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jeudi 29 octobre 2020
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Guerre du lampuki : La diplomatie entre en lice en même temps que le déploiement de patrouilles

Entre pêcheurs maltais et tunisiens, la guerre du lampuki (dorade coryphène ou encore lambouka en dialecte tunisien) se poursuit mais sous forme d’escarmouches verbales, les premiers accusant les seconds de braconner leurs prises et de s’emparer de leurs filets et radeaux de pêche. Mais le développement majeur dans cette crise est l’annonce par les autorités de La Valette que « par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, elles tendent la main à la Tunisie dans un cadre bilatéral dans le but de résoudre ce problème et de protéger les moyens de subsistance des pêcheurs maltais ». C’est en tout cas ce qu’assure le ministère maltais de la Pêche, ce mercredi.

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Dimanche, le journal MaltaToday indiquait que la Commission européenne étudiait la possibilité de faire patrouiller l’Agence européenne de contrôle des pêches (EFCA) dans les zones de pêche afin d’endiguer « le pillage du coryphène par les braconniers tunisiens ». La semaine dernière encore, des images envoyées à la même source montraient des séquences d’une guerre verbale entre les pêcheurs et les « braconniers de Gozitan, après que leurs dispositifs de pêche au lampuki en Méditerranée ont été repérées par des Tunisiens ».

Le fait est que, cependant, des patrouilles sont effectuées par le ministère de la pêche et de l’aquaculture en collaboration avec les forces armées maltaises (AFM) pour des opérations de surveillance dans les eaux territoriales et internationales. Les patrouilles, qui, selon le ministère, ne visent pas exclusivement un pays en particulier, ont pour but de surveiller l’utilisation des dispositifs de concentration des captures (DCP) dans les eaux internationales. Les DCP sont des objets artificiels utilisés pour attirer les poissons et les capturer.

Les pêcheurs maltais affirment avoir été déçus par les autorités après que les patrouilles promises par l’AFM pour dissuader les navires tunisiens de piller leurs prises de lampuki ne se soient pas concrétisées. Et malgré les plaintes, le ministère a insisté sur le fait que de telles opérations ont pour but la surveillance et le contrôle, plutôt qu’une démonstration de force, et sont menées conformément au règlement de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) promulgué l’année dernière.

« Il est interdit à un navire d’une partie contractante (CPC) de capturer du poisson attiré par un dispositif de concentration des captures (DCP) qui n’a pas été fixé par ce navire de la CPC », précise-t-il dans une recommandation. En plus de la surveillance exercée par le DCP, les pêcheurs ont également été invités à signaler et à soumettre des preuves de leurs actes répréhensibles.

« Il est donc illégal pour les navires tunisiens de pêcher sur des DCP déployés par des navires maltais, et vice versa », affirme la déclaration. Le ministère a également souligné que la majorité des affrontements ont lieu dans les eaux internationales et non dans la zone de gestion et de conservation des pêches maltaises.

Bien que l’AFM n’ait aucune juridiction dans les eaux internationales, le gouvernement a déclaré qu’il apporterait son aide et « rassemblerait les preuves nécessaires pour être en mesure de faire remonter les problèmes dans les instances appropriées ».

Les pêcheurs ont également été invités à signaler et à fournir toute preuve – des photos aux coordonnées vidéo ou GPS – de ces infractions.

Les preuves « substantielles » de Malte

Grâce à une coopération conjointe entre différents ministères, Malte a soumis à la Commission européenne des preuves substantielles recueillies dans le cadre d’activités officielles et non officielles, affirme la presse de La Valette qui ajoute que les autorités maltaises ont également collaboré activement avec la Commission européenne et l’Agence européenne de contrôle des pêches et ont discuté de ces activités illégales.

Des réunions se tiennent chaque semaine et des développements sont attendus de la part de la Commission européenne avec la Tunisie, ainsi qu’au niveau de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée.

Récemment, Peter Agius, candidat du PN (Parti National) au Parlement européen, a déclaré dans une lettre adressée au commissaire européen chargé des océans et de la pêche, que « la question du pillage des pêcheurs tunisiens dans les eaux maltaises pendant la saison du Lampuki doit être abordée directement avec les autorités tunisiennes ainsi qu’italiennes ».

L.M.

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