Donner aussi et surtout la priorité à l’économie nationale et aux entreprises...

Donner aussi et surtout la priorité à l’économie nationale et aux entreprises sinistrées.

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Les évènements se succèdent follement dans la Tunisie de l’après Ben Ali où la situation se normalise peu à peu et l’attention se focalise sur le rétablissement de la sécurité dans les artères et dans les maisons tunisiennes. Il faut à ce titre rendre hommage au rôle joué par l’armée tunisienne dans le maintien de la paix dans les rues et qui est saluée par les applaudissements de la population à chacun de ses passages dans les rues. La priorité reste cependant d’ordre politique, puisque l’attention demeure focalisée sur le résultat des consultations en vue de la composition du gouvernement de transition. Il est pourtant, à notre sens, une autre priorité plus grande, celle de l’économie qui doit pouvoir redémarrer, pour pérenniser les résultats de la révolution qui a chassé le régime de Ben Ali et la gangrène économique causée par son clan et de celui de la famille Trabelsi. Il ne faut en effet pas oublier que cette révolution a porté gravement atteinte, dans ses dérives, à l’économie de cette même Tunisie qui a réussi l’inconcevable : mettre fin au régime de Ben Ali. Des entreprises ont en effet été détruites, incendiées, saccagées, pillées et mises à genoux. Des entreprises industrielles, des entreprises commerciales, financières et des entreprises de services. Des entreprises qui produisent pour le marché local qu’elles approvisionnent et qui exportent pour maintenir un bon niveau des réserves en devises à la Banque centrale. Il est tout aussi urgent que les structures concernées, ministères et compagnies d’assurances notamment, puissent dresser et communiquer un inventaire complet des dégâts économiques occasionnés au le tissu industriel et commercial de la Tunisie. Ces actes de destruction et de pillage nécessiteront des investissements et des jours de remise sur pied. Des entreprises qui auront ainsi besoin de l’accompagnement et du soutien du secteur bancaire. C’est ainsi que nous estimons qu’il est urgent que ce secteur, Banque centrale en tête, prenne contact avec ces entreprises et leur donne les moyens de se reconstruire et de reprendre leur place dans le circuit économique national. Ces actes de pillage ont aussi nui à l’emploi. Des centaines d’entreprises ont mis la clé sous porte et vont nécessairement renvoyer leurs employés ou au moins les mettre en chômage technique. Ceci ne porte pas uniquement atteinte à la consommation, importante pour la production, mais aussi au pouvoir d’achat du citoyen tunisien. Il ne faut pas non plus oublier ces entreprises qui n’ont plus maintenant de propriétaires ni de direction, celle-ci étant soit en fuite soit en attente d’un climat social plus serein pour réapparaître, et qu’il faudra pourtant reprendre en main pour assurer la continuité de leurs activités et de leurs services aux propres employés. Plus d’une de ces entreprises ne pourra certainement plus payer ses employés, ni fournir les services aux citoyens qui étaient ses clients. On ne peut non plus oublier l’importance du tourisme dans l’économie tunisienne et l’effort herculéen qu’il faudra dès à présent consentir, en rétablissement la sécurité en vue de faire revenir les touristes et ne pas priver l’économie tunisienne des apports financiers de cet important secteur. De ces entreprises incendiées, mises à sac, détruites ou abandonnées, dépend et dépendra encore l’économie tunisienne. Cette économie est basée sur l’exportation et sur la consommation locale. Une baisse des exportations entraînera immanquablement une baisse de la croissance et une baisse de la création d’emplois. A ce propos, la révolution contre le régime de Ben Ali et ses clans avait débuté par des revendications sociales et plus précisément relatives à l’emploi. Il est important de ne pas oublier les programmes et projets pour donner de l’emploi à ces jeunes diplômés.

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