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vendredi 14 août 2020
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L’universitaire qui pointe du doigt les dangers des campagnes de nettoyage

Tahar Labassi est un universitaire et pas des moins connus à la faculté des sciences humaines et sociales. En libre penseur et bien que le sujet soit un peu délicat, il ose dans un Post public sur les réseaux sociaux, ce que d’autres n’ont pas osé, critique un mouvement social, dit spontané, sans objet politique et qui aurait été initié par la jeunesse. L’Universitaire a pourtant un autre avis, qui plus est se respecte. «Des campagnes bon enfant qui gagnent du terrain. Elles ont commencé par nettoyer les rues parce que les municipalités ne font pas leur travail, avec des nuances. C’est bien. Toutefois, il faut être vigilant et attirer l’attention sur leur instrumentalisation par des courants politiques qui ne visent pas l’accompagnement des structures de l’état, mais leur remplacement.

On commence par la propreté, puis par la collecte d’argent pour payer « les volontaires », puis par un comité de quartier pour veiller au suivi des travaux, puis des « comités de veille » pour protéger les abris bus parce que la police ne fait pas son travail, puis à un ‘tribunal » du quartier pour punir les voleurs, quelle loi on appliquer? ça dépendra des rapports de force dans le quartier puisque les juges sont corrompus. C’est comme ça que le peuple se prend en charge, et que l’état disparaît.

L’état perd ses monopoles, la collecte des impôts, l’application de la loi et l’exercice de la violence légitimée par la loi pour la sauvegarde de l ‘intérêt commun. La disparition de l’état bourgeois est l’utopie anarchiste, et de quelques dérivés marxistes, son remplacement par ElKhilafa est le projet des islamistes. On comprend aujourd’hui le rapprochement entre le rêve et le cauchemar, parce qu’on oublie souvent que le cauchemar est aussi un rêve.

«Acha3b Yurid » est un rêve, un beau slogan de campagne mais un mauvais plan d’action. Il ouvre la porte à toutes les dérives, il n y a pas de limites aux « désirs des peuples ». Le nouveau président n’est pas appelé à suivre des désirs mais à gérer un pays avec ses urgences et ses contraintes. C’est aux sages qui doivent entourer le nouveau venu de lui rappeler le devoir de donner un sens à son discours, de ne plus lancer des slogans que des « chasseurs de slogans » rattrapent et leur donnent le sens qu’ils veulent.

C’est aux « autres jeunes », qui refusent d’adhérer à des campagnes dirigées par des politiques suspectes de réagir, de se démarquer, et de montrer le même degré d’engagement et une dose d’imagination. Parce qu’ il faut l’avouer cette campagne de propreté ne manque pas d’audace et d’imagination, la preuve elle a accroché et a pris de l’ampleur. Une campagne, qu’on pense être louche, non sans preuves, ne peut être concurrencé que par une autre campagne propre. La nature a horreur du vide.

Un appel aux jeunes qui ne veulent pas adhérer à une campagne qui rassemble pelle mêle, les sympathisants de Makhlouf, les nostalgiques des milices de 7imayit Eththouwra, et les militants d’Ennahdha, ajoutons, des jeunes apolitiques, les enfants du quartier, du lycée, de l’association de sauvegarde de telle ou telle ville.

Ces jeunes qui ne veulent pas que des initiatives de ce genre ne dérapent pas pour passer à une autre étape, telle que « 7alit Wa »i3. Mettre en place des structures de gestion des affaires publiques parallèles à celles de l’état, pour appliquer le projet de « 7oikm echaa3b ». Ce projet mènera à l’effritement de l’état, à l’affaiblissement de l’administration locale et à sa ruine qui conduirait au chaos voulu, par conscience politique chez les gauchots/idiots de service, par calcul de 7izb Etta7rir et IItilaf el karama.

La seule solution c’est d’abord de débusquer ces projets, dénoncer leur vilains desseins, ne pas tomber dans l’apologie naïve qui a conduit d’autres nations à des guerres. Il y a des courants politiques qui veulent profiter de l’euphorie post-électorale, taper le fer tant qu’il est chaud. Des joueurs, dans les vestiaires et qui veulent marquer des buts avant même d’entrer sur le terrain. Ils sont pressés.

Il faudrait aussi penser à des initiatives citoyennes qui ne remplacent pas les structures de l’état mais qui fonctionnent comme force de pression pour les pousser à faire leur travail et non à les remplacer ».

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