Des justifications et des thèmes de campagne qui vont énerver le camp...

Des justifications et des thèmes de campagne qui vont énerver le camp de feu BCE

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La candidature à l’élection présidentielle du chef du gouvernement, Youssef Chahed, président du parti “Tahya Tounès”, est sans doute celle dont on doutait le moins il y a encore quelques mois; le doute et les questionnements ont commencé à poindre quand les vents des sondages ont commencé à lui être moins favorables, une tendance qui elle-même a débuté quand les difficultés économiques sont devenues plus criantes et quand des figures dites antisystème ont émergé (Nabil Karoui et Kaïs Saïed surtout). Puis est venue la surprise du chef : Les ambitions présidentielles de son ministre de la Défense, Abdelkrim Zribi. A ajouter au joker dégainé par son allié Ennahdha, qui a décidé d’armer le président du Parlement par intérim, Abdelfattah Mourou, pour la présidentielle. Ce sont incontestablement, quoi qu’en dise le camp de Chahed, des coups durs qui font le lit d’un contexte politique incroyablement compliqué. Pourtant toute dérobade est interdite au chef du gouvernement, toute reculade serait synonyme de mort politique prématurée. Alors il a fini par se jeter à l’eau. Il a déposé vendredi 9 août 2019 sa candidature à l’élection présidentielle anticipée programmée pour le 15 septembre prochain, avec quelques déclarations qui risquent d’irriter ses nombreux adversaires…

Il a affirmé, droit dans ses bottes, qu’il restera à la tête du gouvernement et assumera jusqu’au bout ses responsabilités. Le but de ceux qui parlent de démission est le report des élections, a-t-il dit.
Il a déclaré aux médias que sa démission du poste de chef du gouvernement implique la démission de tous les membres de son équipe, une démarche inconcevable surtout lorsqu’on pense aux défis auxquels le pays fait face. De plus, a-t-il poursuivi, ma démission n’a aucune nécessité juridique.

Le poste de président de la République est une grande responsabilité, elle requiert une personnalité qui a les mains propres, garante de la Constitution et de la transition démocratique. Une personnalité qui a le sens de l’Etat, qui maitrise les dossiers de la sécurité nationale et des relations extérieures avec une présence d’esprit et des capacités négociation et de communication lui permettant de prendre les décisions les plus difficiles, a-t-il soutenu.
Et d’ajouter que la Tunisie a besoin de plus : un président qui rompt avec l’ancien système juridique et les anciennes mentalités et pratiques “dont j’ai moi même souffert“. De là à penser qu’il fait allusion à son ex-mentor, le chef de l’Etat défunt, Béji Caïd Essebsi (BCE), il n’y a qu’un pas que nous franchissons allègrement…
Par sa candidature, Chahed affirme vouloir donner une autre image de la Tunisie, un Etat de justice, respecté de l’extérieur et qui accorde une place de choix à la jeunesse, encore éloignée des débats politiques.

Chahed affirme avoir rassemblé 30 parrainages des députés.
Il était accompagné des militants de “Tahya Tounès” et de sympathisants scandant des slogans qui soutiennent sa candidature.
Plusieurs politiques et hommes d’affaires étaient à ses côtés à l’instar de Kamel Morjane, Mohamed Ghariani, Khalil Ghariani et Hussein Jnayeh.
Des députés et des personnalités du monde des médias et des sports étaient aussi présents comme Zied Jaziri, Mourad Zghidi, Mofdi Mseddi et Hend Chaouch.
Chahed avait annoncé hier jeudi qu’il se présentera à l’élection présidentielle anticipée à l’issue du Conseil national élargi du parti Tahya Tounès dont les membres ont voté pour lui à l’unanimité. Tout le monde sait que tout cela est formel, puisque les mêmes membres n’ont cessé de le harceler pour qu’il déclare enfin sa candidature à la présidentielle, mais enfin pour quelqu’un qui prétend incarner au sommet la démocratie naissante il se devait d’en respecter les usages élémentaires ailleurs dans le monde…

SL/TAP

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