La sale guéguerre des pré-campagnes

La sale guéguerre des pré-campagnes

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Certains partis ou certaines parties, de la scène politique en Tunisie, ont manifestement commencé leurs campagnes électorales plus tôt que prévu. Les moyens qui y sont utilisés sont pour certaines cibles, sales et de basse besogne.

Deux exemples, d’abord la toute récente campagne contre Ridha Charfeddine, dès le lendemain de sa démission du parti et de son poste de député de Nidaa Tounes. La seconde est celle orchestrée contre la personne de Youssef Chahed. Pour les deux, il est impossible de vérifier, ni les «petites mains», ni les instigateurs, les deux campagnes ayant pris pour terrain des réseaux sociaux, devenus depuis la révolution l’antre de l’impunité par excellence. Tout le monde y insulte tout le monde. Tout le monde y menace tout le monde, dont nous-mêmes, sans que la justice n’y trouve à redire.

  • La cabale contre Charfeddine

D’abord, l’homme d’affaires originaire de la ville d’Akouda, Ridha Charfeddine. L’homme est, depuis l’attentat terroriste dont il avait fait l’objet en 2015, sous protection policière et ne passe jamais une nuit à Tunis, la capitale. Il gère une unité de fabrication de médicaments, qui fait travailler des centaines de personnes et exporte pour des millions de DT. Il a, peut-être, fait le mauvais choix d’entrer en politique. Grand mal lui en prendra en tout cas. L’homme n’était connu par le grand public qu’à travers ses apparitions médiatiques en tant que président de l’équipe phare de football de Sousse, où il est fortement attaqué par une des familles de la ville qui dirigeait la même équipe. A l’ARP, il faisait très peu de vagues et presque pas de bruit, jusqu’à ce que le chef de l’Etat qui n’arrivait pas à se défaire de sa casquette de fondateur de Nidaa Tounes, lui confie la commission de préparation du prochain congrès d’un parti à l’agonie.

Manifestement écœuré par ce qu’il y découvre, Ridha Charfeddine finit par jeter l’éponge et démissionner de tout, de la commission, du parti Nidaa Tounes et de l’ARP et déballe sur un plateau TV les manigances de Nidaa en matière de vente des adhésions, pour s’assurer un déroulement «démocratique » des assises de son prochain congrès. La punition ne tardera pas.

En effet, dès le lendemain, c’est une sienne décision de retirer de la vente un lot unique de médicament que produisent ses laboratoires, pour défaut d’écriture sur la boite contenant le médicament, qui est mise à jour et présentée comme émanant du ministère de la Santé et concernant tous les médicaments de son unité de fabrication.

Quelques jours plus tôt, des bruits couraient sur les réseaux sociaux, faisant croire que les premiers 11 bébés morts à La Rabta seraient décédés à cause de sérums fabriqués par l’unité de Ridha Charfeddine. Quelques jours après, ce sont des Fake-News qui envahissent les mêmes réseaux sociaux, faisant croire que Charfeddine aurait fait l’objet d’investigations policières et qu’il aurait été interdit de voyage. Ainsi, il a déballé, il est attaqué et presque menacé de faillite, sans aucune vergogne de mettre en péril tous les emplois que fournit Unimed à toute une région des plus déshéritée d’un Sahel qu’on accuse de toutes les richesses. Simple coïncidence ou tentative de complot bien ourdie ? «A qui profite le crime» ?

  • La guerre, tout feu de tout bois, contre Youssef Chahed

L’actuel chef de gouvernement tunisien, Youssef Chahed, est manifestement soutenu, à Sousse, par la famille qui voudrait se débarrasser de Ridha Charfeddine à la tête de l’Etoile du Sahel. Y a-t-il un lien avec la cabale menée contre l’ancien député de Nidaa Tounes ? Peu probable, car le bras de fer de Chahed, est avec le chef de l’Etat, ancien patron de Nidaa et son fils et avec aucune autre personnalité de Nidaa. Tout cela est du domaine des supputations, bien que le doute reste possible.

Youssef Chahed est, par ailleurs, lui-même, depuis plusieurs semaines, l’objet d’une attaque rangée via les réseaux sociaux. Une guerre contre un possible candidat à la Présidentielle, qui pourrait faire de l’ombre à plus d’un autre candidat. Cela, sans compter le nouveau parti politique dont il serait le leader, Tahia Tounes, qui commence déjà à pointer son nez dans les sondages, alors qu’il venait à peine d’être constitué. La «bête politique» qu’est devenu Chahed, depuis qu’il a médiatiquement «tiré» sur le fils du chef de l’Etat et unique détenteur de la patente de Nidaa Tounes, fait peur à Nidaa, mais pas que !

C’est ainsi que depuis quelques semaines, des vidéos, faites d’images et de textes, ont été mises en circulation sur les réseaux sociaux.

Mettant d’abord l’accent sur les «échecs» de sa politique, ces vidéos prenaient chaque jour une coloration, plus vulgaire dans les mots utilisés, plus diffamatrices dans les propos et incluant parmi sa liste, dite d’amis, des personnes qui n’ont rien à voir, ni de près, ni de loin avec ce qu’il fait au gouvernement, comme le politicien Kamel Eltaïef mis dans toutes les sauces, ou encore plus étrange, l’ancien patron des patrons Hedi Djilani. Le tout, avec un mix des plus malodorants et des plus malsains, même pour un pays en transition démocratique. Certains en rient, d’autres s’en étonnent et tout le monde se demande «à qui profite le crime» et pourquoi faire cette immersion d’hommes qui n’ont rien à voir avec ce qui se passe sur la scène politique ?

La révolution dite du jasmin a été largement faite par les fake-news et les réseaux sociaux. Ceux qui voudraient manifestement en préparer une autre, plus sale par ses moyens, car les réseaux sociaux deviennent chaque jour plus incontrôlables et moins justiciables, reprennent les mêmes outils en espérant le même résultat. Sauf que cette fois, ceux qui consultent les réseaux sociaux sont devenus plus mûrs et plus conscients des sales enjeux, pour tomber dans les mêmes panneaux !

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