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mercredi 20 janvier 2021
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Le Ciped planche sur un programme de sauvetage de l’économie

Lors de sa réunion tenue le 27 novembre 2020,le Conseil scientifique du Centre International Hédi Nouira de Prospective et d’Etudes sur le Développement (CIPED) a examiné un projet de programme de sauvetage et de redressement de l’économie, élaboré́ par une équipe du CIPED et rappelle d’abord qu’il a depuis plusieurs années, attiré l’attention des autorités sur les mauvaises orientations économiques et financières du pays et sur les dérapages auxquels elles risquent d’aboutir. Le livre que le Centre a publié́ en mars 2017 sous le titre « Eléments de stratégie de sortie de crise » a proposé une série d’orientations et de mesures destinées à redresser la pente et à éviter au pays les déboires qu’il est en train de vivre actuellement.

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Le Centre considère qu’aujourd’hui, la Tunisie a besoin d’un programme urgent de sauvetage qui serait basé sur trois axes fondamentaux :

D’abord, lever les obstacles majeurs à la croissance qui persistent depuis plusieurs années, en particulier l’absence de vision et de visibilité́ pour les opérateurs, injecter une dose de confiance chez les principaux intervenants et lever les entraves à l’investissement et à l’exportation, principaux leviers d’une croissance saine et durable, notamment en traitant les questions demeurées en suspens au niveau du Code des investissements, de la logistique, de l’exportation, du financement de l’entreprise.

Ensuite, préserver le tissu économique en cette période de crise sanitaire, en renforçant le soutien aux entreprises par l’extension des mesures destinées à cet effet et en préparant la période d’après crise, par un meilleur positionnement, tenant compte des tendances de réallocation sectorielle et de relocalisation régionale des activités qui pointent à l’horizon.

Enfin, engager les réformes nécessaires qui ont tardé à se concrétiser, en particulier celles de l’Administration, de la compensation et des entreprises publiques. Le CIPED insiste sur le nécessité de tenir compte dans la mise en œuvre de ces réformes, de la dimension sociale et de veiller à la réallocation de toute économie de dépenses vers les secteurs sociaux prioritaires, à savoir la santé et l’éducation.

Le Centre considère qu’une des priorités de la prochaine étape consiste à rebâtir la confiance des institutions financières partenaires de la Tunisie et des marchés financiers internationaux, surtout après la cascade de dégradations de la notation souveraine du pays. Les mesures proposées doivent faire l’objet d’un programme triennal 2021/2023 conformément au cadre budgétaire de moyen terme prévu par la nouvelle loi organique du budget et quelques mesures doivent être d’ores et déjà̀ intégrées dans la loi de finances pour l’exercice 2021, afin de signifier la ferme volonté du pays d’engager les réformes nécessaires.

Par ailleurs, face aux mouvements de protestation dans certaines régions que connait le pays aujourd’hui, le Conseil scientifique du CIPED, tout en affirmant son attachement à la liberté de manifestation et au droit au développement des régions, attire l’attention sur le fait que conformément à l’article 13 de la Constitution, l’Etat exerce seul la souveraineté sur les ressources naturelles au nom et pour le compte du peuple tunisien tout entier et que les régions ne peuvent s’en approprier tout ou partie.

Le Conseil rappelle à cet effet sa proposition de créer un Fonds National de Développement Régional auquel participerait l’Etat et qui pourrait également bénéficier d’une partie des bénéfices des entreprises opérant dans les régions, afin de couvrir les dépenses de développement à caractère régional.

Il considère également, qu’en attendant la création des Conseils régionaux, les commissions régionales créées au moment de l’élaboration du Plan, composées des partenaires sociaux et qui pourraient s’ouvrir aux associations régionales, constituent le cadre propice pour définir les priorités régionales et arrêter les projets de développement dans les régions.

Le Conseil rappelle dans ce sillage, sa vision du développement régional qui plaide pour l’intégration de toutes les régions dans une dynamique de développement national, loin des tiraillements et des velléités régionalistes de bas niveau et qui prône l’idée d’une Tunisie intégrée, compétitive et capable de tirer profit de sa proximité des espaces importants, en particulier l’UE, le Maghreb et l’Afrique.

Enfin, le Centre déplore le manque de coordination entre les autorités monétaire et budgétaire qui a fait jour à l’occasion des projets de lois de finances complémentaire et de 2021 et considère que l’indépendance de la politique monétaire n’est pas antinomique avec la coordination requise à ce niveau, bien au contraire. Il considère par ailleurs, que la BCT est dans son rôle quand il s’agit d’alerter le gouvernement sur les risques de dérapage budgétaire, bien que cela aurait dû être entrepris depuis plusieurs années.

La question aujourd’hui ne se pose plus en termes juridiques ni d’autorisation législative de la BCT à soutenir le budget de l’Etat, tant l’arbitrage devrait se faire entre une poussée inflationniste ou un effondrement de l’ensemble du système. Dans ce cadre, le CIPED considère que la solution ne réside pas tant dans la révision des statuts de la BCT que dans une démarche concertée et un soutien encadré du budget avec des mesures efficaces d’accompagnement, afin d’éviter le dérapage des prix.

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