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Dans un récent statut sur sa page officielle, l’économiste Ezzeddine Saidane dit «Non, ce n’est pas vrai, il n’y a pas de reprise économique». Selon lui, «les chiffres sont là et ils sont têtus ». Une déclaration qui va à l’encontre, par exemple des dernières déclarations du gouverneur de la BCT ou encore de ce qu’écrit le Financial Times. Saidane réfute, persiste et signe, et l’écrit même en LETTRES CAPITALES !

En effet, Saidane explique que

1- La croissance économique reste faible: 2,1% en glissement annuel (sur les 12 derniers mois) et 0,7% pour le troisième trimestre de cette année par rapport au trimestre précédent (2ème trimestre 2017) . Ceci donne une croissance de 1,9% pour les neuf premiers mois de cette année par rapport aux neuf premiers mois de l’année 2016. Ce rythme de croissance demeure insuffisant en termes de création d’emplois, de création de richesses et d’amélioration du niveau de vie du citoyen Tunisien. Il ne permet pas non plus de parler d’une reprise de l’économie;

2- Le déficit de la balance commerciale atteint un nouveau record: 13,2 milliards de Dinars pour les 10 premiers mois de cette année (12,6 milliards de Dinars pour toute l’année 2016). Une partie de ce déficit sera couverte par les recettes du tourisme, par les transferts des Tunisiens à l‘étranger et par les IDE (Investissements Directs Étrangers). Le reste doit être couvert en devises, donc par de la dette extérieure supplémentaire !!!

3- Le refinancement des banques par la Banque Centrale (planche à billets) atteint un nouveau record: 10,738 milliards de Dinars au 15 novembre 2017;

4- Les réserves de change baissent rapidement pour atteindre l’équivalent de 92 jours d’importation (ligne rouge: 90 jours) et ce malgré les crédits extérieurs (et intérieurs en devises) contractés récemment;

5- Le Dinar continue de glisser. Le Dinar a perdu plus de 20% de sa valeur depuis le début de l’année, plus de 40% depuis 3 ans, et plus de 60% depuis 2010;

6- La dette publique atteint 70 milliards de Dinars (25 milliards de Dinars en 2010), soit 45 milliards de Dinars de dettes supplémentaires en 7 ans. Le projet de loi des finances 2018 prévoit 76 milliards de Dinars pour 2018;

7- L’inflation reprend de plus belle: 5,8% annoncé par l’INS et plus de 9% vécu par le citoyen. Le citoyen Tunisien a perdu 25% de son pouvoir d’achat depuis 2010. La solution, de toute évidence, n’est pas dans les augmentations de salaires. Il faut redresser l’économie;

8- L’épargne nationale (qui sert à financer les investissements) baisse à 11% du PIB (22% en 2010);

9- Le projet de loi des finances 2018 fait l’unanimité (ou presque) contre lui. Il se base sur des hypothèses qui sont déjà dépassées. Il prévoit, entre autres, 8,5 milliards de service de la dette pour 2018 (remboursements de principal et intérêts) et 9,5 milliards de Dinars de crédits nouveaux. La Tunisie emprunte pour rembourser ses dettes!!! Il prévoit de nouveaux impôts et de nouvelles taxes. Mais il comporte par contre peu de mesures en termes de maitrise des dépenses de l’État;

10- Fitch Ratings vient de publier un rapport de 140 pages sur la Tunisie. Ce rapport est négatif, très négatif même. Le principal reproche concerne l’absence de réformes visant à sauver l’économie;

11- Le FMI n’a pas débloqué la troisième tranche du crédit de 2,9 milliards de Dollars (prévue pour octobre 2017). Le FMI préfère attendre le sort de la loi des finances 2018. N’oublions pas que les institutions financières s’alignent derrière la position du FMI;

IL N’Y A DONC PAS DE REPRISE ÉCONOMIQUE. LES RATIOS CONTINUENT DE SE DÉTÉRIORER ET IL N’Y A PAS DE STRATÉGIE DE SAUVETAGE. LA TUNISIE A BESOIN D’UNE PRISE DE CONSCIENCE, VOIRE MÊME D’UN CHOC. L’EFFONDREMENT DE L’ÉCONOMIE PEUT METTRE EN DANGER LES PROGRÈS RÉALISÉS AU NIVEAU DE LA TRANSITION DÉMOCRATIQUE. LE SAUVETAGE DE L’ÉCONOMIE DEMEURE POSSIBLE SI LES RESPONSABLES POLITIQUES SONT DISPOSÉS À CONCENTRER LEURS EFFORTS SUR LE SAUVETAGE DE L’ÉCONOMIE ET NON PAS SUR LEUR CARRIÈRE POLITIQUE PERSONNELLE.

Député du parti Afek Tounes, pour la région de Kalaa Kébira dans le gouvernorat de Sousse, Hafedh Zouari n’est pas réputé pour avoir sa langue dans sa poche. Opérateur influent, dans les domaines du transport, des concessions et du montage des véhicules dans sa région, l’homme d’affaires qui avait maintes fois fait entendre haute sa voix sur les questions économiques de sa région s’adresse cette fois-ci, dans un Post sur sa page officielle, directement au chef du gouvernement tunisien. Dans ce Post en langue arabe traduit par nos soins, Zouari parle du port de Rades, de la corruption dans ce port et pointe du doigt des «ministres et conseillers» du gouvernement Youssef Chahed.

«Dans votre discours lors de l’ouverture de la Conférence sur l’investissement de Tunis, un programme en dix points a été présenté sous forme de futurs projets de promotion des investissements. Dans le septième point, vous avez exprimé votre intention de construire deux nouveaux quais au port de Rades, le 8 et le 9, avec un coût d’environ 300 millions de dinars, que je considère comme un gaspillage d’argent public et une mauvaise gestion.
Nous vous connaissions militant contre la corruption et nous vous avions soutenu dans cette approche. Mais votre dernière décision est malheureusement de nature à encourager les corrompus que je ne saurais nommer. Je me contente de dire qu’ils sont les seuls à tirer profit de ces deux nouveaux Quais.
Votre décision est intervenue dans une conjoncture où il vous fallait plutôt combattre la corruption rampante et poursuivre les corrompus au port de Rades, à travers l’amélioration de la qualité des services pour les opérateurs économiques. Les conteneurs sont déchargés au port de Rades à raison de cinq conteneurs par heure, alors que la moyenne mondiale n’est pas inférieure à 25 conteneurs par heure. C’est la corruption qui est derrière cette grande différence de temps. Malheureusement, ceux qui sont derrière la construction de ces quais 8 et 9 sont certains ministres et conseillers dans votre gouvernement et ont des intérêts indirects à ce sujet. En conclusion, j’espère Monsieur le chef du gouvernement que votre conseil ministériel prévu pour mardi prochain ne poussera pas plus vers ce programme inutile et que vos efforts seront axés sur la recherche de solutions plus utiles, et une meilleure efficacité dans l’intérêt du pays».

Naceur Hidoussi, dirigeant du fournisseur de services internet, Hexabyte qui est une société cotée en bourse, annonce sur sa page officielle, que «la nouvelle loi des finances 2018 prévoit un nouveau droit de timbre pour chaque facture Internet, calculé dur la base de 14% du montant total TTC.

Ceci est une attaque directe à l’économie du savoir, épine dorsale de toute croissance économique. A cela s’ajoute le fait que le droit de douane des modems, routeurs, etc. .. passera de zéro à 20% ». Hidoussi annonce aussi que «La TVA qui était de 6% l’année dernière, passera à 19% en 2018 ».

Et le dirigeant du FSI d’estimer que «si cette loi passe, les prix des abonnements Internet vont subir une forte augmentation ( 50% au moins ) rien que pour absorber ces nouvelles mesures fiscales. Le pouvoir d’achat des citoyens ne cesse de décroître sous l’effet d’une dévaluation continue du dinar, d’une augmentation continue des taux de TVA, d’une pression fiscale des plus hostile dans la région et d’une inflation galopante , intenable, qui risque de mettre en péril la stabilité du pays et même mener à une explosion sociale ». Dites NON au droit de timbre Internet conclu-t-il.

 

Hamid Miduni, plus connu comme Abdelhamid Gmati, est un ancien rédacteur en chef d’un quotidien La Presse d’un autre temps. Un Red Chef comme on n’en fait plus, capable de confectionner un vrai journal avec deux pelés et trois tondus. Il y a deux années, il avait publié cette photo d’un billet de cinquante dinars qui ne rapportait que peu de choses dans un marché.

Depuis, la Banque Centrale de Tunisie le compte certes parmi les billets qui doivent être changés d’ici la fin de l’année. Mais sa valeur n’a fait que se déprécier encore plus et le patronat même demande qu’il soit complètement retiré de la circulation. Avec les prix de légumes basiques, tels que les tomates, le piment ou la pomme de terre, il ne serait pas capable seul de nourrir une famille

Ancien ministre et juge de son état, Karim Jamoussi qui vient ’être nommé Commissaire d’Etat Général au Tribunal Administratif, parle dans ce Post sur sa page officielle, de pression et d’équité Fiscale. On aurait presque dû le nommer juge de l’équité fiscale !

«La hausse des prélèvements obligatoires ne signifie nullement une augmentation équivalente des recettes fiscales de l’Etat. Une hausse de la pression fiscale contracte la production, décourage les vrais talents et désinvite à l’activité économique: cela provoque une réduction de la base imposable et par voie de conséquence du produit de l’impôt (trop d’impôt tue l’impôt). Il faudrait aller chercher le mauvais contribuable, le mauvais payeur pour une vraie équité fiscale dans le cadre d’une meilleure cohésion sociale et non augmenter les taux d’impôts , intensifier les moyens de contrôle pour un meilleur recouvrement, la police fiscale pourrait à ce propos valoir des satisfactions(-de 35%des contribuables déclarent volontairement leurs revenus), le recrutement au sein du ministère des Finances doit être renforcé, et non gelé, pour pouvoir s’atteler à ses tâches et renflouer les caisses de l’Etat (on compte 1000 contrôleurs en tout, ce qui est trop peu) tout en garantissant l’égalité des contribuables devant l’impôt !”

Ezzeddine Zayani, qui a occupé des fonctions au ministère des Affaires étrangères et qui avait récemment relaté les “saillies” d’un étrange imam, est revenu pour nous parler d’une policière… non moins étrange, et qui l’affiche publiquement. Il a posté ceci sur sa page Facebook :

“C’est quoi ce bazar ?

Vraiment scandaleux et choquant. A El Menzeh 9 en face d’un centre commercial j’ai vu tout à l’ heure une dame en tenue afghane de la tête aux pieds faisant office d’agent de police. Elle avait son appareil radio à la main et arrêtait les automobilistes pour vérification des papiers. Curieusement, la brigade appartenant à la police de la circulation était composée de 4 personnes, une seule portait l’uniforme, sans casquette. Les autres dont la femme en question étaient en civil. C’est quoi ce bazar ? Est ce que c’est fait exprès pour nous habituer à l’uniforme afghan ? Franchement j’ai du mal à comprendre ce qui se passe dans mon pays !!!!”

L’internaute Houcine Bzainia a un CV assez impressionnant. Il a été Secrétaire général à l’Université centrale privée de Tunis après divers postes de direction au Ministère de la Défense. Il a travaillé à la marine nationale après des études au Center National Defence University, aux USA et à l’Ecole supérieure de guerre de Paris, sans parler des cycles de formation en droit international de la mer à l’Université de Durham, les études en géostratégie à l’Institut de défense nationale et en sciences de la mer à Ecole navale et dans un lycée à Toulon. Voici son avis, celui citoyen ordinaire somme toute, sur la hausse des prix que connait le pays, écrit à sa manière.

«Un haut cadre retraité de l’administration gagne grosso modo entre 1500 et 2000 dinars après 40 ans dans le service public. S’il est locataire c’est entre 500 et 700 dinars, les frais fixes (eau, électricité, internet) c’est à peu près 200 dinars. S’il a une voiture, c’est aussi 200 dinars par mois au bas mot (assurance, vignette, entretien, essence) et s’il a en plus des enfants à charge, n’en parlons pas, surtout lorsqu’ils sont à l’université.
Il dispose donc de 500 à 900 dinars pour le reste des dépenses mensuelles. Avec la flambée des prix, dites-moi comment peut-il vivre décemment ?
Dans ce contexte déjà difficile, le gouvernement trouve le moyen d’amputer son revenu par des prélèvements obligatoires et l’augmentation des impôts. Toute la classe moyenne (à l’exception de quelques privilégiés) est en voie de paupérisation certaine alors que c’est elle qui fait tourner les marchés aux fruits et légumes, les épiceries, les grandes surfaces, les cafés, les garagistes, les plombiers…; c’est l’économie qui sera à court terme plombée. Le gouvernement en est-il conscient ou fait-il de la fuite en avant avec la certitude de rentrer dans un mur?
P.S: je ne parle pas des faibles revenus inférieurs à 1000 dinars par mois, c’est en-dessous du seuil de pauvreté.

Sur le profil de Dali Ben Abdallah dans sa page officielle des RS, on ne trouve pas beaucoup d’informations sur la personne, sauf qu’il est de Tunis et y vit. Nous supposons donc que c’est un citoyen lambda, qui s’exprime de manière originale sur la situation du pays dans lequel il vit.

“Sept ans déjà depuis la «barwita», la charrette devenue symbole de démocratie.
– 3 présidents de la République
– 7 Premiers ministres
– 10 gouvernements
– 286 ministres
– 195 secrétaires d’État
– 218 conseillers 
– 217 députés X2 
– 1,00002 % de croissance annuelle
– 1euro= 3 dinars
– 208 partis politiques
– une ch..’tiiiiiiiit’ d’ONG
– 47 000 élèves inscrits dans 1668 écoles coraniques, potentiellement futurs terroristes
– 5236 mosquées X 4 haut-parleurs
– 12 milliards de dinars de dettes publiques
– Une autre ch…’tiiiiiiiit’ de problèmes ont été diagnostiqués par tout le beau monde de la politique, re-diagnostiqués et re-rediagnostiqués
-Toutes les solutions reposent sur ‘ «inchallah»’
………et toujours le même gouverneur de la Banque centrale.
Ça me rappelle une chanson de Michel Delpech de 1966 intitulée ‘’Inventaire 66’’ et dont les 2 refrains finissent par ‘’Et toujours le même président’’ (Charles de Gaulle).

Le CV de Radhi Meddeb est difficile à mettre en quelques lignes, tant sont ses compétences et son parcours sont riches. Ce natif de Dar Chaabane, au Cap Bon, est ainsi Fondateur et Président du mouvement tunisien « Action et Développement Solidaire», Président Directeur Général du Groupe COMETE (Tunisie), Président de l’Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen (Paris) dont l’objectif est de rapprocher les deux rives de la Méditerranée par l’économie, Administrateur de la Banque Tuniso-Koweitienne (BTK) en Tunisie pour le compte du Groupe BPCE IOM (France), membre de son Comité permanent d’audit interne, membre du Comité d’investissement du Fonds Altermed Capital (Groupe VIVERIS) et membre du Conseil de la rédaction du journal tunisien Al Maghrib. C’est dire, au moins, qu’il connait son sujet. Sur sa page officielle, il vient de réagir à l’information que nous rapportions, en citant Challenge la Marocaine. Il met ensuite le doigt sur la vraie problématique que soulève ce type d’information et elles ne sont malheureusement pas les seules.

«Devant l’émotion suscitée par l’information du départ de Delphi de Tunisie, la direction de la communication du groupe communique et précise. Il ne partirait pas mais relocaliserait une partie «complexe» de ses activités au Maroc. C’est une manière de confirmer en prétendant nier. Ce type “d’industrie” est basé sur la recherche continue de compétitivité prix ..! Il est nomade et se soucie peu des intérêts des travailleurs.
La question est de savoir quand est-ce que nous allons monter en gamme, intégrer plus de valeur ajoutée et donner des emplois dignes à nos jeunes diplômés et les mettre à l’abri des va-et-vient des multinationales peu soucieuses de leur dignité et de leur épanouissement ?».

Voici ce qu’on pouvait lire sur la page de Borhane Belkhiria, un assidu des réseaux sociaux, mais presque unique par le geste qu’il vient de faire :
«J’ai fait partie des nombreuses personnes qui ont violemment critiqué l’action de feu Slim Chaker, soit quand il était aux finances soit à la santé. Mais force pour moi est de constater qu’à bien des égards, la tâche du critique est aisée. Nous ne risquons pas grand chose, et pourtant, nous jouissons d’une position de supériorité par rapport à ceux qui se soumettent avec leur travail, à notre jugement. Nous nous épanouissons dans la critique négative plaisante à écrire et à lire. Mais l’amère vérité, qu’il nous faut bien regarder en face, c’est que dans le grand ordre des choses, derrière chaque ministre et chaque grand commis de l’État il y a un cœur qui bat, il y a une âme sensible, une famille et des enfants. On se sent alors honteux et ridicule en pensant que l’on a pu contribuer sans le vouloir à ce grand drame de la vie qu’est la mort. Paix à ton âme Slim Chaker ta mort en faisant ton devoir force notre estime et notre respect ».
Beaucoup auraient dû faire comme lui, tant les réseaux sociaux deviennent en Tunisie un espace, plus de critiques faciles et parfois même de médisance, que de critiques constructives ! Borhane Belkhiria aura eu le mérite de le faire !

Il y a quelques jours, la blogosphère des réseaux sociaux regardaient avec stupéfaction et indignation la vidéo de ce jeune Tunisien, qui défendait au nom d’un Islam qui ne semble être que le sien ou comme il l’a compris l’idée que frapper une femme et la violenter n’était que chose normale. A lire le statut mis en ligne sur les réseaux sociaux  par Ezzeddine Zayani (a travaillé au ministère des Affaires étrangère), on ne s’étonne plus d’un tel discours contre les femmes. En voici un autre, comme en fait le récit cet internaute.

«M. le ministre des affaires religieuses maîtrise-t-il toutes les mosquées de la Tunisie ? Sinon qu’attend-il pour déloger les extrémistes qui ont fait main basse sur des mosquées et tiennent en otage un certain nombre de fidèles en déformant la réalité et en faisant véhiculer des informations erronées. Vendredi dernier le prêche du vendredi dans une mosquée du Cap Bon avait pour thème la femme. Le demeuré d’imam, un ignare fini, disait à haute voix et en répétant ses phrases plusieurs fois ” la place de la femme c’est dans son foyer pour assumer les fonctions conformément à la charia, élever les enfants, préparer la nourriture et satisfaire les besoins de son mari”. Cet énergumène gueulait très fort pour impressionner les pauvres gens assis devant lui. Cela fait des mois que nous attendons des purges. Pourquoi ça tarde jusqu’à présent ? Frilosité comme d’habitude ou connivence ?!! »

 

Taoufik Haouet a étudié la sociologie à Jussieu à Paris 7. Il a été, aussi et dans une autre vie, Directeur Régional de la Jeunesse et des Sports à Nabeul et Directeur général à Ministère de la jeunesse et des sports. Désormais, il est un assidu des réseaux sociaux où il rebondit sur tout ce qui bouge. Là, il s’en prend, et il n’est pas le seul, à la nouvelle coqueluche des investisseurs tunisiens : les Malls.

«A défaut de pouvoir danser, divaguons un peu sous la pluie…”Le Grand Maulnes” est une Nouvelle triste d’Alain Fournier, jeune romancier français qui fut tué dans la fleur de l’âge, le premier mois de la première guerre mondiale. Ça tout le monde, ou presque, le sait. Le grand Mall de Sousse est une nouvelle moins triste …mais servira-t-il à enterrer l’argent blanchi de riches et joyeux courtiers dans le rush anti-guerre annoncé contre la corruption et les contrebandiers ? Et ça personne, ou presque, ne le sait. Fin de divagation.

Dr Ali Ouertani, est apparemment un poète. A sa manière il réagit dans ce Post sur sa page perso, à l’affaire du couple franco-tunisien qui aurait été pris en «flagrant délit» de baiser en public. Sa réaction a pris la forme de quelques vers de poésie que nous traduisons pour nos lecteurs francophones et dont il fait la dédicace aux décideurs.

 

 

 

Ô baiser pris à l’envolée

Par peur des gardes il n’est jamais arrivé

La prison pour les amoureux dans un pays

Où la justice se perd dans les baisers

 

Il fut un temps, dont les jeunes ne se souviennent certainement pas, où un homme d’affaire connu en Tunisie avait été fortement malmené par l’ancienne garde présidentielle de l’ancien chef de l’Etat, Ben Ali. L’homme d’affaire était alors bloqué dans la circulation, arrêtée pour laisser passer un convoi présidentiel. Au téléphone, il avait médit de l’ancien président car son cortège ne laissait passer personne pendant un laps de temps infini, oubliant qu’à son passage tout ce qui se disait était sur écoute. Le blocage de la circulation et même une fouille minutieuse par caméras mobile et souterraine étaient alors de rigueur. Les choses ont quelque peu changé, depuis 2011, mais pas le réflexe du blocage des routes.

Ali Gannoun, universitaire natif de Zeramdine, semble avoir été pris dans le piège de la circulation à Sousse qui vivait mercredi 4 octobre 2017 au rythme de la visite présidentielle. Il s’insurge :

“Mr le Président ! Votre statut de Chef de l’État ne vous donne pas le droit de bloquer toute une ville pendant plus de 12h pour votre “sécurité”. Le temps des carnavals politiques est bien révolu. La Tunisie a besoin de travail et vous avez à donner l’exemple. Messieurs les conseillers, dites à votre chef que ce n’est pas la grosseur des cortèges qui fait les mariages les plus réussis. Qu’il sache que dans ces cortèges il y a plus d’hypocrites que de convaincus !».

D’autres, comme Ali Gannoun, se sont aussi insurgés et indignés qu’on sorte toujours, comme au «bon» vieux temps de Ben Ali, leurs enfants des classes pour aller applaudir le chef de l’Etat dans des scénarios de joie populaire, préfabriqués et remis à jour par des autorités régionales qui refont les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs et remettent au goût du jour des habitudes qui ont pourtant idéalisé un chef d’Etat qui a fini par se prendre pour Dieu sur terre…

Walid Ben Othman est un internaute faisant partie du groupe «Winou trottoir» qui a lancé une pétition sur «Change.org ». Il demande que le Consulat général de France à Tunis libère le trottoir. On y lit :

«une ceinture de sécurité a été mise en place par l’État tunisien, par souci de sécurité et de protection de votre ambassade, chose appréciable et totalement compréhensible, mais aujourd’hui, les choses ont changé positivement, ce bouclier qui entrave notre liberté de circulation et ces fils barbelés placés sur la chaussée et les trottoirs aux alentours de l’ambassade, représente un danger pour nos petits-enfants, un manque à gagner pour nos commerces et un désastre visuel et esthétique de notre capitale. C’est pour ces raisons que nous estimons qu’ils n’ont plus aucune raison d’être. Nous espérons que l’état d’urgence décrété le 24 novembre 2015 et qui prendra fin pendant la deuxième quinzaine du mois de janvier 2017 sera une occasion pour faire le point sur le sujet. Cette pétition émerge des adhérents du groupe Winou trottoir» dont je fais partie ».

Il est important de noter, après lecture, qu’il n’y a pas que l’ambassade de France. Il y a aussi le ministère même de l’Intérieur. Haute institution qui a pour objet de garantir la sécurité des citoyens, elle ne se sent pas elle-même en sécurité et s’entoure de barbelés, tout comme le siège du gouvernement, qui répète pourtant que la sécurité s’est améliorée en Tunisie, soutenu par un ministère de l’Intérieur qui fait annonce chaque jour de ses réussites dans ce domaine…

L’homme politique Slaheddine Maaoui, qui a occupé de très hautes fonctions (conseiller de Ben Ali, PDG de l’ATCE, ministre du Tourisme, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Communication et des relations avec la Chambre des députés, etc.), a réagi aux résultats du dernier sondage de l’organisme américain IRI sur la perception de l’économie, de la classe politique, les intentions de vote aux prochaines municipales… Dans un post cinglant sur Facebook, Slah Maaoui a émis un jugement sans appel sur l’élite politique tunisienne.

“TOUS PERDANTS !

Le dernier sondage réalisé pour le compte d’une institution américaine nous brosse un tableau catastrophique de l’état des lieux politique en Tunisie…
83% des Tunisiens ne choisissent aucun parti politique… les “meilleurs ” ne dépassent pas 3%… les “embryonnaires” n’ont aucune visibilité!…
On touche ainsi le fond !
3 grandes leçons :
-C’est la faillite du système partisan en vigueur…
-Point de salut en dehors de nouveaux rassemblements politiques convaincants et crédibles!…
-L’émiettement des forces démocratiques est une impasse!”

Karim Benzarti est le patron de Bits Informatique. Dans ce statut publié sur sa page, l’homme d’affaire s’insurge contre la politique fiscale du gouvernement qui semble privilégier «le tout fisc» pour renflouer les caisses de l’Etat. Il commence ainsi par relater l’histoire des caisses enregistreuses, mesure adoptée en loi de finances et demeurée inapplicable. C’est ce qu’on pourrait appeler le «coup de gueule» d’un entrepreneur et un warning au gouvernement contre les effets néfastes de cette politique sur les investisseurs.

«Concernant les fameuses caisses fiscales, il y a eu un effet d’annonce – qui n’allait jamais fonctionner vu que ça a été fait à la hâte avec des TPE en guise d’authentification fiscale – ça a duré 4 heures dans 2 cafés puis le projet a été clos à ce jour.On était 10 sélectionnés pour fournir la solution suite aux présentations et soumissions et de notre côté on a travaillé et préparé la maquette avec les modules fiscaux fonctionnant sur toutes les plateformes de caisse pour échapper à l’obligation d’achat des nouvelles caisses ; on a préparé l’espace Cloud pour lancer la fameuse loterie qui devait avoir lieu avec enregistrement des numéros de tickets… Puis on ne nous a plus jamais contacté, arguant le blocage suite à la nomination de Mme Zribi ; depuis rien ne s’est produit et on veut nous faire croire – aux citoyens – que la meilleure recette TVA est à pomper chez nous ; aux entreprises que la meilleure recette impôts est à prendre chez Nous et en avance même sur nos ressources financières avant la fin de l’exercice. Voilà l’injustice fiscale est là et à Nous de l’accepter !

Messieurs les promoteurs de la nouvelle loi de finance, votre proposition poussera divers gérants d’entreprises à plier bagages et aller chercher à gagner de l’argent ailleurs. Mieux encore, votre système peut même les pousser à travailler ailleurs et à facturer les services qu’ils rendraient en Tunisie avec juste une retenue de 15% ! Dans quel monde vivez-vous ? Savez-vous qu’il y a mondialisation et quand un pays devient hyper-taxé et qu’en sus il a une monnaie non convertible et interdit la possession de comptes en devises il n’offre que 2 solutions : Soit devenir trafiquant, soit se barrer et bosser ailleurs et laisser les taxes en mode virtuel frôler des Milliards, mais dans la réalité diminuer encore plus vu que l’activité régresse.

Vous voulez augmenter les recettes y a plus simple : Allez voir les banques qui dégagent depuis la révolution des bénéfices indécents dans un pays en crise économique et taxez les à 50% de leurs revenus (de toute façon ils facturent bien les prêts à l’Etat à TMM +3%, de l’argent qu’ils prennent eux-mêmes à la BCT!) ! Allez taxer les chanteurs, sportifs professionnels… En retenant à la source et ce à travers 2 mécanismes simples (interdiction de toute fête sans contrat enregistré à la recette fiscale au préalable & là on verra bien s’il y aura encore des gens prêts à aligner 20 & 30 k déclarés pour un chanteur et si ce dernier se mettra à afficher ses revenus réels).

Quand tu vois des joueurs de foot déclarer 1000 DT de revenus, on comprend l’injustice fiscale alors qu’il suffit d’exiger aux fédérations de ne délivrer les licences de joueurs professionnels qu’avec dépôt du contrat avec son club à la recette fiscale avec enregistrement du montant du contrat. Instaurez la caisse fiscale, aussi bien chez les restaurateurs, hôteliers que gargotes et vendeurs de tabac (cette activité ne représentant chez certains d’entre eux même pas 10% du CA) et la liste est longue. Messieurs arrêtez de saborder la valeur travail et faire fuir investisseurs et entrepreneurs du pays, cherchez plutôt l’argent de l’Etat chez ceux qui ne payent rien pour le moment ! ».

Chroniqueur et journaliste free-lance, Khémaies Khayati n’est pas le moins connu de ses pairs. L’homme est un fin observateur du développement de la société tunisienne qu’il avait un temps scrutée depuis la France. Sous le titre «Tunis se “bordélise” de la façon la plus éhontée », il dit dans ce Post très haut ce que  certainement beaucoup pensent tout bas, en voyant se dégrader, à vue d’œil et sans discontinuité, la ville où il vit, malgré les quelques efforts de quelques uns de ses gouverneurs. Il est vrai que la propreté, l’ordre et la citoyenneté sont d’abord une histoire de culture avant d’être une question de gouvernance.

«Des voitures garées partout… d’autres délaissées sur les trottoirs… certaines ouvrent leur gueule laissant passer une huile noire qui suinte sur les trottoirs…Des vélomoteurs, ou ce qu’il en reste, à savoir des carcasses avec un filet de câbles ayant perdu leurs couleurs, circulent partout, tonitruant, faufilant entre les passants et les voitures… leurs conducteurs, les pieds ballants, comme s’ils étaient sur des bourricots… On crache partout… Des bandits de pacotille surveillent et vendent de la glace (pour les dépendants des Celtia) dans un faux réfrigérateur… Du faux gazon artificiel s’étale devant les cafés sur tout le trottoir sans que vous ayez la possibilité de passer sans vous faire tout maigrichon… Et des consommateurs – ou ceux qui s’y apparentent – allongent leurs jambes en plus de la pipe à eau et à vous de passer par la chaussée. Des trottoirs sur lesquels vous êtes forcés de danser la gigue, tant chaque boutique (Hammas et Cie) le raccommode à sa guise et selon ses besoins et moyens… Ras le bol de ce bordel! J’étouffe dans ma ville.
(PS si vous faites le même constat et avez le même sentiment, copiez et partager SVP. Merci d’avance)

C’est court, mais pertinent. Professeur universitaire avec notamment un doctorat en finances de Paris-Dauphine et ancien ministre, Chokri Mamoghli ne mâche pas ses mots sur les réseaux sociaux (RS). La devise qui accompagne sa photos sur les RS en dit assez dans ce sens. «On ne guérit pas les plaies en les léchant avec une langue de bois», dit-il. Et la sienne est loin de l’être, si ce n’est nos… «tiiiiiiiiiiit» pour remplacer certains de ces mots et expressions crus. Il est vrai qu’il attire l’attention et donne l’alerte sur ce qui est désormais un autre moyen pour certains de tirer profit, à leur manière, de ladite révolution.

«Je parle au conditionnel. Après les visées qu’ont certains… “tiiiiiiiiiiit” sur la réserve foncière de l’aéroport de Tunis-Carthage, voici que l’on viserait la colline du Belvédère attenante aux quartiers huppés de Mutuelle ville et de Notre Dame et véritable poumon de la ville. Nous avertissons toute la racaille, aussi haut soit-elle placée que si elle touche à un seul mètre carré, que si elle tente de passer un texte, un projet de déclassement,…. n’importe quoi, nous attaquerons. Cet avertissement vaut pour tout le parc y compris pour la piscine municipale de la place Pasteur, volontairement non entretenue. Tunisiens préservez votre patrimoine, défendez-le contre la mafia politico-foncière ».

Nous ajouterons à son alerte ce qui se passe depuis quelques semaines dans le vieux port punique de Carthage que certains voudraient transformer en parking !

 

Dans ce Post, le statisticien Hassen Zargouni a imaginé une discussion entre deux responsables du ministère des Finances, à propos des mesures à prendre pour renflouer les caisses de l’Etat et boucler le budget de l’Etat 2018. Un dialogue imaginé pour attirer l’attention des autorités tunisiennes sur le caractère, manifestement excessif de la fiscalité, qui impactera en premier lieu le pouvoir d’achat du Tunisien. Il va de soi que les personnages et «les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite», comme dirait le fameux avertissement.

Dialogue fictif entre 2 responsables au Ministère des finances préparant le budget et la loi de finance 2018 :

“-Des Tunisiens qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres, c’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là, plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…c’est un réservoir inépuisable.”

“-Oui, mais rappelez-vous, l’histoire de la Tunisie est fiscale”

“-Comment ça ?”

“-Toutes les révoltes, rébellions, voire guerres civiles et guerres avec nos voisins, qu’a connues cette terre avaient leur soubassement dans l’augmentation des taxes et impôts par les gouvernants bien avant Sahib il himar et bien après Ali Ben Gh’dhehom…”

“-Faisons attention alors à la classe moyenne et populaire, mais aussi à la petite et moyenne entreprise …”

“-Oui, soutenons le bas, limitons les excès du haut et renforçons le centre de l’échelle sociale du pays”.

“-Cherchons l’argent là où il est sans casser le contrat social et le rêve tunisien”.

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