« Tahya Tounès » fédérateur !

Reconfiguration de l’électorat, mais également recomposition de l’échiquier politique avec de nouveaux venus, structurellement parlant. Il est particulièrement entendu par cela le parti Tahya Tounès, qui se veut le fédérateur des forces centristes et progressistes. Faisant œuvre de « prosélytisme », il a déjà attiré dans son giron le parti Al Moubadara, dans le cadre d’une fusion expliquée par «  l’impératif de faire prévaloir l’intérêt du peuple tunisien, le changement de la situation en Tunisie et la fondation d’un avenir meilleur ».

Le coordinateur général du parti “Tahya Tounes”, Slim Azzabi, a assuré que la fusion entre les deux parties constitue un pas important dans l’unification de la famille politique centriste. C’est, a-t-il dit, une union entre l’ambition et l’expérience en vue d’adresser un message important au peuple tunisien illustrant une grande volonté politique pour unir la famille politique centriste au service de la patrie et loin des problèmes de leadership politique.

Plus significatif encore, il a affirmé que Tahya Tounes sera toujours ouvert aux partis et personnalités politiques et optera pour le rassemblement de la famille politique, précisant que des négociations sont en cours entre le parti et le mouvement “Machrouaa Tounes” et le parti Al Badil pour aboutir à d’éventuelles fusions.

On pourrait y voir l’embryon d’un front électoral, peut-être ultérieurement d’un programme commun pour faire pièce au mouvement Ennahdha que maints sondages d’opinion créditent de la première place dans les élections législatives. Mais c’est compter sans le million et les centaines de milliers de nouveaux électeurs qui changeront très probablement la donne électorale.

LM

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C’est assurément l’un des projets, rares et majeurs, que l’on escompte pour donner un réel envol à la coopération entre la Tunisie et l’Italie, et partant l’Afrique du Nord et l’Europe laquelle rêve depuis longtemps de renforcer son approvisionnement en énergie renouvelable grâce au solaire en provenance des ses voisins du Sud bien pourvus en. Il s’agit d’Emed, cette interconnexion électrique entre les deux continents dont la Tunisie et l’Italie viennent de poser le premier jalon avec la signature de l’accord de mise en place d’un câble électrique sous-marin entre Partanna (Sicile) et El Haouaria (Tunisie), visant à intégrer le réseau électrique de l’UE à celui d’Afrique du Nord.

L’importance de cet accord réside dans le fait qu’il a rang de condition nécessaire pour l’obtention d’un financement de l’Union européenne, sachant que le coût du projet est estimé à 600 millions d’euros dont 50 % devraient être financés par l’UE et le reste sera partagé entre Terna, gestionnaire italien du réseau de transport et la STEG.

Elmed figure actuellement sur la troisième liste des projets d’intérêt commun (PIC) de l’UE, qui comprend des projets d’infrastructure clés pouvant bénéficier d’une planification accélérée et de l’octroi de permis, indique le site Deutsche Welle (DW), citant un porte-parole de la Commission européenne qui “suit avec intérêt le développement du projet Elmed, dans la mesure où il permettrait l’intégration des marchés électriques entre l’Afrique du Nord et l’Europe”.

Selon la Banque mondiale, qui organise le financement de la préparation du projet et soutient les efforts de la Tunisie pour évaluer la viabilité de l’interconnexion, l’objectif financier actuel est 2022, la construction devrait commencer en 2023 et le projet serait opérationnel en 2027.

Les investisseurs font la queue

Outre la Banque mondiale et la Commission européenne, les prêteurs européens sont potentiellement intéressés. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a investi 408 millions d’euros dans des projets d’énergies renouvelables dans la région Méditerranée-Afrique du Nord (MENA) à partir de 2015. La Banque européenne d’investissement (BEI) a investi 385 millions d’euros supplémentaires au cours de la même période.

“La BEI est en contact permanent avec la plupart des promoteurs de projets d’envergure dans le domaine des énergies renouvelables et envisagerait des possibilités de financement à mesure que les deux projets se développent “, a déclaré à DW une source de la BEI, faisant référence au projet Elmed autant qu’au projet TuNur – un projet d’énergie solaire présenté en 2017, qui vise à exporter 4,5 gigawatts (GW) d’énergie renouvelable par câbles sous-marins à Malte, en Italie et en France.

C’est tout bénéfice pour la Tunisie

Bien qu’il soit plus avancé, le projet Elmed de 200 kilomètres (124 milles) mérite beaucoup d’attention pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Elmed permettrait une intégration plus profonde des marchés de l’électricité dans la région méditerranéenne, améliorant considérablement les connexions entre les pays d’Afrique du Nord et l’Europe.

“Il fermerait la boucle du réseau Europe-Maghreb qui relie le Maroc, l’Espagne, la France, l’Italie, la Tunisie et l’Algérie “, a déclaré la Banque mondiale à DW dans un courriel.

Elmed non seulement diversifierait les sources et les voies d’approvisionnement pour les Européens, mais augmenterait également la sécurité énergétique de la Tunisie, a déclaré la banque. En effet, le projet, conçu à l’origine en 2003 pour exporter vers l’Italie l’énergie solaire produite au Sahara, est désormais conçu pour être bidirectionnel.

La Banque mondiale estime qu’Elmed serait en mesure de fournir jusqu’à 16 % des besoins énergétiques actuels de la Tunisie et de contribuer à remédier à sa pénurie croissante d’énergie en important de l’électricité italienne. Un rapport publié en 2016 par l’Oxford Institute for Energy Studies partage l’opinion selon laquelle les projets précédents sont au point mort parce qu'”ils ont été conçus autour d’un modèle économique unidimensionnel”, ne permettant que les exportations d’énergies renouvelables d’Afrique du Nord en Europe.

Une deuxième raison de soutenir Elmed est qu’il s’inscrit dans la stratégie de l’Union européenne pour l’Afrique. Outre les liens déjà établis avec le Maroc, tels que les interconnexions électriques entre l’Espagne et le Maroc, les institutions européennes se concentrent désormais sur la zone du Sahel et la Tunisie.

Un autre aspect important d’Elmed est que la liaison électrique soutiendrait les efforts de l’UE pour respecter les obligations découlant de l’accord de Paris sur le climat visant à réduire les gaz à effet de serre. Et cela pourrait favoriser la croissance économique dans le sud de l’Italie en crise économique, notamment en Sicile, où de nouveaux parcs solaires pourraient être reliés à ceux de la Tunisie. L’objectif ultime pourrait être un marché intégré, l’électricité circulant de l’Afrique du Nord vers la Scandinavie.

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L’affaire de l’expert onusien Moncef Kartas a connu ce mardi un développement en maints points capital pour la future gestion d’un dossier judiciaire tout autant que diplomatique. La chambre de mises en accusation près la cour d’appel de Tunis a, en effet, décidé de relâcher le fonctionnaire de l’ONU, placé en détention depuis un mois environ sous l’accusation de divulgation de secrets dont certains en rapport avec la défense nationale de la Tunisie.

Les autorités tunisiennes ont-elles, ce faisant, reconnu tacitement qu’elles se sont emmêlées les pinceaux ont arrêtant le 26 mars dernier l’expert binational tuniso-allemand alors même qu’il était en mission officielle pour le compte de son employeur l’Organisation des Nations-Unies, puis en le maintenant sous les verrous malgré les véhémentes protestations de l’ONU et ses appels répétés pour sa libération ?

Le dernier en date de ces appels remonte au 16 mai et a été lancé dans une conférence de presse à New York par le porte-parole de l’ONU, Stephane Dujarric, pour la «  libération immédiate et l’abandon des charges » retenues contre Moncef Kartas. Il emboîtait ainsi le pas au coordinateur résident de l’ONU en Tunisie, Diego Zorrilla, qui, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 2 mai, avait exhorté les autorités tunisiennes à « libérer l’expert de l’ONU et lui restituer le matériel technique qu’il possédait au moment de son arrestation ».

La Convention de 1946 est-elle applicable ?

Le principal point de blocage dans l’affaire Kartas a été le refus de la Tunisie de respecter la Convention de 1946 sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, que la Tunisie a signée en 1957. Le porte-parole du Pôle antiterroriste judiciaire tunisien, Sofien Sliti, a soutenu que Moncef Kartas « ne peut pas bénéficier de l’immunité dans la mesure où l’affaire concerne des avantages personnels ».

Une position qui a vite créé une impasse diplomatique entre l’ONU et l’Etat tunisien. Un porte-parole des Nations unies a condamné l’arrestation de Kartas le 29 mars, affirmant que la Tunisie ne respectait pas les obligations qui lui incombaient en vertu de la convention de 1946. Cependant, lors de sa visite à Tunis le 31 mars pour assister au Sommet arabe, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s’est gardé de se prononcer sur le cas de l’expert officiellement inculpé d’espionnage et de haute trahison par le Pôle antiterroriste de Tunis , conformément à l’article 60 du code pénal tunisien, accusations qui – en vertu du droit tunisien – sont passibles de la peine de mort, sachant la Tunisie n’a pas exécuté de peine capitale depuis 1991.

«Son arrestation crée un dangereux précédent», a déclaré au site Al-Monitor Farrah Hawana, chargée de cours en politique internationale et sécurité à l’Université Aberystwyth au Pays de Galles. Selon elle, l’arrestation de Kartas et ses effets sur les efforts internationaux visant à réduire les conflits armés sont très lourds de conséquences. “C’est un moment assez risqué pour les efforts multilatéraux en matière de maîtrise des armements.”

La discrétion de Tunis

On remarquera que l’Etat tunisien est resté nettement discret dans l’affaire Kartas et n’a daigné s’exprimer que sur l’arrestation, puis son inculpation. L’Allemagne, aussi, a très peu parlé publiquement, hormis une déclaration concernant les demandes d’accès consulaire au prévenu. Le porte-parole du ministère fédéral des Affaires étrangères allemand a toutefois déclaré à Al-Monitor: “L’ambassade entretient des relations étroites et de haut niveau avec les autorités onusiennes et tunisiennes”.

Il n’en demeure pas moins que les autorités tunisiennes ont fourni à l’ONU des documents concernant les procédures judiciaires engagées contre leur fonctionnaire. “Cependant, notre position reste inchangée [en ce qui concerne l’immunité du personnel de l’ONU] … et il devrait être immédiatement libéré jusqu’à ce que l’affaire soit résolue”, a affirmé son porte-parole.

Aussi délicat que puisse paraître le processus diplomatique, il convient de s’interroger sur la responsabilité et la coopération de la Tunisie avec l’ONU à plus long terme. Hawana a déclaré: “Si la Tunisie ne fait face à aucune répercussion pour la violation de ses obligations internationales, comment ou pourquoi devrions-nous nous attendre à ce qu’un autre pays respecte le privilège diplomatique du Groupe d’experts de l’ONU partout dans le monde?”

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Déclarée depuis un bail, la guerre contre le cash va s’exprimer dans une dizaine de jours dans sa version pratique avec l’entrée en application, dès le 1er juin 2019, de la disposition relative à la rationalisation des transactions en espèces dont la valeur est supérieure à 5000 dinars, entrera en application le 1er juin 2019, conformément à l’article 45 de loi de Finances 2019.

Aux termes de cet article, les contrats de cession d’immeubles, de fonds de commerce ou de matériel de transport ne peuvent plus être conclus auprès d’huissiers ou faire l’objet de légalisation de signature et d’enregistrement si le prix de la transaction est payé en espèces. Lors d’un point de presse tenu ce lundi, la directrice générale des études et de la législation fiscales au ministère des Finances, Sihem Nemsia, a précisé que « cette mesure vise à renforcer la transparence des transactions entre les personnes et à lutter contre le commerce parallèle, la contrebande et les transactions financières suspectes ».

Précision de taille, cette disposition ne concerne pas les contrats dont les prix sont inférieurs à 5000 dinars, a-t-elle indiqué, les contrats ayant fait l’objet de promesse de vente antérieure au 1er juin 2019, les contrats dont le paiement est échelonné à condition de mentionner les références des traites qui doivent être domiciliées ou avalisées, ainsi que les cas de force majeure et les contrats antérieurs au 1er juin 2019. Il est à noter que 300 mille contrats sont signés annuellement, selon le ministère des Finances.

L’arsenal des sanctions

La directrice générale des études et de la législation fiscales a averti que le non-respect de cette disposition est passible d’une amende égale à 20% du montant payé en espèces, avec un minimum de 1000 dinars au titre de chaque transaction. En outre, au cas où l’agent administratif refuserait de signer un contrat dont le montant a dépassé 5000 dinars, la personne concernée (l’acheteur ou le vendeur) a la possibilité de rectifier la situation en reformulant son contrat, conformément à la nouvelle disposition.

La responsable a également déclaré que la Primature publiera, avant le début du mois de juin 2019, une circulaire explicative de la nouvelle disposition. Cette circulaire sera envoyée à toutes les chambres professionnelles pour sensibiliser leurs affiliés quant à la nécessité de veiller à l’application de la mesure en question.

Elle a expliqué que, depuis janvier 2019, date d’entrée en vigueur de la loi de finances 2019, un comité technique regroupant le ministère des Finances, la Banque centrale de Tunisie, la Direction de la propriété foncière et les services fiscaux et de recouvrement a été mis en place. Ce comité a travaillé durant trois mois pour décider des modalités d’application de cette disposition.

La responsable n’a pas écarté la possibilité d’inclure dans la loi de Finances 2020, de nouvelles dispositions visant l’optimisation de la rationalisation des transactions en cash pour limiter le commerce parallèle et la contrebande.

La lutte en amont, oui mais encore !

Seulement, et l’expérience l’a toujours démontré, pour lutter efficacement contre le commerce informel, il ne s’agit pas uniquement d’augmenter le nombre de contrôles et de sanctions parce que, comme l’enseigne la littérature pertinente dans un certain nombre de pays, de fortes différences de prix entre deux pays mèneront inévitablement au commerce informel (et à une augmentation de la corruption au niveau des autorités frontalières), même dans les cas où les sanctions sont sévères.

La Banque mondiale qui souscrit fermement à cette analyse, prévient que « sans une plus grande harmonisation des prix au niveau régional, il y a de fortes chances que le niveau du commerce informel continuera à croître ». Par conséquent, la première priorité est de poursuivre une coordination régionale plus étroite entre la Tunisie et ses voisins en termes de droits de douane, taux d’imposition et subventions.

Les expériences mondiales dans ce domaine ont montré que le renforcement des contrôles (en particulier avec plus de technologie) ne peut pas non plus, à lui seul faire face à la contrebande. Une politique globale doit être entreprise qui devrait limiter les incitations à la contrebande, comme changer la politique tarifaire pour certains produits, renforcer les contrôles internes au sein des douanes pour limiter l’émergence de pratiques déviantes locales. Enfin, l’harmonisation des politiques fiscales et des subventions devrait être un objectif commun pour lutter contre la contrebande et la fraude.

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Répondant à l’appel de  la chambre syndicale nationale de transport des produits dangereux relevant de l’UTICA, de nombreux chefs d’entreprises opérant dans le secteur de transport de carburants ont mis leurs camions à  la disposition du gouvernement suite à la décision de réquisition prise vendredi par les autorités.

La  chambre a déploré que les conducteurs de camions n’aient pas repris le travail à la suite de la signature  jeudi soir par les partenaires sociaux et le gouvernement de l’accord  annulant la grève,  déclare un communiqué de la chambre syndicale.

Celle-ci a affirmé qu’elle  a pris cette initiative suite à la situation de chaos  et des perturbations ayant nui aux  intérêts des citoyens et des entreprises  provoquées par l’énorme manque enregistré au niveau des stations-service  au cours des derniers jours.

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Les exercices militaires conjoints « African Lion » dont c’est la 16ème édition ont commencé le 6 mars au Maroc, plus précisément dans la région méridionale d’Agadir. Outre les forces armées marocaines et américaines, y participent des unités et des observateurs venus de Tunisie, du Sénégal, mais aussi d’Espagne, du Royaume-Uni et du Canada.

Officiellement et comme l’a affirmé un communiqué des Forces armées royales (FAR), il s’agit de «  «valider les concepts d’emploi des forces terrestres, renforcer l’interopérabilité des moyens et des systèmes de commandement aéroterrestres utilisés par les deux nations, entraîner la composante aérienne à la conduite des opérations de chasse et de ravitaillement en vol, et enfin, mener des activités d’ordre humanitaire». Surtout, l’exercice met l’accent sur «la formation aux activités du commandement et des entraînements sur les opérations de lutte contre les organismes terroristes violents», parallèlement à « des exercices terrestres, aériens aéroportés et une simulation tactique».

Ce n’est pas la première fois que les forces armées tunisiennes sont associées à ces manœuvres militaires qui se tiennent en Afrique sous la houlette des Etats-Unis. L’année dernière, la Tunisie a abrité sur son sol une partie de ces exercices, ce qui lui a valu l’hommage appuyé du sous-secrétaire adjoint américain à la Défense, chargé des affaires africaines, Alan Patterson, qui s’est déclaré « impressionné par ses réalisations au titre de l’intégration de ses efforts avec ceux des ses voisins de la région pour faire face aux menaces communes ». Une collaboration qu’il a jugée comme « le seul moyen de lutter contre les menaces transnationales » tout en soulignant que «  ce n’est que par la coopération et l’assistance régionales et mondiales que nous pourrons arrêter la prolifération de groupes extrémistes violents, assurer la sécurité des citoyens de notre pays et prévenir d’horribles attaques terroristes contre des civils innocents ».

Nul besoin de comprendre dès lors que la diplomatie américaine vis-à-vis du Maghreb et de l’Afrique telle que conçue par l’administration de Donald Trump, s’ordonne et tire son essence de la lutte commune contre le terrorisme et les groupes qui y sont disséminés. D’autant que d’après les constats du Pentagone, les organisations terroristes du monde entier continuent de se transformer, se réalignant sur des intérêts partagés et répandant leur idéologie répréhensible aux quatre coins du globe. Et malgré les succès remportés contre l’Etat islamique au Levant (Daech), les groupes affiliés du Maghreb et du Sahel trouvent toujours un refuge dans des zones sous-gouvernées et éloignées dotées de services de sécurité mal équipés et sous-formés, comme en Libye, au Mali et le Niger. Les décideurs militaires américains répètent d’ailleurs avec une vigoureuse constance que «  la lutte contre la propagation de l’extrémisme violent restera une priorité à la fois pour les États-Unis et nos partenaires africains ».

Le triptyque «Trois D»

La Tunisie, déjà allié majeur non-membre de l’Otan, y figure en bonne place, au même titre que la Maroc, du reste, tous deux associés à une approche régionale globale basée sur le triptyque «Trois D» adopté par les USA dans leurs engagements régionaux, à savoir Développement, Diplomatie et Défense. Tout en prenant acte que la Tunisie est « activement engagée dans la lutte contre les menaces terroristes internes », elle a entrepris de moderniser son armée, ce qui, reconnaît le Pentagone, n’est pas une tâche facile, que ce soit par l’achat d’armes plus sophistiquées sur le plan technologique, la restructuration d’organisations existantes ou la création de nouvelles entités conçues pour fonctionner plus efficacement.

En tout cas, les États-Unis se déclarent « déterminés à renforcer les capacités militaires tunisiennes pour permettre au ministère de la Défense de vaincre les organisations extrémistes violentes, de sécuriser les frontières nationales et de faire face aux menaces existantes et émergentes ». Un processus qui implique le renseignement, la lutte antiterroriste, les forces conventionnelles, les capacités air-sol, la sécurité des frontières et le renforcement des institutions de défense.

Dons et ventes d’équipements militaires

L’approche américaine est désignée sous l’appellation « Intelligence Surveillance Reconnaissance » (ISR) dont le volet principal a consisté à doter les forces armées tunisiennes de capacités de reconnaissance par des dons ou des ventes d’équipements avec des financements avantageux dans le cadre du programme EDA (Excess Defence Articles pour les dons) et FMS (Foreign Military Sales pour les ventes). Un package de vingt millions de dollars de dons militaires a été ficelé par le Pentagone pour la fourniture de Jeeps, d’équipements de communication et surtout douze petits avions monomoteurs Maule MX-12 équipés de caméras de surveillance. Un deal suivi par la vente de 24 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque Kiowa retirés du service aux États-Unis et surtout par la livraison de huit hélicoptères UH-60M Black Hawk, l’été dernier.

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Beaucoup et davantage a été dit sur le drame des 12 nouveau-nés qui ont payé de leur vie ce qui semblerait tenir d’une étourderie qui a tout d’une faute lourde et grave dont l’auteur devra être débusqué par la commission d’enquête formée à cette fin. Par-delà la très vive émotion suscitée par ce douloureux épisode parfaitement évitable pour peu que les bonnes pratiques et les règles d’usage aient été respectées, se pose dans toute son âpreté la question du service public hospitalier.

Paradoxalement, rares sont ceux qui sont allés au fond des choses, c’est-à-dire à la racine de la situation par bien des côtés calamiteuse des hôpitaux publics, des prestations, souvent contestables, qu’ils délivrent, mais surtout les schémas d’organisation et de fonctionnement qui sont les leurs et qui ne sont pas près de tomber en péremption. En lieu en place, on s’est occupé à désigner des coupables cueillis aléatoirement à droite et à gauche, à les abreuver d’invectives et à accuser l’hôpital public de tous les maux. Une approche réductrice à outrance qui maintient les termes du problème en l’état en attendant qu’un autre vienne le relayer sous les feux de l’actualité.

Pourtant, on est en présence d’une opportunité inédite d’engager enfin une réflexion sérieuse et aussi mobilisatrice que possible, dont sortira une stratégie contraignante et comminatoire pour tous les intervenants, et d’abord les pouvoirs publics. On aurait ainsi fait le deuil de ces actes de replâtrage, voire de ravaudage dont on avait l’habitude de se fendre chaque fois que venait à éclater un scandale ou une affaire, forcément compromettante, pour, sitôt l’orage passé, remettre le tout sous le boisseau par le jeu des commissions d’enquête.

La santé au magasin des accessoires

Les gouvernants, qu’ils appartiennent à l’appareil exécutif ou à la Représentation nationale, joints à la société civile, sont impérieusement tenus de réaliser l’extrême gravité de la situation dans laquelle se trouve actuellement et depuis des années, le secteur de la santé, et les affres qui le rongent dans le silence complice de bien des parties. D’autant que telle est l’obligation qui leur est faite par l’article 38 de la Constitution, lequel dispose que «  l’État garantit la prévention et les soins de santé à tout citoyen et assure les moyens nécessaires à la sécurité et à la qualité des services de santé ».

Comprenons bien qu’il s’agit d’une mission d’intérêt général dont la littérature universelle en la matière explique qu’elle vise à « garantir à chaque citoyen dans des conditions d’égalité, quels que soient son niveau de revenu et son lieu d’habitation, l’accès à l’ensemble des biens et des services jugés fondamentaux ». Cela doit vouloir dire améliorer la qualité et la sécurité de la prise en charge, réduire les dépenses, responsabiliser les acteurs, objectiver voire rationaliser l’allocation des ressources, à l’enseigne de quatre impératifs, à savoir l’universalité, la continuité, l’adaptabilité et la neutralité.

Les uns sur les traces des autres !

On se plaindra autant que l’ou pourra et à satiété de la faillite du système de santé de la Tunisie à laquelle aucun ministre n’a réussi à remédier. Il ne s’agit pas uniquement de ceux qui se sont relayés à la tête de ce département depuis la révolution, mais aussi de leurs prédécesseurs qui, en butte aux mêmes dysfonctionnements et aux mêmes écueils, ont adopté des approches presque similaires, mais plus désordonnées durant les huit dernières années. Un diagnostic quasi unanimement partagé qui révèle une accumulation de carences, d’actes d’incurie et de problèmes laissés en jachère.

Il est vrai que le chantier de la réforme était si énorme et si complexe que l’on ne savait point par quel bout le prendre. Et ceux qui se sont hasardés à s’y essayer se sont retrouvés face à de coriaces résistances des syndicats en premier lieu, et ensuite de maints groupes influents, assimilés à des lobbies aux intérêts desquels il était très souvent illusoire de s’attaquer au grand dam de ceux des très nombreux usagers, recrutés par les classes démunies, pauvres et moyennes, consacrant une évidente et rampante rupture de la cohésion sociale.

Certes il n’est évidement plus question de parler d’Etat-providence, encore moins d’Etat bienfaisant, mais il y a des devoirs auxquels les pouvoirs publics ne peuvent en aucuns cas se soustraire, et celui de la garantie des soins en est un et non des moindres au même titre que celui

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On s’y attendait le moins, la Commission européenne n’a pas extrait la Tunisie de la liste noire des pays présentant des carences stratégiques dans leurs cadres de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Pourtant, des responsables tunisiens prenaient pour quasiment acquis une sortie de cette liste comprenant désormais 23 pays tiers dont la composition a été rendue publique ce mercredi.

Il s’agit, selon la CE, de protéger le système financier de l’Union européenne en prévenant plus efficacement le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. À la suite de l’inscription sur la liste, les banques et autres entités relevant du champ d’application des règles de l’UE en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux seront tenues d’appliquer des contrôles renforcés («vigilance») pour les opérations financières concernant les clients et les établissements financiers provenant de ces pays tiers à haut risque, afin de mieux détecter les flux de capitaux suspects, explique un communiqué de la Commission européenne.

Věra Jourová, commissaire pour la justice, les consommateurs et l’égalité des genres, a indiqué à ce sujet qu’il a été procédé à la mise en place des normes les plus strictes au monde en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, mais, a-t-elle ajouté, «  nous devons veiller à ce que l’argent sale provenant d’autres pays ne se retrouve pas dans notre système financier. L’argent sale est le moteur de la criminalité organisée et du terrorisme ». Elle a au demeurant invité les pays figurant sur la liste à « remédier rapidement à leurs carences », tout en promettant que la Commission est « disposée à collaborer étroitement avec eux afin de résoudre ces problèmes dans notre intérêt mutuel.»

Les critères à remplir

La liste a été établie sur la base d’une analyse de 54 pays et territoires prioritaires, qui a été effectuée par la Commission en consultation avec les États membres et rendue publique le 13 novembre 2018. Les pays évalués remplissent au moins l’un des critères suivants, à savoir qu’ils ont une incidence systémique sur l’intégrité du système financier de l’UE, qu’ils sont considérés par le Fonds monétaire international comme des centres financiers offshore internationaux, et qu’ils ont une pertinence économique pour l’UE et des liens économiques solides avec cette dernière.

Pour chaque pays, la Commission dit avoir évalué le niveau de menace réelle, le cadre juridique et les contrôles mis en place pour prévenir les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, ainsi que leur mise en œuvre effective. Elle ajoute qu’elle a également pris en considération les travaux du Groupe d’action financière (GAFI), l’instance normative dans ce domaine au niveau international.

La Commission a conclu que 23 pays présentent des carences stratégiques dans leurs régimes de lutte contre le blanchiment de capitaux/le financement du terrorisme, dont 12 pays figurant sur la liste du GAFI et 11 pays et territoires supplémentaires. Certains des pays figurant sur la nouvelle liste se trouvent déjà sur la liste actuelle de l’UE, qui comprend 16 pays dont la Tunisie.

La Commission précise que la liste a été adoptée sous la forme d’un règlement délégué. Celui-ci sera à présent soumis au Parlement européen et au Conseil pour approbation dans un délai d’un mois (avec une prolongation éventuelle d’un mois). Une fois approuvé, le règlement délégué sera publié au Journal officiel et entrera en vigueur 20 jours après sa publication.

Quelle voie de sortie ?

Elle assure qu’elle poursuivra son dialogue avec les pays considérés comme présentant des carences stratégiques dans le présent règlement délégué et œuvrera en particulier en vue d’établir les critères relatifs au retrait de la liste. La liste permet aux pays concernés de mieux cerner les domaines à améliorer afin d’ouvrir la voie à un éventuel retrait de la liste une fois les carences stratégiques éliminées, ajoute-t-elle.

La Commission suivra les progrès accomplis par les pays figurant sur la liste, continuera à suivre les pays faisant l’objet d’un examen et commencera à évaluer des pays supplémentaires, conformément à sa méthode publiée. Elle actualisera cette liste en conséquence. Elle s’emploiera également à améliorer sa méthode au besoin, à l’aune de l’expérience acquise, en vue de garantir une identification effective des pays tiers à haut risque ainsi que le suivi nécessaire, affirme enfin le communiqué de la Commission européenne.

Il est à noter que la nouvelle liste publiée ce mercredi remplace la liste actuelle en place depuis juillet 2018. Elle Elle comprend les 23 pays et territoires suivants: Afghanistan, Samoa américaines, Bahamas, Botswana, République populaire démocratique de Corée, Éthiopie, Ghana, Guam, Iran, Irak, Libye, Nigeria, Pakistan, Panama, Porto Rico, Samoa, Arabie saoudite, Sri Lanka, Syrie, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Îles Vierges américaines, Yémen.

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Invraisemblable il y a peu, l’épilogue de la crise de l’enseignement secondaire a sonné comme un soupir de soulagement qui vient mettre un terme à de longues péripéties qui ont agité non seulement les élèves et leurs parents, mais aussi la majorité des Tunisiens suspendus, des mois durant, à ce qui a eu les allures d’un drame national.

Ce n’est pas en un tour de main que cette crise à répétition a abouti à cette issue dont le processus avait demandé de très laborieuses tractations et pas uniquement entre le ministère de l’Education et la fédération de l’enseignement secondaire sous la houlette de son secrétaire général, l’inénarrable Lassaad Yacoubi, mais où se sont invités, à leur corps défendant, l’organisation-mère, l’UGTT, et le gouvernement.

Un accord dont pourrait dire qu’il a été arraché au forceps, peut-être étriqué, mais auquel s’attache un coût en termes de finances certes pour l’Etat qui racle déjà les fonds de tiroir. Mais plus encore sous forme de dégâts et de préjudice pour les élèves et ipso facto leurs parents qui en ont vu de toutes les couleurs, et qui voient l’avenir entaché d’aléas et d’une certitude, celle tenant aux énormes pertes en enseignement ayant manqué à être dispensé et dans tous les cas difficilement rattrapable.

Que de temps perdu !

C’est à se demander pourquoi les uns et les autres ont dilapidé tout ce temps pour arriver à une issue alors qu’ils auraient pu et dû le faire beaucoup plus tôt en faisant montre d’un peu plus de lucidité et surtout de sens de responsabilité face à des enjeux dont ils disent mesurer toute l’étendue et la gravité sans s’y attaquer comme le leur dictait leurs devoirs respectifs, celui, pour les éducateurs, d’assumer leur noble tâche conformément à la moins noble vocation qui est fondamentalement la leur, et pour le gouvernement, de se blottir dans un quant-à-soi dont il a prouvé en fin de compte qu’il pouvait s’affranchir.

Importe-t-il d’espérer pour autant que la page de la crise est définitivement et totalement tournée? A certains égards, l’accord semblerait précaire, et rien ne garantit que les enseignants ne reviendront pas à la charge en l’absence d’un mécanisme de long terme qui régisse leurs relations avec l’autorité de tutelle qu’il s’agisse au moins des salaires, des indemnités et autres rémunérations sans parler bien sûr des autres revendications, visiblement accessoires, portant sur la réforme de l’enseignement. Ce chantier doit impérativement commencer ici et maintenant pour éviter que ce funeste scénario ne soit réédité de façon cyclique chaque fois que réapparaîtront les mêmes causes de la crise, en raison notamment du très probable rebondissement de la détérioration du pouvoir d’achat.

Risque de contagion

Mais il pourrait y avoir pire. D’autres secteurs, échaudés par cette issue, seraient ainsi susceptibles de reprendre à leur compte des procédés qui pour ainsi dire ont fait leurs preuves et amener à composition l’autorité de tutelle. Le risque existe que ce soit le cas et on ne sait pas comment les pouvoirs publics pourraient gérer cette boîte de Pandore alors que les caisses de l’Etat sont dans la situation que l’on connaît et que le Fonds monétaire international, même si, comme il est colporté, aurait manifesté une certaine indulgence cette fois-ci, n’est pas susceptible de pareille indolence à l’avenir.

Le pacte indispensable

Immanquablement, la nécessité s’impose impérieuse de lancer une approche qui rompe avec les errements qui ont ponctué la gestion de la crise de part et d’autre, et qui consisterait à un mettre en place une sorte de pacte valable pour trois ans , par exemple, où les obligations des uns et des autres sont clairement définies, rigoureusement comptabilisées, un pacte opposable à tout le monde dans tous les cas de figure, qui régisse à la lumière des capacités de l’Etat et du sens de responsabilité de ses vis-à -vis une relation contractuelle largement convenue.

Il a été judicieux qu’un comité pédagogique ait été créé au sein du ministère de l’Education ayant pour mission de garantir la bonne tenue du reste de l’année scolaire, ceci, en plus du recours à des experts, chargés de surmonter les séquelles de cette crise, dans l’intérêt des élèves. C’est le signe patent d’une volonté d’aller de l’avant et de s’attaquer comme il se doit à une partie de la crise. Ne serait-il pas encore plus judicieux d’abonder dans ce sens à une plus vaste échelle pour prévenir une fois pour toutes de semblables convulsions, à la racine et certainement au moindre coût ?

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Nabil Baffoun a été élu, mercredi, président de l’Instance Supérieure Indépendante pour les élections (ISIE) avec 141 voix. Farouk Bouasker a quant à lui recueilli 10 voix. L’opération de vote s’est achevée à 19h. Il est à noter que 166 bulletins de vote ont été validés contre 5 bulletins invalidés. 15 députés ont voté blanc. Plus tôt dans la journée, il a été procédé à l’élection de trois nouveaux membres de l’ISIE pour pourvoir aux postes vacants dans les trois catégories concernées (Ingénieur spécialisé dans le domaine de la sécurité informatique, spécialiste en finances publiques et juge administratif). La plénière de l’ARP, consacrée au renouvellement du tiers des membres de l’ISIE et à l’élection de son président avait débuté mercredi avec un retard de plus de deux heures dû à un différend entre les représentants des groupes sur le contenu du bulletin de vote. Certains représentants des blocs parlementaires ont contesté la mention dans le bulletin de vote du bloc parlementaire auquel appartient le député, estimant que cela va porter atteinte au caractère secret du vote et compromettre la crédibilité des députés.

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Une nouvelle grille de lecture de la situation économique et sociale est en train de prendre forme à la présidence du gouvernement. Il s’agit d’appréhender autrement les problèmes qui s’y posent, et surtout d’échafauder des approches et des solutions qui jurent voire rompent avec celles adoptées jusqu’ici et qui, faut-il s’en convaincre, n’ont pas été à même de renverser la vapeur, voire conduit, par endroits, au pire.

On peut en saisir les contours au travers d’une interview que le conseiller économique du chef du gouvernement, Lotfi Ben Sassi, a accordée il y a quelques jours, à Express fm, où il a développé les thèmes récurrents qui agitent l’économie du pays et les répercussions sociales y associées, certes, mais en y ajoutant une touche qui renseigne sur des prémisses d’une sorte d’aggiornamento dont il peut être espéré qu’il contribuera à détendre le climat social et redresser autant que possible les indicateurs financiers et économiques de la Tunisie. En tout cas, a-t-il estimé, 2019 sera une année charnière pour la Tunisie au triple plan politique, économique et social, appelant, du reste, les pays qui soutiennent la Tunisie, plus particulièrement les bailleurs de fonds         à lui apporter un surcroit d’appui.

Mais c’est sur le plan domestique, singulièrement social avec la crise qui ne cesse d’envenimer entre le gouvernement et l’UGTT, que les choses devraient bouger. Il a appelé le gouvernement à franchir des pas supplémentaires en direction de l’UGTT eu égard à l’extrême importance que revêt la stabilité sociale sur laquelle repose essentiellement le climat de l’investissement. Dès lors, le gouvernement est tenu de consentir des efforts additionnels alors que l’UGTT est appelée à tenir compte des         équilibres financiers de l’Etat dont le budget est soumis à de fortes pressions financières, a-t-il insisté.

Un accord en vue !

Au demeurant, il a fait part de son optimisme quant à la possibilité que le gouvernement et l’Organisation ouvrière arriveront à un accord sur les augmentations salariales dans la fonction publique. L’essentiel étant de rapprocher les points de vue des uns et des autres, a-t-il dit, estimant que, économiquement, le coût de l’escalade est beaucoup plus important que celui de l’effort qu’aurait déployé le gouvernement pour trouver une solution. Il a affirmé que les partenaires sociaux sont conscients de ces enjeux et accompli des pas dans ce sens mais sont redevables d’un effort supplémentaire ressortissant au sens de la responsabilité et à l’intérêt national.

Lotfi Sassi, tout en affirmant que le gouvernement a présenté aux partenaires sociaux des propositions raisonnables, a reconnu que le pouvoir d’achat du Tunisien s’est manifestement détérioré ne lui permettant pas de vivre dans de bonnes conditions. Le         problème, a-t-il expliqué, réside dans les sureffectifs de la fonction publique entraînant une masse salariale très élevée alors que, paradoxalement, les salaires en eux-mêmes ne le sont pas. L’UGTT revendique, à bon droit et à juste titre, l’amélioration des salaires des fonctionnaires dès lors qu’elle ne réclame pas des augmentations salariales indexées totalement sur le coût de la vie et du taux d’inflation, a-t-il indiqué, mais appelle à un réaménagement qui permette de freiner la dégradation du pouvoir d’achat. Lotfi Ben Sassi a reconnu que des retards ont été accumulés à cet égard, soulignant la nécessité d’y remédier. Pour sa part, le gouvernement fait face à des revendications d’augmentations salariales de l’ordre de 1470 millions de dinars au titre de 2019, soit des répercussions financières d’environ 1500 millions de dinars. Il a rappelé qu’en 2018, la taxe sur la valeur ajoutée a été augmentée d’un point, ce qui a procuré à l’Etat 250 millions de dinars. Les augmentations salariales demandées, traduites en points de TVA, totalisent 1500 millions de dinars, soit 5 points, autant d’inflation dont le taux passerait alors de 7,5 à 12%, ce qui est insupportable pour le citoyen.

La carotte plutôt que le bâton

Dans son interview, Lotfi Ben Sassi a été amené à aborder aussi un autre accroc récurrent de la situation financière et économique, l’évasion fiscale et le marché parallèle, mettant l’accent sur la nécessité de lutter contre ces deux phénomènes, tout en œuvrant à intégrer le secteur informel dans l’économie réelle, afin de procurer à l’Etat des recettes fiscales. C’est un travail de longue haleine, a-t-il dit, appelant à opter pour la carotte plutôt qu’au bâton, faisant remarquer que les approches basées sur la bâton au travers des différentes variations de la police, fiscale, environnementale… n’ont pas abouti aux résultats escomptés, et prônant la réduction de la pression fiscale et l’incitation à rejoindre l’économie réelle. La trêve fiscale instaurée dans la loi des finances 2019 s’inscrit dans cette vision, a-t-il souligné.

Les réserves en devises se redressent

Lotfi Ben Sassi a estimé que les troubles sociaux qui durent depuis 2011 ont frappé de plein fouet les secteurs pourvoyeurs de devises, citant essentiellement celui du phosphate outre la chute de la production du pétrole et les attentats terroristes qui ont touché dramatiquement le secteur du tourisme. Au point que les avoirs en devises dans la Banque centrale qui s’élevaient à quelque 11 milliards de dollars, fin de 2010, ont dégringolé à 5,5 milliards $ en 2015, soit la moitié du matelas en devises dans lequel l’Etat a puisé durant toute cette période, pour se retrouver, depuis, aux prises avec la crise du Dinar qui allait s’aggravant, en commençant à se déprécier depuis 2016. Une situation qui a commencé à se redresser à l’heure actuelle avec la remontée, ces derniers jours, des réserves en devises à 91 jours d’importation, de qui restaurer la confiance des investisseurs.

Evoquant le de-cashing, le conseiller économique du chef du gouvernement a affirme qu’il s’agit d’un projet structurant qui requiert la mise en place d’une infrastructure du paiement électronique qui permettra , à titre principal, de lutter contre l’évasion fiscale , de renforcer les recettes fiscales de l’Etat et d’atténuer le phénomène de la thésaurisation.

L’année 2019 sera celle de la sortie de la Tunisie des listes noires sur lesquelles elle a été portée, a affirmé enfin Lotfi Ben Sassi, soulignant que le gouvernement n’a ménagé aucun effort pour donner droit de cité à la transparence, notamment dans les transactions financières.

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